Ces derniers jours, on a eu quelques mauvaises nouvelles avec les annonces de suppression de postes chez PSA et Sanofi-Aventis. Elles ne concernent pas seulement des sites de production, mais aussi la recherche et développement, en particulier chez Sanofi. C’est curieux car j’avais justement consacré deux billets sur la R&D dans ses deux entreprises (lire ici et ici). Je trouve que tout ceci n’est pas un signal très encourageant pour l’avenir car j’ai la faiblesse de penser qu’il y a une relation entre la R&D et la compétitivité des entreprises.
Chez PSA, ce sont 396 postes en R&D qui seront supprimés sur le site de Sochaux (lire ici). Au total ça sera 1.400 postes R&D, soit 10 % des effectifs en France (lire ici). Quelques réactions des syndicats : « La saignée réalisée par PSA dans la recherche et développement (R&D) en France est un mauvais présage pour l’avenir du groupe en Europe et la compétitivité française, mais ne traduit pas pour autant une délocalisation de ce secteur stratégique ». […] « On taille dans les effectifs de R&D, ça veut dire qu’on ne se met pas en position d’avoir un avenir brillant. La R&D est cruciale dans l’automobile. Moins de R&D veut dire moins de véhicules nouveaux qui sortiront, donc moins de capacité à acquérir des parts de marchés et, donc, plus de difficultés. Cela peut être l’entrée dans une spirale infernale ». La direction de PSA tente d’être rassurante et précise qu’il ne s’agit en rien d’une délocatisation: « Nous allons bien entendu assurer le maintien des compétences critiques" et "conserver notre capacité d’innovation. Il ne s’agit pas de réduire les effectifs en France pour les augmenter au Brésil et en Chine » (source des citations en italique, ici).
Chez Sanofi, c’est le site de Toulouse qui serait le plus touché. Le groupe cherche à faire une réorganisation dans la recherche et la production de vaccins. « La nouvelle direction veut diminuer les coûts et les risques pris pour la recherche. Ils préfèrent racheter une start-up qui travaille sur un médicament porteur plutôt que développer une vraie recherche » dit un syndicaliste (source ici). J’avais tenté de faire un petit résumé de la stratégie de R&D de Sanofi (lire ici). En gros, le groupe semble privilégier l’externalisation d’une partie de sa recherche vers des laboratoires académiques (en France et à l’étranger), sous la forme d’une recherche contractuelle. C’est assez malin, car par ce biais le groupe économise de la masse salariale (payé par le contribuable).


7 commentaires
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14 juillet 2012 à 22:13
Petit Cerveau
La strategie de Sanofi pose de sacrees questions sur le fonctionnement de la recherche academique, qui ne concernent pas que ce secteur. En effet,
1/ En acceptant ces contrats, les laboratoires universitaires limitent les possibilites d’emplois de leurs doctorants. Il n’est pas clair non plus qu’externaliser la R&D soit un choix strategique intelligent de la part des entreprises.
2/ En acceptant ces contrats, les laboratoires universitaires creent des situations de conflits d’interets, dans la mesure ou ils peuvent etre appeler a servir d’experts en cas de problemes causes par les entreprises qui contractent avec l’universite.
Ce genre de problemes ont ete amplifie de part les reformes Allegre sous Jospin, et le profil de la Ministre en place n’est pas encourageant pour esperer l’amorce d’une reflexion. C’est tres dommage car on les retrouve dans beaucoup de dsiciplines.
16 juillet 2012 à 21:16
FBLR
@Rachel
En quoi une start-up est payée par le contribuable ???
16 juillet 2012 à 21:41
Rachel
@FBLR, pas de conflits entre une start-up et l’argent du contribuable. Mais ce n’est pas le seul axe développé par Sanofi. Ils semblent vouloir orienter également la recherche contractuelle avec les académiques (dont le salaire des personnels est payé par les contribuables) – c’est expliqué dans le lien mis en fin de billet. Je n’ai rien contre la recherche partenariale, mais c’est rarement fait dans les règles (y’en a-t-il vraiment ? .. ), c’est-à-dire, à mon sens, le remboursement de l’équivalent du temps de chercheur sur le projet à son établissement de tutelle. A considérer un peu comme une mise à disposition …
17 juillet 2012 à 01:32
Petit Cerveau
FBLR, beaucoup d’incubateurs (hébergeant des startups) reçoivent des fonds des régions, de l’Etat ou de l’UE, qui sont des fonds publics. Ça ne concerne cependant pas toutes les startups.
23 juillet 2012 à 00:46
FBLR
@Rachel / Petit Cerveau
Je n’avais pas lu l’article jusqu’au bout. Bien d’accord avec vous.
Ma position est d’encourager l’épargne vers le financement du risque plutôt que l’immobilier/la dette d’état…
23 juillet 2012 à 07:40
étudiant inquiet
@FBLR, le taux de rentabilité de l’immobilier oscille entre 5 et 10%, avec un risque nul vu les exigences des bailleurs. Quels autres investissements garantissent les mêmes marges pour un risque aussi faible?
Il faudrait un sacré changement de fiscalité pour inverser la tendance…
23 juillet 2012 à 13:08
FBLR
@Etudiant inquiet
Suppression de l’ensemble des dispositifs: APL, ALS, Scellier, et bien sûr défiscalisation de l’habitat principal.
Je pense que vous ne vous rendez pas compte quand vous dîtes "5 à 10%". C’est à peine 2% si on enlève la partie en capital. Mais la valeur faciale n’augmente qu’à la faveur des subventions étatiques et de la pénurie organisée dans certaines zones…