Ces derniers mois, jour après jour, le mouvement de contestation nous a martelé que la LRU avait été mise en place par le gouvernement pour détruire l’Université. Cette loi (poujadiste) s’inscrit en effet dans un programme néolibéral, sous le couvert de l’Union Européenne via la stratégie de Lisbonne. Il s’agit de faire de l’Université une entreprise, gérée de façon très directive par un hyperprésident qui ne jurera que par des méthodes entrepreneuriales et antidémocratiques. Le président décidera de tout : promotions, recrutement, financement, orientation de la recherche (utilitariste, bien entendu). Les recrutements seront de plus en plus opaques, avec des comités magouilleurs mis en place par le président. La LRU est aussi une stratégie pour généraliser la précarité des personnels afin de s’assurer de leur servilité. L’université deviendra vite une marchandise, en voie vers la privatisation. Les étudiants se seront bientôt plus que des clients d’une entreprise privée … etc … etc.

J’ai quand même du mal à bien comprendre quel serait l’intérêt d’un gouvernement à entreprendre une telle transformation. Le mouvement de contestation cache une autre réalité, probablement porteuse d’un malaise profond et d’une petite crispation idéologique.

Publicités