" Je suis bien curieux sur ce sujet des blogs scientifiques, car c’est peut-être (ou pas) un grand changement. Je regarde par exemple la plateforme Hypothèses (carnets de recherche, ici) et je trouve ça plutôt épatant. Il semble que les sciences humaines se soient emparées de cette question plus que nombre de sciences dures, peut-être parce que leurs supports usuels de publication sont passés plus lentement à la version électronique, si bien qu’ils sont passés directement du papier en papier au blog ? Plus de reviewers ? Plus de deadline ? “Le séminaire permanent” (lire par exemple ici pour un aperçu sympathique et convaincu de la question). Justement, sur ce dernier point : c’est tout à fait compliqué d’attirer le public dans les séminaires, exposés (problèmes d’indisponibilité réels ou prétendus), chacun y allant de son petit prétexte – nul n’a de prétexte pour n’avoir pas parcouru un billet de blog.
Bonne ou mauvaise idée ? Des blogs scientifiques vont-ils encourager le “chacun dans son bureau”, au détriment de la discussion physique réelle ? Vont-ils, au contraire, faire que chacun connaîtra mieux ce que fait la fille (le gars) du bout du couloir et quand on se croisera à la cafetière, on dira “tiens j’ai lu ton billet sur…. ” et on embrayera sur le fond, plutôt que sur les problèmes d’intendance, qui sont malheureusement le sujet “plus petit dénominateur commun”. Doit-on publier des “idées en cours”, au risque de passer pour un mauvais, si elles sont mauvaises, ou de se les faire piquer, si elles sont bonnes (alors qu’on voulait les cases dans le projet ANR qui doit absolument passer sinon on mange des nouilles sauce Migaud sur 2013-2017)? Comment ce genre de publication passe t-il à l’échelle de milliers de gens ? Est-ce pertinent ? Finalement, n’est-ce pas la même chose qu’une page web perso où on met en pdf ses publis au fur et à mesure qu’elles sont acceptées ? Je dirai : pas tout à faire la même chose : on peut publier des choses de nature bien plus variées : des choses abouties, des questions ouvertes qui nous laissent perplexes. Sur un blog de recherche, on peut recevoir et écrire des commentaires – là, je crois qu’il y a un bon truc : pas désagréable, d’aller à Rhodes, Stockholm ou Tokyo pour discuter autour d’un papier avec quelqu’un de Clermont-Ferrand, mais est-ce indispensable ? Comment de tels blogs scientifiques s’articulent-ils avec l’émergence des réseaux sociaux informatiques de chercheurs (mendeley, research gate etc…), qui offrent d’autres fonctions mais qui, pour ma part, ne m’intéressent guère en leur forme actuelle, très “autopromotionnelle”…
Cela nous aiderait-il ? A l’intérieur d’un laboratoire ? Vis-à-vis de l’extérieur ? Serait-ce un gadget chronophage et redondant avec l’activité de publication classique? Serait-ce naïf ? Serait-ce, en pratique, une solution de recours assez dérisoire pour les gens qui ne parviennent pas à publier “normalement” (problème de qualité, d’argent, de nature des travaux…). Les directions des laboratoires auraient-elles leur mot à dire ? Tomberait-on principalement d’auto-promotion ? Montrer la “recherche en train de se faire”, n’est-ce pas comme avoir des vitres transparentes entre la cuisine et la salle de restaurant – c’est-à-dire pas toujours flatteur… "
Ce billet nous est proposé par PR27


32 commentaires
Comments feed for this article
5 juillet 2012 à 08:26
MCF27
Par rapport à votre dernier paragraphe on peut encore se demander ce qu’est une publication classique. Bien sur cela dépend des domaines mais lorsqu’on voit l’exemple de "Frontiers in" on se dit qu’on commence à aller vers quelque chose qui n’est pas le blog mais qui a une inspiration commune. Ce n’est pas de la réclame pour Frontiers mais il y a aussi un aspect multi-échelle intéressant, un point de départ très généraliste (par exemple "Frontiers in Neuroscience") et une granularité qui peut devenir très fine ("Frontiers in Fractal Physiology") et ne concerner qu’une poignée de spécialistes.
5 juillet 2012 à 08:35
Enro
Merci pour ces observations "naïves" sur les billets de blog, qui montrent ce qu’un observateur extérieur peut en penser en 2012 (après bientôt une dizaine d’années qu’ils existent…). Pour rebondir sur l’analogie avec le restaurant (que j’avais aussi faite dans un article non publié), je répondrai que le cuisinier qui déciderait de ne pas mettre de vitre est dans son droit, cela relève surtout du gadget ou de la comm’ ; alors que les chercheurs, qui transforment le monde, se doivent de faire entrer les citoyens dans leur travail. C’est l’argument moral. Il y a aussi un argument esthétique consistant à dire que le rapport du chercheur au monde est bien différent de celui du travailleur lambda (par exemple le cuisinier) — c’est le fameux "regard du scientifique" — et qu’il mérite d’être partagé…
5 juillet 2012 à 09:09
Mathieu Rouault
A l’argument moral et esthétique évoqués fort justement par Antoine, j’en ajouterai un troisième, l’argument pratique.
La création et l’alimentation régulière d’un blog permet à son auteur de prendre du recul sur sa démarche scientifique, sur ses premiers résultats, vains ou prometteurs. J’ai à l’esprit de nombreux d’exemples de doctorants et de doctorantes, notamment, pour qui l’écriture de billets de blog constitue une activité non pas uniquement "autopromotionnelle", comme le dit l’auteur de ce post, mais d’abord et surtout un moyen d’oxygéner leur pensée, de respirer, de parler autrement de ce qu’ils font, en essayant de se faire comprendre de personnes qui, la plupart du temps, restent extérieures à des recherches par nature pointues. En ce sens, tenir un blog scientifque relève de l’hygiène intellectuelle, si je puis dire.
J’ajoute qu’ils ne sont pas si nombreux que cela, dans le monde de l’enseignement supérieur et la recherche, les espaces dans lesquels l’on peut librement parler de ce sur quoi l’on travaille, en dehors des cadres académiques. Mieux : je suis pour ma part convaincu que, dans l’ensemble, les colloques et journées d’étude ne remplissent plus aujourd’hui la fonction de confrontations d’idées et de libres échanges entre pairs qu’ils ont pu jouer dans le passé. Je vois trop souvent de telles manifestations scientifiques tourner à la bataille stérile entre écoles de pensée et à l’opposition de pontes par chercheurs interposés. Et la litanie des communications interminables laisse souvent peu de place aux débats, aux échanges, qui devraient pourtant être le sel de telles réunions. Les blogs jouent, ou à tout le moins peuvent jouer, notamment par le biais des commentaires, la fonction de libre discussion et de saine confrontation d’idées que remplissent beaucoup moins aujourd’hui les rencontres scientifiques classiques.
5 juillet 2012 à 09:44
PR27
@Mathieu Rouault : absolument d’accord sur tous ces arguments, je trouve que c’est la manière saine et efficace de faire de la recherche. Ce sont les réseaux sociaux informatiques de recherche (que je trouve ennuyeux et inutiles), que je qualifiais "d’autopromotionnels" et non les blogs (que je trouve intéressants).
Dans mon domaine, la publication classique est composée de grosses revues internationales et de congrès voguant de Tokyo à Rio à Toronto, à 20% d’articles acceptés, et publier ses résultats via un blog reste anecdotique (institutionellement, car en pratique cela plaît et cela fonctionne). Mon sujet n’était pas vraiment pas le blog pour causer vulgarisation, humeur ou humour, mais le blog où on publie, de manière incrémentale, ses résultats de recherche – c.a.d. une subtitution à la publication académique classique. Une fois posées les premières idées sympathiques, c’est la confrontation à la pratique rugueuse qui me paraît délicate, et en particulier la cohabitation avec les moyens prestigieux de publier.
5 juillet 2012 à 10:39
Mathieu Rouault
@PR27 : sur votre premier point : je comprends mieux le type de supports numériques que vous désignez. Mais attention cependant à ne pas opposer facticement les réseaux sociaux informatiques "autopromotionnels" d’un côté aux blogs de l’autre. Il est des réseaux sociaux dans lesquels on peut publier des contenus scientifiques intéressants. Et il est aussi des blogs qui, par l’établissement de liens avec une communauté de lecteurs qui se répondent les uns les autres, notamment dans les commentaires des articles, constituent à eux seuls des petits "réseaux sociaux". La frontière est donc ténue et en tous cas ne se situe pas, me semble-t-il, à cet endroit.
Sur votre second point : même en excluant les blogs de vulgarisation (ou ‘médiation’, comme l’on dit maintenant) scientifique, les blogs de science pure, dans lesquels l’on rapporte régulièrement l’avancement de ses travaux en ayant comme seul public visé ses pairs ou certains experts, sont et seront de moins en moins "anecdotiques". L’une des raisons en est simple à comprendre et c’est vous-même qui l’a donnez : le nombre d’articles acceptés par les revues installées est extrêmement faible et qu’il faut bien que s’expriment autre part ces trésors d’intelligence qui resteraient, sinon, dans l’ombre.
Ce qu’il faut comprendre, je crois, c’est que, petit à petit, "les moyens prestigieux de publier", comme vous dites, n’auront plus la primeur de la qualité ni l’exclusivité de l’information scientifique rigoureuse. C’est l’évolution que dessine l’appel de plus en plus grand à l’open access. C’est aussi l’évolution que dessine la prise de conscience progressive de la nécessité pour les chercheurs de publier les expériences ratées, les théories qui ne fonctionnent pas, les fausses pistes. Car partager l’échec et ses raisons, en science comme ailleurs, a souvent autant d’intérêt que partager ce qui marche.
Je termine ce trop long commentaire sur cette idée : les revues internationales qui font "autorité" continueront à exister, c’est une évidence. Mais, à leurs côtés, apparaîtront, de plus en plus, des plates formes numériques alternatives dans lesquels seront publiées des avancées scientifiques réelles. Et, si elles veulent survivre à long terme, les premières ont fort intérêt à s’équiper d’outils de détection leur permettant de suivre l’activité des secondes sur lesquelles se diront et se disent déjà, aussi, la science.
5 juillet 2012 à 17:32
Rachel
Quelques remarques naïves supplémentaires, en vrac
- J’aime bien le « combat » que mène Enro sur l’entrée des citoyens dans le travail des chercheurs. Mais concrètement je ne vois pas du tout comment ça peut fonctionner (je travaille en science « dure », peut-être que ça peut expliquer ??). Les travaux sont tous hyperspécialisés et requièrent des prérequis de niveau élevé. Comment le lambda cuisinier pourrait avoir une opinion éclairée sur mes travaux ? ceci dit, il pourra avoir une opinion de contribuable, sur l’orientation des travaux et son intérêt pour la collectivité, mais certainement pas scientifique (il manquerait plus qu’il dise que mon travail c’est d’la daube pas bien marinée !).
- @Enro, dans mon domaine je ne connais aucun blog scientifique, mais je connais plusieurs blog de médiation scientifique dans lesquels le chercheur tente de faire partager son regard de chercheur (en gros il commente ses articles ou les articles des autres une fois que ceux-ci sont publiés).
- @Mathieu, je suis tout à fait d’accord sur les vertus d’un blog, moi je l’utilise aussi un peu pour ça (une sorte de besoin d’écrire pour tenter de clarifier la confusion de mon cerveau). L’avantage aussi des débats sur un blog, c’est que ça reste écrit, contrairement aux débats lors de colloque qui ne restent pas gravés (donc qui ne sont que du vent).
- Je trouve un peu curieux que la majeure partie de la recherche soit publique mais que les résultats de la recherche soit si peu accessible au « grand public ». En gros, il faut payer (cher !) pour y avoir accès, alors que c’est le fruit de son financement initial. Je crois que ça fait beaucoup de débats ici et là, on en discute parfois ici. Publier librement ses résultats sur des blogs ou autres portails ouverts permettent de pallier à ça mais ça amène d’autres problèmes.
- Les blogs c’est un peu différent des archives ouvertes (et je crois comprendre que le sujet du billet c’est le blog scientifique). Le seul intérêt d’un blog ce sont les commentaires qui découlent du billet et les débats qui se déroulent « en direct » (sinon, autant publier sous une forme figée). Pour les blogs scientifiques je vois un inconvénient et un avantage.
- Inconvénient du blog : le billet proposé ne passe pas par une maison d’édition, mais surtout ne passe pas par un comité de lecture (peer review ; revue par les pairs), étape cruciale de validation de la recherche. Bref un chercheur pourrait alors publier n’importe quoi.
- Avantage : l’article peut être commenté par un grand nombre de lecteurs (ce qui n’est pas le cas d’un comité de lecteur qui se limite à 3 ou 4). L’article pourrait alors être amélioré et enrichi. Peut-être que ça serait intéressant lors d’une phase pré-soumission à un éditeur (à condition de ne pas craindre de se faire voler le contenu par uen autre équipe « concurrente »).
5 juillet 2012 à 18:02
PR27
Rachel a tout bien compris le périmètre et les difficultés que je voulais aborder (les résultats "durs et arides" des sciences dures, où on ne voit guère de blogs malgré les plugins latex-to-wordpress, la question de l’absence d’évaluation a priori par les pairs, les vertus et les limites…). Dans mon domaine (l’informatique), qui est très mondialisé et où des tonnes de gens travaillent et débarquent (le ticket d’entrée est assez faible), le risque de la confusion la plus totale est grand – le problème est celui de la lutte contre la confusion liée à la surproduction de papiers. Je me suis aussi inscrit sur des réseaux sociaux "recherche" (research gate, des groupes de discussion linkedin). C’est horrible, c’est le foutoir, comme si plein d’étudiants débarquaient dans nos bureaux toutes les minutes en posant des questions désordonnées, qu’ils pourraient pour bonne partie résoudre eux-même. Au contraire des réseaux sociaux en vogue, le blog préserve l’acte de rédaction et de publication comme central. Seulement ensuite, les commentaires peuvent suivre, et parlent du billet. Cette forme me paraît bien adaptée à la recherche.
8 juillet 2012 à 14:54
Lorne
La question du lectorat/des utilisateurs des blogs scientifiques mériteraient d’être posée. S’il paraît difficile que sur un certain nombre de sujets (et pas seulement dans les sciences dites dures) que tout le monde puisse activement participer à la discussion, je pense en revanche aux personnes qui travaillent sur des sujets connexes, mais aussi aux étudiants, qui peuvent tirer profit de savoir ce qui se fait dans tel ou tel domaine. Personnellement, je regarde régulièrement de nombreux blogs qui ne sont pas directement dans mes sujets de recherche, mais qui m’ouvrent de nouvelles portes. Rien qu’à la dimension d’une communauté scientifique élargie, cette idée de blogs scientifiques me semble très prometteuse.
8 juillet 2012 à 16:03
PR27
Pour ceux qui voudront poursuivre la réflexion, est fournie ici une petite (pas si petite en fait) biblio : http://laspic.hypotheses.org/645
8 octobre 2012 à 10:17
Igor
J’ecris un blog scientifique (http://nuit-blanche.blogspot.com). C’est un OVNi dans le sens ou il n’y en a pas beaucoup et que beaucoup en France considere ce genre comme etant de la mediation. Beaucoup de choses dans les commentaires ci-dessus rejoignent mon experience et comme le genre est assez nouveau, je pense que nous sommes qu’au debut du processus de decouverte de leur utilite. En particulier, il semble que c’est un bon outil pour donner un contexte a des etudes qui sont en preprint (non encore publiees) ce qui donne un avantage de un a deux ans sur le processus traditionnel de diffusion du savoir. Dans certains cas, cela ressemble des fois a de la revue par les pairs sans le discours ascerbe. Il peut aussi etre dangereux. Certains specialistes me disent ne pas regarder le blog pour ne pas voir que d’autres ont eu la meme idee recemment.
Pour info, voila ce que pense certains specialistes du blog: http://www.math.ucdavis.edu/~strohmer/papers/2012/CS_challenges.pdf
Igor.
10 octobre 2012 à 12:29
Fred Morain-Nicolier (@fredmn)
Je partage l’impression d’Igor. J’ai également un blog, que je ne veux pas orienter vers la « médiation ». Je le vois plutôt comme une sorte de bloc-note où je peux partager des idées et considérations liées à mes recherches. Mais mon objectif n’est pas forcément de partager ces recherches avec le grand public. Je regrette que la plupart des blogs scientifiques soit des blogs de vulgarisation.
Lorsque je discute avec les collègues de ce blog, au mieux ils considèrent que c’est un truc amusant, mais pas pour eux. Le retour le plus fréquent est l’inquiétude de voir des idées piquées par les lecteurs (on retombe dans le publish-or-perish). Pourtant, cet exercice est très utile, autant pour l’aspect partage des informations que pour l’aspect personnel.
Par exemple, une bonne partie de mes réflexions sur les mesures de similarités non métriques, que j’ai menée au travers d’une série de billets. Ces billets, au final, me sont très utiles pour mes rédactions plus académiques. Ainsi lors de la rédaction de mon HDR, j’ai pu reprendre ces réflexions.
10 octobre 2012 à 12:47
Rachel
Igor et Fred, merci pour vos témoignages. C’est très enrichissant!
10 octobre 2012 à 13:14
Les blogs de recherche scientifique | SciencesetDecouvertes | Scoop.it
[...] » Je suis bien curieux sur ce sujet des blogs scientifiques, car c’est peut-être (ou pas) un grand changement. Je regarde par exemple la plateforme Hypothèses (carnets de recherche, ici… [...]
10 octobre 2012 à 17:22
Igor Carron
Pour ajouter a ce que dit Fred, "… Le retour le plus fréquent est l’inquiétude de voir des idées piquées par les lecteurs (on retombe dans le publish-or-perish)….", je l’ai aussi entendu et je comprends l’inquietude mais cela ne peut etre en general que pour des increments epsilonesque. Le blog non mediateur permet de faire des extrapolations qui serait meme hors de porte de publications. En particulier, j’adhere tout a fait a la proposition de Howard Aiken: “Don’t worry about people stealing your ideas. If it’s original, you’ll have to ram it down their throats”
Voici par exemple une page extremement dangereuse :)
https://sites.google.com/site/igorcarron/thesetechdonotexist
Le plus important n’est pas de savoir si l’idee existe mais de savoir pourquoi elle n’existe pas.
Igor.
11 octobre 2012 à 13:45
Pascal Lapointe
Songez tout de même que pour beaucoup des questions que vous soulevez, beaucoup de blogueurs anglophones sont déjà passés par là, et ont des réponses à proposer. La crainte de se faire voler ses idées, par exemple, est surfaite. La bibliographie proposée par PR27 plus haut mérite d’être parcourue si vous êtes au stade de ce type de questions. J’y ajouterais deux lectures rapides:
http://www.scientificamerican.com/article.cfm?id=science-2-point-0-great-new-tool-or-great-risk
Et: http://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/25103
En ce qui concerne l’idée de produire des billets de blogues qui s’adresseraient davantage à d’autres experts qu’au public le plus large possible, connaissez-vous le principe de Research Blogging? http://researchblogging.org/
11 octobre 2012 à 18:40
Igor Carron
Pascal,
Le probleme de http://researchblogging.org/ est de deux ordres:
- le reseau de blogs est suppose faire des billets sur des choses deja publies. Or il se trouve que dans certains domaines cela veut dire etre entre un et deux ans de retard sur ce qui est connu.
- beaucoup d’articles ressemblent a des articles pour d’autres experts qui ne sont pas necessairement dans le meme sujet.
Igor.
12 octobre 2012 à 16:56
Fred Morain-Nicolier (@fredmn)
Pascal,
j’ajouterai qu’Igor et moi n’en sommes plus à ce type de questions, puisque nos blogs existent (enfin surtout le sien, le mien est plus modeste).
Et effectivement concernant Reserchblogging, je préfère bloguer sur des trucs pas vraiment publiables, mais des réflexions qui peuvent y mener à +/- long terme. Genre, je suis en train de tenter de compiler du matériel pour écrire sur : "quels sont les problèmes ouverts en computer vision ?".
Pour continuer à alimenter la discussion, je me demande si je ne vais obliger mes prochains doctorants à tenir un blog.
12 octobre 2012 à 18:24
PR27
@Fred : un blog pour animer une équipe et obliger les doctorants à micro-publier de temps en temps.. j’y pense, mais je ne le fais pas. A tort sur le fond, j’en suis sûr, à tort ou à raison sur la com’, je ne sais pas. J’hésite à embarquer des doctorants dans des lubies perso. Et puis (mais c’est aussi le cas en vision), on a plein d’équations pas forcément très blogables ; mais bon, il y a de bons blogs plutôt matheux : Gelman, C.Robert etc.
Mais je crois qu’on se pose des questions similaires à ceux qui se demandaient si Wikipedia était une bonne idée…
Pour le détail des annexes techniques et docs de référence, peut-être pas, mais pour sentir l’air du temps et cogiter sur les bonnes idées, c’est top.
12 octobre 2012 à 18:39
Igor
@PR27 et Fred,
Je suis toujours surpris que demander a un etudiant soit aussi difficile alors que c’est reellement le meilleur moyen pour lui de se faire un nom et d’aligner un job avec des gens qui le connaissent deja. Chaque billet est un element de plus qui etablit une relation de confiance. C’est en fait mieux qu’un CV. Nombres de demandes de consulting ou de discussion offline sont venus en partie parceque les gens peuvent juger **tous** les jours du processus de raisonement, pas besoin de questions d’interviews vaseuses. En suivant le blog on sait deja a qui on parle.
@PR27, Ce n’est pas une lubie personelle, c’est un moyen pour les futurs docteurs d’etablir un lien certain avec un employeur potentiel.
Igor.
12 octobre 2012 à 19:57
PR27
@Igor : par lubie perso, je pensais à moi. Je suis d’accord sur le fond, sinon je n’aurais pas refilé ce billet à Rachel, mais je cela m’ennuie un peu par principe de prendre un doctorant pour cobaye. Ca peut être une suggestion enthousiaste, mais pas une imposition. Il y a aussi pas mal de choses pas forcément magnifiques à montrer, des trucs un peu foireux… Et qui est "responsable" du contenu du blog du doctorant ? S’il y a une ânerie dont la source est le doctorant ? dont la source est l’encadrant ? … J’aime bien lister les effets de bord avant, probablement par conservatisme fonctionnarial statutaire.
12 octobre 2012 à 22:07
Rachel
Des âneries on en dit beaucoup quand on tient un blog, il suffit de lire celui-ci pour s’en convaincre.
Obliger les doctorants de tenir un blog sur leurs travaux, c’est une idée royale, surtout pour surveiller l’avancée des travaux. Et est-ce que le directeur des travaux a le droit de faire des commentaires ?
13 octobre 2012 à 00:08
Igor
Rachel, il faut quand meme se rappeler que dans beaucoup de sciences experimentales comme la biologie et la chimie, les doctorants et autres intervenants ecrivent deja des carnets de laboratoires relatant leurs approches et leurs resultats. Ces ecrits ne sont pas publics, mais ils servent deja a etablir l’avancee des travaux.
Le blog est somme toutes different dans le sens ou il y a une dissemination publique. Utiliser ce medium pour suivre l’avancee des travaux de ces propres doctorants est absurde.
Igor.
14 octobre 2012 à 11:36
Rachel
@Igor, un cahier de laboratoire, ça reste très souvent sur des données brutes, non digérées et illisibles pour les personnes non directement impliquées. A propos de la dissémination publique, il a aussi les publications via l’édition scientifique ou autres supports libres comme par exemple une simple page web. La spécificité et l’intérêt d’un blog est surtout qu’il offre la possibilité d’une interaction avec les lecteurs.
15 octobre 2012 à 18:22
Igor Carron
Rachel,
Je faisais simplement remarquer que "Obliger les doctorants de tenir un blog sur leurs travaux, c’est une idée royale, surtout pour surveiller l’avancée des travaux.’ etait absurde pour ce qui est de "surveiller" car ses travaux sont deja "surveilles" par les directeurs de these. Cela dit, dans une these, il ya des elements (tels que les premiers chapitres qui sont des introductions au sujet et conviennent tout a fait a des billets de blog). Si un doctorant fait cela, il se rendra service.
Quand vous dites: "A propos de la dissémination publique, il a aussi les publications via l’édition scientifique ou autres supports libres comme par exemple une simple page web.La spécificité et l’intérêt d’un blog est surtout qu’il offre la possibilité d’une interaction avec les lecteurs."
Comme le dit Fred et moi-meme, nous ne connaissons pas encore la specificite du blog. A une extreme, la plateforme de blog peut reellement servir a dialoguer avec plusieurs intervenants qui ne sont pas physiquement au meme endroit. A une autre extreme, il y a des blogs qui ne permettent pas de commenter.
Pour ce qui est de la dissemination publique, la encore la facilite a blogguer pourrait mener a terme a certains changements. On s’apercoit que certains utilisent la possibilite de commentaire anonyme sur le blog pour donner des impressions sur un papier: une sorte de revue par les pairs avant (pour les preprints) ou apres publication (voir par exemple: http://nuit-blanche.blogspot.fr/2012/10/ngpfbmp-fast-non-gaussian-bayesian.html ). Au vu des gouleaux d’etranglement que sont la publication dans les journeaux, certains se posent meme la question de savoir si on ne peut pas mettre en place des publications avec des revues par les pairs **apres** publication (voir: https://plus.google.com/108022205513332597894/posts/8Kj8T5wA7sT ).
Igor.
15 octobre 2012 à 18:53
Rachel
Igor, je n’arrive pas du tout à comprendre le concept du blog où les commentaires ne seraient pas autorisés … Pour ma part, s’il n’y avait pas de commentateurs sur le présent blog, ça fait longtemps que j’aurais jeté l’éponge (certes mon blog n’est pas un blog scientifique). Ceci dit je trouve très intéressant cette possibilité de « pré-review » (ça pourrait être vraiment utile) ou celle donnée après publication afin de voir les réactions des lecteurs (Oh Rachel, quelle perle vous avez encore publié!). Sur ce dernier sujet, les éditeurs pourraient aussi le faire facilement sur leurs portails.
15 octobre 2012 à 19:00
PR27
L’exemple du papier d’Igor sur le matching pursuit et le dialogue qui s’ensuite sont convaincants : qqn débat de tel point précis du papier, l’auteur répond, un dialogue "droit au but" arrive. Je trouve ça très bien. Un progrès, le sens de l’histoire je pense. D’ailleurs, en lien avec l’autre fil sur le "trop de publis", le fait de pouvoir être commenté favorise peut-être l’auto-discipline pour éviter "eh, c’est minable, faux, copié et en plus tu l’as publié 3 fois".
Rachel, on ne commente pas le blog de JFMela, par exemple.
15 octobre 2012 à 19:02
Igor Carron
Rachel,
La Pre-review existe deja, c’est la norme, elle n’est simplement pas publique et nombre d’entre nous pensons que c’est un probleme ( ex: http://nuit-blanche.blogspot.com/2011/11/problem-with-peer-review.html ).
Igor.
15 octobre 2012 à 19:16
Rachel
Igor, je ne vous suis plus … je parlais de « pré-review » et non de peer-review. Je l’entendais comme une « pré-peer review ». De plus je ne comprends pas très bien votre graphique …
(vos commentaires tombent systématiquement dans les spams, je dois les repêcher, d’où un retard à l’affichage)
@PR27, il n’a de blog que le nom. Pour moi ce n’est pas un blog (mais passionnant !).
15 octobre 2012 à 19:39
Igor Carron
Rachel,
Nous parlons de blogs scientifiques, donc en particulier des lecteurs qui sont plus ou moins des pairs.
Pre-review pour nombre d’entres-nous, c’est la racourci de "pre-publication peer review" et non "pre-peer review". Comme vous le savez c’est la norme en science aujourd’hui (la pre-publication peer review). Mon graphe peut etre compris par d’autres pairs et montre qu’un algorithme a langui dans l’enfer des rejet de publication alors que beaucoup d’algorithme inferieurs sont passes.
Je parle de post publication peer review, (post-review) des reviews qui sont faites par les pairs *apres* la publication.
Desole pour le spam.
Igor.
15 octobre 2012 à 19:52
Rachel
@Igor, il me semble qu’il y a une différence de chronologie entre une « pré-peer review » (bref deux étapes de review avant la publication ou pré-publication) et la « pre-publication peer review ». Pour ma part je peux vous assurer que quand je soumets un article à un éditeur, il n’est pas pré-reviewé avant soumission (ça m’arrive parfois, tout de même).
@PR27, vous avez raison, je viens de vérifier la définition. Le site de JF méla est bien un blog.
15 octobre 2012 à 22:58
Igor Carron
Rachel.
Je ne parlais que de "pre-publication peer review" rien d’autre.
Igor.
16 octobre 2012 à 10:11
Fred Morain-Nicolier (@fredmn)
(Punaise, 3 jours d’absence et la discussion file. Gasp !)
Bon, dans mon idée, imposer le blog au doctorant n’est pas vraiment pour suivre son travail. Ce suivi est effectué au jour le jour, avec un entretien hebdomadaire au minimum – mais je suppose que c’est lié à ma discipline, où le "pauvre" doctorant est tenu d’être présent physiquement au labo.
Non, l’idée est plutôt de l’obliger à prendre du recul sur son travail, à le synthétiser régulièrement et l’amener à poser clairement les questions qui l’occupent actuellement.