001Rachel s’arrêta quelques instants, égarée dans ses souvenirs. Cette année terrestre 2009 avait été pour elle d’une grande richesse mais aussi une rude épreuve. La jeune fille, impatiente la secoua gentiment.

  • Alors Rachel, c’était quoi le problème des Universités en 2009, sur la Terre ?
  • Ah petite fille, il y avait de nombreux problèmes, en particulier sur la formation. Pour la recherche ça fonctionnait pas si mal, enfin tout est relatif mais compte tenu de leur intelligence limitée et de leur niveau scientifique et dialectique encore un peu préhistorique, les humains faisaient ce qu’ils pouvaient avec une certaine bonne volonté. Le vrai problème était avant tout un problème structurel. C’était un peu vrai pour la recherche, mais assez caricatural pour la formation. Les jeunes Terriens, après leurs premiers apprentissages (ils appellent ça le « bac »), avaient le choix entre une multitude de structures d’accueil.
  • Rachel, tu veux dire que tous n’allaient pas à l’Université ? C’est étrange …
  • Oui, c’est cela. Il y avait des IUT, des prépas, des BTS, des écoles intégrées … enfin peu importe les noms. En plus de cela, il y avait un système très inégalitaire car la société des hommes n’investissait pas de la même façon dans toutes ces formations.
  • Rachel, cette différence d’investissement, on voit ça partout, ce n’est pas vraiment étonnant. Partout on investit là où il y a le plus de besoin, par exemple vers ceux qui n’ont pas eu la chance de naître dans un environnement favorable.
  • Oui, c’est comme cela presque partout dans la galaxie, mais sur la Terre c’est tout le contraire, en particulier en France. L’Etat Français investissait surtout dans les structures hors universités. Par exemple, le volume de financement d’un étudiant en prépa, école ou BTS n’était pas loin du double de celui qui était à l’université. Et si on compare les niveaux sociaux des étudiants, on constate qu’ils sont de loin les plus faibles à l’université. Il existe un dicton sur Terre, qui dit « l’argent va à l’argent »…
  • ???
  • En plus de cela, certaines filières étaient sélectives, d’autres ne l’était pas. Enfin quand je dis qu’elles ne l’étaient pas, ce n’est pas tout à fait vrai : elles l’étaient mais avec plusieurs années de retard, suite à un échec ou suite à l’impossibilité de trouver une fonction dans la société à cause une formation inadaptée. Tout cela n’aurait pas vraiment d’importance dans une société de plein emploi. Mais sur Terre, ce n’était pas le cas en 2009. Les hommes ne partageaient pas l’argent, ni le travail. En résumé c’était donc un enseignement supérieur à deux vitesses. La descendance des élites de la société allait dans des cursus d’élite bien financés, hors Université, et les autres … allaient à l’Université. Le pouvoir estimait que si les universités ne marchaient pas, ce n’était pas vraiment important. La fabrique d’élites, elle, fonctionnait bien. Un peu comme un système qui s’autoalimente, fermé à ceux qui n’appartiennent pas au club (ceux qui ne sont pas passé par la bonne école), ceux qui n’ont pas eu la chance de naître là où il fallait.
  • Mais s’il est injuste, pourquoi les hommes ont laissé ce système perdurer ?
  • Petite fille, ne cherche pas à comprendre les hommes …
  • Bon, ton histoire n’est pas drôle, et elle me fatigue. Je retourne jouer avec mon trodrotibulle. Tu seras là encore demain ? J’aimerais bien tout de même entendre cette histoire d’autonomie, je sens que ça sera bien rigolo.
  • Va petite fille, j’ai tout mon temps.
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