« Corriger les copies de premier cycle (c’est de saison) est une épreuve douloureuse. Comme d’habitude, j’oscille entre l’atterrement et la sidération avec quelques innovations intéressantes. L’orthographe, la grammaire et la syntaxe en option aléatoire, on a l’habitude, mais là je vois pas mal de problèmes de graphie, k ou g formés à l’envers par exemple, ce qui est nouveau. L’anonymat m’empêche de savoir s’il s’agit de russes ou de grecs échappés de leur enfer, mais la présence de certaines expressions bien de chez nous me fait penser que non, ce sont bien nos braves petits.
Pour le reste, il est toujours étonnant de voir son discours transcrit en une bouillie incompréhensible. Quant à l’apparence de la copie standard, la mode est au texte monobloc, pas de paragraphes, pas de ponctuation visible, pas de connecteurs logiques et inflation d’adjectifs suppléant tant bien que mal à l’absence de verbe dans la “phrase” (?). C’est incroyablement épuisant à lire.
Si, comme je le pense, ce type de texte est la projection mentale sur papier de l’idée qu’un étudiant se fait d’un écrit, je comprends mieux pourquoi ils ne lisent pas… »
Extrait d’un commentaire récemment déposé sur Gaïa


51 commentaires
Comments feed for this article
25 mai 2012 à 19:04
DM
Nous en discutions justement tout à l’heure : quelle étrange folie a poussé nos gouvernants à inciter une bonne partie de la population à faire des études supérieures « abstraites » alors que l’on manque de travailleurs « pratiques » compétents (plombiers, couvreurs, etc.) !
25 mai 2012 à 19:10
PR27
Petit sondage :
(1) qui parmi vous a envie d’envoyer son fils monter sur les toits (même si ça paie raisonnablement bien) ?
(2) parmi les métiers d’ "intelligence de la main" chers à celui qui aura failli dans sa suppression de la pentecôte, comment se casent les filles (on me dirait : elles peuvent être couvreuses etc…)
25 mai 2012 à 19:34
Rachel
@DM, on pourrait dire aussi « quelle étrange folie que d’accepter dans une formation des étudiants qui sont très loin d’avoir le niveau et pré-requis ». Ne mettons pas ce désastre des premiers cycles uniquement sur le dos de nos gouvernants.
25 mai 2012 à 19:46
Fabrice_BM
@DM
Je ne cesse de le rappeler à titre personnel autour de moi.
Pour le coup, la lubie politique est largement partagé par tout le spectre politique, même si elle a commencé avec la gauche et le "Bac à 80%".
@PR27
A titre personnel, si j’avais des enfants, je préférerais qu’ils soient un bon artisan avec de solides notions de compta et de droit. Quitte à leur payer des études en 2ème partie de carrière professionnelle. Car le vrai problème est qu’à 18ans nous ne sommes pas tous suffisamment matures/intelligents pour pouvoir suivre des études supérieures (autonomie intellectuelle, capacité à se discipliner, etc…)
Dans une société, si tout le monde ne fait que réfléchir à comment produire, à la fin, plus personne ne produit, car tout n’est pas automatisable.
25 mai 2012 à 19:46
Fabrice_BM
@Rachel
Vous avez le droit de sélectionner/orienter dans votre université ? Tiens donc. Vous bossez où ? :-)
25 mai 2012 à 22:46
Dan-visseur plombierophile
J’avais raconté , in illogique tempore, que mon infirmière à l’hosto avait préféré faire des études courtes, que son frère avait choisi " plombier" avec le tour de France , et que sa sœur avait une maîtrise de communication – Paul emploi .
Je n’aurais pas empêché mes enfants de " faire plombier " ou electricien . Mais il faut avoir le goût d’entreprendre ce qui n’est pas la première aptitude dispensée par la culture française et l’école ( n’est- ce pas, Jako ? )
Quand on comprendra que 30 à 40 % des étudiants seraient plus heureux ailleurs , et si nous acceptons de payer les artisans, nous aurons fait un grand pas.
25 mai 2012 à 23:21
PR34
@PR27, on est plus au temps de Zola (et "l’assommoir"). Un bon artisan gagne souvent mieux sa vie qu’un chercheur en milieu de carrière et n’en meurt pas à tous les coups.
@PR27 (again), les filles peuvent être "couvreuses" ou "plombières", comme elles peuvent être "professeurs des universités" ou "pilotes de chasse". Où est le problème (à part dans les têtes ?). Je ne dis pas à ma propre fille que sa seule vocation, c’est d’être mère au foyer ! Au contraire…
@Rachel "Ne mettons pas ce désastre des premiers cycles uniquement sur le dos de nos gouvernants." Ben mince, alors… mais qui est responsable alors ? Ce sont bien les décisions calamiteuses prises depuis des décennies, et des objectifs complètement crétins assignés à l’école et à l’université, qui ont mis l’enseignement à tous les niveaux plus bas que terre…
Qui est responsable de vos étudiants qui ne savent plus écrire et faire un calcul élémentaire (pour la physique)? Vous ? les enseignants iniques du lycée qui ont laissé faire? Les enseignants dévoyés du collège qui ont fermé les yeux, ou les feignasses de l’école élémentaire qui ne pense qu’à leur vacances ? Des noms !!
26 mai 2012 à 08:20
marc Thibault
"il est toujours étonnant de voir son discours transcrit en une bouillie incompréhensible".
un enseignant qui demande à ce qu’on lui restitue son discours et qui entend par là faire une évaluation est un vieux con de mandarin affilgé de la même compulsion que rabelais conchiat de merde sous l’espèce sorbonnagre.IL demande à se regarder les parties par les iroir des copies interposées;il se la joue il se la touche
c’erst se la pèter tellement fortement et sans aucune réflexion que l’on ne peut qu’en rire,mais je n’aimerai pas que mes enfants aient un prof aussi bète que celui qui a envoyé ce post
26 mai 2012 à 08:53
Dan- visseur nuancé
J’ai le sentiment que Marc Thibaut n’a pas voulu comprendre ce qu’avait écrit Rachel. En sciences, nul ne demande de transcrire un discours, mais de rédiger un raisonnement, qui s’appuie sur les hypothèses, les lois, et enchaine les déductions à partir des éléments scientifiques objectifs qui ont été transmis en cours ou observés en TD,TP …J’imagine hélas assez bien les rédactions des copies que Rachel doit corriger, mais peut être faudrait-il donner un exemple pour Marc Thibault ?
26 mai 2012 à 09:03
Dan- visseur démographe approximatif
@PR34 : merci de mettre l’accent sur la fameuse notion d’objectifs de l’enseignement. Nous sommes très loin du consensus sur ces objectifs. Demandez à cinquante personnes de rédiger les objectifs, selon eux, de chacun des cycles, et comparez avec les différentes rédactions, dans les instructions officielles, nationales et européennes, et avec les discours…Quand on ne sait pas où l’on va…mais je ne jette la pierre à personne : qui croit détenir la vérité en ce domaine, quand la société change très vite, les technologies, les aspirations, et quand la population explose ?( + 50% en France en 50 ans, +600% dans le monde en un siècle…on serait un peu dépassé à moins !)
26 mai 2012 à 09:10
PR27
je vois bien combien gagne un plombier ou un couvreur, je viens d’ailleurs de signer un devis pour 10KE pour refaire mon toit. Depuis 5 ans, je refais lentement mon modeste logis, arbitrant pour chaque point entre ce que je refais moi-même -et j’en ai refait, des trucs !- et ce que je fais refaire, alors j’en ai vu passer, des devis, des artisans,… Si on me lis attentivement, je ne citais que le métier de couvreur, parce qu’il reste dangeureux et difficile, à mon avis, mais ça n’est que l’avis de quelqu’un qui est lui-même sur son toit de temps à autre….. Je m’interroge néanmoins sur la capacité de ces métiers à absorber de si grandes quantités de personnels. Des plombiers, on en manque, oui, quand on les appelle, ils ne sont pas disponibles. Triplons leur nombre, ça sera peut-être bien pour les clients, mais ça sera dur pour les plombiers, leurs agendas vont se vider, leurs prix peut-être baisser,….
@marc thibault : en principe, le discours initial est lui-même le reflet de l’état de l’art sur le sujet enseigné, en une version adaptée au public, et non les récits du week-end dernier de l’enseignant. Si ça ne l’est pas, c’est un problème, mais un autre problème. Si restituer les leçons vous paraît un type d’enseignement stérile, je peux le comprendre, mais j’ai assez pratique les alternatives (méta-projets transversaux faisant surgir les auto-compétences spontanées par dialogues crétifs entre apprenants face à la réalité concrète) pour me dire qu’il est bon d’apprendre ses leçons.
26 mai 2012 à 09:33
Rachel
@Fabrice_BM, ben oui on a le droit de sélectionner/orienter à l’université. C’est par exemple le cas dans les IUT ou écoles d’ingénieurs. Pour les filières où c’est interdit, on le fait par l’échec, ce qui n’est pas forcement très constructif.
@PR34, je pense que tout le monde est responsable. Les politiques ferment les yeux car l’université arrange bien, ça permet de caser des jeunes bacheliers qui sinon iraient à pôle emploi. Les acteurs du premier cycle, sont aussi responsables car ils ont laissé se développer un système concurrentiel qui marche sur la tête (par exemple les IUT prennent les bons bacheliers des bac généraux et les cycles licences prennent par défaut les bachelier pro et techno). Au bout du compte, ce sont les étudiants et l’efficacité du service public qui sont perdants.
« les filles peuvent être “professeurs des universités” ou “pilotes de chasse”. Où est le problème (à part dans les têtes ?) ». Le problème, il est ici.
@Dan, je ne suis pas l’auteur de ce billet, mais c’est vrai que de la bouillie on en voit beaucoup, quoique cette année j’ai une bonne promo et je trouve que c’est plutôt bon. Je dois justement me coller à un paquet de copies à corriger sur un gros morceau (le dernier de l’année !!).
@Marc, je pense que l’auteur met aussi le doigt sur un problème majeur, celui de la prise de notes. Si les notes sont mal prises, alors bien évidemment le discours sur une copie d’examen en est d’autant plus une bouillie. Dans un discipline, il y a quand même quelques concepts ou outils basiques à savoir maîtriser. Souvent dans les examens, un travail essentiel est de vérifier qu’ils sont acquis.
26 mai 2012 à 10:08
PR27
@marc thibault : pour compléter l’évaluation par "restitution de la leçon", je dirais qu’une manière classique de composer un examen est : 1/3 des points de restitution de la leçon 1/3 des points : application assez directe 1/3 des points où il faut pas mal d’inventivité.
26 mai 2012 à 10:12
DM
@Marc Thibault: Les enseignants de sciences lisent rarement un discours professoral, comme cela est courant en SHS (même différence de modus operandi en colloques).
26 mai 2012 à 13:29
marc thibault
pour DM bien sur c’est encore plus flagrant en SHS mais sur le même principe
pour dan visseur je n’ai pas besoin de vos d’exemples pour avoir à corriger
des copies depuis plus de vingt ans pour qui vous vous prenez ayez la donc modeste mais le ton de votre réponse montre que vous vous la pétez gravement.
je persiste et il ne s’agit pas de ma part de pédagogisme néo soixantehuitsoir
pr 27 est un peu moins enmandariné et on peut avec lui discuter
les meilleurs parmi mes anciens élèves ont toujours eu pour particularité de ne pas me restituer du tout mon cours.
au 20 ème siècle ou j’ai eu le malheur de faire mes études,je crois bien me souvenir d’avoir subi des pontifiants qui récitaient ou qui plagiaient tel ou tel livre et manuel et qui en remettaient de leur polyp et ceux là étaient les chiants qui demandaient leurs formules
lisez donc l’étudiant de Jules Valles ce n’est pas nouveau.
des critères distincts poiur des élèves dsitincts.
hypothèse pour fairee rebondir la discussion
un cours que l’on répète trois fois de suite n’a plus de sens pour celui qui le prononce et par déduction il n’en a pas plus pour celui qui l’écoute et la mécanique de l’auditeur correspond à la mécanique du parleur
au lieu de se la jouer sur ses élèves ,il faudrait peut ètre se poser d’autres questions.
26 mai 2012 à 15:27
Rachel
@Marc, dingue ça comme mon blog est fréquenté par des gens qui s’la pète. Ma grand-mère, qui a vécu au siècle dernier, disait souvent « enseigner c’est répéter ». Ceci dit, elle se la pétait grave elle aussi. Merci de rester courtois dans les échanges qui éventuellement suivent.
26 mai 2012 à 15:42
marc thibault
oui certes vous avez raison
on a toujours raison lorsque l’on appelle au calme.dont acte
mais vous savez très bien aussi qu’il n’y a pas (voir bourdieu) de disucussions entre profs qui soit plus mensongères et truffées de faux semblants que celles qui portent sur les performances des copies et pour ma part en suite de beaucoup de réunions ,je me suis demandé et me demande encore encore une fois comment trouver la force pour ne pas écraser la tète de telle bète malfaisante qui venait de pontifier un bon quart d’heure et tenait encore une fois le discours d’auto célébration de ses propres études d’ou sortait qu’il était parfaitement légitime qu’il continue à se prendre pour ce que l’état lui demande d’ètre car visiblement après lui le monde allait périr.
.la réforme de la licence pourra peut ètre empécher un ensemble de profs de pratiquer le style barrage qui est au fond bien pratique et double puisqu’ un certain nombre de profs qui refusent d’évaluer ,se croyant au dessus de cela sont quand même bien contents du méchant bougon qui chaque année assure en petite assistance à l’écrémage des médiocres.Et à l’inverse comment accepter que d’années en années des rapports pas si malhonnètes vienent vous avertir de pratiques condamnables sur lesquels vous savez aussi bien que moi qu’il n’y a qu’à se taire.
26 mai 2012 à 16:01
PR27
"voir bourdieu", ça se la pète un peu. Surtout que moi, je lui ai envoyé un mail, à bourdieu, il ne m’a pas répondu. Mais bon, déjà je suis super content de n’être que partiellement enmandariné (probablement grâce à http://www.youtube.com/watch?v=4huxIdjfnt4, pour se la péter grave).
marc thibault, regardez comme on est avancé en sciences scientifiques Pour ma part, j’utilise cela, en toute modestie :
http://www.jstatsoft.org/v29/i10/paper
Sinon, vos phrases sont super longues….
26 mai 2012 à 18:24
nathalie
Il n’y a sans doute pas tant de métiers manuels qui permettent de trouver du travail : les statistiques montrent qu’on a moins de risque d’être au chômage avec un BAC + 5. D’autre part certains de ces métiers sont vraiment très durs : les lycées hôteliers font le plein, mais le secteur peine à recruter. Peut être que les jeunes qui ont trop regardé "Top chef" déchantent au bout de quelques années…
Les gens ne sont pas trop enthousiastes non plus a l’idée d’être aide-soignant, garde d’enfants à domicile, auxiliaire de puériculture (on en manque), etc.
Mais le problème ne réside pas seulement dans la mauvaise image des études courtes auprès des parents et des jeunes. Vous voulez devenir professeur des écoles (16 000 candidats en 2011) ? Avant 1990, on entrait dans une école normale après le bac, aujourd’hui il faut un M2; ça fait déjà bien du monde sur les bancs des amphis.
26 mai 2012 à 20:14
PR27
Nathalie, c’est bien à cela que je pensais plus haut en évoquant les métiers classiquement féminins "des secteurs qui embauchent" (selon ce que je lis en diagonale dans les média) : pour un plombier, combien de boulots pénibles, payés au strict minimum, et dont les horaires sont aux antipodes de la présence des enfants à la maison…
26 mai 2012 à 22:14
Dan - visseur qui s'la pète grave
@Marc : merci pour les noms d’oiseaux, pas vraiment du style de la maison, mais plutôt de celui des commentaires de 20 minutes. Chacun s’exprime comme il le peut. Je n’ai rien compris à votre exposé, car, bien que je me la pète grave, je suis un peu limité : je suis un des seuls ( le seul ?) non universitaire de ce blog remarquable par sa tenue ( en général, du moins) . pire : je suis ingénieur de GE, exerçant en entreprise (péché majeur )enseignant en management en GE, ex élève Montessori dont j’ai appliqué les méthodes en enseignant autrefois : bref, un taré qu’il faudrait liquider avec les mandarins.Vive la révolution culturelle. Enfin les élèves écriront un langage compréhensible, suivant le modèle de votre message, et les illétrés qui se la pètent n’auront plus qu’à se la fermer.
J’adore retrouver le langage de ma jeunesse, les bêtes malfaisantes, les mandarins, …les vipères lubriques qui s’opposent à l’avancée victorieuse du peuple souverain sur la voie droite du progrès dont il ne craint pas les méandres . ( Champignac – Oeuvres complètes – Tome XXII – p606)
26 mai 2012 à 23:40
Rachel
Je ne suis pas persuadée que les études courtes ont une mauvaise image auprès des jeunes et de leurs parents. Si on en croit les statistiques d’admission post-bac, je dirais même que c’est plutôt l’inverse tant elles sont sollicitées dans les premiers vœux. Ces filières ressemblent au lycée, ça rassure tout le monde, élèves et parents.A mon sens, mais je peux me tromper, le problème des filières courtes est qu’elles sont squattés par les étudiants bons-moyens qui y voient un très bon moyen d’un tremplin vers les filières longues et surtout un moyen d’éviter l’université (concept TSU – tout sauf l’université).
27 mai 2012 à 06:48
marc thibault
cher monsieur le dan visseur,vous confirmez par le fait et par l’exemple ce que je me suis amusé à esquisser
il me semble que dix années de droite au pouvoir auront grandement conforté quelques coulées d’universitaires dans le style petit chef (ce n’est pas un concept mais on parle bien de cohorte pour les enseignés terme qui n’est pas plus un concept :le mot coulée évoquant d’aileurs la lente dispersion du fromage qui pue dans la trajectoire de sa dilatation) malgré tous les corporatismes et autres manifestations ou indignations qui se sont exercées et dont ce blog a été un lieu de dédicace et de consécration.
Pensée petit chef qui ,elle que l’on soit de gauche ou de droite s’est répandue dans toutes les institutions. d’enseignement et qui tel le rateau classique oublié là sur place à nos pieds va revenir à la gueule en une scène éternellement humoristique dès que l’on va se méler de faire un pas.
Parenthèse explicative
Que faites vous de tous les étudiants qui à la suite de vos longues périodes d’agitation ,parcequ’ils n’ont pas eu de cours de l’année ont arrété leurs études et parce qu’ils n’avaient pas les moyens financiers ou qu’ils ne comprenaient plus rien ,ont renoncé à recommencer une année .Quand on fait grève on assume et on ne saque pas les élèves en session terminale en supposant un enseignement que l’on ne leur a pas donné comme cela s’est bien souvent passé.
Pourquoi ce sont les mêmes qui ont poussés les étudiants et qui se sont poussés eux même comme grévistes qui ont ensuite bien souvent saqué leurs élèves ? Non pas saqué le pire ,c’est qu’ils n’ont même pas vu le raport,ils se sont comportés comem s’il n’y avait pas de rapport entre le premier fait et le second..Ce deux poids deux mesures,c’est la pensée petit chef.
Opportuniste dans la grève,dogmatique dans l’évaluation ,opportuniste dans la défense des avantages acquis,dogmatique dans la préservation de leur échelle de note.
Les pratiques dominantes sont bien les pratiques de la classe dominante,même si le coté marxiste de la formule risque d’agir pour certains sur ce blog comme un toucher rectal.
Un des endroits où le ridicule peut se voir assez facilement ,ce n’est pas sur telle ou telle utilisation du grand emprunt,c’est beaucoup plus dans les rapports avec les enseignés.
Quand même rappelons le vingt fois un polycopié de cours n’est pas un traité scientifique et un cours n’est pas non plus une conférence ni un colloque .Ils ne doivent absolument pas ètre pensé de la même manière et l’évaluation ne doit pas donner lieu aux sornettes réactionnaires (au sens de Cioran) qui est rappelons le l’entrée de cette discussion sur la supposée nouvelle incompétence des enseignés dont on peut poser comme un axiome qu’à chaque fois qu’elle est énoncée premièrement est absolument fausse ,deuxièmement qu’elle révèle surtout d’autres problèmes que à chaque fois nouvel auteur du discours a décidé une fois pour toute de ne pas aborder..
Il en suit que l’on ne peut argumenter à partir des caractéristiques du "savoir authentique"(si tant est que l’on puisse s’accorder et justement on ne s’y accorde pas sur une forme précise de sa présentation ou de son élaboration) pour penser la pratique du cours et donc à la suite de son évaluation.
Dans la "problématisation" générale des savoirs enseignés(je ne définis pas le terme ,les praticiens comprendront)à laquelle on nous demande de prendre part par nos cours,ne demandaons pas pourquoi les étudiants ne cherchetnt que les moyens de faire nos exercices et d’en tirer de bonnes notes,pourquoi ce sont nos"trucs",nos "raccouricis",nos mpasses personnelles qui sont justement aux coeur de l’évaluation.
27 mai 2012 à 09:08
Sébastien
Rachel, je suis persuadé que vous savez ce qu’est un troll.
Et là, nous sommes dans la trollitude totale me semble-t-il…
27 mai 2012 à 09:18
marc thibault
si c’est de moi que vous parlez je signale qu’un troll est toujours anonyme et que je vous donne mon vrai nom et que rachel peut aisément le vérifier
27 mai 2012 à 10:21
PR23
C’est vrai que les opinions divergentes peuvent troubler dans un blog où elles ont tendance à se raréfier. Mais ce n’est pas pour autant qu’il faut qualifier l’expression de Marc Thibault de "trollitude".
Ses messages posent des questions intéressantes, même si je ne partage pas tout de ce qu’il écrit.
Ces charges sortent ce blog du ronronnement dans lequel il a tendance à verser.
27 mai 2012 à 11:16
dan- visseur un peu sobre
@Marc Thibaut : Que faites vous de tous les étudiants qui à la suite de vos longues périodes d’agitation ,parcequ’ils n’ont pas eu de cours de l’année ont arrété leurs études et parce qu’ils n’avaient pas les moyens financiers ou qu’ils ne comprenaient plus rien ,ont renoncé à recommencer une année .
Si jamais vous reprenez les différents billets sur ce blog depuis son début, vous verrez que j’ai condamné, à de multiples reprises, et même parfois de façon un peu lassante, les grèves de 2009. Mon argumentation reposait en particulier sur l’escroquerie vis-à-vis des étudiants étrangers, qui payaient pour venir en France, et se retrouvaient privés de cours pendant 3 mois.
Comme je ne suis pas enseignant universitaire, je n’ai même pas eu à résister à la pression de conformité ou à la pression des activistes étudiants
qui ont pratiquement obligé certains à « faire grève ».
@ Tous : ce matin, sur France Culture, j’ai écouté une interview de Pierre Rahbi dans l’émission « les racines du ciel ». Et je pensais à notre réflexion sur les objectifs de l’université , sur les emplois, qu’il s’agisse d’artisans ou d’employés, sur les hypothèses implicites qui ont fondé l’inflation universitaire : l’hypothèse implicite d’une croissance indéfinie et la méconnaissance des conséquences de l’automatisation, l’aveuglement devant l’explosion démographique et l’exploitation à outrance de la planète. Le « toujours plus d’étudiants », accompagné de revendications sur "la juste rémunérations desdits étudiants" est un des facteurs qui amènent dans le mur notre société.
Interrogeons-nous sur ce que veut dire la « sobriété heureuse » de Pierre Rahbi pour l’université et le système d’enseignement supérieur. Comment cela permettrait-il de réfléchir aux objectifs ?Et aux moyens ?
Ma connaissance, certes superficielle mais pas si nulle que ça, des défis posés au Maroc et au Maghreb en général m’amène à penser que seule l’humilité active d’un Pierre Rahbi a du sens, et que Gaia peut-être un "colibri"…
27 mai 2012 à 11:58
marc thibault
@dan- visseur un peu sobre
je vous accorde bien volontiers la constance de votre position .Tout à fait d’accord sur votre référence à Rahbi mais cette référence voudrait dire comme le posait Kant que le"conflit des facultés" doit ètre tranché dans un sens qui rend possible une morale humaine.
Vous savez aussi bien que moi ( pour dire autrement :je tiens pour accordé) que les tenanciers des sciences "dures" ou non n"ont pas cessé depuis les années 60 à la fois d’expulser du contenu de leur cours toute référence philiosophique taxée d’idéologique ou de para scientifique (ce qui peut se défendre mais qui montre surtout qu’il n’est pas si facile d’en trouver la place exacte et cohérente quoiqu’il en soit du contenu))
Mais en même temps d’appeler de manière contradictoire à la revendication d’une morale en cherchant ou non à la fonder dans des énoncés scientifiques (ce qui n’a pu qu ‘amener à des granguignolades dont les scientifiques ont l’heureux secret dès qu’ils se mettent de penser un peu au delà de leur prè carré) .
Peut on ainsi comprendre le nombre de collégues à s’ètre un temps laissé embrigader dans tel ou tel cercle de discussion et autre officine. Comme aurait dit Dyonnet ,Ils auraient mieux fait de suivre les cours de philo laiques gratuits et discutables en temps utile et de lire Spinoza ou Kant un peu plus vite;c’est à dire de commenver par le commencement qui est comme chacun le sait aussi bien la fin et le but ultime parce que maintenant cela va leur craquer la tëte (et particulièrement sur la question posée le tractacus dont Rahbi est bien proche).
Imaginer que l’université ou la société française veuille un jour enseigner la modération ,la culture de soi ,la sobriété et la décroissance raisonnée ne peut que susciter des espérances dont je vois mal comment l’avenir saura les satisfaire .Entre la situation que j’ai pu connaitre au début des années 70 et celle que je trouve maintenant ,je trouve(mais je me trompe peut ètre) une certaine augmentation du fantasme (du fanatisme)de la puissance absolue chez les professeurs qui ne peuvent qu’ètre malgré qu’ils s’en défendent mais tel qu’il faudrait leur demander ne l’oublions pas aussi et avant tout des modèle de vie et de sagesse pour leurs étudiants
,Ce que je dis sans rire ,et là vraiment sur le ton de la pro-vocation.
Il y a là dessus tous les travaux et les avertissements de jacques Bouveresse que l’on peut consulter ici http://autourdejacquesbouveresse.blogspot.fr/
même si
Bouveresse ou ses élèves ont le malheur d’ètre encore vivants ce que l’université ne pardonneque sur le très long terme aux philosophes
27 mai 2012 à 12:13
PR27
J’ai cru comprendre que marc thibaut dénonçait les enseignants qui récitent des cours inadaptés aux étudiants, sans se préoccuper des prérequis, de la progression des notions (sans se préoccuper tout court…). Si les étudiants ne comprennent pas, c’est qu’ils sont mauvais. S’ils manquent de prérequis, c’est qu’ils auraient dû se mettre à niveau par des lectures autonomes. Le "savoir" plutôt que "l’élève" au centre du système, comme on dit parfois, serait un prétexte commode à ce je-m’en-foutisme hautain et un peu sadique, toujours au modif de la défense du "savoir".
C’est certainement condamnable, mais je n’ai pas l’impression que ça soit la situation dominante à l’université (que je ne connais que très partiellement), et pas non plus sur ce blog. Qu’il y ait des désaccords sur la proportion de gens qu’on devrait laisser faire des études supérieures, c’est une chose, et chacun a avancé des arguments valables ; la pédagogie bâclée et indifférente en est une autre.
27 mai 2012 à 12:14
PR27
ouh la la Rachel effacez svp mes messages trop terre à terre.
27 mai 2012 à 12:53
PR23
Tout naïvement, je crois que le regard posé sur nos étudiants est aussi un indicateur du vieillissement psychique et physique des enseignants.
Plus on est "vieux" plus la distance est grande avec le souvenir (et l’embellissement) que l’on a de sa propre formation et plus l’appréciation sur les étudiants d’aujourd’hui risque d’être négative.
A cela il faut ajouter que la plupart des enseignants sont "d’anciens bons élèves" qui n’ont que rarement connu les affres et les difficultés des élèves "plus moyens".
Et que c’est un métier solitaire où l’on est pas trop versé dans la compassion et l’attention à l’autre. Je suis parfois effrayé par la dureté de certains collègues vis-à-vis d’étudiants. Un peu de souffrance ne ferait pas trop de mal à ces collègues.
Digression : c’est aussi pour ces raisons et donc à cause de sa biographie que j’apprécie Vincent Peillon.
Bref, "le niveau a toujours baissé", au moins depuis que les enseignants s’épanchent là-dessus.
Enfin, l’appréciation négative sur les étudiants d’aujourd’hui relève aussi des classiques et anciennes stratégies de la droite pour déconsidérer l’enseignement public et gratuit, ou à notre niveau, la faiblesse des frais d’inscription au profit des entreprises marchandes. Souvenons-nous de la "fac Pasqua" présentée comme le remède à la fonctionnarisation outrancière et à la dégénérescence du secteur public (non, je ne reprends pas un commentaire de l’Astronaute). Mais si l’engouement pour cette "fac" fut intense, on ne peut pas dire que ses résultats la projettent dans l’excellence.
Gardons raison et souvenons-nous mieux des aspérités de notre jeunesse en corrigeant nos copies !
27 mai 2012 à 16:16
Petit cerveau
Ces messages me font penser a la situation quebecoise, qui est en train de faire emerger un debat interessant: la greve des etudiants est elle le resultat de l’education familiale, soit sous sa forme de "l’enfant roi" pour ceux qui s’opposent a la greve, soit, pour les autres, via des methodes qui reposeraient moins sur l’autorite que sur l’intelligence, la comprehension et la recherche de l’adhesion de l’enfant aux principes de son education. Avec de nombreux "posts" sur le "cocooning", un ex eleve des ecoles Montessori et l’arrivee d’un specialistes des theories educatives, ce blog semble l’endroit ideal pour ce genre de questions.
27 mai 2012 à 16:19
marc Thibault
vous m’effrayez
pzetit cervea
27 mai 2012 à 16:27
nathalie
Rachel, par "études courtes" je pensais plutôt à un BEP ou un bac Pro pour devenir plombier, boulanger … Les projets de celui qui s’inscrit en IUT avec pour objectif d’obtenir un bac+5 sont tout autres.
27 mai 2012 à 16:50
marc Thibault
vous m’effrayez petit cerveau
rappelons la situation au quebec,le gouvernement a décidé unilatéralement d’augmenter les droits d’inscription des élèves et à fait passer une loi encadrant les manifestations contre cette réforme.
L’idée sous tendant cette augmentation consiste à dire que de toute manière les étudiants n’ont qu’à faire un emprunt et à le rembourser à la sortie de leurs études,(et dans la version la plus libéraloîde que ce n’est pas à la puissance publique de financer les études supérieures );
il est bien évident que cet exemple québequois jusqu’aux dernières élections présidentielles françaises pouvait servir d’horizon et plus ou moins d’anticipation.
Je vois déja trop souvent des collègues qui, lorsque les étudiants viennent s’excuser de leur non présence en cours par le métier qu’ils exercent ( et biern souvent lorsque je suis en état de vérifier je m’aperçois que c’est parfaitement vrai), leur répondent avec semble t’il la meilleure foi du monde qu’ils n’ont qu’à faire un emprunt auprès de leur banque.
A chaque fois j’ai l’impression de n’avoir strictement plus rien de commun sur des valeurs absolument fondamentales avec des gens qui devraient ètre des collègues.Mon premier réflexe est toujours la stupéfaction ,un "je ne comprends pas" qui est malheureusement suivi de plus en plus vite par un "je comprends trop bien"
acceuil
J’ai déja eu à récupérer des anciens qui étaient prèt à démissionner parce qu’ils prenaient pour argent comptant (ah..aha..) les paroles de leur professeur ,c’est à dire comme disait Bourdieu pour un "arrèt du destin".Axiome les étudiants croient toujours trop leurs professeurs pour les données les plus iillégitimes et bien trop peu pour ce qui concerne leur réelle compétence)
Pour ma part lors de mes études je n’allais presque jamais en cours et je me suis toujours débrouillé pour passer mes examens et concours non parce que j’étais plus ou moins bon mais parce que c’était possible d’agir de cette manière.
Je crois bien me souvenir que mon attitude était largement partagée tant que beaucoup de cours accueillaient des étudiants de plusieurs années pour éviter qu’il n’y ait personne devant le prof.
Or ce qui était possible au siècle dernier ne l’est plus maintenant.
Vous qui dites que le niveau ne cesse de baisser ,vous serez bien forcé d’admettre que le "niveau" d’il y a quarante ou trente ans s’accompagnait assez bien d’une indifférence totale des profeseurs ou de l’administration devant l’absenteisme des enseignés.Les uns travaillaient en dehors des cours les autres végétaient,d’autres encore rédigeaient de beaux cahiers,etc…
Ce qui n’est plus le cas maintenant .Quelle honte d’ètre obligé comme au collège de tenir une liste des présents et des signatures…
27 mai 2012 à 19:44
Petit cerveau
Oups, Marc Thibault, je ne dis pas que le niveau ne cesse de baisser, je dis que ce qu’on demande aujourd’hui aux etudiants francais est bien plus eleve que ce qu’on demande aux etudiants britanniques (ou je suis en poste): c’est loin d’etre la meme chose!
28 mai 2012 à 11:24
Rachel
@Marc, je crois avoir compris : en fait vous êtes une sorte d’extraterrestre et vous venez d’arriver sur Terre. Je connais, j’ai vécu ça il y a trois ans. Alors il me faut vous informer que malgré leurs manières un peu bourrues, les terriens n’ont pas un mauvais fond. Si vous voulez vous faire comprendre, il faut utiliser des phrases courtes et soigner les enchaînements logiques car ils n’ont pas encore inventé la lecture matricielle.
C’est intéressant ce thème de l’absentéisme et du contrôle des absences. En quoi c’est une honte de faire la liste des présents ? Est-ce que vous craignez une sorte de secondarisation de l’enseignement supérieur ?
Puisque vous êtes un spécialiste des théories éducatives, vous serez certainement intéressé par un récent bilan de l’UNEF, qui dresse un panorama des raisons de l’échec en licence (lire ici http://rachelgliese.wordpress.com/2011/05/09/les-raisons-de-lechec-en-licence-selon-lunef/, ce que bien évidemment on évite de discuter quand on est universitaire.
@PR27, lequel j’efface ? le précédent ? ça serait dommage, je me disais justement « tiens pour une fois je suis d’accord avec le PR27 ».
28 mai 2012 à 11:43
PR27
Le contrôle des absences m’intéresse aussi, comme procédé de serrage de vis qui serait un mal nécessaire. J’ai toujours l’impression qu’il y a une partie significative des promos (le ventre mou inférieur dans le classement) que l’on peut amener au diplôme sans gloire mais sans braderie, en lui bottant les fesses régulièrement et qui, sinon, ira en belle proportion dans le fossé.
Bon, c’est pas tout ça, mais on va poser son verre et on va corriger des copies, justement j’en ai un paquet (de paquets). Ma consolation, c’est que Laurent Bouvet s’y colle aussi.
28 mai 2012 à 11:58
marc thibault
Je ne vois pas pourquoi vous affirmez que je serai un spécialiste des théories éducatives d’abord parce que je ne me suis jamais donné pour tel et que je ne vois pas dans ce que j’ai pu dire ce qui peut amener à le penser; ensuite parceque je ne crois pas du tout à l’existence de fait ou de droit d’un discours scientifique concernant ce supposé domaine,.Faut il supposer un brin d’humour?
Je me contente d’ètre un praticien ,un petit artisan de la chose.
Sur la question du controle c’est une question éminement interessante.
Les libertés universitaires ont comme vous le savez pris mille ans à éroder la résistance des puissants et à se constituer. Leur valeur vient avant tout de leur ancienneté,c’est à dire de l’érosion donné à toutes ces forces qui rendent la vie insupportable
Il y a comme le disait un des posteurs,une sorte d’écologie en ces matières
une biocénose pour parler comme les biologistes dont je ne suis pas.
Les positivistes et autres amateurs de réformes humaines n’ont pas tout à fait touché à cette situation jusqu’au début du XXI ème siécle ,chacun ayant à coeur de défendre la continuité historique de l’université.
d’autres moeurs existaient dans les IUT mais après l’avoir demandé autour de moi pour confirmer mes souvenirs ( malgré quelques recherches je crois qu’il n’existe pas d’étude sur cette question à part le numéro 49 d’actes de la recherches ).Je crois bien me souvenir qu’en prépa ,il n’y avait pas d’appel ou plutot que celui çi a commencé à s’instaurer dans les années 90 de manière épisodique en province et comme un grand scandale.
Le concept moral qui me semble important c’est celui de magnanimité qui consiste à ne pas faire usage du pouvoir que la société vous reconnait dans une mesure plus importante que celle qui est absolument exigée par l’accomplissement de la tâche.Les anglos-saxons vous diraient bien que l’idéal de la communication universitaire étant de ne tirer absolument son autotrité que du seul respect de la compétence et du savoir ,qu’en même temps et d’autre part l’intsitution ne comprenant pas cette sorte d’exception aux lois du controle demande toujours un peu plus de flicage ,ce qui amène à chercher une ligne de modération qui ne peut ètre fondé que sur des valeurs de respect de soi..la part de flicage que vous vous imposez et que vous imposez aux autres est elle inversement proportionnelle à la confiance que vous pouvez avoir dans la valeur de votre enseignement? Je n’en jugerai pas ,mais je m’y tiens.
Personne n’est obligé de faire le flic surtout quand personne ne le controle
en deux mot il ne faut pas en rajouter.
28 mai 2012 à 12:11
Petit cerveau
Sur le controle des absences, ca se fait de plus en plus au RU, mais pour des raisons en fait pas toujours avouables: comme les etudiants payent, ils ont tendance a se plaindre si ils n’ont pas le diplome a la fin. Le fait que les etudiants payent ne les empechent pas de secher ET de se plaindre si ils n’ont pas le module a la fin (ce qui a tendance a questionner l’argument disant que les etudiants qui payent sont plus sensible a la "qualite" de ce qu’ils "achetent", ceci se passant meme dans des universites tres bonnes). Prendre la presence est une facon de se premunir contre ce genre de comportement.
D’autre part, ce que dit PR27 est tout a fait justifie (pas sur le fait que ces collegues et lui meme se tapent un tas de copius), mais je ne pense pas que cela temoigne d’une secondarisation. Il me semble que cette "caporalisation" du metier, s’il s’agit plus que d’une impression diffuse de quelques EC, est surtout une consequence de la massification. Ca n’est peut etre pas un prix tres eleve a payer pour cette massifcation meme si je trouve personnellement ca deplaisant, mais si il etait necessaire d’aller plus loin alors la question de Dan (i.e. est ce que le public universitaire n’est pas trop large) ou la question suggeree par une comparaison internationale (i.e. on demande trop aux etudiants francais) meriteraient d’etre posees avec plus d’acuite (et elle le merite deja si on se contente d’examiner les taux de reussite).
28 mai 2012 à 12:14
Petit cerveau
Marc Thibault, je crois que la question de l’existence d’une tradition universitaire en France, meme centenaire plutot que millenaire, merite d’etre posee. Personnellement et apres une quinzaine d’annees passees a etre EC en France, j’ai finalement decide que la reponse a cette question etait "non", mais j’espere que vous tous finirez bien par me detromper!
28 mai 2012 à 14:00
Rachel
Tagada tsoin tsoin ! ben moi j’ai terminé mon paquet ! et dire que je disais encore récemment que c’était une bonne promo, va falloir réviser mon jugement …
Ces discussions intéressantes montrent qu’il va falloir revenir à ce thème de la massification, de niveau des étudiants, des pratiques pédagogiques, de cocooning des étudiants, de l’échec en licence et autres amusements. Certes on l’a déjà beaucoup discuté mais le problème n’est pas clos. Et mon grand-père disait « faire et défaire c’est toujours avancer » (il se la pétait encore plus grave que ma grand-mère, c’est vous dire). Pour les jeunes qui me lisent (s’il y en a), la version moderne est : « one touch is never enough ».
@Marc, je prends le pari que vous avez séché vos cours de typographie …
Ceci dit, j’approuve votre point de vue sur le contrôle des absences. Un brin de responsabilisation ne fait pas de mal et est aussi très formateur. Si les étudiants ne parviennent pas à gérer leur temps et apprécier les priorités, alors c’est mal barré pour la période post-études. Pour ma part je ne fais jamais l’appel et je leur dis en début de cycle.
28 mai 2012 à 17:55
marianne
Ben moi pour tout vous dire j ai sèche grave durant toutes mes études supérieures
J ai failli être virer de sup à cause de ça et j ai largement continué en école d inge
Je me suis ensuite retrouvée prag en iut ou on me demandait d être stricte sur les absences
28 mai 2012 à 18:00
marianne
En fait à l iut le système était un peu plus compliqué que ça
Le gamin qui s en sort même en ayant seche de manière importante n avait en général pas de problème
Celui qui morflait c est le gars tangent qui abusait
28 mai 2012 à 18:08
marianne
En fait cette manière de prendre en compte les absences avait pour but de rendre les jurys mois subjectifs puisque on avait des éléments mesurable à prendre en compte
Le problème c était qu on voulait juger du passage des gamin tangent à partir de la connaissance qu on avait d eux et ça ça introduisait beaucoup d arbitraire
28 mai 2012 à 21:10
Marianne
D’ailleurs contrairement a ce que vous croyez le fait de relever des absences ne favorise pas les gars qui étaient assidus
En effet
1) Mesurer l’assiduité= mesurer le sérieux et la quantité de travail (postulat de base de ceux qui relèvent les absences et jugent a partir de ça)
2) Lors des jurys de poursuite d’études on va chercher a favoriser ceux qui ont du "potentiel" (notion bien sur très vague et fourre tout). A notes égales un gars qui sèche est considéré comme en "ayant plus sous le capot" tandis que le gars sérieux est considéré comme faisant tout ce qu’il peut donc comme étant limité
3) Celui qu’on favorise donc c’est celui qui sèche qui est considéré comme ayant plus de facilites …tout en disant officiellement aux étudiants qu’il faut être présent et blabla bla
C’est donc très insidieux sous une apparence d’objectivité!
L’autre solution c’est bien sur de ne considérer que les notes sans tenir compte d’autres paramètres
29 mai 2012 à 16:37
Astronaute en transit
Les thèmes de ce fil ont fait du va et vient… mais il est intéressant que quelques commentaires sur un niveau jugé "insuffisant" des copies à corriger ait provoqué des réactions aussi fortes, et notamment une charge assez forte contre les enseignants, dont l’exigence serait une marque d’arrogance et un manque de considération envers les malheureux étudiants. En fin de compte, on peut trouver cette vision assez désopilante et estimer que les enseignants ne font jamais assez bien. Quand ils saquent, c’est anti-démocratique; quand ils sont indulgents, cela détruit l’élitisme républicain. On ne sait vraiment plus à quel saint se vouer dans ces conditions, et je suis presque soulagé de quitter la profession, de façon de permettre à quelqu’un de mille fois plus compétent, et certainement plus à la mode, de me remplacer!
29 mai 2012 à 19:26
Astronaute en transit
L’assiduité est aussi une question de règlement selon les types de formations, plus ou moins adapté au public. Je ne trouve pas ça choquant que l’établissement veuille se doter d’une règle d’assiduité et qu’elle compte dans l’évaluation des étudiants; dans le cas d’un cours par correspondance, cela n’aurait bien sûr pas grande valeur.
Il n’est pas commode de faire l’appel dans des cours d’amphis. On finit par reconnaître les têtes qu’on voit régulièrement. Ceux qu’on ne connait pas, on ne connait pas, et après, il est bien difficile de les aider s’ils le réclament puisqu’ils n’ont pas jugé utile d’être présents aux cours antérieurs (dire cela ça me donne l’impression de "me la pêter" selon cette expression désormais fameuse de compassion démocratique pour l’étudiant, mais franchement dans mes circonstances ça ne va pas m’empêcher de dormir). C’est bien plus pratique de faire l’appel dans des TD à format plus restreints d’autant qu’on repère aussi les retardataires chroniques.
J’ai entendu à de nombreuses reprises des excuses par rapport au travail qu’il faut mener en parallèle aux études; lorsqu’il me faut rédiger une lettre de recommandation, je ne manque d’ailleurs pas de le souligner. Pourtant je crois rejoindre l’attitude de Rachel, en ce que entreprendre des études supérieures constitue une responsabilité qui vaut bien celle d’un travail, et il faut savoir organiser un emploi du temps. Soit on juge le cours important et on y vient; soit on pense pouvoir en faire l’économie. Je ne suis pas un exemple, j’ai aussi séché quelques cours (uniquement en licence, préciserai-je, car en Master l’établissement possédait une règle d’assiduité stricte), mais il me semble que la sèche donne aussi une indication du jugement qu’on porte sur l’utilité du cours.
30 mai 2012 à 15:51
marielaurence
Bonjour à tous,
Je suis une "feignasse du primaire" et dans 4 semaines, je suis en vacances…
J’assume (il faut bien) envoyer une bonne partie de mes élèves au collège sans en avoir le niveau… Aller consulter les programmes : http://eduscol.education.fr/pid23391/programmes-de-l-ecole-et-du-college.html
Ne pas oublier : 4 jours d’école, 5h1/2 de cours par jour
Un instit c’est : un prof de français, de maths, de sciences, d’anglais, d’histoire/géo, d’EPS, d’histoire des arts, un maître nageur, une assistante sociale, une infirmière, un confesseur, une secrétaire, toute la déclinaison des psy, un médiateur, un comptable, un punching ball,.. (j’abrège)
A force de tout faire, on ne fait plus grand chose…
Vous prenez en pleine tête la destruction de l’école.
Nous avons été (les enseignants) des veaux menés à l’abattoir, nous serons bientôt soldés aux entreprises privées qui pourront se faire du bénéfice sur le dos des familles. Mais ce sera cher donc se sera bien.
Pour les familles sans argent : apprentissage à 14 ans et hop au boulot et surtout, peu de réflexion !
C’est un des rares métiers où il n’est plus nécessaire d’être formé, (pour moi, un master 2 ne prépare pas à l’enseignement). Nos jeunes collèges sont lâchés dans l’arène et se débrouillent.
Les instits font comme TF1, ils rendent les cerveaux disponibles pour les pubs.
Mais chez vous, qu’en est-il de la pédagogie universitaire, quelle est votre formation en la matière ? (après les constats, "ils sont encore plus nuls que l’année dernière, mais moins que l’année prochaine". Que proposez-vous mis à part les sélectionner, les virer, bref,les faire disparaître avec leur médiocrité…)
Et puis franchement, faire cour, surtout aux premières années, ce n’est pas très passionnant, face à un petit article à écrire pour faire avancer votre activité recherche. (car c’est sur celle-ci que vous allez être jugée).
30 mai 2012 à 16:34
amigues
Etant l’auteur du petit billet qui a tant excité l’ire de Mr Thiebaut, je tiens à préciser qu’il s’agissait d’une saute d’humeur, produit de l’épuisement et du découragement. Je sais je n’aurais pas du, veuillez m’en excuser (surtout que le post était hors sujet dans le fil), Ce genre de problème se gère mieux seul avec sa conscience qu’en prenant à témoin la terre entière.
Mais je crois utile de préciser deux, trois choses. Je n’évalue pas des personnes. Dieu, s’il existe, peut s’amuser à cela, mais je ne suis même pas sûr qu’il s’y amuse. Je ne juge que du travail fait par un étudiant durant un cours, pas davantage. Soit je le trouve de qualité, soit non. Je rassure M Thiébaut, ce n’est pas une sanction couperet, mais un additif à un ensemble de contrôles continus tout au long de l’année, au poids donc très relatif dans l’ensemble.
Quant à mon "discours", j’ai employé ce vocable en lieu et place de "cours", car je n’attache guère d’importance en la capacité d’un étudiant à recracher un cours. Ce qui m’importe plus est sa capacité à mobiliser des connaissances pour construire des situations de problème et d’en identifier des solutions raisonnables.
Ce "discours" n’est sur le fond que des choses que je crois utiles (mais je me la pête sûrement) à des adultes dans leur vie professionnelle future. Ces choses sont censées les aider à prendre de bonnes décisions lorqu’ils devront le faire, être à la hauteur des situations qu’ils auront à affronter, et mener à bien l’exécution des tâches qui leur seront confiées. Si cela peut les aider à s’épanouir dans leur métier, tant mieux, et, comme citoyen, je préfère que des personnes qui vont avoir des responsabilités variées les exercent au mieux plutôt que d’en être incapables.
Tout ceci est terriblement conformiste, j’en conviens, mais je ne trouve pas dans l’histoire de grand révolutionnaire (ou de grand inventeur, ou de grand artiste) qui le soit devenu grâce à l’enseignement reçu au cours de ces études…
1 juin 2012 à 14:13
François
" Un instit c’est : un prof de français, de maths, de sciences, d’anglais, d’histoire/géo, d’EPS, d’histoire des arts, un maître nageur, une assistante sociale, une infirmière, un confesseur, une secrétaire, toute la déclinaison des psy, un médiateur, un comptable, un punching ball,.. (j’abrège) "
La préparation à ce métier devrait donc inclure deux volets:
- une formation académique multidisciplinaire (puisque l’obtention du bac ne semble plus garantir un niveau suffisant – je pense en particulier à l’orthographe),
- une formation pédagogique théorique et surtout pratique adaptée à de jeunes enfants.
Par quelle aberration a-t-on voulu aligner la formation des enseignants du primaire sur celle des professeurs du secondaire ? Celle d’instituteurs (même rebaptisés professeurs des écoles) chargés d’apprendre à lire et à compter à des enfants, et celle de professeurs de maths du niveau enseigné en terminale S et qui s’adressent à des adolescents ?
Qui est responsable ? Un gouvernement complètement ignorant de ces questions ? des syndicats qui rêvaient pour d’obscures raisons d’unifier l’ensemble des enseignants dans un corps quasi unique ? Une funeste combinaison des deux ?