« En déposant leur marque auprès de l’INPI, les IUT réaffirment leur volonté d’autonomie vis-à-vis de leurs universités de tutelle tout en cherchant à renforcer l’unité du réseau des IUT sous une même bannière. Une procédure symbolique, rarissime dans l’enseignement supérieur public, qui illustre la stratégie de communication de ces Instituts » Source EducPros, ici.

Je trouve que ce dépôt de « marque » est un peu curieux dans un contexte d’enseignement supérieur du service public. Je n’arrive pas du tout à comprendre en quoi avoir leur « marque déposée » est un plus pour les IUT. De plus les IUT sont des composantes de l’université. En toute logique, leur « marque » devrait être la bannière de leur université de tutelle. Mais les IUT ont certainement un peu honte d’être membres d’une université et cherchent manifestement à s’en détacher. C’est du moins l’impression que donne l’ADIUT (Assemblée des directeurs d’IUT) et l’UNPIUT (Union nationale des présidents d’IUT) (lire par exemple leur blog IUTenjeu). Une forte communication est également organisée en interne auprès des enseignants IUT sur fond à peine voilé de sécessionnisme (ce qui en agace plus d’un). Il est assez manifeste que certains IUT ont des difficultés de dialogue avec leurs universités de tutelle. Mais comment faire la part entre une mauvaise considération de leur tutelle et les rêves de mise en place de petites autocraties locales ?

Dans l’article d’EducPros, on peut lire aussi que « si les IUT bénéficient d’une excellente image de marque, en affichant notamment des taux d’insertion qui résistent bien à la crise, jamais leur « souci de mieux communiquer » n’a été aussi prégnant. Comme s’il y avait encore péril en la demeure ». Le journaliste n’est peut-être pas bien renseigné au sujet du devenir des étudiants qui sont passé par les IUT. Environ 80 % d’entre eux poursuivent leurs études, et 50 % vont à bac+5 (masters, grandes écoles). Le taux d’insertion est donc très bas. En clair les IUT ne remplissent plus leur mission d’insertion professionnelle à bac+2 (techniciens). C’est pourtant la mission première qui leur est confiée par le service public.

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Nos billets précédents sur les IUT: Faut-il réformer les IUT ? , IUT maltraités, IUT : le grand malaise , Les IUT sont une chance , Les directeurs d’IUT maintiennent la pression, Semaine d’information dans les IUT, contrats de confiance, Les IUT réclament leur indépendance, Quel avenir pour les IUT ? l’avenir des IUT pour les nuls, les IUT et BTS marchent sur la tête. Va-t-on un jour oser la grande réforme de ces filières professionnalisantes ?

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