Comme vous le savez, je suis une extraterrestre en provenance de la planète Gliese 581e, à 20 années lumière de la Terre. J’ai été missionnée en 2009 par l’OGU (Observatoire Galactique des Universités) pour étudier l’étrange comportement des universitaires Terriens. Ça fait maintenant plus de 3 ans que je suis ici, à tenir ce blog. Il est l’heure pour moi de faire le bilan, écrire mon compte rendu pour l’OGU et repartir à la maison …
Que s’est-il passé d’intéressant cette année ? A vrai dire, pas grand-chose, ce fut une année plutôt calme, presque un peu terne. D’ailleurs, depuis que Dame Pécresse est partie, il faut convenir qu’on s’amuse un peu moins (et je l’admirais tant …). Il est vrai que c’était une année présidentielle, donc une année sans réforme. D’un autre côté, ça aurait du être une année de débat sur l’ESR. Mais celui-ci n’a pas eu lieu. Le PS a repoussé sa réflexion à l’automne prochain (assises de l’ESR), probablement qu’il n’avait aucune idée claire lors de la campagne. Côté UMP, la priorité n’a pas été donnée à l’ESR et il s’agissait surtout d’entrer dans une phase de consolidation du bilan précédent (LRU, mise en place des bidulex).
Campagne présidentielle: Commençons donc par cette campagne présidentielle. Bravant sa ternitude, la Gaïa Universitas en a tout de même fait quelques billets. Nos candidats à la primaire socialiste ont donné leur perception de la LRU, sur l’AERES ou sur le comment investir dans l’enseignement supérieur. Le candidat F. Hollande nous a donné un petit programme assez léger et très flou (Volet 1 et Volet 2). Parfois, dans ses rares paroles concernant l’ESR, j’ai pu lire le slogan "tout sauf l’université". Il me semble que pas un seul instant on a pu avoir de débat sur le rapprochement ou fusion des grandes écoles et universités. Dommage ! En ce qui concerne le premier cycle, c’était bien parti, le PS avait annoncé que ça serait sa priorité. Mais concrètement, ce n’est resté que des mots sans la moindre proposition concrète. Ce premier cycle est pourtant LE grand enjeu. Mais cela vaut t-il le coup de le sauver ce premier cycle ? (Volet 1, Volet 2 et Volet 3). Tant d’autres choses auraient pu être discutées, par exemple le thème de la décentralisation et l’enseignement supérieur, la formation professionnelle à l’université, les frais d’inscription dans l’enseignement supérieur, l’autonomie financière des universités, sur l’égalité des territoires en matière de recherche. Le presque rien, la pression et le curseur, mon visseur caléidoscope avait tout compris avant moi ! Et si tout cela ne passionne pas les politiques, le Pape donne son avis sur l’université ! Les nonistes aussi ont turbiné à plein régime, c’est dingue comme ils sont inventifs. La CPU un peu moins, avec ses 20 tristes propositions. L’UNEF est plus offensive, avec 10 exigences. Pourtant, changer de paradigme, voilà ce qu’il nous faut ! Bienvenue à l’Université (moderne) française ! Pour la dernière ligne droite, nous avons mis en confrontation entre les deux finalistes quelques thèmes très majeurs, comme les bidulex, la LRU, la dualité organismes de recherche-Universités, le financement de la recherche (récurrent ou par appel à projets ?). Pour le ministère ESR, j’avais parié sur Michel Destot. Evidemment, comme d’habitude, j’avais tout faux.
Terra Nova: La fondation Terra Nova nous a proposé en aout dernier un très intéressant rapport sur l’ESR. Nous en avons discuté quelques points: le rapprochement de statut des chercheurs et des enseignants-chercheurs, la gouvernance des universités, la diversification des parcours en licence. Leur président-fondateur nous a quitté récemment, beaucoup trop tôt, et j’espère de tout coeur que TN continuera à nous alimenter de ses analyses toujours passionnantes.
LRU et Gouvernance. S’il y a quelque chose à changer dans la LRU, c’est bien la gouvernance. Les dernière élections des présidents d’université l’ont clairement montré. On pourra relire la proposition de Terra Nova, sur le sénat académique. Nul doute qu’on va aller vers une réforme de la gouvernance, François Hollande l’a dit (Volet 1 et Volet 2). Sous quel forme ? Mystère …
Les bidulex. C’était la fin du grand concours des bidulex, le grand laminoir va enfin terminer son oeuvre. Equipex, Labex, Idex, à chaque université de trouver son karma ou bien de partir à la chasse aux Nobel. Il y a eu aussi les IDEFI, pour lesquels peu d’étudiants sont concernés. Mais ces bidulex a faire perdre le Nord à la France, les errements de l’Etat font du dégât. La bataille est également perdue à Montpellier, ce qui a fait fortement réagir les politiques de la région. La France est terriblement inégalitaire en ce qui concerne la recherche (volet 1 et volet 2), et ça fait longtemps que ça dure. Pour ma part j’ai raté mon Equipex, pas grave, je me suis consolée avec le Slam du Labex. L’excellence des université, d’accord, mais quelle excellence ? Une petite analyse de productivité scientifique montre assez clairement qu’il n’y a pas de corrélation entre cette productivité et les sites qui ont été retenu lors du grand concours des bidulex. Je cherche encore à comprendre … j’ai la gueule de bois post-bidulex …
Le jeune: L’enseignement supérieur, c’est fait pour le jeune. Année après année, le jeune est remplacé par un autre jeune et il faut alors tout recommencer. Ça ressemble un peu à une histoire sans fin, à croire que le jeune n’apprend rien et se complait dans son statut de jeune. Chaque année il nous faut répéter ce qu’on a expliqué l’année précédente, c’est fatiguant … d’autant plus que maintenant, il faut cocooner le jeune ! Quand je pense à ce petit insolent qui m’a dit que mon cours était trop théorique ! Argghhh, des baffes qui se perdent ! Ça fait les malins mais nous on ne rigole pas trop quand on corrige leurs copies. A lire toutes ces horreurs, on se demande franchement à quoi ça sert de faire cours ? On fait des cours de physique et on voit les étudiants partir ensuite dans les banques ou la finance. Certes il est vrai qu’ils y gagnent bien leur vie. N’a-t-on pas à disposition des cours sur la toile faits par les meilleurs enseignants du monde ? A ce sujet, la Gaïa Universitas vous a proposé une solution optimale afin de concilier dépense publique et qualité de l’enseignement (ou comment survivre à la crise financière). Les sous … le nerf de la guerre, il semble. Un petit chèque à son université ? Oui, non ? Non … but Darling they educated me ! Peut-être qu’on pourrait faire payer les étudiants étrangers ? Gaïa a aussi fait une enquête sur ce qui se fait ailleurs, bien que notre système soit le meilleur du monde puisque tout-le-monde-nous-envie. Notre attention s’est portée sur le Royaume-Uni (Volet 1, Volet 2 et Volet 3). L’UNEF, de son coté, rêve d’une promesse de vie meilleure. Notons aussi une enquête sur l’immobilisme étudiant et les effets de site. Mais étudiant, faut te mettre ça dans la tête: à l’université on ne veut pas de toi ! tu feras une grande école, mon fils … ou alors encore mieux, deviens physicien ! Ou alors fais de la biomécanique, n’est-ce pas Jordan ?
Les ingénieurs: On a aussi beaucoup discuté des ingénieurs. En effet, ils sont en faillite, à sec sur l’innovation, la création d’entreprises ou autre solution pour la ré-industrialisation. Les nouvelles n’ont pas été bonne cette année, comme par exemple Peugeot qui met un frein sur R&D. Idem pour Sanofi. Comment faire ? Confier la vieille dame à l’AERES ? Y a-t-il assez d’ingénieur en France ? Il est plus que temps d’ouvrir les masters d’ingénierie à l’université. L’innovation a été un thème souvent discuté sur Gaïa cette année. On s’est interrogé sur la valeur des innovations, sur le système optimal de recherche pour y parvenir et sur les raisons qui lui font obstacle.
Les libertés universitaires: on a enfin repris notre cycle sur les libertés universitaires. Le sujet est complexe, tellement la liberté fait peur ! Sujet tabou: l’autonomie ne devrait-elle pas nous permettre de sélectionner nos étudiants ? Quelques perles: "c’est lorsque les universités étaient soumises à un pouvoir centralisé, vertical, “soviétique” disaient certains, que nous étions réellement libres". Incroyable ! L’autonomie, en réalité, c’est une servitude. Un autre proteste que l’autonomie est un leurre car les universités n’ont pas d’autonomie financière. Peut-être qu’il rêve d’une université privée ?

Les classements: Ah les classements … c’est un régal. On adore ça sur Gaïa. Cette année on a discuté du classement du “Times Higher Education”, qui nous classe parmi les cancres, nous qui avons pourtant le-système-que-tout-le-monde-nous-envie ! D’ailleurs certains refusent ces classements. C’est le cas du réseau Polytech, ces écoles universitaires tellement prometteuses (Volet 1 et Volet 2). On a également publié le petit guide pratique des meilleurs formations du supérieur mondiales, c’est dire si on s’occupe de vous sur Gaïa …
Bibliométrie. Quand on est chercheur, il faut publier sa recherche. En effet, à quoi ça sert de laisser ça dans les tiroirs ? Mais publier n’est pas toujours facile. En particulier, il faut bien choisir son journal, étudier son facteur d’impact et son taux de rejet. Ou alors fronder contre Elsevier ! ou encore, faire comme les britanniques qui vont bientôt basculer vers le Gold Open Access. Quand on est chercheur, il est de bon ton de feindre d’ignorer son h-index (ainsi que celui de ses collègues). Mais sur Gaïa, rien de secret, on révèle tout ! c’est ainsi que l’on a découvert les h-index de Messieurs Dupont T et Dupond D, et celui de Y. Fujii, ce diabolique japonais "arrangeur" de données …
La vie dans les laboratoires. Sur Gaïa, on s’intéresse aussi à nos petits soucis de la vie quotidienne. Par exemple, qu’est-ce qu’être EC dans un IUT ? Ou PRAG à l’université ? Combien ça coûte une publication ? comment se faire rembourser ses frais de déplacement ? Faut-il supprimer le CNU ? Universités: re-nouer formation et recherche, ou comment re-motiver étudiants et enseignants(-chercheurs) ? Pourquoi y a-t-il de plus en plus de chercheurs et de moins en moins de savants ? Pourquoi n’y a-t-il pas plus de blogs de recherche scientifique ? Pourquoi n’y a-t-il pas de prix Nobel pour les "humanités" ? La chimie et la physiques déclinent-elles ? Comment en finir avec l’enseignement-punition ? Faut-il enseigner en français ou en anglais ? La thèse est-elle un vrai travail ? Nos relations avec les industrielles sont-elles au mieux (Volet 1 et Volet 2) ? Les chercheurs sont-ils heureux ? (d’après V. Pécresse, oui!), l’autonomie est-elle une servitude ? les heures complémentaires des non-publiants, l’AERES qui réforme sa notation, et l’évaluation, toujours l’évaluation comme une obsession universitaire.
Vous avez bien tout suivi ? Vérification par le quiz de la Gaïa Universitas ! et si vous n’avez pas tout bon, alors je vous conseille, en guise de révision, la fabuleuse histoire des terriens racontée aux extraterrestres.
Quand on tient un blog, on n’est pas à l’abri de commentaires un peu désagréables. Heureusement, sur Gaïa c’est très rare. On est très loin de l’ambiance du café du commerce ou d’un blog de libé. Mais bon, ça arrive quand même. Cette année, j’ai reçu un seul commentaire qui m’a semblé désagréable, de quelqu’un qui n’est pas celui dont je me chauffe. « Rachel, vous nous trompez depuis la création de votre blog. Vous êtes une “taupe” galactique sur la Toile. Au service de qui ? Je pense très sincèrement, au vu de la chronique de ce jour [ici, février 2012], que c’est au service de la majorité actuellement au pouvoir. Ayez le courage de le dire à moins de cent jours de l’élection présidentielle ! Que proposez-vous dans cette chronique attaquant les nonistes et pour le futur de l’enseignement et de la recherche (futur dont vous laissez croire qu’il est aussi le vôtre ) ? Rien ! ».
Mais je ne peux pas en vouloir à ce commentateur, il ne peut pas connaitre tous les exploits que j’ai réalisés dans la galaxie, comme la fois où j’ai combattu les Rogneugneux pour sauver la princesse Leila, ou même encore le sauvetage du vaisseau Herbitus en perdition dans la galaxie du Hamster. Heureusement, mon visseur caléidoscope est venu me consoler …
Resplendissante Étoile au ciel des intellos
Admirable émule d’une Staël numérique
Conduisant le dialogue d’amateurs et de pros
Hélant de nos esprits l’inventive sagesse
Elle n’a pas de Dubois la fibre narcissique
La modestie la voile, émouvante caresse
*soupirs*
Quand on tient un blog, on est immanquablement atteint du blues du blogueur. Trouver des idées de billets, les matérialiser, tout cela n’est pas toujours évident. Ca fait maintenant plus de trois ans que la Gaïa Universitas est ouverte, c’est long pour un blog. De nombreuses fois j’ai eu envie d’arrêter, me disant qu’on a brassé ici tous les sujets, plusieurs fois déjà. Mais d’un autre côté, je me dis que faire et défaire c’est toujours avancer. Je me dis aussi que le lecteur d’aujourd’hui n’est pas celui qu’il y a trois ans. Mais si ce blog est toujours ouvert, c’est avant tout parce qu’il est riche de ses commentateurs. Ce sont les meilleurs de toute la blogosphère et je suis très fière de les accueillir chez moi. Je teins aujourd’hui à les remercier très chaleureusement pour toutes les discussions très riches qui se sont déroulées et pour leur état d’esprit civilisé permettant la cohabitation d’une large diversité d’opinions.
Aujourd’hui est un jour un peu spécial. Un membre éminent de l’OGU (observatoire galactique des universités, l’organisme qui m’a missionné ici) m’attend avec son transporteur. Avant j’étais en contact avec le savant Cosinus mais c’est le savant Arctangente qui s’est manifesté …
Arctangente : « Chère Rachel, c’est le savant Arctangente qui vous parle. Le savant Cosinus étant malheureusement malade, c’est moi qui désormais supervise votre mission. Nos dernières recherches tendent à montrer que le monde sur lequel vous vous penchez est plus complexe qu’il n’y paraît et l’espace-temps y est assez bizarrement déformé. En effet, cet espace-temps semble découpé en “pays”, chacun de ces “pays” ayant un espace-temps légèrement différent. Vu de Gliese, ces espaces-temps peuvent nous sembler synchronisés, pourtant ils ne le sont qu’à une très large échelle. En bref, votre soucoupe a atterrit sur un “pays” appelé “France”, au système universitaire un peu particulier (mais chaque pays a peut-être un système un peu particulier). Aussi, j’ai peur que vous n’ayez confondu un “il ne se passe plus grand chose en France” avec un “il ne se passe plus grand chose sur Terre”. Votre mission est donc loin d’être terminée ! Prenez votre soucoupe et débrouillez-vous pour franchir un ou plusieurs de ces espaces-temps si étranges ! Ou nous ne pourrons pas valider votre rapport.
Rachel : holala j’espère que ce n’est pas trop grave pour le savant Cosinus. Il a un problème avec ses sinus ? Mais étant donné que vous êtes mon nouveau superviseur, il vous faut savoir une chose : pour choisir la cible sur la Terre, j’ai sélectionné le bouton “système-que-tous-le-monde-envie”, je me suis dis que c’était certainement le meilleur. Mais en fait je suis tombée dans une sorte de village gaulois, où chacun défend ses arpents en pensant qu’il est tellement mieux que le voisin. Tout ça sans vraiment de prise en compte d’un intérêt commun et global, c’est très curieux. Dans ces conditions, je ne vois plus trop quoi faire, d’autant plus que le nouveau gouvernement prévoit de rationner les rameurs. Faut venir me rechercher, mission impossible”
Arctangente : Bordel, le décodeur spatio-temporel a encore sérieusement buggé ! Vous avez sélectionné le bouton “système-que-tout-le-monde-envie” et vous êtes arrivée en France ? Encore une soucoupe à foutre à la décharge, c’est pas vrai ! Vous êtes sûre que ce n’était pas “système-que-tout-le-monde-en-vit” ? Bon, je connais 1 ou 2 mécannoprogrammeurs qui vont m’entendre… OK pour le retour. On vous envoie un vaisseau de secours. Mais votre mission reste stratégique. Alors à votre retour, vous prenez 15 jours (terrestres) de repos et vous repartez. Over
Rachel : Peut-être que l’OGU pourrait envoyer quelqu’un autre pour prendre le relais. Moi je n’arrive à rien … et puis il me tarde d’aller de nouveau m’enivrer de rayons cosmiques et de reprendre mon cycle héroïque, il y a tant de mondes à sauver dans la galaxie … mais si par malheur je dois continuer ici, 15 jours de repos ce n’est pas du tout assez, je réclame 1 mois complet ! (de toute façon il ne se passe rien ici en août).
Arctangente : 1 mois ?? Vous avez vraiment pris de drôles d’habitudes sur Terre… Bon, OK, on en profitera pour faire tous vos check santé et réparer votre scribouilleur avant la prochaine mission…"
Bon là maintenant, faut vraiment que je parte. Ce savant Arctangente n’a pas l’air très commode et je ne voudrais qu’il s’impatiente (et pire encore qu’il parte sans moi !). Allez hop, une petite pilule contre le mal de l’espace et c’est parti !

*gone*


11 commentaires
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27 juillet 2012 à 10:27
PR 34 - un "autre chosiste" (pas noniste ni ouiiste)
Rachel, avez-vous une définition claire du "noniste". Vous l’utilisez beaucoup, et en général de façon péjorative, mais sans jamais vraiment définir ce que vous entendez par là. Dans les divers posts que vous avez publié cette année, je me suis parfois senti visé par ce qualificatif, et d’autres fois non. Peut-on être "semi-noniste" ? "Noniste" à temps partiel ? "Noniste-ouiiste" ?
Je trouve désagréable d’être assimilé à un "noniste" (qualificatif que l’on sait très péjoratif) quand on est pas d’accord avec vous. On vit tous des situations différentes et des problèmes, des dérives, des exagérations du système différentes… et donc la "vérité" est toute relative, et en tous cas complexe.
Perso, je me qualifierais de "autre-chosiste", une variété qui peut être confondue occasionnellement avec les "nonistes". Le monde (de l’ESR) est bien trop complexe pour être divisé en "noniste" et "non-noniste" comme vous le faites…
Je ne suis donc pas toujours d’accord avec ce que je lis sur votre blog (posts et commentaires), mais je le lis toujours avec plaisir (et je m’énerve tout seul). Continuez ! Merci…
27 juillet 2012 à 19:15
étudiant inquiet - "meilleur de la blogosphère" :)
En relisant plusieurs billets avec les commentaires qui suivent, je trouve que la qualité des débats ici est incomparable. Je ne retrouve nulle part ailleurs cette courtoisie et ces longs échanges de haute qualité (à part chez DM). Continuez Rachel !
31 juillet 2012 à 13:07
amigues
Bonnes vacances Rachel et revenez nous en pleine forme.
Et ne vous inquiétez pas, entre les coupes sombres dans les budgets, les Assises et la future loi de 2013, on peut raisonnablement prédire une agitation certaine dans le Landerneau de l’ESR que tous ici auront à coeur de commenter abondamment…
31 juillet 2012 à 15:41
François
A la rentrée, une discussion possible à partir d’un document de la Direction du Trésor datant de novembre 2011 qui devrait susciter bien des réactions :
" Y a-t-il un problème d’insertion des titulaires de doctorat dans les centres de R&D des entreprises ? "
Quelques extraits :
- Le taux de chômage des titulaires de doctorat (les docteurs) est élevé en France, que ce soit par rapport aux autres catégories de diplômés ou comparativement à celui des docteurs dans d’autres pays. Il faut toutefois noter qu’il varie fortement d’une discipline à l’autre.
- Comparativement aux détenteurs d’un Bac+5, les docteurs sont peu présents dans la R&D privée, le secteur public étant leur principal débouché. Bien que cela ne constitue pas une exception française et que la même observation puisse être faite dans tous les pays développés, on peut s’interroger sur l’existence d’un biais de sélection, de la part des entreprises, à l’encontre des docteurs et en faveur des ingénieurs.
- Cette faible présence des docteurs dans les laboratoires privés n’est pas une spécificité française et concerne beaucoup de pays, y compris ceux considérés comme les plus à la pointe en matière d’innovation.
• Au Japon, en 2005, les docteurs ne représentaient que 5 % des chercheurs en entreprises contre 13,5 % en France en 2007.
• En Allemagne, en 2005, les docteurs représentaient 5,7 % du personnel de R&D (chercheurs, techniciens, ouvriers et administratifs) des entreprises industrielles. En France, cette proportion était de 7,7 % en 2007.
• Aux États-Unis, en 2006, 12,1 % des salariés du privé travaillant dans la R&D et diplômés du supérieur dans une matière scientifique étaient docteurs. Ce chiffre peut être comparé à la proportion de docteurs parmi les chercheurs et techniciens des laboratoires de R&D privés (tous diplômes et toutes matières confondus) en France, celle-ci s’établit à 8,7 % en 2007.
- On compare, à l’aide d’un modèle économétrique, la productivité des docteurs à celles des autres diplômés, au sein d’une cellule de R&D privée. Il en ressort que les docteurs ont une productivité comparable à celle des ingénieurs et, qu’à ancienneté égale, ils ne sont pas moins rémunérés.
- Le rôle important joué par les chercheurs détenteurs d’un diplôme autre que Bac+5 ou doctorat dans la production d’innovations apparaît clairement dans l’analyse économétrique. Autant que le doctorat, il serait nécessaire de soutenir toutes les filières d’enseignements cientifique, même les plus courtes. Les résultats de l’analyse économétrique ne justifient en rien de mettre davantage l’accent sur le nombre de docteurs que sur le nombre de diplômés d’écoles d’ingénieurs. Ils n’appellent pas non plus à inciter ces derniers à compléter leur formation par un doctorat .
- Par ailleurs, les filières courtes ne doivent pas être négligées: d’une part, la recherche nécessite non seulement des chercheurs mais aussi des techniciens et, d’autre part,certains de ceux-ci peuvent devenir de très bons chercheurs,comme le montre l’analyse économétrique.
Rapport complet sur :
http://thesa.inist.fr/docs/RdoctoratSHS.pdf
31 juillet 2012 à 23:15
Astronaute en transit
Je suis allé voir au Canada, où nous disait-on, grâce à d’héroïques étudiants résistant à l’augmentation des droits d’inscription et à la "logique du marché", on assistait à un "printemps" comparable à celui du Caire, de Tunis, etc (encore qu’il y a quelque temps, l’écrivaine Denise Bombardier a plutôt renvoyé à ses chères études le journaliste de Soir 3 qui prétendait établir la comparaison…). J’allais enfin voir ce qu’est la paralysie d’un système universitaire non-français, comme c’était excitant!
Tout ça pour me rendre compte qu’en période de vacances d’été les mouvements étudiants sont nettement moins impressionnants! Petite manif organisée lorsque je passais à Montréal, mais elle ne comptait malheureusement qu’une centaine de participants, pour la plupart déguisés avec le célèbre masque des "anonymous". Dans "La Presse", quelques enseignants rouspétaient contre la braderie des diplômes (je cite: "on se croirait dans un Walmart!") En gros, rien de bien palpitant, mais le premier ministre québécois a tout de même convoqué une élection pour le mois de septembre, donc quelques leaders étudiants ont promis de faire basculer le verdict des urnes! Nous verrons la suite à la rentrée…
En attendant, bonnes vacances Rachel et à vous tous!
2 août 2012 à 11:05
Anthony G.
Excellent résumé du Blog, cela m’a permis de lire (ou relire) certains articles que j’avais loupé (ou oublié).
Bonnes vacances !
9 août 2012 à 12:47
Petit Cerveau
Oups, les intervenants d’au dessus n’ont pas vraiment l’air en vacances… Bonnes vacances quand meme.
9 août 2012 à 13:03
PR27
@Petit Cerveau : personne ici n’est en vacances. Simplement, on en profite pour faire de la recherche théorique qui nécessite concentration, isolement et paix de l’esprit. D’aileurs, ça serait un joli sujet de billet : "je bosse à la maison : avantages et inconvénients, trucs zé astuces".
Et n’oubliez pas, c’est le moment ou jamais de faire évoluer le contenu de vos polycopiés, pendant l’année vous n’aurez ps le temps. Sinon, ça attendra aussi bien l’été d’après, en fait.
10 août 2012 à 09:08
PR23
Personne n’est en vacances et les Assises de la rentrée sont maintenant lancées; il y a un site dédié avec les thèmes et l’agenda : http://www.assises-esr.fr/
10 août 2012 à 19:34
Petit Cerveau
Des assises en plein mois d’Aout… Les francais sont toujours aussi surprenants… Je vais plutot (faire semblant de) suivre les recommendations de PR27.
19 août 2012 à 23:51
Dan- visseur reconnaissant
Je rends, en ce mois d’Août un peu chaud, et en ce jour de l’Aïd el Fitr, un double hommage : l’un à Rachel, qui conduit avec délicatesse le vaisseau des observateurs-acteurs sur les méandres de la pensée universitaire. Seul regret : elle est toujours entichée de la fusion Grandes écoles – université, partant sans doute du principe que si quelquechose marche, cela vaut la peine de le casser ;Autre hommage : à François, notre pourvoyeur de faits. Je suis en train de relire " faits et foutaises dans le management" , un des livres les plus importants sur le management, et François me semble un adepte de l’EBM ( evidence based management : evidence based medicine ) : il pourrait créer l’EBU : evidence based university, ou universté fondée sur les faits UFF – ou même EFF, enseignement fondé sur les faits…mais on redécouvrirait Montessori, Decroly ou Freinet…drame dans les écoles et collèges.
Hommage aussi à tous les contributeurs modestes et assidus, courtois et créatifs, à l’Astronaute, aux PR , aux étudiants ( toujours étudiant, encore inquiet ?) …et aux citoyens que l’après bac concerne, et qui croient qu’il y a plusieurs delmeures dans la maison du Eshère.