« J’ai passé l’après-midi à l’université. C’était une réunion d’un pôle de compétitivité. Il y avait des groupes d’étudiants sortant de la bibliothèque, d’autres qui révisaient sur les pelouses. On a causé avec des industriels. Il y avait la visioconférence multipoints, ça marchait très bien. C’était la fac. »
Source: un extrait d’un commentaire quelque part dans le chaos de ce blog …


15 commentaires
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26 juin 2012 à 19:03
PR27
je ne sais plus ce qu’il fallait conclure de cela…c’était probablement une réaction, à vocation modulatrice, à un message disant que la fac est une tour d’ivoire désespérée et désespérante. Je viens justement de quitter un industriel qui embauche beaucoup de nos étudiants. Nous prenons souvent le temps de discuter un peu du marché de l’emploi, de leurs projets, des compétences qu’ils recherchent, des choses qui émergeraient, de leurs problèmes, de nos problèmes… non pas pour se plaindre ni oiser, mais en essayant d’être efficaces dans la conversation, pour sentir l’air du temps et s’instruire mutuellement. Par ex., ce gros employeur me disait que leur politique de recrutement n’a que faire de la différence ingénieur/master : ils pourraient ne recruter que des ingénieurs, mais trouvent que les masters sont souvent aussi bons et que ce sont des histoires pas très importantes.
26 juin 2012 à 21:20
Rachel
PR27, peu importe le contexte, ça se lit aussi tel quel. Ça porte un autre éclairage sur l’université qui est loin d’être une tour d’ivoire. Mais ceci dit, j’ai des collègues qui pensent qu’avoir des relations industrielles, c’est un peu comme une sorte de prostitution intellectuelle …
26 juin 2012 à 23:42
Dan - visseur péripatéticien
"prostitution intellectuelle" On va punir les clients ?
Et s’intéresser aux étudiants, c’est du paternalisme du XIXème siecle ?
27 juin 2012 à 09:32
François
@PR27 – Ont-il clairement exprimé des besoins en docteurs ?
27 juin 2012 à 12:48
PR27
@Francois : Non. Ce sont des SSII. Il y a un grand travail de dressage préalable avec eux. Exemple de boulot : fabriquer le système par lequel vous déclarez vos impôts en ligne. Gros systèmes complexes, nécessaité de s’intégrer dans un existant, de dialoguer avec des clients de métiers divers, mais pas vraiment matière à faire de la science. Par contre, ils ne refusent pas des docteurs, ils en ont, mais ce sont plutôt leurs aptitudes managériales/méthodologiques/communication qui seront exploitées que leur créneau scientifique précis.
En fait, je voulais surtout dire que, réparti sur une équipe pédagogique, ça ne prend pas tant que ça de temps de tâter de terrain des employeurs, au moins un peu. Il a pas mal à gagner et pas grand chose à perdre.
27 juin 2012 à 22:25
Anne
Voici ce que j’ai entendu sur la formation "professionnelle" à acquérir pour une nouvelle filière industrielle "en vogue" de la part des demandeurs: l’université est "décalée" par rapport aux attentes du monde de l’entreprise, tout comme l’école d’ailleurs. Il faut de la formation en alternance car le savoir-faire clé en main est indispensable. Un Pr. a répliqué que c’était vrai, le Ministère reste figé par ses plans quadriennaux et l’offre qui est faite ne passe que par un DU, faute d’autorisations. Il y avait des Anglais qui partageaient leur expériences et ils étaient assez effarés par notre système et nos lacunes de formation mal adaptées aux besoins des employeurs.
28 juin 2012 à 08:28
François
" l’université est “décalée” par rapport aux attentes du monde de l’entreprise "
Il ne faut pas porter un jugement monolithique sur l’ " université ".
Est-il possible de mieux répondre aux "attentes du monde de l’entreprise" qu’un diplômé d’une Polytech universitaire formé par alternance ?
28 juin 2012 à 10:22
Jojo
Et en prévision du moment où la filière industrielle ne sera plus "en vogue" et où le savoir-faire clé en main sera devenu inutile, dois-je aussi apprendre à mes étudiants à trouver la bonne poubelle et à reposer soigneusement le couvercle sur leur tête après y être entrés ?
28 juin 2012 à 10:47
amigues
@Anne Vous pointez un problème de réactivité. Ce qui m’étonne, c’est qu’il faille remonter au Ministère et refaire une nouveau quadriennal pour gérer le problème… Vous ne nous donnez pas assez d’infos pour apprécier l’ampleur du problème. Cela devrait se gérer en compromis dans la maquette existante quitte à bouger un peu les contenus de formation sans tout refaire je pense. Avoir des intitulés un peu "tirés par les cheveux" mais qui font l’affaire n’est pas la mer à boire. Mais il faudrait que vous soyiez plus précise pour savoir si le problème est vraiment institutionnel ou propre au responsable qui a voulu renvoyer l’entreprise dans les cordes pour je ne sais pas quelle raison. Il faut se méfier des anecdotes livrées hors contexte.
28 juin 2012 à 11:06
PR27
L’université n’est pas monolithique, le monde de l’entreprise non plus. Cette question des "technos en vogue" est importante et l’objet d’un suivi particulier de la part des formations : à quel point faut-il les inclure dans les formations, qu’est-ce qui s’apprendra bien sur le tas, quelles sont les tendances fortes qui doivent infléchir les formations, quelles sont les buzz qui sont plutôt feu de paille, quels sont les buzz qu’il est bon d’afficher sur les maquettes pour la vue extérieure, tout en faisant plutôt des choses fondamentales et stables à l’intérieur. Les discussions avec les employeurs et anciens élèves aident bien à faire la part des choses. Les employeurs ne sont pas forcément preneurs de "toujours plus de techno à la mode", mais plutôt comprendre les fondamentaux, savoir apprendre vite les technos, bosser avec méthode, bien d’exprimer, être fiable.
28 juin 2012 à 12:42
François
" Et en prévision du moment où la filière industrielle ne sera plus “en vogue” et où le savoir-faire clé en main sera devenu inutile "
La filière industrielle (au sens d’activité marchande, où la frontière entre industrie et services est de plus en plus floue) sera toujours en vogue, sauf au cas hautement improbable où l’université se replierait sur son rôle d’auto-reproduction d’enseignants-et/ou-chercheurs académiques de génération en génération.
Bien évidemment les enseignements fondamentaux doivent tenir dans toute formation une place importante, car ce sont les seuls qui ne connaîtront pas d’obsolescence au cours de la quarantaine d’années que dure une vie professionnelle, et ce sont eux qui permettent l’adaptation aux nouveautés, en particulier technologiques.
Les employeurs sont conscients de l’avantage que procure une bonne formation générale de leurs salariés, mais entre deux candidats qui ont bénéficié d’un même niveau de cette formation générale, ils donnent l’avantage à celui qui a en plus une compétence qui correspond exactement au besoin pour lequel un recrutement est envisagé, et rend cette nouvelle recrue immédiatement productive.
28 juin 2012 à 13:38
Jojo
François, désolé de la confusion, je voulais bien sûr écrire "la filière industrielle en question". La disparition complète de toute filière industrielle n’est pas mon sujet. En plus, ça n’arrivera pas. A la longue, nous finirons bien par devenir les Chinois des Chinois et ça repartira, à un euro de l’heure.
Même dans le cadre d’un quadriennal, il reste de la souplesse. Si les exigences des industriels sont telles que cette souplesse ne suffise pas et qu’il faille en passer par un DU ad hoc, je crains que les enseignements fondamentaux ne soient plus tenus pour si importants. Mais comme déjà indiqué, on manque de détails sur le contexte.
28 juin 2012 à 17:43
Rachel
Tout comme Anne, moi aussi j’ai entendu parfois des personnes du monde de l’entreprise se plaindre du manque de réactivité des formations. Je la remercie de son témoignage. Tout comme Jojo, je suis absolument contre le savoir-faire clé en main, et je m’étonne un peu de la réaction du Pr présent à la réunion d’Anne. Et comme François et PR27, je pense que les enseignements fondamentaux et la méthodologie doivent être le socle de toute formation. Pour le reste ça s’apprend sur le terrain en fonction des trucs en vogue. A la limite on peut l’aborder dans les formations, vers la fin, sous la forme d’études de cas, mais pas plus.
28 juin 2012 à 18:15
PR27
L’importance des fondamentaux n’était pas tant mon opinion (ça ne serait que prévisible) que ce que je rapporte des employeurs.
Le savoir-faire "clé en main" doit être dispensé au moins un peu… par ex. mettre sur le marché un informaticien qui ne saurait programmer correctement dans aucun des 5 langages les plus utilisés dans l’industrie, c’est suicidaire.
Enfin, il y a un truc qui tue : ce sont les annonces d’emploi. Les recruteurs mettent en avant des choses extravagantes pour se faire mousser, ont des exigences extraordinaires bling bling martiennes et à la mode, parfois juste pour se faire mousser. Elles ne donne qu’une vue assez biaisée des compétences appréciées.
2 juillet 2012 à 13:20
Dan- visseur recruteur
Les offres d’emploi sont très différentes d’une entreprise à l’autre et en fonction de l’objectif et de la division. Nous recrutions en central des jeunes ingénieurs d’une quinzaine d’écoles avec lesquelles nous avions noué des partenariats ( journées de présentation, participation au ÇA ou au conseil de perfectionnement , accueil systématique de stagiaires, taxe d’apprentissage, détachement d’ingénieurs pour certains cours…) : 100 recrutements par an qui suivaient ensuite un process interne de formation. Mais il arrivait aussi de recruter pour un projet précis et il fallait rédiger l’annonce pour trouver le ou les spécialistes pointus. Enfin on pouvait chercher à attirer des ingénieurs provenant des concurrents pour apporter un regard différent . Bref chaque entreprise. Chaque service à son idiosyncrasie pour les annonces et il faut décrypter et connaître l’entreprise et son organisation. C’est un des j’observe du service "relations industrielles " dont est doté toute Fac de sciences.