bugs2Dans les laboratoires universitaires, c’est la pleine période de recrutement des EC (avec ses comités de sélection) mais aussi celle de la finalisation du processus des allocations de thèse de la rentrée universitaire 2014. Chez moi ça se passe en plusieurs étapes : (1) définition des sujets dans les équipes => sélection des sujets (2) remontée à la direction du laboratoire => nouvelle sélection des sujets (3) remontée à la présidence de l’université (quand c’est une demande de type « allocation Université », anciennement « ministère ») => nouveau tri des sujets. Chez moi, où rien n’est simple, on a fait le choix de travailler avec des demi-supports (1/2 support région, entreprise, organisme bidule, etc …). Cela complexifie grandement les problèmes mais ça donne l’illusion aux différents partenaires qu’ils financent deux fois plus de thèses (important pour la communication !). Tout cela est un travail de longue haleine, générant parfois des conflits aux différents niveaux cités (équipes, laboratoires, université) car le nombre d’allocations pour une thèse est plutôt léger (pour dimensionner, un financement de thèse c’est environ 100 k€ sur trois ans). Et les enjeux sont importants car il est bien connu que ce sont les doctorants qui font tourner nos laboratoires de recherche. L’encadrement des doctorants est par ailleurs un paramètre qui compte beaucoup dans la carrière d’un EC (PEDR, promotion, concours PR).

La période actuelle est la finalisation du processus. Les sujets de thèse sont connus et il faut maintenant trouver un candidat à mettre en regard. En général, ce sont les écoles doctorales qui s’occupent du recrutement, souvent en étroite collaboration avec les équipes des laboratoires qui accueilleront le futur doctorant. Les pratiques semblent très variées. Certaines écoles doctorales convoquent les candidats pour un entretien. D’autres font le choix uniquement sur dossier. D’autres encore font confiance aux équipes/laboratoires et se contentent alors d’être de faire l’enregistrement administratif du choix des équipes.

Un autre problème peut surgir, c’est le manque ou la faiblesse des candidats. Les porteurs de sujet peuvent se retrouver devant un choix difficile à prendre. Dans cette situation, on a deux types de réactions (1) Certaines collègues disent « oh mais moi si j’arrive pas à recruter quelqu’un de très fort, je préfère laisser tomber le financement que de me taper un naze » (phrase reprise d’un commentaire du billet précédent). Bref ces collègues pensent qu’il ne faut pas s’embarrasser d’un candidat médiocre. Il faut reconnaitre qu’un doctorant médiocre peut être une très grosse galère, y compris pour l’encadrant. (2) « même si je n’ai pas de bons candidats, je prends quand même, j’ai trop trimé pour imposer mon sujet. Et puis, la thèse c’est une formation et mon rôle d’encadrant c’est d’apprendre des choses au doctorant, non ? ». C’est vrai que l’année prochaine, rien ne dit que le sujet pourra refranchir toutes les étapes du premier paragraphe …

Pour ma part, je pense qu’il faut attacher grande importance dans la qualité du recrutement de nos jeunes chercheurs et collaborateurs. Une idée serait d’ouvrir plus de sujets que de financements, cela permettrait de faire des choix en fonction des candidats (mais concrètement c’est un peu tendu d’opérer comme ça).

Enfin, un dernier problème peut survenir, après toutes les étapes citées plus haut. En juillet ou septembre, on apprend que son candidat très fiable (« si j’ai le financement je viens faire ma thèse avec vous, c’est ma grande priorité ! ») a finalement pris une autre thèse ailleurs … Je trouve que le marché devient de plus en plus volatil. Les universités et écoles doctorales devrait se pencher sérieusement sur ce problème.

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