Drapeau_EuropeBien entendu, petits Terriens, vous savez déjà tout sur l’Europe et ses préoccupations pour sa jeune génération. Mais moi je suis arrivée sur Terre assez récemment et j’ai besoin de comprendre. Et pour comprendre j’ai besoin d’écrire. Alors pardon, ce qui suit est juste pour moi, une sorte de synthèse personnelle qui ne se veut pas exhaustive ou définitive.

Durant cette période de contestation universitaire, l’Europe a souvent été pointée comme la source de tous les maux. Est-ce là du populisme de bas étage ? Cela traduit-il une incompréhension sur les objectifs communs ? Cela veut-il dire que l’Europe pourrait être engagée dans une mauvaise direction ? Les réponses à ces questions ne sont pas simples, mais il semble que l’on oublie dans ce dossier quelques aspects très fondamentaux et que l’on soit tenté de sombrer dans le procès d’intention systématique sans examiner les racines de la construction Européenne.

D’abord les fondamentaux, ce qui justifie l’Europe, ce qui devrait la rendre incontournable. La communauté Européenne a été mise en place au lendemain de la seconde guerre mondiale. Le but premier est de dire « plus jamais ! » à l’horreur, de créer un espace de paix, de démocratie et de prospérité. Cet espace serait basé sur la coopération/solidarité entre les peuples et sur l’abandon des rivalités du passé. L’Europe s’est ainsi pourvue de valeurs et idéaux communs au travers de textes ou de constitutions. Tout cela prend du temps, beaucoup de temps. Ces dernières années l’Europe connait des difficultés, peut-être à cause d’un élargissement trop rapide, de difficultés économiques, d’un système probablement trop ultralibéral. Un mouvement qui prend de l’ampleur est né récemment et fustige systématique les décisions de l’Europe. Ce mouvement a trouvé son heure de gloire en France avec le refus par référendum de la nouvelle constitution Européenne en 2005. C’est l’émergence d’un mouvement « noniste », qui rassemble l’extrême gauche et l’extrême droite, des bobos socialistes et tous les adhérents des discours populistes. « Tout ça c’est à cause de l’Europe » fut la phrase fédératrice, ce qui évite bien entendu une remise en cause de sa propre responsabilité. Ce n’est pas trop le thème de ce blog que de discuter de l’Europe, mais cela a son importance car il me semble que le nonisme universitaire Français trouve un fort parallèle avec ce mouvement anti-Européen de 2005.

Le mouvement universitaire a largement communiqué sur l’union Européenne, soupçonnée d’avoir comme projet une privatisation de l’éducation. Il s’agit là d’un discours extrêmement discutable car nul part ce projet n’est clairement explicité dans les textes. On peut y voir des procès d’intention ou bien d’interprétations biaisées et catastrophistes sur des évolutions qui ne sont certes pas impossibles mais qui objectivement ne sont pas le projet des peuples Européens (bref du pur populisme déguisé en démarche intellectualisante). Reprenons brièvement les thèmes utilisés par le mouvement universitaire pour fustiger les évolutions de l’enseignement supérieur : l’Europe serait une structure déguisée pour faire avaler aux Français une potion ultralibérale à l’échelle mondiale. L’Europe serait instrumentalisée par des instances comme l’OMC (organisation mondiale du commerce) ou l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), ces dernières sous influence de grandes multinationales qui auraient décidé de lancer une vaste offensive de privatisation des services publiques, avec une priorité marquée pour l’éducation car d’immenses quantités d’argent sont concernées par ce secteur. En matière d’éducation, le tournant est marqué par le « processus de Bologne » de 1999, la « stratégie de Lisbonne » de 2000 et la loi organique relative aux lois des finances (LOLF) de 2001. On revient dessus très prochainement.

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