univasiatiquesLa Chronicle of Higher Education vient de rendre compte, dans un article repris par l’International New York Times du Sommet de Séoul tenu du 17 au 20 mars de l’Association Asie-Pacifique pour l’Education Internationale, association régionale des établissements d’enseignement supérieur qui se réunit chaque année. L’édition 2015 se tiendra à Pékin.

Près de 1300 établissements étaient représentés dans la capitale sud-coréenne, mais apparemment il y avait aussi une présence venue d’Australie, d’Amérique du Nord et aussi d’Europe,  (malheureusement l’article est un peu trop concis pour nous préciser qui sont ces intrépides pionniers de l’Orient). La présence chinoise était semble-t-il plus modeste qu’espérée, peut-être parce qu’on attend que le grand jamboree se tienne sur le sol de la République Populaire l’an prochain pour vraiment afficher les couleurs et la taille du contingent. Malgré une situation politique quelque peu tendue, de nombreux Japonais étaient venus à Séoul.

Il n’est pas inintéressant de remarquer que trois thèmes de prédilection ont dominé les discussions, thèmes qui ne sont pas du tout étrangers aux lecteurs de Gaia, mais l’approche des Asiatiques à de quoi faire réfléchir de ce côté ci, étant donné qu’ils ne semblent pas du tout confirmer maintes interprétations complotistes qui sont régulièrement évoquées.

Ces thèmes sont: les classements (eh oui!) l’usage de l’anglais (my God!) et l’usage et développement des MOOC (où se trouve la prise électrique?)

Aussi étonnant que ce soit pour les contempteurs de Shanghai, les classements donnent des maux de têtes aux établissements asiatiques. D’après l’auteur de l’article, la journaliste Karin Fischer, « les classements internationaux semblent conçus de façon inhérente contre les institutions asiatiques. Avec quelques exceptions notables, les universités asiatiques sont moins riches que leurs homologues d’Europe et d’Amérique du Nord et moins capables d’investir en professeurs et recherche haut-de-gamme. » Ainsi le secret des classements serait donc l’argent, toujours nerf de la guerre, et on se pincerait où ne serait-ce pas là le retour d’une vieille idée des Asiatiques tout juste bons à produire de pâles imitations à très bon marché? En revanche les débats sur les classements ont aussi mené certains intervenants à estimer que les universités asiatiques s’échinent trop dans leur cursus à mettre l’accent sur la formation professionnalisante, et pas sur la formation culturelle, selon le mot d’un Coréen, « engendrant l’excellence académique sans âme« . Et le président de la City University of Hong Kong d’enfoncer le clou, « les universités asiatiques se concentrent moins sur les arts libéraux et humanités parce qu’elles se sentent pressurées en direction des sciences » par qui, mais par les classements bien sûr.

Deuxième constat qui réjouira nos différents sauriens en goguette. La seconde raison évoquée pour un manque de visibilité des Asiatiques dans les classements serait le fait que leurs personnels ne maitrisent pas bien l’anglais. Un autre participant sud-coréen déclare sans rire  « L’anglais est un handicap que nous ne pouvons surmonter« , notamment au niveau de la publication, les articles ayant « du bon contenu, mais un niveau d’anglais pauvre« . Cette université, Chung-Ang, essaie de délivrer 30% de ses enseignements en anglais (pour attirer des étudiants étrangers, ça doit être une sorte de Fioraso locale!) mais peine à trouver les enseignants capables de le faire.

Troisième préoccupation, donc, les MOOC. Ceux ci viennent d’ailleurs, et les Asiatiques aimeraient produire les leurs pour concurrencer les productions étrangères. C’est ici que le rapprochement entre la RPC et Taiwan semble connaître un nouvel avatar, l’université nationale Chiao Tung de Taïwan s’étant associée à quatre partenaires continentales pour créer sa plateforme appelée ewant, portant des cours en statistiques, informatique et médecine chinoise. D’après les fondateurs, leur marché porteur pourrait être celui de la formation continue en entreprise pourvu que davantage d’universités chinoises prestigieuses rejoignent la plateforme… et qu’on trouve un moyen d’assurer la sécurisation des examens car en Chine et à Taïwan, « la fraude aux examens est courante« , dit le fondateur, Lee Wei-i.

Il y a donc de quoi se mettre sous les baguettes…

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