quoi-de-9-docteur2En France la durée d’une thèse est de trois ans. Personnellement je trouve ça un peu court, mais c’est la norme qui est en vigueur (un contrat doctoral dure trois ans et il n’est pas possible de le prolonger, sauf dérogation exceptionnelle). En pratique, ces trois ans sont souvent dépassés par les doctorants. Il faut alors trouver des solutions pour qu’ils puissent terminer leur travail (financement sur un poste d’ATER, un morceau de contrat, etc … et parfois rien du tout).

Les évaluations des écoles doctorales par l’AERES sont une mine de renseignements sur le sujet. Chaque année, l’AERES publie une synthèse d’évaluation dans laquelle on peut trouver des indications sur la durée moyenne des thèses, les taux d’abandon et les taux de placement (entre autre) selon trois grands domaines. Les chiffres ci-dessous sont extraits du rapport de la vague D (rapport mars 2010). Les rapports peuvent être consultés ici.

  • Dans le domaine des « sciences dures », la durée moyenne des thèses est de 42 mois (3,5 années). Le taux d’abandon est de 5%. Le taux d’insertion professionnelle est de 90 %
  • Dans le domaine de la vie, de la santé et de l’environnement, la durée moyenne est de 45 mois (3,7 années). Le taux d’abandon est de 5%. Le taux d’insertion professionnelle est de 95 %.
  • Enfin, dans le domaine des SHS, la durée moyenne des thèses est de 63 mois (5,25 années). Le taux d’abandon est de 40%. Le taux d’insertion professionnelle est de 66 %

On peut donc constater deux régimes clairement différents entre les deux premières catégories et la troisième. Pour les SHS, on peut certainement sous catégoriser trois types de situation de doctorants.

  • Environ un tiers des thèses (peut-être même moins) de SHS se font sous contrat doctoral (dans ce cadre-là, le doctorant peut se consacrer à plein temps à sa thèse). Il est intéressant de remarquer que malgré ce plein temps, de nombreux doctorants font leur thèse en plus de 4 ans (ce qui contraste fortement avec les thèses des deux premiers domaines, très majoritairement sous contrat doctoral).
  • Il y a environ un autre tiers qui font une font une thèse mais qui ont une activité professionnelle déclarée en parallèle (beaucoup d’enseignants du secondaire). On peut donc comprendre aisément que dans ces conditions une thèse dure plus longtemps.
  • Enfin le dernier tiers n’est pas financé mais n’a pas non plus de revenus parallèles déclarés. Personnellement je trouve que ce dernier tiers pose problème. Faut-il accepter une inscription en thèse alors que le candidat n’a aucun support pour subvenir à ses besoins ? J’imagine que les universités et écoles doctorales concernées par ce domaine se sont déjà posé la question, mais quelle est leur réponse ?
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