maternite« A peine arrivée dans ma nouvelle faculté, j’apprends que je suis enceinte. […] Je vais accoucher en juillet. Ce n’est pas la bonne date. Notre enseignement est annualisé, mais l’été est considéré intégralement comme des vacances, et je n’aurai qu’une très faible décharge d’enseignement après mon congé (et pas de vacances, bien sûr). Après une première année quasi intégralement consacrée à la préparation d’enseignements très nouveaux, je vais enseigner énormément pendant tout mon temps de présence l’année suivante, au détriment de mes activités de recherche.

Je reviens de congé maternité. L’année précédente, la plupart de mes cours étaient au 1er semestre. De retour de congé, je dois faire tous mes enseignements au second semestre. Ils sont donc tous nouveaux, une fois encore. Et la troisième année, je ne récupère pas ceux – du premier semestre – que j’ai laissés pendant mon congé maternité. Encore de nouvelles choses à découvrir et préparer. J’entends « Tu comprends, le collègue qui t’a remplacé a dû s’investir pour faire ce cours » …  En résumé, j’ai eu des enseignements totalement nouveaux ou presque à préparer chaque année, trois ans de suite, ce qui prend un temps considérable. J’adore enseigner, mais … La quatrième année, rebelote, je repars en congé maternité. Je cherche les ennuis !! Cours tout nouveaux encore la cinquième année. J’attendrai donc la sixième année pour avoir pour la première fois un service entier identique à l’année précédente.

[…]

Un congé maternité peut être source d’angoisses terribles, quand on confond le fait d’avoir arrêté la recherche pour congé maternité à cette chose terrible et honteuse qu’est le fait d’arrêter la recherche pour un maitre de conférences.

Lorsqu’on arrête quelques mois pour pouponner, ce n’est pas qu’on n’y arrive plus, qu’on n’a plus envie, plus le courage… c’est juste qu’on a fait un bébé et qu’il a besoin qu’on s’occupe de lui.

Les maternités en début de carrière sont certainement un facteur très important de décrochage de la recherche, mais je ne connais pas d’étude là-dessus. Arrêter l’activité de recherche pour reprendre ensuite est très difficile et angoissant. On doit se remettre en route, prendre souvent de nouveaux enseignements, s’adapter à une vie familiale épuisante, et essayer malgré tout de trouver suffisamment de temps, de sérénité, et de disponibilité d’esprit pour faire de la recherche ».

Source du témoignage: ici. Merci à Nathalie pour le signalement.

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