La cour des comptes continue d’éplucher les comptes de nos nobles institutions de l’ESR. Dans un récent pré-rapport (peu importe ici l’institution), elle nous rappelle que les frais de déplacement sont soumis à des limites (Lire ici, Le Monde) : Un agent de l’État qui se déplace ne doit pas dépenser plus de 45 euros par nuitée en province, 60 euros à Paris et 15 euros par repas. Je comprends parfaitement qu’il est indispensable de mettre des limites raisonnables à la dépense de l’État et de ses représentants, mais je me demande bien comment les agents font pour trouver un hôtel à Paris à moins de 60 euros, ou en province à 45 euros ? Peut-être en très lointaine banlieue, en bordure d’autoroute ?


41 commentaires
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8 juillet 2012 à 15:26
DM
Rachel, il me semble que le plafond est de 60€ en province et qu’il y a des procédures pour dépasser (si le prestataire de marché est incapable de fournir).
45€ c’est du grand délire dans de nombreuses villes, ou alors il faut loger en zone industrielle (mais s’il faut perdre 2h A/R dans les transports, dans une ville inconnue, pour rejoindre le lieu de la mission, sachant que les taxis sont eux aussi théoriquement interdits, on se demande s’il est vraiment intéressant de se déplacer).
8 juillet 2012 à 16:42
François
A l’étranger, ça paraît plus souple.
Voir par exemple les tarifs du Michelangelo à New York (je ne sais pas si le pré-rapport sur la "noble institution" de l’ESR mentionne le prix de la nuitée qui fut fatale à un de ses membres éminents).
8 juillet 2012 à 17:06
Helios
C’est vrai que ça fait pitié, en comparaison de certaines écoles de commerce comme l’INSEAD, que je connais un peu. Au moins 10 fois moins.
L’article en lien traite de Science-Po. Ce qui est amusant c’est que plusieurs des enseignants qui s’y trouvent interviennent souvent en tant qu’ "experts" (lol) dans les médias grand public, où la plupart du temps ils fustigent les dépenses excessives de l’état et exigent que les fonctionnaires se serrent la ceinture.
8 juillet 2012 à 17:42
PR27
Même si ça n’est pas aisé à Paris, je suis plus inquiet du jour où il faudra absolument passer par le marché pour réserver un hotel et acheter un café dans la rue (par bon de commande payé à 90 jours). On réussit à payer la nuit en gagnant grâce au repas du midi à 15€ (en mangeant 2 sandwichs à 3,50 € à Inno de Montparnasse, pas dans la gare évidemment, où c’est plus cher) et en apportant son thermos de café dans le train. Avec le gras, on peut même parfois acheter le Canard pour le retour. Le point crucial est de ne pas rencontrer des collègues qui nous amèneraient, eux, manger dans des endroits luxueux, parce que, eux, ont des indemnités bcp + élevées.
8 juillet 2012 à 18:12
iletaitunpetitbonhomme
Je crois deux volontés :
1/ une politique : faire venir les enseignant-chercheurs à demander eux-même un système à l’américaine où chacun gère le budget de son labo comme bon lui semble, à condition qu’il trouve les financements.
2/ une technologique : faire réflechir à la pertinence des déplacements. D’experience, nombre sont parfaitement inutiles. Un de vos billets relatait l’experience positive et optimiste d’une visioconférence entre collègues. Et ce dans une université (où rien ne fonctionne, comme chacun (meme le bon sens) le sait !). Skype est une merveille pour le travail collaboratif.
8 juillet 2012 à 18:13
Astronaute en transit
dans mon cas, lorsqu’il m’est arrivé de passer des nuits sur place en province, j’ai été logé dans des hôtels pas chers, allant du trés correct (Nancy) au plus décevant (Menton) pour ce fameux tarif. Il est vrai que la fréquence des séjours permettait à ces hôtels de nous faire des "prix d’amis"… Mais quelle importance, quand on n’est qu’un vacataire? pour ma part cette affaire ne fait que me renforcer dans mon intention de critiquer les abus des fonctionnaires par rapport aux finances publiques à ma prochaine invitation en tant "qu’expert dans les grands médias", ça sera bien fait pour leur poire, et vlan!
8 juillet 2012 à 19:45
FBLR
@Tous
Il serait bon que la Cour des Comptes fasse connaître son régime de défraiement en mission. A partir de là, des arguments aussi déconnectés du monde ne figureraient plus dans leurs rapports.
Vraiment n’importe quoi ce truc.
8 juillet 2012 à 19:46
PR27
Astronaute, il me semble que les excès notés ci-dessus concernent justement le régime "non fonctionnaire" (ou des situations aux bornes comme science po). Pour ma part, ces hotels modestes me conviennent très bien, car leur ambiance est particulière et distrayante, on se croirait dans un Simenon des années 50 – mais j’en conviens, l’acoustique est un problème et l’électricité est aux normes de Simenon – branchez-y votre ordi portable à vos risques et périls. Ayant travaillé dans le privé, j’ai goûté aux chaînes hotelières internationales, aux lounges des aéroports et aux taxis.
Je n’y trouve aucun charme… Dire que les missions engraissent l’EC, c’est drôle : on demande aux agents (par ex. jurys de thèse) de prendre eux-mêmes des billets ryanair ou easy jet hors marché (avec leur argent), pour économiser l’argent universitaire. On va les chercher à l’aéroport à 21h00 le soir, avec notre essence, on les ramène à leur hotel, on paie le parking,… et on ne fait que rarement (jamais) de demande de remboursement de ces frais (je n’ai jamais essayé, ayant par avance mal à la tête face à l’administration).
@Petitbonum : quand je dis ça à mes collègues, on m’explique que ce qui compte (idem dans la plupart des congrès internationaux), ce sont les à côté, c’est l’occasion de bavarder, de se voir proposer d’être un consortium, d’être le prochain à organiser lu congrès annuel machin, de mettre des têtes sur des noms etc…. et il semble que les faits leur donnent raison, même si cela ne me plaît guère.
8 juillet 2012 à 20:25
Gueux
@PR27. On ne doit pas gravité autour de la même planète. Pour un jury de thèse, j’avais réservé un billet EasyJet à 65 euros. La fac à refusé de l’acheter car le marcher impose de voler avec AirFrance. Elle a donc payé un billet à 235 euros. Quand je demande pourquoi c’est comme ça, on me répond que c’est pour éviter les abus. Étant un peu con-con, j’ai du mal à comprendre.
8 juillet 2012 à 21:04
PR27
@Gueux : je me suis mal expliqué : en effet, on tolère qu’on achète un tel billet à 65 euros, en nous expliquant qu’on nous rend service et qu’il le faudrait pas que ça répète trop, hein ! Les mêmes services financiers qui font cette morale sont les mêmes qui crient aux déficits. Ensuite, on peut dire que l’Etat n’a pas à favoriser les compagnies à bas coût dont la politique sociale est déplorable. Mais qu’on dise les choses…..
8 juillet 2012 à 22:02
Gueux
@PR27. "Ensuite, on peut dire que l’Etat n’a pas à favoriser les compagnies à bas coût dont la politique sociale est déplorable. Mais qu’on dise les choses….."
Et surtout qu’on donne l’argent correspondant.
Quand l’état a voulu faire du patriotisme économique en favorisant Thomson, qui a ainsi pu fourguer aux écoles ses TO7 pourris, le contribuable et le travailleur français y ont ils trouvé leur compte ?
8 juillet 2012 à 22:55
Rachel
Précisons que les frais de déplacement des chercheurs sont pris sur la dotation des labos ou sur les contrats de recherche. En aucun cas il s’agit de frais qui supplémentaires qui n’auraient pas été budgétés et qui viendraient s’additionner à la dette de l’Etat (je précise pour le lecteur contribuable non-universitaire). Etant donné que les dotations sont faibles et couvrent les frais généraux des labos, c’est sur les contrats qu’on peut voyager. Pas de contrat = pas de congrès.
@Petit bonhomme, je suis assez d’accord avec vous. Les voyages pour les congrès, c’est parfois un peu matuvu pour la science bling bling. Y’a plein d’autres façons d’interagir avec ses collègues. C’est vrai aussi que de discuter en tête à tête a aussi ses avantages, les bonnes affaires se traitent souvent dans un bar autour d’une petite bière. Les sous-bocks peuvent témoigner de l’intensité des échanges (équations et crobards en tout genre …).
A l’étranger, le plafond est effectivement plus élevé. En s’y prenant bien, on rentre assez facilement dans ses frais.
9 juillet 2012 à 12:18
xeal
pas de problème, il suffit de se faire rembourser des repas qui n’existent pas.
9 juillet 2012 à 16:48
DM
Je trouve toujours tristement amusantes ces personnes qui répètent (souvent, hautainement) que "c’est pour éviter des abus" ou "c’est pour économiser", mais que ça ne chiffonne pas de voir accorder une exclusivité à des fournisseurs incapables de fournir ou de payer plus cher par le marché censé économiser que comme simple particulier…
9 juillet 2012 à 16:53
DM
@Gueux: On m’a rapporté l’anecdote suivante : un patron de Bull (ou était-ce Goupil) qui accusait un professeur de l’École polytechnique d’anti-patriotisme parce que celui-ci faisait acheter des Apple Macintosh (ordinateur moderne) au lieu des bouzes que ce patron voulait refiler à l’État.
Bien entendu, il s’agissait d’une politique à courte vue : les logiciels et les circuits nobles (microprocesseur…) de ces machines étaient de conception américaine… il ne devait y avoir de français que l’assemblage et une partie des pièces "low-tech"! Mais pour un politicien, ce qui compte c’est la marque dessus!
9 juillet 2012 à 16:53
DM
@Rachel: Le plafond pour l’étranger est fixé par pays, et suivant les particularités locales (va-t-on dans une ville chère ou pas dans le pays concerné) on peut soit être remboursé en excès (si au forfait dans une ville pas chère du pays visé) soit y perdre des plumes.
9 juillet 2012 à 16:58
PR27
sans compter la complexité… Si j’ai besoin d’acheter 3 livres en anglais par le marché, c’est le cauchemar, je dois passer par 2 intermédiaires en interne (si pas en congé), recevoir un devis (par les intermédiaires, si pas en congé), passer la commande par les intermédiaires (si pas en congé), ça m’énerve tellement par anticipation que je retarde la tâche… sans compter que si c’est commandé en octobre, ça risque d’être livré vers le 21 décembre, date à laquelle le bon de livraison pourrait ne pas être saisi dans le logiciel comptable, si la personne qui s’en occupe n’est pas là, et donc la dépense imputée sur l’année d’après, sachant qu’on ne sait jamais trop si notre argent pourra être reporté (mais parfois on le sait avant le solstice d’été de l’année d’après). A se flinguer, tout ça….
9 juillet 2012 à 17:08
DM
@PR27: Alors qu’il suffirait de commander avec une carte bancaire chez un quelconque libraire en ligne, probablement pour moins cher et avec moins de délais!
9 juillet 2012 à 17:15
DM
@PR27: Mais figurez-vous, cher collègue, que récemment on m’a rapporté l’anecdote suivante : une agent comptable, à qui l’on demandait pourquoi on ne mettait pas en place les CB pour payer les fournisseurs (comme cela existe au CNRS) a répondu qu’elle ne voyait pas l’intérêt car quel fournisseur accepte ce mode de paiement ?
En effet, en 2012, rare sont les fournisseurs, surtout étrangers, qui acceptent les CB. Ils sont certainement bien plus nombreux à accepter des bons de commande en français payés peut-être un jour…
9 juillet 2012 à 18:33
DM
Une autre anecdote : un collègue était rentré d’Allemagne par un itinéraire compliqué, le service compétent s’étonne de son trajet.
« Il y avait des inondations
- Prouvez-le !
- Vous regardez les informations ? »
Je pense qu’en France, on crève de la méfiance et de la volonté de se protéger contre on ne sait quoi. Entre ça et les services qui demandent des « RIB originaux » (tous les miens sortent d’une imprimante, quelle différence avec une photocopieuse ?).
Rappelons-nous de ces universités d’il y a une dizaine d’années, qui refusaient d’inscrire en thèse si on n’avait pas de contrat doctoral pour justifier qu’on ne devait pas payer la SS étudiante, alors qu’on refusait d’établir ce contrat sans l’inscription en thèse… Pourquoi d’ailleurs une université exige-t-elle que le doctorant prouve qu’il a un contrat, alors qu’il pourrait le certifier sur l’honneur ?
9 juillet 2012 à 19:12
étudiant inquiet
@PR27, imaginez la difficulté pour faire acheter des livres qui ont plus de vingt ans par les BU! En Histoire, il paraît plutôt logique d’obtenir des ouvrages anciens par Internet, mais ce système absurde de marchés publics ne le permet pas. J’avais une fois signalé un livre du XIXe pour un prix cadeau sur Ebay, mais "on peut pas faire ça" ; la moitié de mes demandes d’acquisition connaissent le même sort alors que les bouquins sont disponibles sur Amazon ou Chapitre.
Misères de l’Université française…
En fait, je me demande si cette précaution omniprésente sur des détails futiles n’est pas liée au statut de fonctionnaire : comme celui-ci est "invirable" en cas de faute professionnelle, il vaut mieux se prémunir au maximum de toutes les possibles erreurs qu’il pourrait commettre. On obtient une administration apathique car grippée de règlements à tous ses étages. Je pense aussi qu’à chaque nouvelle faute d’un agent, on préfère ajouter une nouvelle règle plutôt que de sanctionner. Je n’ai pas d’autre explication.
9 juillet 2012 à 19:38
PR27
@etudiant : peut-être peut on d’abord mettre en oeuvre des solutions qui ne reposent pas sur la menace et la peur, mais sur un dialogue et une meilleure compréhension des vraies contraintes et des vrais besoins.
Il faudrait que les décideurs des règles (qui devraient être les politiques universitaires mais trop souvent sont les services eux-mêmes, dont les missions sont mal exprimées) partagent la même cafet que les subisseurs de ces règles. C’est donc aux politiques élus de l’université de se bouger.
Je confirme le "RIB original" – imprimé d’internet, ça leur va, c’est un original. C’est bien typique….
9 juillet 2012 à 19:38
étudiant inquiet
Puisqu’on en est à raconter la complexité du système, voici comment obtenir une convention de stage avec une université :
Après s’être mis d’accord avec l’employeur, il faut :
1. Faire une demande d’autorisation de demande de stage (oui oui).
2. Après avoir reçu une réponse favorable à la demande préalable, remplir un formulaire en 6 pages html sur l’ENT de l’université (quand il fonctionne), avec un nombre de détails assez impressionnant (numéro SIRET et autres). Imprimer la convention en 3 exemplaires, à signer, à faire signer par le professeur garant, à mettre dans une enveloppe A4 et à déposer dans la boîte aux lettres du service universitaire concerné (fermé le samedi et entre midi et deux).
3. Après avoir reçu la convention validée et signée par le service concerné, la renvoyer dans une enveloppe A4 à l’employeur pour qu’il la signe à son tour, puis qu’il la renvoie ensuite.
4. Après avoir reçu la convention signée de l’employeur, la redéposer dans une enveloppe A4 chez le service universitaire concerné, pour être signée par le président de l’université.
5. Après deux mois de démarches, vous êtes très content de recevoir votre convention auréolée de quinze signatures!
J’avais naïvement cru qu’il suffisait d’imprimer un pdf à trous que l’employeur enverrait ensuite à l’université. C’eût été trop simple (et je n’ose pas imaginer pour un stage à l’étranger).
9 juillet 2012 à 19:40
Gueux
@étudiant inquiet. Dans beaucoup de pays les fonctionnaires sont invirables et l’administration très lourde. Malgré tout, c’est la confiance qui règne. Il n’y a qu’en France (de tous les pays que je connais) où on est considéré comme un criminel par défaut, jusqu’à avoir fait preuve de son innocence, ceci même pour des broutilles. C’est INSUPPORTABLE. Le problème français n’est donc pas lié à la fonction publique en soit, mais à la mentalité et à l’organisation qui y règnent.
9 juillet 2012 à 20:12
Petit Cerveau
Etudiant, je crois que le probleme n’est pas principalement lie au statut, il s’agit plutot de la consideration de l’Etat pour l’universite qui est en jeu ici. J’ai connu la gestion d’une administration dependant de Bercy et par le ministere de l’enseignement superieur, c’est vraiment le jour et la nuit: allez par exemple regarder le salaire des polytechniciens qui rentrent dans les grands corps et comparez les a ceux des universitaires, qui sont pourtant a un niveau equivalent, et vous aurez une bonne quantification de ce probleme.
C’est vrai que vous pouvez penser resoudre le probleme en "defonctionarisant" tout ca, mais c’est un remede sans doute pire que le mal, car dans ce cas le risque que plus personne ne finance l’universite devient tres important, en particulier a cause de l’existence des GE qui sont amplement suffisante pour fournir les effectifs de hauts fonctionnaires necessaire a la direction de l’Etat et des entreprises.
Il est possible que le probleme ici ne soit qu’un exemple parmi d’autres de l’hypocrisie du budget de l’Etat, celui faisant d’un cote des effets d’annonce pour satisfaire ses electeurs, tout en ne donnant que finalement assez peu aux acteurs concernes. Assez pratique en temps de crise, mais catastrophique pour la reputation et l’efficacite des services publics.
9 juillet 2012 à 20:18
PR27
@etudiant : vous savez, il faut fournir à l’ANR un RIB lors des soumissions de projets, même si 85% ne recevront jamais un centime. On pourrait imaginer fournir le RIB (original) ensuite, et croyez bien qu’on ne manquerait pas de leur indiquer le moyen de nous payer. Mais non. Et il faut aussi des SIRET, code APE, âge du capitaine (si possible dans des fichiers xls qui font planter openoffice).
Cela dit, cette question des règles et des workflows à l’université est un très beau sujet en ce moment pour les politiques universitaires, car cela permet une amélioration nette à coût constant. C’est l’occasion ou jamais de revendiquer là-dessus.
9 juillet 2012 à 20:36
étudiant inquiet
@Gueux, quel pays comparable à la France possède 36680 communes, 2601 communautés de communes, 101 départements, 27 régions et 22% de sa population active dans la fonction publique? pour un service dont tout le monde passe son temps à se plaindre…
"La mentalité et à l’organisation" de l’administration française sont l’empilement des service aux compétences floues, reliées hiérarchiquement à un service central, avec un personnel déresponsabilisé. On peut ajouter une psychose nationale sur le nombre de postes et les avantages corporatifs (les "zaki sosso") qu’il est impossible de changer.
J’aimerais voir une administration décentralisée où le personnel est laissé libre de remplir ses missions, avec sanction en cas de fautes, mais aussi un salaire à la hauteur de ses responsabilités.
9 juillet 2012 à 20:54
PR27
Un service dont tout le monde passe son temps à se plaindre ? En effet. On peut aussi en tirer la conclusions que les français aiment bien se plaindre, puisque l’étude porte sur les variables aussi observables que "la mentalité". Une mentalité qui semble avoir du succès est celle selon laquelle la peur d’être viré est le principal moteur du travail bien fait.
9 juillet 2012 à 21:11
DM
@PR27: Numéros de SIRET, APE etc. qui pourraient bien sûr être librement affichés à libre disposition sur le site de l’institution (ils n’ont rien de secret et peuvent d’ailleurs être obtenus par consultation d’annuaires payants), mais sont au contraire uniquement transmis à des services qui ne les diffusent pas, comme ça on doit faire l’effort de chercher qui peut bien les avoir, là où une recherche Google devrait suffir.
J’ai déjà vu le phénomène suivant : un service diffuse un courriel général pour dire qu’on peut récupérer des informations en allant en personne chez lui. En fait, ils imprimaient un formulaire tout préparé. Pourquoi celui-ci n’a-t-il pas été mis dans l’intranet ? Probablement parce que les personnels en question ne savaient pas comment faire, et probablement il faut une autorisation d’un comité de lecture ou d’un service com’ pour publier parce que sinon, hou la la, vous n’imaginez pas les risques de dérapage !
9 juillet 2012 à 21:12
DM
@PR27: Je suis d’accord avec votre diagnostic. Avec la compression budgétaire, on va d’abord perdre des emplois de soutien/support, pas des emplois d’enseignants (ne serait-ce que parce que quand il n’y a pas de profs, les étudiants, donc leurs parents, râlent). Soit on adopte des procédures moins lourdes, soit on s´écroulera.
C’est, comme vous dites, le moment où jamais de tenter la révolution culturelle : simplification, décentralisation, transparence et confiance.
9 juillet 2012 à 21:14
étudiant inquiet
@PR27, mon idée n’est pas de précariser la fonction publique ; on pourrait peut-être trouver un juste milieu entre "invirable" et "virable à la 1ère occasion". Un contrat trop précaire produirait exactement les mêmes effets que le statut actuel : le personnel précaire devient tatillon pour se couvrir et inerte de peur de se compromettre. Le génie de la fonction publique française étant peut-être de cumuler les deux types de statut !
9 juillet 2012 à 21:25
PR27
@DM : en ce moment je joue dans la provoc : je mets des d’infos internes sur googledoc (ou etherpad) et je refuse de travailler autrement. Plein de gens sont choqués par etherpad : un traitement de texte où chacun peut (doit) écrire sa ligne, au lieu de l’écrire dans un fichier .doc qu’on envoie par mail à une secrétaire, qui l’ouvre et copie dans un fichier xls qui, quand il sera rempli, sera envoyé à tous pour vérification. La pratique de la transparence par le logiciel collaboratif est un sujet fort intéressant…
9 juillet 2012 à 21:31
DM
@PR27: Vous voulez dire que les gens sont censés COLLABORER DIRECTEMENT sans avoir besoin de faire à chaque fois un courrier et de recueillir 3 signatures ?
Ça me rappelle le coup de génie d’un collègue au sujet des services juridiques : ceux-ci ont une fâcheuse tendance à tout faire par courriers attachés à des mails envoyés aux chercheurs, qui servent de boîtes aux lettres — il a réussi à ce que ces services se parlent directement par audioconférence ! Nous allons faire en 9 mois ce qui d’habitude ne se fait pas en moins de 15 mois…
9 juillet 2012 à 21:32
DM
@PR27: Quels genres de gens sont choqués par Etherpad?
9 juillet 2012 à 21:43
PR27
@DM : une secrétaire a trouvé ça génial. Des EC (tous 27) aussi. Une secrétaire a eu peur. Certains EC ont pris l’habitude de faire travailler "autrui" (secrétaires, autres EC…) et boycottent car ça n’est pas *leur* intérêt. Pour tout dire, le plus amusant (mais là je suis en train de troller le fil) : (1) certains sont gênés qu’on voit en direct ce qu’ils tapent, bêtises comprises (2) certains aiment bien modifier discrètement les écrits d’autrui – désaccord sur les argumentaires dans la rédaction d’articles/projets.. (3) à la fin d’une rédac etherpad, on voit exactement qui a écrit quoi – s’il vous est arrivé de rédiger 80% d’un texte et de voir un collègue aller en parler comme de son oeuvre, vous y serez sensible….
9 juillet 2012 à 22:14
Petit Cerveau
Etudiant, beaucoup des problemes que vous decrivez viennent de reglements absurdes decidees par une hierarchie qui les imposent a des executants: je ne suis pas sur que transformer le statut des executants soient le bon moyen de regler le probleme. Il y a par exemple de fortes chances que la procedure de stages que vous evoquez aient ete mis en place sur proposition du president par un CEVU, sans demander l’avis des personnes competentes du service des stages, en admettant qu’il en existe un, ou en s’asseyant sur l’avis des representants etudiants.
Je ne sais pas tres bien quoi penser de l’etherpad malgre les exemples amusants et convaincants de PR27, mais j’ai tres bien vu le moment, vers le milieu des annees 90, ou les EC, et tout specialement les presidences, direction d’UFR, de labos, de services d’enseignement, ont cherche a mieux controler les corps administratifs, sans avoir de veritables connaissances en la matiere. A partir de cette prise de pouvoir, les choses ont commence a se degrader assez severement, et il ne pouvait pas en etre autrement. Ca ne risque pas de s’arranger avec la LRU, pour la simple raison que les administratifs sont certainement encore moins en position de dire non a leurs directions.
Une solution est plutot un meilleur respect des differentes entites composant l’universite.
9 juillet 2012 à 22:26
Rachel
Un acte administratif ça coûte de l’argent. Je ne sais plus où j’avais entendu ça, mais à l’université un calcul avait été fait (dans la mienne ou ailleurs, je ne sais plus). Le résultat donnait 70 euros (je trouve ça stupéfiant, j’espère que ma mémoire est bonne). Pour faire ce calcul il suffit de savoir le nombre d’actes administratif puis de le diviser par la somme des salaires des gestionnaires + le papier, les imprimantes, les timbres postes, etc … si vous achetez un truc à 10 euros ou si vous voulez vous faire rembourser quelques tickets de métro, vous pensez que ça coûte 10 euros à la collectivité et ben non, en fait ça coûte 80 euros … dingue ça, non ? bref alourdir le système pour tout contrôler n’est pas forcement le modèle le plus économique …
L’idéal serait d’avoir une caisse noire pour les petits frais, disons environ 10 % des dotations serait raisonnable et mettrait de la souplesse dans le système.
Le pire c’est l’argent de l’Europe ou celui des régions, on ne peut rien faire d’autre que ce qui avait été écrit dans le projet de recherche écrit deux ans plus tôt alors qu’on avait pas encore commencé l’étude, donc pas tout prévu. Tout doit être justifié au centime près, impossible de jouer les généreux donateurs de quelques piécettes aux collègues fauchés … ceci dit, on triche quand même en faisant du troc sous le manteau – je t’achète ça contre deux séances de mesure sur ta bécane … en off … hihihi !
9 juillet 2012 à 22:40
PR27
D’ailleurs, j’échange 10000€ de CDD à consommer d’ici Noel contre 6500€ de fonctionnement. Achète également à bon prix des factures d’ordinateurs <4000 E datées de 2010.
Rachel : avez-vous tenter d'expliquer au monsieur (ou à la dame) de la Région que la vraie vie c'est pas comme ça et que vous voulez un peu souplesse, mais pas forcément plus d'argent. A ma surprise, on m'a répondu assez favorablement. Quant aux caisses noires, elles existent par les associations parallèles et autres sociétés par actions simpliées parallèles aux universités. L'argent qui y est stocké est reportable !
11 juillet 2012 à 19:06
DM
@Rachel: J’avais entendu parler de chiffres similaires au sujet des commandes : une somme en dizaine d’euros indépendante du montant de la commande.
C’est sûr que si pour commander un document électronique à 15€, il faut demander un devis, émettre un bon de commande, réclamer un RIB (et horreur si le fournisseur est étranger et fournit un IBAN, voire réclame un autre mode de paiement), enregistrer le fournisseur dans la base de données, attendre la facture, payer, traiter la réclamation du fournisseur qui n’a pas été payé en temps, etc. etc., au lieu de faire comme le reste du monde et payer par CB, ça finit par coûter cher.
C’est lié à un autre comportement administratif : la quantité d’ennuis est souvent indépendante de la somme, ce qui doit d’ailleurs aboutir à perdre de l’argent sur les gros contrats.
11 juillet 2012 à 19:38
PR27
… d’où l’étymologie de "overhead" : c’est quand on en a vraiment par dessus la tête.
15 juillet 2012 à 16:16
Dan- visseur désabusé
La discussion ci-dessus est assez effarante, il me semble que l’on souffre moins en entreprise. Comme chef de service, j’avais fixé une règle pour les remboursements de frais et je l’ai appliquée à l’ensemble de l’entreprise pendant 10 ans. Ce n’était pas très généreux : 15 fr. par repas en 1998.
Il y a eu une étude que malheureusement je n’ai pas gardée sur la possibilité de transposer des règles d’Europe du Nord en France. La conclusion : c’était pratiquement impossible, car la mentalité en France consiste à tricher chaque fois que possible. D’où la complexité administrative, les contrôles dans tous les sens, puisque chaque fois que l’on prend un tricheur, au lieu de le sanctionner à proportion de sa faute, le niveau supérieur établit une règle générale qui s’applique à tous et qui demande une instance de contrôle supplémentaire . Nous sommes tous pénalisés par les 3 % de tricheurs qui rendent la vie impossible.
Un des objectifs de la RGPP était de revoir toutes les procédures et leur intelligence. Mais cela dérangeait beaucoup de monde, il est devenu courant d’accuser la RGPP d’être uniquement un moyen de couper les têtes : cette accusation donnait bonne conscience à tous ceux que la révision des procédures dérangeait.