newspaperLe conflit entre les enseignants-chercheurs et le gouvernement aura généré de nombreuses fractures. L’une d’elle concerne la relation entre le milieu journalistique et les universitaires. Parmi les faits importants : une polémique est née sur la façon dont a été couvert ce mouvement universitaire par les médias, avec pour bouc émissaire le journal Le Monde. Rappelons très brièvement les faits : des universitaires reprochent à ce journal une couverture du conflit téléguidée par le gouvernement et ne pas avoir accompagné leur mouvement avec complaisance. Tout ceci part en vrille quand un universitaire, Jérome Valluy, enseignant-chercheur à Paris I en sociologie politique, publie début avril une lettre ouverte intitulée « le choix politique de la rédaction du Monde » associée à une « Charte de bonne de conduite vis-à-vis du journal Le Monde ».  Leur lecture, en particulier la charte, fait froid dans le dos, car plus qu’un appel au boycott, c’est une véritable déclaration de guerre et un appel à la mise à mort un média. Il est assez consternant que des « intellectuels » aient pu se laisser aller à une telle tentative d’ostracisme. La suite est un déchaînement contre le journal, avec une mention particulière pour ACRIMED, qui a publié plusieurs articles assez féroces, ici, ici et ici. On peut citer aussi quelques autres sites comme par exemple Le Grand Barum (avec son fameux choléra mental et son complément médicamenteux), ainsi que quelques blogs universitaires (voir par exemple Pierre Jourde, ici et , ou André Gunthert, ici et ). Ce qui étonne beaucoup dans cette polémique est le silence quasi-général de la profession des journalistes, des intellectuels ou autres défenseurs de la pluralité d’expression et d’opinion. Un journaliste du Monde, Luc Cédelle, courageusement tente de comprendre et défend la ligne éditoriale de son journal. Sur son blog il raconte ses péripéties avec un humour acide et désabusé (voir ici, ici, ici, ici, ici, ici et ici… lire tout cela dans l’ordre chronologique).

Dans son dernier article, daté du 29 juin et intitulé « Le Monde se rectifie, mais reste incorrigible », ACRIMED nous communique le bulletin trimestriel de L. Cédelle et de ses camarades. D’abord un bilan de la classe : rien de bien méchant et le bulletin se contente de retracer l’évolution des dissertations du Monde depuis le déclenchement de la polémique début avril, et mentionne quelques petites choses qui auraient pu être dites ou faites autrement.  Un peu de concentration, Mesdames et Messieurs les journalistes du Monde, et vous deviendrez enfin de nouveau fréquentables. On pourra résumer : sur la bonne voie mais encore des efforts à faire ! Ensuite Acrimed examine le cas de l’élève L. Cédelle, qui rappelons-le était passé en conseil de discipline le trimestre passé. Là le bilan est plus mitigé. L. Cédelle a raté plusieurs dissertations car « Malheureusement les réponses de Luc Cédelle […]  sont si désinvoltes qu’elles ne nous ont pas convaincus », mais on note un bon point sur les dates (probablement sur une interro en Histoire-Géo) … So lonely, Luc.

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