Aujourd’hui, la sphère des nonistes universitaires a rendez-vous pour une AG (assemblée générale) afin de protester contre le projet de loi de l’ESR. Selon eux, la nouvelle loi en préparation entérine la LRU et vise à parachever l’œuvre de destruction entreprise par le quinquennat Sarkozy. Comme au bon vieux temps de 2009, les thèmes de l’AG sont la précarisation croissante, la transformation de nos universités en entreprise, les hyper pouvoirs des présidents, l’évaluation sanction, le recul du fonctionnement démocratique, etc … (lire ici pour SLR, ici pour SLU; ici pour un résumé intersyndical et interassociation). En cette période foisonnante de motions et de communiqués, j’ai appris l’existence d’un nouveau collectif ‘Tu quoque Hollandi’ qui semble s’inscrire dans la pure tradition de la rhétorique du refus (lire ici).
Une chose qui me ferait très plaisir, ça serait la reprise de la ronde infinie des obstinés. C’était tellement beau !


44 commentaires
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18 février 2013 à 10:59
mixlamalice
Le serpent se mord la queue quand on proteste contre la précarité croissante et qu’on fait une pétition pour l’abolition de la loi Sauvadet pour pouvoir rester post-doc ou ingénieur en CDD plus de 6 ans… http://www.petitionpublique.fr/?pi=P2013N36177
18 février 2013 à 11:15
François Garçon
Ils ont cru au Père Noël, ils ont cru qu’une loi qui ne faisait que rapprocher l’enseignement supérieur français de ce qui se pratiquait dans le reste du monde (autonomie, concurrence entre les établissements, priorité donnée aux universités seules entités intelligibles sitôt sorti de l’hexagone, etc.), allait être démantelée pour revenir au bon vieux temps, celui où le ministère dictait jusqu’à la couleur du papier peint dans la cage d’escalier. Ils n’ont pas compris que le monde a changé, que le commandement top/down a fait la démonstration de son incurie, qu’il protège rentes et rentiers. Ils n’ont rien vu du déclassement de nos établissements, obnubilés par les seules "grandes écoles", où ils s’appliquent à y caser leurs rejetons. Fort heureusement, l’actuel gouvernement renie toutes ses promesses de campagne. L’AG sera celle des cocus: aigreur et dépit rythmeront les invocations religieuses au vrai socialisme.
18 février 2013 à 12:42
tofu
Qui est volontaire pour une lecture de la princesse de cleves place du Châtelet?
18 février 2013 à 13:44
Rachel
Ah je croyais que c’était ‘place de la grève’ …
L’AG est terminée. On pourra lire un compte rendu des échanges constructifs sur le site de SLU: http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article5948
18 février 2013 à 16:31
Dan- visseur éperdu d'admiration
Fascinant compte rendu des échanges et des débats sur le lien proposé par Rachel. Dans le brouhaha général, les entrées et sorties, les interventions de dix minutes, ils ont réussi à savoir qui voulait quoi pour réformer rien que le deuxième budget de la nation , en trois heures et sept minutes de "débats"…Vive l’efficacité sans limites de SLU. J’admire ! On voit les pros de la réflexion, de l’organisation, de la démocratie participative, de l’animation de la concertation et du débat,du respect des personnes. Chapeau bas.
Et c’est à ces gens-là qu’il faudrait confier nos enfants et petits-enfants, la recherche et l’enseignement supérieur…Tous en Belgique ou en Suisse…
18 février 2013 à 17:31
Eug. D
La ronde des obstinés était belle, certes, mais l’université qui l’alimentait fut des premières à appliquer la LRU alors même qu’elle ne lui était pas encore imposée… Il est temps de replacer chaque chose en son contexte sans fards et sans illusions. La LRU renforcée que prépare le projet ne répond effectivement pas aux attentes générées par une concertation dont vous aviez noté le caractère factice à l’époque.
18 février 2013 à 18:37
Rachel
Ah Dan, vous voyez ! cela vient contredire toutes les mauvaises pensées que vous avez sur l’université, objet non identifié et inefficace. Il suffit pourtant de se réunir, discuter collégialement et tomber d’accord unanimement ‘non non non ta réforme on n’en veut pas !’ et écrire un motion bien sentie dans la foulé. Tout ça en moins de 3 heures. Efficace, non ? On imagine alors le porteur de la motion arrivant essoufflé au Cneser et tendant le parchemin à la ministre (qui blêmit en le voyant arriver) … Fioraso t’es foutue, SLU vient d’appeler à une vaste mobilisation! http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article5948
Eug. D. Moi je me fais toujours beaucoup d’illusions pour l’université … mais je trouve le projet de loi un peu terne. Qu’il passe ou non, franchement ça ne fera pas grande différence.
18 février 2013 à 22:30
Helios
On peut effectivement critiquer le manque de réalisme de toute cette agitation. Mais le manque de réalisme touche aussi ceux qui ne voient pas les signes d’effondrement du monde auquel ils se réfèrent et qu’ils rèvent de copier. Au rythme où vont les choses, qui peut prévoir ce que sera le monde dans dix ans ? Les modèles étrangers existeront-ils encore ?
18 février 2013 à 22:55
François
La DEPP indique que 78% des nouveaux bacheliers entreprennent des études supérieures :
- 35% à l’université
- 8,3% en IUT
- 7,3% en CPGE
- 19,5% en STS
- 7,9% dans diverses formations post-bac
Si divers mouvements rendent, comme on peut le craindre, l’université ingouvernable, le contexte d’extrême tension budgétaire et le vote "avec les pieds" des nouveaux bacheliers (et de leurs parents …) risque de promouvoir un schéma tout différent. Il ne faut pas perdre de vue le fait qu’en majorant le nombre de places en IUT-CPGE-STS et formations diverses de 60% (ce qui ne paraît pas infaisable), on pourrait maintenir le pourcentage de nouveaux bacheliers commençant des études supérieures à 78% avec moins de 10% d’entrants à l’université (dont la médecine).
18 février 2013 à 23:56
Astronaute en transit
Super titre pour ce billet!
19 février 2013 à 00:56
joel
à François Garçon: on a bien compris que le monde a changé, mais certains n’arrivent pas à se faire à son vide d’humanité(s). Et il seraient cocus – comme vous le dites élégamment – si ils avaient voté, mais il ne fallait pas être devin pour deviner la suite. ;-)
à Rachel: "projet de loi un peu terne" ? mais il est vide, comme le monde qui a changé, et il va falloir s’y faire (car le siècle des lumières est un peu loin – et oublié – maintenant).
19 février 2013 à 09:12
Samantha
Cher Rachel,
Franchement, bravo pour ton titre de cette nouvelle chronique, ki est bien fouillé comme à chaque foi. Faire ce camenbourg avec "anus horribilis", c’est trop top, lol. En plus ces fossiles de Mediapart, lol, il te l’on trop chauffé, ton titre en latin trop drôle, lol.
Sur le font, j’adore ton analyse de font. Voilà, franchement, il est trop terne ce projet de loi, meme si il faut reconnaitre qu’il s’attaque au vrai font du problème: que chaque étudiant puisse tous avoir un diplome et puisse être compensé sans les notes planché.
Encore, franchement bravo pour ta rétorique, qui est trop mignonne. Même dans les Marie-Claire que lit ma mère, y font pas mieux.
Biz,
Samantha
19 février 2013 à 09:33
François
@Samantha : « anus horribilis »
Shocking. Jamais la reine Elisabeth qui a (re)mis à la mode cette expression n’a voulu parler d’hémorroïdes …
19 février 2013 à 10:44
Simon
Ce groupe Marc Bloch mis en lumière dans la tribune dont le lien nous est proposé par Rachel est tout à fait curieux. On ne connait qu’une demi-douzaine de personnes parmi ceux-ci. Jean-Loup Salzmann en est le fondateur; Axel Kahn et Lionel Collet en sont les représentants officiels. Jean-Yves Merindol, Vincent Berger, Alain Beretz, Simone Bonnafous en sont. Mais qui sont les cinquante autres?
Il semble y avoir de l’eau dans le gaz, dans ce groupe. Jean-Loup Salzmann a émis des critiques virulentes sur le texte de loi. Le bruit court que la direction générale de la DGRI, qui était promise à V. Berger, lui échapperait finalement suite à des dissensions. Serait-il derrière ce nouveau groupe de lobbyistes "Tu quoque"?
19 février 2013 à 13:34
Jean
Effectivement on peut se poser la question sur l’origine et les intentions de ce groupe "tu quoque". Je me suis laissé dire que ce groupe était influent , important (relavivement !) et indépendant de la clique socdem au pouvoir ou souhaitant l’être. A suivre donc. On cherche des noms.
Cependant, la lecture de ce texte n’est pas sans intérêt. Tu quoque pointe du doigt de réels problèmes et parvient à convaincre de la cohérence du système (ce qui me laisse penser que ces gens viennent du ministère).
Tu quoque s’inscrit en opposition du groupe Marc Bloch et on peut pronostiquer un combat de titans entre ces deux entités académiques. D’autre part, objectivement, la forme se démarque de la phraséologie classique -clanique ?- des syndicats et autres corps constitués officiels. Il serait dommage de se priver d’une réflexion et d’une forme un peu originales. Tu quoque doit continuer à agir et nous à le lire.
19 février 2013 à 19:05
Rachel
@Jean, j’adore les histoires de choc des Titans, manipulation dans l’ombre et d’influence dans les palais. J’espère que le collectif « Tu quoque Hollandi » ne va pas en rester à une seule petite tribune dans Médiapart. Maintenant qu’il est créé, faut le faire grandir sinon on va tous penser que ce n’est qu’une émanation de SLU. Par contre je ne vois pas trop pourquoi ils viendraient du ministère, étant donné qu’au ministère c’est le groupe Marc Bloch qui y est. Pour lire la page du groupe ‘Marc Bloch, c’est ici : http://marcbloch2012.fr/wordpress/
19 février 2013 à 20:28
Quam minimum credula postero
Ce groupe « Tu quoque » rappelle, en négatif, le fameux Censor ("Véridique Rapport sur les dernières chances de sauver le capitalisme en Italie"). En effet, au lieu d’avoir un situationniste prenant un pseudo donnant lieu à croire qu’il est proche des cercles du pouvoir, on a ici l’inverse, un groupe influent et proche du pouvoir -mais pas assez à son goût!- qui agite l’épouvantail grotesque du « grand service public autogéré » de l’ESR en mimant la "rhétorique du refus" (justement décriée sur Gaïa, mais attention, piège). Le coup est assez finement joué, mais certains termes employés laissent penser à un groupe d’influence (genre les pigeons, mais en beaucoup plus fin quand même) qui en réalité joue la carte du marché de l’ESR, seul à même de libérer les créativités, au plus haut point nécessaires en ce domaine.
Les indices ?
– "Tu quoque" fait mine de mettre en lumière un mystérieux groupe Marc Bloch, alors que chacun sait que la coterie sarokzyste est restée bien enchassée dans les présidences d’universités, et ceux qui ne s’intéressent pas qu’à leurs éprouvettes sont avertis que ce groupe de pression traverse sans se mouiller les différents gouvernements. Ce groupe Marc Bloch, libéral-étatiste, est en réalité assez décati: il accepte même un ancien président de Lyon I pourtant complètement grillé dans le milieu ! (mais visiblement pas au ministère où il siège sans complexe).
– "Tu quoque" feint de se plaindre d’un ministre qui "se ferait le relai d’une stratégie de recherche et d’innovation extrêmement ciblée sur quelques domaines prioritaires, dans l’espoir d’en tirer des applications socio-économiques immédiates", mais "Tu quoque" espère in fine aiguillonner le pouvoir afin que la stratégie libérale ne se restreigne pas piteusement à quelques domaines, mais bien à toute la recherche et même à l’enseignement qu’il faudra valoriser coûte que coûte sous forme numérique. Et il le faut car, sous les pressions des archéo-syndicalistes usuels, le ministère, trop faiblement libéral, a déjà reculé sur son grand plan numérique, en insérant au milieu de l’article "Les établissements d’enseignement supérieur rendent disponibles leurs enseignements sous forme numérique" le diverticule "pour les formations dont les méthodes pédagogiques le permettent" (sic) qui dénature totalement l’idée originelle (…mais pas originale !).
Resterait-il des traces de Jaurès au PS malgré l’évidence – tous les jours trop exhibée ? – de l’adhésion de Hollandus Horribilis à ce qu’on entend sous le nom d’Europe ?
Il faudra en effet traquer la prochaine intervention du baromètre du pouvoir, "Tu quoque", pour mesurer qui l’emporte.
19 février 2013 à 21:29
jako
« Les établissements d’enseignement supérieur rendent disponibles leurs enseignements sous forme numérique »: oui c’est vrai. En plus c’est la meilleure stratégie pour a) délocaliser (enfin!) l’enseignement supérieur à Tunis, Marrakech ou Timisoara; b) achever le mammouth de l’ESR et virer tous les parasites qu’il emploie; c) faire payer au prix fort les prestations "numériques": on n’est pas chez les bizounours et on ne s’imagine quand même pas qu’après avoir gouté le miel, les clients ne vont pas être amenés à mettre la main au porte-monnaie, et là ils vont la sentir passer… Après tout, l’"économie de la connaissance", c’est bien beau, mais l’économie et le business, c’est beaucoup plus intéressant que la "connaissance"
19 février 2013 à 22:34
Fanny
A vrai dire un article de blog de médiapart avec 3 commentaires dont 2 de la même personne, j’ai pas l’impression que ça soit une mise en péril du gouvernement ;-) Mais je vais lire le contenu.
19 février 2013 à 23:48
Petit Cerveau
Ca n’est pas sans interet, notamment le passage sur la taille des composantes et des universites,
"Pour la recherche comme pour l’enseignement, les structures optimales, démocratiques et mobiles, doivent être de l’ordre de cent personnes (pour assurer les cours à un nombre d’étudiants de l’ordre du millier) de sorte à répondre efficacement aux besoins du terrain et à prendre des décisions fondées scientifiquement. Les universités telles que nous les connaissons comportent typiquement de l’ordre de la dizaine de composantes et donc quelques milliers de membres du personnel pour quelques dizaines de milliers d’étudiants. Le projet de loi tend à imposer la création de monstres institutionnels de dizaine de milliers de membres du personnel pour plusieurs centaines de milliers d’étudiants, représentés par une dizaine de membres élus dans les instances de décisions.
Les proportions entre les différents types d’acteurs s’en trouvent fondamentalement modifiées, de très nombreuses conséquences structurelles en découlant : discordances, aussi bien en termes d’enseignement que de recherche, entre les échelons local et central. Ce niveau adoptera des vues cavalières alors même que son pouvoir décisionnaire sera renforcé."
mais ca reste quand meme tres franchouillard: il n’y a pas beaucoup de departements comptant une centaine de personnes ou d’universites digne de ce nom enseignant a plusieurs dizaines de milliers d’etudiants dans le monde (sauf il est vrai en France). Ils ne sont vraiment pas aller regarder bien loin. Quant a demander une (meme simili) autonomie budgetaire des composantes, ce qui est la condition sine qua non (pour parler latin comme tout le monde ici) de l’autonomie, ca sera peut etre pour dans cent ans.
20 février 2013 à 00:43
Samantha
@ Petit Cerveau
Franchement, c’est trop vrai qu’ils savent pas regardé plus loin que le bout de leur lorgnon, les fossiles de "Tu quoque". Comme toutes les cop-copines du blog, j’aime bien l’évaluation qu’ils ont fait ici:
http://colleges.usnews.rankingsandreviews.com/best-colleges/rankings/national-universities
et qu’est du vrai benchmarking ;-) On voit bien que les universités qu’on rêve ;-) , elles ont pas une dizaine de milliers d’etudiants. Si j’arrondis après la virgule, ca fait entre 5 et 7 étudiants (ca doit être par classe) et des études entre 35 et 45 dollars.
Biz,
Sabrina
20 février 2013 à 08:39
JM
@ Samantha C toi ki sait pas regardé plus loin que tes lorgnons, lol. 6657 étudiants a Harvard c’est pour les undergraduate programs (c’est un peu comme la licence), mais il y a aussi les graduate et les professional programs. ça fait entre 19000 et 21000 un peu comme les universités de chez nous.
http://en.wikipedia.org/wiki/Harvard_University#Students
Moi je voulais allé mais y m’ont pas pris. pas trop cool !!!
20 février 2013 à 08:42
Petit Cerveau
Oh Samantha (et une Samantha avec un Petit Cerveau, quel couple ca ferait!), je vous aime bien car vous ne parlez pas le latin mais un francais tres savoureux, mais pourquoi utiliser le franglais (a part fun, hip et cool, bien sur)?
20 février 2013 à 13:34
Septime
Selon Educpro, "moins de 200 personnes se sont rassemblé rue Descartes. La manifestation a été décidée la veille lors de l’assemblée générale tenue à l’université Paris Diderot."
Il ne faut pas surestimer le poids des groupuscules "nonistes".
20 février 2013 à 15:44
jean
A Rachel.
Je suis très surpris par ta remarque.
On ne peut pas croire qu’au sein du ministère il n’y a pas de groupes de pression qui se livrent à des affrontements : les hauts fonctionnaires n’ont pas changés avec l’arrivée du PS au pouvoir !
Cohabitent au sein des ministères -et pas dans l’hombre- des courants qui tantôt gagnent tantôt perdent. Il existe de nombreux exemples qui le montrent, par ex. la prime des 400 euro pour les PE qui est le résultat d’un affrontement entre l’aile gauche du PS au ministère de l’EN et de l’aile centre gauche (dite responsable) au ministère de l’EN et de Bercy .
Ma connaissance de ce dossier me permet de l’avancer sans néanmoins pouvoir en dire plus pour des raisons d’intérêts liées à mes activités.
En ce qui concerne Tu quoque, dans les ministères, court le bruit d’un groupe du type "les Gracques" mais dont l’objectif ne serait pas une rénovation des valeurs sociales libérales. Ce groupe est pris au sérieux car son ton et les arguments qu’il avance sont autorisés. La question -en dehors des basses polémiques qui n’apportent pas grand chose- est de comprendre l’essence du texte. L’analyse est en cours.
20 février 2013 à 19:45
Samantha
@JM
Franchement, je suis perdue avec tout ces chiffres, lol ;-) Les franchouillards passéistes, y savent trop pas comté. Quand ils disent "Les universités telles que nous les connaissons comportent typiquement (…) quelques dizaines de milliers d’étudiants", c’est complètement n’importe quoi, puisque c’est entre 19000 et 21000, les universités de chez nous. Et il ne savent pas regardé ailleurs leurs exemples puisque c’est pareil, le nombre. Et puis, quand on les regroupe en grosse université par le projet de loi, ca ne peut pas faire une centaine de milliers d’étudiants comme disent les nonnistes trop mous du bulbe embusqués à la CNESER. Dans mon wikipedia, où je trouve toujours de quoi mettre des bonnes choses dans mes dissert’ ;-) , la Sorbonne 1 en a 65000, la Sorbonne 2 en a 120000 et la Sorbonne 3 en a 55000. Alors ca fait presque 20 fois moins que c’qui disent. Franchement, voilà, y sont pas praissits, quoi. Si les SLR de la peur (le salaire de la peur, t’a compris la blague, lol :-) ) reste 12 dans leurs rassemblement, lol, on pourra enfin rentré dans le ranking qu’on mérite:
http://en.wikipedia.org/wiki/Mega_university
mieux qu’à la 49eme place.
20 février 2013 à 21:15
Rachel
@Jean, j’ai un peu de mal à suivre. Peut-être que j’ai fait une lecture trop rapide du texte de ‘tu quoque’, j’espère que vous pourrez nous faire profiter de l’analyse en cours. Je comprends que vous en savez un peu mais que vous ne pouvez pas dire ce que vous savez, et du coup on reste un peu frustré … Si vous suivez depuis longtemps ce blog, je vous rappelle que je suis moi-même un ‘concombre masqué’ et que certains pensent que je suis ni plus ni moins une taupe du ministère (à la solde du gouvernement précédent – mais comme vous le précisez, les gouvernements changent mais les gens dans les ministères un peu moins). Peut-être que c’est moi le collectif ‘tu quoque’ ?
@Samantha, je suis complétement d’accord avec vous, je trouve qu’on est assez petit joueur. J’ai trouvé un autre lien qui le prouve : http://en.wikipedia.org/wiki/List_of_largest_universities_by_enrollment
20 février 2013 à 21:17
PR27
J’avoue que ce projet de loi me laisse la bouche pâteuse et indifférente. Je n’ai donc rien à dire, mais je le dirai mieux que Samantha. De manière très naïve, je retiens :
1) on ajoute de belles compétences aux PRES (qui ne seront pas forcément les agencements actuels, mais peuveut l’être) et on les appelle communautés d’université. Par ex. définir la carte de formation à une échelle plus grande. Ca permet surtout d’économiser des sous. Et on réduite la nombre d’intitulés de L/M avec comme surprenant effet de bord qu’on bazarde les masters qui font plaisir au professeur bidules et les options avec groupes de 5 étudiants.
2) le recrutement DUT-BTS. J’ai lu aujourd’hui que la ministre aurait dit : bac général à la fac, bac Tech en IUT, bac pro en STS. Mais je ne sais pas si c’est un vague esprit général ou si les paramètres numériques sont déjà fixés (j’ai lu "50% Tech en IUT" mais pas sûr).
Le reste me dépasse, les trucs pour les présidents mais pas les ploucs.
Ou alors, des propositions trop vague (la grande politique Université Numérique de mise en ligne de certains slides sur un serveur web quelque part). Tout est dans le détail, soit les décrets, soit les décisions locales. Et comme ya pas de sous, ça ne vas pas bien tourner.
20 février 2013 à 23:00
Simon
Jean,
Vous ne semblez pas être très au fait. Pour comprendre les tiraillements dans l’appareil d’Etat, il faut remonter au 13 mai 2011. Le groupe Marc Bloch a choisi de soutenir M. Strauss-Kahn. M. Khan (Axel) est en charge des questions de transfert des savoirs vers l’industrie et l’innovation. M. Berger est en charge des questions d’enseignement supérieur et de recherche. Les anciens de SLR, M. Bertrand Monthubert, Mme This Saint-Jean, et d’autres progressistes comme Mme Fraïsse, ont le contrôle de la cellule de réflexion du PS, et sont donc aux côtés de Mme Aubry. Voilà un exemple de leur travail:
http://www.parti-socialiste.fr/articles/recherche-et-enseignement-superieur-retrouvez-les-propositions-du-ps
Le 14 mai 2011 au petit matin, échange de textos et panique dans le groupe Marc Bloch: il leur faut changer de cheval alors qu’ils tiennent la corde. Ils ne leur faudra que trois mois pour expulser les anciens de SLR du comité de campagne de Mme Aubry. En catastrophe, le secrétaire national à l’enseignement supérieur et à la recherche à la direction du Parti socialiste français se rabat sur la candidature de M. Montebourg:
http://blogs.mediapart.fr/blog/les-invites-de-mediapart/210811/pourquoi-je-soutiens-arnaud-montebourg
L’élection passe, nouveau changement de cheval pour passer au côté de M. Hollande. Avec l’appui des présidents de régions qui exercent un lobbying efficace, le groupe Marc Bloch emporte tout: l’intégralité du ministère, la CPU, etc. Pour les autres, on promet à l’un la présidence d’une communauté d’universités, à l’autre la députation.
Nouvel événement marquant: M. Kahn, M. Berger et M. Salzmann sont tous trois très proches de M. Descoings, avec qui ils montent le projet Sorbonne Paris Cité. Le 17 Mars 2012, M. Descoings tape du poing sur la table et démissionne:
http://blog.educpros.fr/pierredubois/2012/11/23/richard-descoings-17-mars-2012/
Il meurt à New York, le 3 avril 2012.
Début de la fission du groupe Marc Bloch et nouvelles alliances. Les demi-vainqueurs souhaitent prendre le contrôle du ministère à la faveur d’un remaniement, contrôle qui leur a échappé du fait de leur choix initial malheureux lors des primaires. M. Salzmann se répend en critiques sur le projet de loi dans la presse: AEF, le Monde, le Figaro, etc:
http://etudiant.lefigaro.fr/les-news/actu/detail/article/universites-le-projet-de-loi-fait-des-mecontents-1090/
M. Berger voit la DGRI qui lui était promise en échange de ses bons et loyaux services lui échapper.
S’il y a bien une guerre de position en cours dans l’appareil d’Etat, ce n’est donc pas une guerre idéologique: socio-libéraux contre progressistes. C’est une guerre de clans. ‘Tu quoque’ n’en est qu’un épiphénomène. Je maintiens donc mon interprétation et pense, Jean, que vous avez tort.
21 février 2013 à 00:15
Dan- visseur qui nihil intellegit (qui nil intellegit )
Delenda est universitas, quoniam bordelum est et manebit.Numquam ducere possibile erit. (à un chouïa près)
21 février 2013 à 08:54
Simon
Tapez ‘L’université est le seul grand service public autogéré’, guillemets compris, dans Google, et vous verrez qu’une seule personne à utilisé cette expression à ce jour, expression qui fleure bon ses années 1970. C’est signé.
Autre piste importante, ici:
http://blog.educpros.fr/pierredubois/2012/12/20/fioraso-elue-presidente-de-la-cpu/
même si je n’aime pas la rhétorique année 1930 de ce Monsieur Dubois.
"Jean-Loup Salzmann est-il franc-maçon ? Il ne répondra pas à cette question. Est cependant étrange le twitt posté en tout début d’après-midi par Axel Kahn, ancien candidat pour le parti socialiste à Paris en juin 2012 et ancien président de l’université René Descartes. Axel Kahn @axelkahn : « Et maintenant, félicitations à mon « frère « Jean-Loup » Salzman, Ptd de Paris 13-Nord, élu Président de la Conférence des Pdt d’Universités« ."
21 février 2013 à 11:02
François
En lisant l’explication de Simon, on est frappé par le penchant de l’équipe Marc Bloch à jouer le mauvais cheval (ainsi que par sa capacité à se rattraper aux branches).
Ils apparaissent plus comme des tacticiens que des visionnaires …
21 février 2013 à 11:11
étudiant inquiet
Donc la politique en France – ou au moins dans l’ESR – se fait en fonction de l’influence de coteries de hauts-fonctionnaires. Génial.
21 février 2013 à 11:31
jean
Pour répondre à Rachel et à Simon.
Je préfère pour le moment ne pas trop donner le verbatim du ministère. Car finalement ma position institutionnelle n’est pas vraiment importante pour comprendre le jeu actuel, si ce n’est qu’effectivement, j’ai le temps et la possibilité d’apporter des éléments signifiants au débat, de fait.
(je connais ce site depuis déjà plusieurs mois et si je ne suis pas intervenu avant c’est qu’il me semblait inopportun d’interagir sur les sujets finalement très interne (mais néanmoins très intéressant). Le sujet actuel est d’une autre portée puisqu’on voit surgir des acteurs cachés -tu quoque- dont les propos tranchent avec l’air ambiant).
Pour répondre a Simon. Je connais les faits que vous évoquez -et il est très intéressant de rappeler- et nous avons une vision factuelle identique mais il me semble que votre analyse -sans orienter les faits- dépasse un peu les faits.
D’autre part, vous ne tenez pas compte des derniers faits, qui provoquent des "postures" au ministère. Il n’y a de doute pour personne sur l’extension d’une pénurie importante à l’ensemble des ministères dont l’enseignement supérieur, malgré les discours. Ce phénomène est acté (et admis) depuis peu. Le discours du ministre de l’économie (il y a 2 jours) donne le ton de "l’importance" en question. Les assises, le rapport Berger, Le Déaut étaient, en substance, le moyen de mettre en pratique une certaine forme d’austérité, légère. Mais la demande de ces dernières semaines est d’une autre ampleur.
Le problème, pour les uns et pour les autres, est donc de savoir jusqu’où il convient de cogérer cette pénurie importante. C’est un problème de sensibilité car il n’y a aucun doute sur l’unité idéologique -pour reprendre vos termes- des acteurs "actifs" au sein du ministère. Je souscris donc à vos conclusions sur la guerre clanique (celle ci va même jusqu’aux bureaux rue de Grenelle !) mais il existe des divergences, minces, égoïstes (n’en doutons pas), de carrière, mais bien réelles.
Tu quoque est certainement une expression de ces divergences même si elle tranche avec "l’idéologie" précédemment évoquée. Tu quoque serait alors une "troisième voie" d’expression ?
On m’a remit hier soir un texte dont le ton rappelle celui de tu quoque. Il est paru dans la Presse voila plusieurs semaines. Celui ci évoque un projet totalement différent du projet de loi présenté . Je vous en donne un extrait :
"Nous appelons le gouvernement, la région et les présidents de nos établissements à promouvoir un réseau francilien de coopération, sur une base confédérale, capable d’encourager les circulations multiples et vitales pour le développement de la recherche et d’offrir des formations en cohérence avec une politique de sites. Et s’il ne s’agit que de gagner en visibilité au niveau mondial et de faire remonter nos établissements dans le douteux classement de Shanghaï, contentons-nous de signer, dès demain, nos travaux de l’appellation : La Sorbonne – Université confédérale de Paris-Ile de France."
Le texte tu quoque n’est donc pas un acte isolé.
21 février 2013 à 12:33
Simon
Cela se confirme, la bataille fait rage dans l’appareil d’Etat. Des extraits de l’intervention de Jean-Loup Salzmann à la CNESER, qui reprennent le texte de "Tu quoque":
- Ceci n’est pas compatible avec le fait que des personnalités extérieures participent à l’élection du président
- Concernant les regroupements d’universités, nous ne pouvons qu’attirer l’attention sur le fait que rien ne pourra se faire sans les acteurs de terrain
- La CPU réclame depuis toujours la sécurisation de la masse salariale transférée
- Loi sur l’acte trois de la décentralisation : nous ne saurions accepter une régionalisation de l’enseignement supérieur
etc.
Il en est, j’en suis convaincu.
L’intervention dans sa version intégrale figure ici:
http://www.cpu.fr/Lettre_du_21_fevrier_2013_n.1469.0.html?&L=1
21 février 2013 à 17:13
Helios
En ce qui concerne l’austérité, on apprend que l’enseignement supérieur sera un des secteurs qui sera le plus touché
http://www.lesechos.fr/economie-politique/france/actu/0202581572554-budget-comment-bercy-a-gele-2-milliards-de-credits-540892.php
21 février 2013 à 17:26
étudiant inquiet
Le ministère va en effet devoir faire 250 millions d’économie, pris sur la mission "recherche". Vous pouvez donc arrêter d’écrire vos demandes de financement…
21 février 2013 à 18:19
Astronaute en transit
Il est intéressant de savoir si, en cette période de vaches maigres, on en profitera pour réfléchir sérieusement à la question de savoir si, jusqu’ici, l’enseignement supérieur français a vraiment bien été géré? Et s’il n’y a pas eu des instances où il a sciemment gaspillé de l’argent public?
En d’autres termes, va-t-on proposer de sérieuses réformes à ce système, ou va-t-on se contenter de pleurnicher sur les crédits perdus?
21 février 2013 à 19:11
étudiant inquiet
@Astronaute, vous savez déjà la réponse…
21 février 2013 à 22:55
Petit Cerveau
Etudiant, "Donc la politique en France – ou au moins dans l’ESR – se fait en fonction de l’influence de coteries de hauts-fonctionnaires. Génial." est un excellent resume de la portee de la notion "d’autonomie" en France, malgre toutes les "reformes" qu’on veut bien faire pour donner une substance aux affrontements politiques. C’est une deperdition d’energie terrible qui ne peut que contribuer a faire bouillir la marmite universitaire francaise.
C’est d’ailleurs etonnant de voir a quel point les syndicats n’en profitent pas pour essayer de mobiliser (le pouvoir a l’air d’avoir quelques faiblesses si on en juge a la mascarade qui a precede la redaction de la loi), mais c’est coherent avec le fait que les presidents d’universite ont etes et sont encore en partie issus des rangs syndicaux. En ce moment, chaque syndicat doit etre en train de negocier son bout de gras (et vous allez certainement bientot entendre parler des concessions obtenues de haute lutte par le syndicat X ou Y) plutot que d’essayer de se demander ce que pense les universitaires de ce qu’il faudrait faire (les syndicats sont malheureusement assez mauvais pour ca).
22 février 2013 à 11:03
Simon
Mme Lemardeley, présidente de Paris 3, et membre subalterne de Marc Bloch dans la mouvance BKS (Berger, Kahn, Salzmann) vient de lâcher à son tour la mouvance Collet. Les trois conseils de Paris 3 viennent de voter à l’unanimité moins une voix un texte de défiance au projet de loi, dans le plus pur style nonniste.
22 février 2013 à 14:18
jako
Puisqu’on parle du projet de loi, il n’est pas interdit de s’arrêter sur des faits, et en l’occurrence les faits, ce sont les textes. Le projet de loi arrête :
Art. 123-2 : Le service public de l’enseignement supérieur contribue (…) 2° A la croissance régionale et nationale dans le cadre de la planification, à l’essor économique et à la réalisation d’une politique de l’emploi prenant en compte les besoins actuels et leur évolution prévisible ; A la croissance et à la compétitivité de l’économie et à la réalisation d’une politique de l’emploi prenant en compte les besoins des secteurs économiques et leur évolution prévisible.
Art. 123-5 : Le service public de l’enseignement supérieur s’attache à développer et à valoriser, dans toutes les disciplines et, notamment, les sciences humaines et sociales, la recherche fondamentale, la recherche appliquée et la technologie. Il s’attache également à développer le transfert des résultats obtenus vers le monde socio-économique. Il développe une capacité d’expertise et d’appui aux politiques publiques menées pour répondre aux grands défis sociétaux.
@Rachel : on est habitués à être pris pour des cons (si être nonistes c’est refuser d’être pris pour des cons, alors vous risquez de compter beaucoup de nonistes à l’Université…). Là la nouveauté c’est qu’en plus – parmi les missions de EC – il y a désormais l’art divinatoire : les EC transformés en Madame Soleil : mais qui diable est en mesure de prédire ce que sera l’évolution des secteurs économiques de demain ? L’ESR a désormais pour tâche la « compétitivité de l’économie et la réalisation d’une politique de l’emploi » ; mais que des boites – dans de nombreux secteurs – débauchent à tour de bras, ça ça ne dérange personne… Par quel enchantement les Universités devraient-elles faire des miracles là où les acteurs du monde économique se montrent lamentablement impuissants et inefficaces ?
Sans doute avez-vous eu l’honneur et le privilège, dans votre labo de physique, de faire des découvertes exceptionnelles et de déposer des brevets monnayables en espèces sonnantes et trébuchantes. Peut-être même avez-vous, grâce à vos brevets, pu monter une boite qui emploie de nombreux salariés. Malheureusement, la contribution de mon cours sur l’Ethique à Nicomaque à « la croissance et à la compétitivité de l’économie » est tout sauf évidente. Encore que… : je pourrai envoyer l’un de mes étudiants faire un stage en entreprise chez Findus ou dans ces boites qui depuis des lustres nous font bouffer de la merde : question « éthique », y a du « boulot »…
7 mars 2013 à 18:45
étudiant inquiet
Des militaires frondeurs ont publié une tribune sous le nom de groupe ‘Marc Bloch’ : http://www.francetvinfo.fr/nous-jeunes-officiers-sommes-inquiets-des-gaspillages-et-des-coupes-budgetaires-commis-au-detriment-de-la-capacite-operationnelle_274895.html
Armée et ESR, même combat ? :-)
8 mars 2013 à 09:44
MCF-61-HDR-Publiant-à-vie
Les questions d’Astronaute m’en appelent d’autres :
Comment définir de ce que signifie "bien géré" ?
Comment (c’est-à-dire sur quels critères) conclure que telle ou telle dépense de fonds public constitue un gaspillage ou pas ?
A quoi reconnaitre qu’une réforme est "sérieuse" ?
En quoi pleurnicher sur les crédits perdus est-il moins légitime que de geindre sur le manque de "réforme" ?