fiorasoMalgré la pétition qui a rassemblé plusieurs milliers de signatures, G. Fioraso a été reconduite à la tête du ministère ESR, non pas comme ministre mais comme secrétaire d’Etat. Ce n’est d’ailleurs que justice car son bilan est tout simplement exceptionnel. En effet, dans le contexte actuel, elle est parvenue à un exploit sans précédent, très remarqué par le chef de l’Etat : Elle a eu « le mérite de n’avoir mis personne dans la rue et d’avoir bien négocié, y compris la dernière loi » (source ici). On ne met pas à la porte une bonne élève. G. Fioraso a tout simplement fait avec succès ce qu’on lui a demandé de faire (ne pas mettre les étudiants et les universitaires dans la rue, ne pas remettre en cause la LRU, faire avaler la pilule de la stagnation (voire la baisse) de crédits, préparer un acte de décentralisation de l’ESR, …).

D’ailleurs Madame Fioraso s’étonne un peu de cette ‘fronde’ universitaire, alors que les universitaires étaient plutôt en retrait durant les deux ans de son mandat, y compris durant la préparation de loi de 2013 : « J’ai déjà un bilan dont je suis satisfaite, et surtout qui correspond à la feuille de route fixée par le président de la République. Nous avons amélioré la loi LRU sans la supprimer, fait progresser les conditions de vie des étudiants, rétabli l’Etat stratège, développé les regroupements universitaires et les stratégies de site, renforcé l’encadrement des stages, défendu une stratégie nationale de la recherche… » (source ici).

Elle ne comprend pas bien non plus pourquoi on s’en prend à elle et elle trouve que la pétition est un peu vide de propositions : « Je ne lis aucune proposition dans ce texte, hormis le soutien à une candidature autre que la mienne à ce secrétariat d’Etat » (source ici). C’est vrai que tout ça ressemble quand même à une lutte d’influence, à des tentatives de groupe(s) d’intérêt, pour placer les copains à des postes potentiellement disponibles. Ceci dit, ce n’est pas tout à fait vrai qu’il n’y a rien dans la pétition. La pétition est clairement un appel à revenir comme c’était avant, avant la LRU, période vénérable où les universités étaient bien sagement confinées dans le formol, pilotées par le ministère et les organismes de recherche. La liberté, ça fait un peu peur, et la responsabilité c’est lourd à assumer … Enfin, je pense que tout est résumé par un des commentaires de ce blog, posté par ‘Nonette’ : « Le passé serait sans conteste un meilleur futur… ». Bien dit, et ce n’était donc pas la peine d’écrire un texte de pétition si long alors que quelques mots auraient été largement suffisants.

Finalement, cette histoire nous révèle clairement que le nonisme universitaire est encore bien présent et qu’il suffirait de peu pour qu’on entame une nouvelle une ronde infinie (le pied !).

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