" La grande différence avec l’université qui explique notre réussite c’est notre gouvernance. Nous avons une gestion très rigoureuse grâce à l’apport de personnes extérieures à l’enseignement qui nous amènent des niveaux de compétences exceptionnels. Il faut pouvoir attirer des professionnels de l’entreprise pour diriger les écoles alors que les universités achètent la paix sociale en faisant la part belle aux personnels et aux élus. Qu’est-ce que ce type de gouvernance peut donner d’autre qu’un système fondé sur la préservation des acquis plutôt que sur la performance sociale et l’innovation ? "
Extrait d’un billet publié ce jour sur le blog de Olivier Rollot – Le Monde – et titré « Il faut arrêter de tirer à boulets rouges sur les grandes écoles ». L’extrait nous est proposé par François.


15 commentaires
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20 février 2013 à 21:42
Rachel
« La grande différence avec l’université qui explique notre réussite c’est notre gouvernance ». Dire ça c’est franchement se moquer un peu du monde, non ? Le monsieur de l’école de management nous offre une sacrée collection de perles. Je ne résiste pas à en mettre une autre : « Quant à nos coûts de scolarité, savez-vous que le coût estimé d’un étudiant universitaire en apprentissage est plus élevé que le nôtre ? Divisez le budget d’une université par son nombre d’étudiants et vous verrez que le coût est plus élevé que dans l’une de nos écoles. La grande différence c’est que nous allons chercher nos ressources quand les universités les demandent à l’État ».
20 février 2013 à 21:57
marianne
Ben le monsieur a jamais entemdu parler des signes plus et moins…
Un etudiant qui fait de l apprentissage a des sous qui arrivent dans la popoche :ca c est plus tandis que le gars qui fait une ecole de commerce doit vider la dite popoche et ca c est moins…
D um cote ils sont pas matheux hein…
20 février 2013 à 22:09
François
" Divisez le budget d’une université par son nombre d’étudiants et vous verrez que le coût est plus élevé que dans l’une de nos écoles "
Venant d’un directeur de formation à la gestion, une telle affirmation est assez surprenante.
Habituellement, les arguments échangés sont très codifiés :
- Universitaires : notre coût par étudiant est plus faible que celui des écoles.
- Ecoles :
* argument 1 (typiquement CGE) : le coût pertinent est celui par diplômé et non par étudiant inscrit; il n’est pas plus élevé chez nous
(contre-argument des universitaires : c’est une conséquence de la sélection – sous-entendu : anti-sociale – que vous pratiquez)
* argument 2 (typiquement Sc Po Paris) : notre coût total par étudiant est plus élevé, mais compte tenu des frais de scolarité demandés, la part du coût par étudiant supportée par le contribuable est plus faible qu’à l’université
(contre-argument des universitaires : demander des frais de scolarité élevés est anti-social
contre-contre argument de Sc-Po Paris : il y a exonération des frais de scolarité pour les boursiers; d’autre part nous majorons leurs bourses CROUS de 75% grâce aux frais de scolarité payés par les plus riches)
20 février 2013 à 22:29
Rachel
@François, et n’oublions pas aussi que dans le budget d’une université il n’y a pas que les formations, il y a aussi la recherche. Contrairement aux grandes écoles, les universités ont une double mission : la recherche et l’enseignement.
20 février 2013 à 23:03
François
@Rachel.
Oui, dans mon catalogue d’arguments dans les deux sens, celui que vous citez s’appelle "Vincent Berger" car il l’a l’a utilisé pendant les assises.
Mais certaine écoles (l’exemple extrême étant les Mines) ont une activité de recherche non négligeable.
D’autre part, d’après ce que je comprends, la comptabilité des universités a bien du mal à affecter ses coûts à chacune des deux activités (surtout si on veut, ce qui paraît normal, y inclure les salaires).
21 février 2013 à 00:30
FBLR
@Rachel
Pour obtenir des accréditations/certifications (pour les écoles de commerce), j’avais cru comprendre qu’il était nécessaire de faire de la recherche. J’ai aussi lu que certains professeurs (universitaires) se faisaient payer pour copublier avec des permanents de Business School.
La pression internationale serait au final plus importante que celle venant de la tutelle.
21 février 2013 à 03:15
Zerafshan
@FBLR – Certains universitaires sont payés par leur institution pour publier dans des revues bien classées… dans les Business School, les chiffres sont impressionants (20 000 euros l’article dans certains cas) – celà ne me surprend donc pas que des universitaires copublient avec des permanents de Business Schools (j’imagine qu’ils se partagent ensuite la prime).
21 février 2013 à 07:33
PR27
en réponse aux derniers points (désolé hors sujet du fil général) : peut-on considérer que les primes aux articles sont payées par les frais de scolarités des étudiants – si tout cela vient de la même caisse ?
21 février 2013 à 11:20
FBLR
@PR27
Oui, cela revient à ce que vous présentez : les étudiants portent dans leur frais cette activité recherche.
Par rapport au montant évoqué par Zerafshan (20k€), je suis étonné, car la somme qui circulait était plutôt de l’ordre de 1 à 5k€, et en effet, partagée par les différents co-rédacteurs.
Pour EQUIS, les critères sur la recherche sont très clairs : http://www.efmd.org/images/stories/efmd/EQUIS/EQUIS_Standards_and_Criteria_2013.pdf
D’autres reconnaissances, tels que AMBA et AACSB attachent autant d’importance à ces critères.
Aussi, observe-t-on que les contraintes de transparence, de comparaison et des classements au niveau international sont bien plus efficaces que les changements dictés par l’Etat central.
Existe-t-il une comptabilité analytique (moyens/résultats) de la recherche au sein des différents établissements supérieurs ?
21 février 2013 à 16:11
Astronaute en transit
Je reviendrais sur le titre de l’article dont est tiré le billet… qui montre bien qu’on est là devant un problème bien franchouillard né bien sûr des structures particulières et multiples coexistant dans l’enseignement supérieur français plus qu’ailleurs. La rivalité entre institutions prend un tour, ces derniers temps, où chaque partie ne se contente plus que de s’envoyer respectivement ses prétendues supériorités à la figure. Sans déboucher, en vérité, sur le moindre débat productif. On peut d’abord se demander qui tire le moindre profit de cette guerre de tranchées, en dehors des pisse-copie stipendiés par l’une et l’autre des parties en présence. Autrement dit, nous assistons à du nombrilisme. Ajoutons à cela l’hallucinante description, sur le fil précédent, des coups tordus entre cliques d’idéologues chez les fonctionnaires de ce secteur de l’État, ce qui expliquerait prétendument l’absence ou la régression politique à laquelle on assiste, et cela suffit pour décourager toute personne censée de vouloir se mêler, voire s’engager dans ce secteur.
22 février 2013 à 14:08
Zerafshan
@FBLR: Par rapport au chiffre en question (pour des publications de rang A / Financial Times), ce qui m’a le plus surpris c’était qu’il était justement mis en avant dans un rapport d’accréditation afin de démontrer l’effort que l’institution en question faisait pour augmenter son niveau de recherche.
Bien entendu, cela a un effet multiplicateur sur le mercato des profs qui pose réellement problème mais ça c’est un autre thème…
22 février 2013 à 15:06
FBLR
@Zerafshan
Et en plus ils s’en vantent… En tout cas, merci pour ce croustillant détail !
23 février 2013 à 18:24
FBLR
@Rachel
Vous trouvez peut-être qu’il exagère, mais je trouve qu’honnêtement le principal problème de l’université est sa gouvernance.
Dernier exemple en tête:
https://www.coursera.org/ep
Combien de temps avant qu’une université participe à un MOOC d’ampleur ?
23 février 2013 à 21:46
FBLR
Et j’en remets une couche avec un texte sur le corps des mines, la recherche, et le gachis scientifique à la française.
(où comment dédier les meilleurs cours de sciences à des gens qui n’utiliseront que marginalement le savoir prodigué…)
http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/31/93/70/Corps-des-Mines-et-Science.pdf
25 février 2013 à 22:10
FBLR
A garder dans la longue série des conséquences de la trop forte immixtion du pouvoir politique dans l’organisation de l’ESR:
http://enseignementsup.blog.lemonde.fr/2013/02/25/sciences-po-paris-louis-vogel-jette-leponge-plus-que-deux-candidats-en-lice/
D’où le théorème suivant:
ENS ou ENA >> Carrière -réussie- dans l’ESR.
Pitoyable…