Comme vous le savez, je suis une extraterrestre en provenance de la planète Gliese 581e, à 20 années lumière de la Terre. J’ai été missionnée en 2009 par l’OGU (Observatoire Galactique des Universités) pour étudier l’étrange comportement des universitaires Terriens, et plus particulièrement ceux d’un petit pays qui ont un système ESR tellement génial que-tous-le monde-les-envie-dans-la-galaxie. Plusieurs indicateurs semblent converger pour me signaler que j’arrive certainement au terme de ma mission …
Premier indicateur : il ne se passe plus grand-chose sur Terre. C’est le calme plat. Pas de polémiques en cours, pas de réforme du gouvernement à contester, pas de dérapages non contrôlé. Bref on s’ennuie à mourir. Je me demande si ça ne serait pas à cause de notre nouveau gouvernement. Pourtant j’aime bien son programme : redonner la confiance aux chercheurs, faire réussir les étudiants, travailler dans la collégialité … voilà qui est un bon programme, à défaut d’être précis. Mais peut-être les réformes vont bientôt jaillir, avec les fameuses assises de l’ESR qui se dérouleront en automne prochain ? J’imagine déjà notre nouveau président lors de la séance inaugurale déclarant solennellement : « tout ce que vous conclurez ici, je le ferai ! ». Il ne prendrait pas trop de risques en disant ça, notre enseignement supérieur est tellement conservateur que les conclusions de ces assises ne seront très certainement pas celles d’une remise à plat …
Deuxième indicateur : ce deuxième indicateur, il n’est pas encore publié. Mais comme je peux voyager dans le futur, je peux bien devancer de quelques jours l’annonce qui sera faite. D’ailleurs, on nous y prépare bien. La cour des comptes va nous dire que les caisses de l’ESR sont vides et plus que vides. Une sorte de gros trou noir dont il va être difficile de s’extirper. Il va falloir faire des économies … pas de sous, ça veut dire aussi pas de réformes, pas de projets d’avenir. Les réformateurs pourront aller se rhabiller, on ne gardera que les bons sentiments du paragraphe précédent.
Troisième indicateur : Il concerne une courbure de temps que j’ai détecté. Pour vous expliquer, il faut se souvenir qu’en 2009, quand je suis arrivée sur Terre, c’était le début du mouvement noniste. Puis après ça s’est un peu calmé, c’est vrai que tout le monde était très occupé à faire ses projets d’avenir du programme des bidulex. Mais aujourd’hui on a plein de signaux qui montrent que ce « mouvement » tente de renaître de ses cendres. La littérature noniste envahit les blogs et autres tribunes libres. On a pu assister récemment à la création d’une CNESU (Coordination Nationale des Établissements Scientifiques et Universitaires) qui ventile un florilège de déclarations et motions (un régal, lire ici). Le mot d’ordre est : ne pas trahir 2009 ! Les autres déjà en place ont déjà communiqué les leurs (certes ce sont les mêmes que les premiers …), par exemple SLU (lire ici). Abrogation, refus de l’évaluation, suppression et que tout redevienne comme avant … Avant c’était une sorte de paradis. C’est vrai qu’avant il n’y avait pas de chômage, pas d’enseignement supérieur de masse, peu importe les études qu’on suivait, du boulot y’en avait pour tout le monde. On pouvait aller à l’université le cœur léger se forger l’esprit et le coeur. Ça devait être cool de vivre à cette époque. Étudiants d’aujourd’hui, vous vous êtes trompés d’époque. Mais revenons à notre histoire de courbure de temps. Revenir à 2009, c’est en fait un tremplin pour retourner vers un passé encore plus lointain. Bref ce n’est plus mon époque, ce n’est pas pour ça que j’ai été missionnée. Moi, explorer le passé, ça ne me tente guère (mais ça sera un bonheur pour les historiens et archéologues !).
Les courbures du temps, c’est pourtant très utile. Chez moi, on les utilise pour voyager. Par exemple, si je veux rentrer chez moi (20 années lumière), le terrien imagine un long chemin assez linéaire (voir Fig. 1 du schéma ci-dessous). En fait, il suffit de courber le temps (selon le principe de la Fig. 2), et alors ça ne fait plus qu’un saut de puce …



24 commentaires
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2 juillet 2012 à 17:57
Krokodilo
"pas de sous, ça veut dire aussi pas de réformes, pas de projets d’avenir."
Mais non, quel pessimisme ! Simplement, les universitaires étant censés être des têtes bien pleines, voire bien faites, on leur assigne la mission la plus difficile : faire des réformes à budget constant ! (Cf le vieux classique de François De Closet "Toujours plus !"
2 juillet 2012 à 19:58
PR27
Curieux de voir ses assises à dormir debout. Il y aura qui ? Des gens nommés ? Vient qui veut ? Comment les représentants sont-ils choisis ? Comment les représentés font-ils remonter leurs messages ? Comment sont-ils informés de l’effectivité de la remontée des messages ? Comment sait-on que ça n’est pas un jeu de "heum heum merci on vous écrira" ? Y a t-il un ordre du jour avec la liste des questions qui fâchent ?
@Krokodilo : le problème est-il de faire des projets d’avenir à budget constant ou à budget de plus en plus concentré ? Pour ma part, je suis dans un domaine plutôt globalement bien doté, dans un labo pas trop catastrophique, ni au centre des bidulex, ni exclu de cela, et malgré tout, on voit que si on ne va pas au carton sur tous les appels à projet à 12% de succès, on crève apres-demain. On est incité à soumettre plein, plein de projets, non plus 3 ou 4 par an, mais entre 8 et 10 par équipe, pour espérer en avoir un. Dans le prochain appel à projets, les lots sont de 300KE à 1KE par participant : l’objectif est très clairement de concentrer l’argent entre quelques mains ("savoir définir des priorités", "lutter contre le saupoudrage").
2 juillet 2012 à 20:00
PR27
Sinon, Rachel, pour ce genre de diagramme il faut plutôt utiliser \pstricks (voir l’exemple 6), c’est un peu fastidieux au début mais ensuite…..
http://j-node.homeip.net/tech_wiki/index.php/PSTricks
2 juillet 2012 à 22:56
Rachel
PR27, c’est quoi vos appels à projets ? Est-ce des appels à projets internes à votre bidulex ?
Juste une petite histoire vraie, au sujet de la multiplication des soumissions de plein de projets, dans l’espoir d’en avoir un. Dans un labo, en automne dernier, le directeur décide de pousser ses troupes pour lancer une grosse opération sur l’ANR, le but est de déposer plein de projets. Environ 25 ont été déposés, énorme, même si le labo est gros. Résultat? le bide total, pas un seul a été retenu. Donc plutôt que de faire du vent et d’écrire n’importe quoi, d’énerver et de faire perdre du temps à tout le monde (gens du labo, reviewers, panel de sélection), il serait plus pertinent d’avoir une autre politique, c’est à dire on soumet un projet quand il est mûr, pas avant.
2 juillet 2012 à 23:16
Gueux
Rachel, il serait encore plus pertinent d’avoir au moins un "collègue bienveillant" dans le comité de l’ANR.
2 juillet 2012 à 23:25
Rachel
@Gueux, c’est vrai, mais tous ne sont pas corruptibles. J’aime l’idée qu’ils font leur travail au mieux et avoir un bon projet n’est pas inutile non plus (à défaut d’avoir un bon copain…).
2 juillet 2012 à 23:38
Gueux
@Rachel. Je suis incorruptible mais peu au fait des us et coutumes de l’ANR. Par quel procédé, transparent et démocratique, puis je arriver à faire partie d’un de ses comités ?
3 juillet 2012 à 14:43
Petit Cerveau
C’est bizarre, cette inactivite dont vous parlez, Rachel. Pourtant, et meme en se limitant a l’universite, il y a de quoi s’indigner… Comme on me demandait recemment si j’etais interesse par revenir prendre un poste en France, j’ai fait un petit tour d’horizon, et je n’ai pas ete decu… Par exemple, dans une section du CNU, le president et le vice-president ont des emplois qui me semble peu compatible avec le CNU: l’un a un role important dans une ecole de finance et l’autre est membre d’un comite de pilotage d’une fondation, deux fonctions dans laquelles on pourrait etre amener a verser des salaires plus eleves a des personnes qu’on serait interesser a recruter… Pas enthousiasmant pour l’equite des promotions!
Ce sont certainement des personnes au dessus de cela, mais ce cumul des fonctions n’est pas normal et poserait certainement question au RU, ou il y a toujours un scandale en cours sur ce genre de problemes. AU RU, il y a toujours un certain nombre de personnes qui par idealisme, interet ou tout simplement par fonctions questionnent tres fortement le ronrons des institutions, et ca peut aller relativement loin. Je souhaite donc a Gueux de reussir son recrutement a l’ANR, mais si je que ce blog joue un role critique sur le fonctionnement de l’ESR, je pense aussi que ces "nonistes" en jouent aussi un tres important. J’ai d’ailleurs signe leur petition contre une evaluation bureaucratique ridicule, qui (comme le CNU) n’a pas beaucoup d’equivalent dans les systemes d’enseignement superieur que j’apprecie.
3 juillet 2012 à 16:36
Helios
C’est pas vraiment le sujet, mais c’est intéressant quand même.
Pour une bonne tranche de rigolade
http://www.lesechos.fr/economie-politique/france/actu/0202153127118-classement-mondial-des-universites-par-discipline-les-francaises-a-la-traine-340352.php
Dans ma discipline, les maths par exemple, l’Institut Stekhlov de Saint-Petersbourg a engrangé plus de médailles Fields que toutes les universités américaines réunies, mais je ne l’ai jamais vu dans aucun classement.
3 juillet 2012 à 17:44
François
@Helios. Oui mais c’est le même QS cité par Les Echos qui place Paris en tête du classement mondial des " best cities for students " (et n’est-ce pas "at the end of the day" ce qui compte le plus pour les extraterrestres qui viennent étudier sur Terre?)
« What makes Paris the best city in the world for students ?
Réponses de QS :
- Paris has 16 institutions in the QS World University Rankings, comfortably more than any other city on the planet,
- Another aspect in which the French capital excels is in the number of domestic and international employers seeking to recruit its graduates. Parisian graduates are identified as priority targets by employers both in France and all across Europe, reflecting the solid graduate skills gained through its teaching-intensive undergraduate system, and the internationally-minded nature of Parisian graduates. Despite the continent’s current financial uncertainties, Paris offers a wealth of graduate opportunities due to its position at the heart of the EU.
(en plus bien entendu du coût des études et du cadre de vie)
Quant au journaliste des Echos, lui apprendre d’urgence qu’il y a un Stanford (CA) et un Stamford (CT) aux USA, mais pas de Standford …
4 juillet 2012 à 16:55
amigues
Rassurez vous Rachel, mon chef me confirmait vendredi dernier que l’ESR n’étant pas dans le périmètre "prioritaire" tracé par F. Hollande, on aurait les -7% de budget de fonctionnement par an dès l’année prochaine et jusqu’en 2017…
Si la claque principale va aller sur l’ANR (au moins les chercheurs arrêteront de perdre leur temps à aller chercher des sous qui n’existeront plus), les grands organismes et les universités n’échapperont pas à une baffe moins violente mais sensible surtout à la longue. La première année cela ira encore mais imaginez 7% de – chaque année prendant 5 ans …Clea nous fait du -30% en gros (flemme de faire le calcul en intérêts composés) en fin de mandature. Donc on enlèvera le "gras" dans un premier temps (ne va pas chercher bien loin), puis on passera à la chair et là cela va faire plus mal (sauf pour les heureux lauréats des machinex of course) .
Le résultat sera des dégats sensibles sur le système bien entendu et surout d’innombrables cris de douleur bien naturels. Ces cris deviendront-ils de révolte ? là est toute la question. Je pense que oui, et le résultat promet d’être des plus curieux. Le plus probable est que ceux qui espèrent des Assises la fin de leur vallée de larmes (LRU, ANR, AERS, …) en seront bien déçus et déplaceront leur rage vers les heureux élus des Machinex pour réclamer qu’ils prennent un "juste" part des sacrifices imposés aux autres. La capacité de résitance du gouvernement va en être sérieusement testée.
4 juillet 2012 à 17:26
Rachel
Amigues, ce que vous me racontez ne me rassure pas du tout ! Moi j’ai entendu qu’ils allaient pomper sérieusement dans l’ANR (dans les programmes blancs ! je trouve ça très idiot) et rehausser le financement du CNRS par cette opération. Moi je comprends un peu les vases communicants, l’université devrait être la grande perdante. Mais on raconte surement n’importe quoi en cette période …
J’attends avec intérêt les tribunes de B. Monthubert sur le budget 2013 des universités …
Oui, bonne idée, organisons une rébellion contre les gens des bidulex, qu’ils nous refilent un peu de leurs montagnes d’argent !!
4 juillet 2012 à 17:34
PR27
amigues, si la tendance globale ne fait pas de doute, je m’interroge principalement sur la mise en oeuvre. Finalement, l’Etat a t-il son mot à dire sur ce qui relève des postes publiés vs. du fonctionnement ? Comment peut-on réduire l’argent de l’ANR ? Je crois qu’on ne peut plus réduire le taux d’acceptation, ça en dévient ridicule. Sur le principal programme qui me concerne, on était à 10%. Comme un bonne part du budget concerne du personnel sur contrat, je crois que c’est là qu’il faut couper. C’est insensé de couper radicalement sur le fonctionnement : des personnels permanents qui ont zéro pour fonctionner ne peuvent plus bosser et leur salaire est gaspiller. On en est à ne plus pouvoir payer un déplacement national à la journée pour participer à une réunion de montage de projet.
Il est aussi très clairement affiché par le gouvernement, les régions et (de gré ou de force) plusieurs présidents d’université qu’il faut tailler dans les masters ("définir la carte à l’échelle régionale", comme on dit pudiquement). L’option "licence à 170 euros", "master à 2000 euros" ne semble pas à l’ordre du jour. Au total, je ne vois pas du tout comment on va renforcer l’encadrement en 1er cycle, comme promis. Si on dit "avec le tutorat par les doctorants", je ris, vu que les écoles doctorales font la pression pour des thèses de plus en plus courtes…(et il y aurait bien d’autres arguments).
4 juillet 2012 à 18:34
amigues
@Rachel et PR27. Moi aussi je vois mal comment cela va marcher. Intutivement, je dirais:
-Pour les grands organismes (CNRS, INRA, …) la vague démographique des départs en retraite se tarit petit à petit mais reste élevée jusqu’en 2017. Donc on remplace 1 poste sur 3. On taille dans les thèses et post-docs. On se sert des TGE pour cisailler les coûts en ne remplaçant pas les techniciens et ingénieurs et en regroupant les moyens et les sites. On en ferme au passage pour réduire les coûts de fonctionnement. On ajourne des remises à niveau d’équipements de labos pour des jours meilleurs. On continue à comprimer les budgets permanents et on envoie à l’Europe ou aux Régions les râleurs. On comprime les dépenses de "siège" et l’on fait fondre les administratifs.
- Pour l’ANR : les commissions ont été tellement sévères qu’elles n’ont engagé qu’un tiers du "blanc" théoriquement disponible. Je soupçonne (via le rapport de la Cour des Comptes) que l’ordre venait "d’en haut" du gouvernement précédent pour financer le 10eme mois de bourse (qui ne l’était pas, comme chacun sait)… Peu importe ce qui s’est vraiment passé, on en profite pour transformer la coupe conjoncturelle en coupe définitive et on regroupe des programmes en "très grands programmes" avec des moyens globalisés réduits, bien entendu. On en profite pour cisailler là aussi les thèses et post docs (de toute manière ils ne pourraient plus bosser dans les labos, ces derniers n’ayant plus de budget pour financer leurs manips). On réduit la voilure en personnel administratif ANR (bien pratique le hors statut FP pratiqué par l’équipe précédente des fois).
- Pour les Univ : Le 10 eme mois sera financé (voir alinéa précédent) mais on durcit les conditions "sociales" d’accès. Les remises à niveau de batiment seront passées à la loupe (en se servant du prétexte des DSP imaginées par le gouvernement précédent pour accélérer l’engagement des crédits). En supprimant les DSP on repasse en circuit purement public (traduisez circuit long, voire très looooong, d’autant plus qu’on ne remplace pas les départs en retraite des administratifs qui s’occupaient des dossiers), donc on gagne du temps (c’est de l’argent). On supprime des crédits de formation et on en ferme quelques unes (on laisse le choix aux équipes présidentielles car c’est plus délicieux de voir des gens qui ont voulu leur "autonomie" se faire du mal à eux-mêmes). On "gèle" le point "nombre d’étudiants" dans Sympa pour 5 ans (avec 2% d’inflation par an c’est déjà ça de gagné). Il va faire froid en hiver dans les amphis sous peu… (enfin je dis ça pour les SHS bien sûr). En comprimant les enveloppes globales, on oblige de fait les présidences à ne pas renouveler les hors stratuts et CDD qu’ils avaient embauché pour mettre à niveau leurs moyens dans le cadre de la LRU. Enfin on incite les universités à tailler dans les heures complémentaires, à regrouper des options, etc…
Le bouffon de cette histoire est que le résultat va être de mettre en chômage partiel de fait les EC (moins de crédits d’enseignement, plus du tout d’argent pour la recherche). C’est ce qui me fait penser que cela va crier à un moment ou à un autre.
4 juillet 2012 à 20:44
Jojo
Perso, je trouve ça normal, au moins pour les sciences dures. On a trouvé le Higgs, la science est finie.
6 juillet 2012 à 01:43
DM
@Krokodilo: Oh, de nombreux sujets de réforme ne demanderaient pas d’augmentation de budget, mais du courage politique:
http://david.monniaux.free.fr/dotclear/index.php/post/2012/07/05/Les-mauvaises-positions-de-la-France-dans-les-classements-internationaux
6 juillet 2012 à 01:49
DM
@PR27: Je n’ai pas l’impression que multiplier des projets mal ficelés soit payant.
6 juillet 2012 à 06:21
PR27
@DM : pour ma part, je n’ai pas essayé d’envoyer plein de projets mal ficelés, je n’aurais pas ma conscience pour moi. Je ne sais pas combien de projets comme ça arrivent à l’ANR (projets non seulement mauvais, mais objectivement bâclés), l’étant pas dans ces comités. Je suppose que par "être dans plein de soumissions", il s’agit d’être sollicité par plein de consortium parce qu’on est super génial (et célèbre), et qu’on me dise "je m’occupe de tout, dis-moi juste combien de KE tu veux, envoie mois 10 lignes de contribution et la fiche signée de ton président d’universté". Pas ma situation…
13 juillet 2012 à 10:36
Arctangente
"Premier indicateur : il ne se passe plus grand-chose sur Terre."
Chère Rachel,
C’est le savant Arctangente qui vous parle. Le savant Cosinus étant malheureusement malade, c’est moi qui désormais supervise votre mission.
Nos dernières recherches tendent à montrer que le monde sur lequel vous vous penchez est plus complexe qu’il n’y paraît et l’espace-temps y est assez bizarrement déformé. En effet, cet espace-temps semble découpé en "pays", chacun de ces "pays" ayant un espace-temps légèrement différent. Vu de Gliese, ces espaces-temps peuvent nous sembler synchronisés, pourtant ils ne le sont qu’à une très large échelle.
En bref, votre soucoupe a atterrit sur un "pays" appelé "France", au système universitaire un peu particulier (mais chaque pays a peut-être un système un peu particulier).
Aussi, j’ai peur que vous n’ayez confondu un "il ne se passe plus grand chose en France" avec un "il ne se passe plus grand chose sur Terre".
Votre mission est donc loin d’être terminée ! Prenez votre soucoupe et débrouillez-vous pour franchir un ou plusieurs de ces espaces-temps si étranges ! Ou nous ne pourrons pas valider votre rapport.
Salutations gliesesques
14 juillet 2012 à 17:20
Rachel
@Artangente, holala j’espère que ce n’est pas trop grave pour le savant Cosinus. Il a un problème avec ses sinus ? Mais étant donné que vous êtes mon nouveau superviseur, il vous faut savoir une chose : pour choisir la cible sur la Terre, j’ai sélectionné le bouton "système-que-tous-le-monde-envie", je me suis dis que c’était certainement le meilleur. Mais en fait je suis tombée dans une sorte de village gaulois, où chacun défend ses arpents en pensant qu’il est tellement mieux que le voisin. Tout ça sans vraiment de prise en compte d’un intérêt commun et global, c’est très curieux.
Bon voilà, voici mon pré-rapport, je vous le fais court: "le système est à la dérive. Chacun rame dans sa direction sans aucun mouvement coordonné. Dans ces conditions, je ne vois plus trop quoi faire, d’autant plus que le nouveau gouvernement prévoit de rationner les rameurs. Faut venir me rechercher, mission impossible"
16 juillet 2012 à 11:23
Arctangente
Bordel, le décodeur spatio-temporel a encore sérieusement buggé ! Vous avez sélectionné le bouton “système-que-tout-le-monde-envie” et vous êtes arrivée en France ? Encore une soucoupe a foutre à la décharge, c’est pas vrai !
Vous êtes sûre que ce n’était pas “système-que-tout-le-monde-en-vit” ?
Bon, je connais 1 ou 2 mécannoprogrammeurs qui vont m’entendre…
OK pour le retour. On vous envoie un vaisseau de secours.
Mais votre mission reste stratégique. Alors à votre retour, vous prenez 15 jours (terrestres) de repos et vous repartez.
Over
16 juillet 2012 à 21:43
Rachel
@Arctangente, peut-être que l’OGU pourrait envoyer quelqu’un autre pour prendre le relais. Moi je n’arrive à rien … et puis il me tarde d’aller de nouveau m’enivrer de rayons cosmiques et de reprendre mon cycle héroïque, il y a tant de mondes à sauver dans la galaxie … mais si par malheur je dois continuer ici, 15 jours de repos ce n’est pas du tout assez, je réclame 1 mois complet ! (de toute façon il ne se passe rien ici en août). Bon je termine mon rapport annuel, et hop je saute dans le vaisseau !
17 juillet 2012 à 09:18
Arctangente
1 mois ??
Vous avez vraiment pris de drôles d’habitudes sur Terre…
Bon, OK, on en profitera pour faire tous vos check santé et réparer votre scribouilleur avant la prochaine mission…
17 juillet 2012 à 09:32
PR27
@Arctangente : vous savez, dans le monde universitaire, on aimerait bien prendre moins qu’un mois de vacances, mais on a un problème : les locaux sont fermés et interdits d’accès (sauf pour le thésard en retard dans ses travaux=pas nous). Et en plus, maintenant le gouvernement coupe le chauffage et la lumière, au mois d’août. Mais je vous rassure : V.Pécresse a inventé la machine du diable : l’ordinateur portable, qui vous permet de travailler à tout moment, quand l’inspiration vous vient. Et comme l’inspiration peut venir de manière imprévue, il faut toujours avoir cet ordinateur portable avec soi.