farfarawayRassurez-vous, l’histoire du jour se passe loin d’ici, far far away. Dans ce pays, le gouvernement a demandé aux universités de « chercher à réaliser d’autres gains de productivité tout en maintenant l’accès et la qualité dans un contexte de restrictions budgétaires. Il a défini la différenciation comme un facteur stratégique clé pour atteindre ces objectifs ».

Ça a le mérite d’être très clair : il s’agit de faire aussi bien mais avec moins d’argent. Il est hors de question de diminuer l’offre de formation ou d’en altérer la qualité. Comment faire ce petit miracle ? La réponse est toute simple : il suffit de jouer sur la répartition des missions des personnels d’enseignement et de recherche.

Voici les éléments principaux de l’équation ainsi que le gain final de productivité attendu :

  • « La charge de cours moyenne durant l’année universitaire  2012 était de 2,8 cours » (un cours = 45 heures, dont 15 de cours magistraux et le reste sur des travaux divers). « La charge moyenne  d’enseignement varie selon les disciplines (3,0  en  économie,  2,4 en chimie et 2,9 en philosophie ». Il est remarqué également que les « charges de cours moyennes varient entre les universités » (précisons que le pays en question a aussi une politique de différenciation des établissements). « Les charges de cours moyennes sont plus élevées dans les universités offrant principalement des cours de premier cycle que dans celles qui sont axées sur la recherche ».
  • "Nous estimons à partir de nos données qu’environ 27% des professeurs d’économie et 7% des professeurs de chimie n’ont ni publié dans des revues à comité de lecture ni reçu de subvention de l’un des trois conseils au cours d’une période de trois ans. Ces membres du corps professoral non actifs en recherche enseignent en moyenne 0,9 cours de plus en économie et 0,5 cours de plus en chimie que leurs collègues actifs en recherche".
  • « En extrapolant à partir de notre échantillon (science éco, chimie et philo), nous croyons que si la charge d’enseignement des membres non actifs en recherche du corps professoral était deux fois celle de leurs collègues actifs en recherche, la capacité globale d’enseignement des professeurs à temps plein pourrait être accrue d’environ 10 %, ce qui aurait sur l’enseignement le même effet que d’ajouter 1500 membres au corps professoral de la province ».

CQFD

Pour ceux qui veulent plus de détails, en particulier sur l’équation qui a permis de calculer ce gain de productivité de 10 %, c’est ici.

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