Ces derniers jours, beaucoup de personnes viennent visiter ce site avec les mots clés « classement des Polytech » ou « opinion sur le réseau des Polytech ». Il s’agit certainement d’étudiants qui échouent ici à cause de mon billet sur le sujet (lire ici), en cette période de concours des prépas. Mais il ne faut pas qu’ils s’attendent à trouver de l’information sur le classement de ces écoles cette année (ici ou ailleurs), car tout simplement ces écoles ont décidé de ne pas répondre aux questionnaires. En voici les raisons (source ici) :
- Compte-tenu de son fonctionnement (recrutement, commission pédagogique et règlement des études communs aux treize écoles qui le composent), le réseau Polytech a souhaité répondre aux enquêtes en tant que réseau Polytech et ne pas faire une réponse divisée par école Polytech. Les organes de presse n’ayant pas accédé à cette requête, le réseau Polytech n’a pas souhaité répondre aux questionnaires.
- Une part des enquêtes, en particulier celle concernant la recherche, point fort des écoles internes à une université, ne peut être renseignée de manière objective et réaliste par les écoles Polytech tant la gestion et l’organisation de la recherche au sein des universités sont complexes et les renseignements demandés non compatibles avec un tel fonctionnement. Il en est de même pour de nombreux services (vie étudiante, relations internationales, partenariats…) partagés avec l’université de rattachement.
- En ce qui concerne les indicateurs destinés à informer les futurs élèves ingénieurs, la Commission des Titres d’Ingénieur entend créer une base de données d’indicateurs, commune à toutes les écoles. Le réseau Polytech compte bien participer activement à la création de cette base, de telle manière que les indicateurs choisis prennent en compte le mieux possible la variété des structures des écoles d’ingénieurs en France et notamment un éventuel fonctionnement en réseau.
Une autre raison, non mentionnée dans le communiqué, c’est que les différentes écoles du réseau étaient positionnées de façon très disparate. Certaines étaient bien classées (par exemple Lille et Nice) alors que d’autres étaient bien plus loin dans le classement. Cela a fait un peu de grabuge dans le réseau et les pressions des mal classées ont été fortes pour que le réseau s’unisse pour refuser de communiquer leurs données pour le classement 2012 (au grand désespoir des biens classées!), arguant que s’ils étaient une école du réseau, alors ils devaient tous être classés à peu près pareil (ce qui est fort discutable).
Pour se consoler, on pourra consulter le classement 2011, difficile à trouver, je vous en fais cadeau ici (voir dans la rubrique des écoles d’ingénieurs post-bac, une hérésie car ces écoles recrutent en réalité à Bac+2 …).
Ces écoles méritent une attention particulière. Elles font un travail de terrain tout à fait respectable, avec des moyens modestes. Elles participent très activement à cette fameuse démocratisation de l’enseignement supérieur au niveau cadre. En effet, le taux de boursiers est élevé. Elles sont par ailleurs réellement imbriquées dans un environnement recherche souvent de très haut niveau (même si elles n’exploitent pas encore suffisamment cet immense avantage, ça viendra, laissons leur le temps de mûrir un peu et de dépasser leur réflexe de vouloir trop ressembler aux autres écoles). Le fait d’être dans une université donne aussi un passeport plus lisible à l’international, ce qui n’est pas négligeable dans un contexte de forte mondialisation. Bref, étudiants, n’hésitez pas, l’intégration dans une école Polytech est une bonne idée, une idée d’avenir !


18 commentaires
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15 avril 2012 à 10:42
lagon
Merci de ton billet, que j’apprécie particulièrement en tant qu’e-c dans une des écoles du Réseau.
15 avril 2012 à 22:06
PR27
Je n’ai pas bien compris la question de la faible exploitation de la recherche et du réflexe (comme si ces écoles étaient des grenouilles à qui on donne des impulsions électriques) de vouloir ressembler trop aux autres écoles, même si je me souviens avoir lu cette phrase l’an passé. A quoi faites vous précisément référence ?
Parmi les autres raisons, et notamment celle concernant la base d’indicateurs venir de la CTI, y aurait t-il la question de l’exactitude et la vérifiabilité des données sur lesquelles les classements des magazines sont fondés ? Certaines mauvaises langues le disent.
La base de la CTI permettrait de construire des éléments assez factuels, à partir desquel qui le veut peut fabriquer des moulinettes multi-critères pour établissement des classements. La démarche me semble assez saine…
15 avril 2012 à 22:20
Rachel
PR27, je pense que les écoles du réseau n’exploitent pas assez leur adossement sur les labos universitaires. C’est là une réelle occasion de se différencier clairement des autres écoles pour lesquelles c’est plutôt un point faible. Pour dire les choses autrement, je trouve qu’elles veulent trop coller au moule médian de la CTI (qui a tout de même un peu de flexibilité). Mais ça n’est peut-être qu’une fausse impression, ou bien les situations sont différentes d’un site à l’autre ?
Pour le reste, c’est expliqué dans le texte en italique, je n’ai pas repris, sauf que c’est vrai que ce n’est pas clairement dit que ceux qui sont bien classées ont fourni des indicateurs pipeautés.
Tout à fait d’accord avec vous sur la base de données centralisée par la CTI et la moulinette. Ca me paraîtrait très sain, en effet. Il faut aller dans ce sens !
16 avril 2012 à 14:58
Alix
Bonjour,
Je suis actuellement étudiant à Polytech et je tiens juste à préciser que les écoles du réseau polytech recrutent beaucoup d’élèves en post-Bac avec une fillière de prépa intégrée.
Pour le reste l’article est pas mal ;)
16 avril 2012 à 23:12
Rachel
@Alix, merci. C’est vrai que les prépas intégrée Polytech commencent à monter en puissance, j’ai tendance à l’oublier. Mais je ne crois pas me tromper en disant que la majorité du recrutement se fait à bac+2 (peut-être que ça dépend des écoles) et qu’il est un peu exagéré de dire que le cycle ingénieur commence dès la première année post-bac.
17 avril 2012 à 07:48
PR27
Rachel, les recrutements polytech niveau bac ne forment pas (encore) la majorité, mais les prépa ne forment que la moitié du reste, les DUT étant l’aure moitié (à la louche, car il y a 50 spécialités ingénieurs dans le réseau et chacune a ses critères de recrutement). Mes petits graphiques laissent penser qu’un DUT est plus prévisible qu’un prépa (c.a.d. mieux vaut un bon prépa qu’un DUT mais mieux vaut un DUT qu’un mauvais prépa). Dans les prépa, il y a beaucoup de sous-variétés de performances assez diverses….
17 avril 2012 à 13:42
étudiant inquiet
Je ne comprends pas vraiment pourquoi les polytech ont adopté le schéma 2+3 alors qu’elles font partie des universités. On est passé au LMD depuis 10 ans maintenant…
17 avril 2012 à 16:57
lagon
Parce que les écoles du réseau recrutent en bonne partie à bac+2 . Les écoles ingé sont classiquement en mode 2+3, et Polytech se veut plus une école d’ingé qu’un produit de la fac.
Par ailleurs je confirme "la louche" de PR27 sur le recrutement à bac+2, en tout cas pour Lille.
17 avril 2012 à 17:54
étudiant inquiet
Il est impossible de former un ingénieur sur 3 ans (et donc de faire des licences d’Ingé)?
17 avril 2012 à 18:08
PR27
@etudiant inquiet : quel intérêt pour les écoles de faire du 3+2 ? Les histoires de LMD ne sont pas déterminantes pour la mobilité internationale.
Un intérêt : pouvoir plus logiquement poursuivre en école d’ingé après une licence (ce qui est actuellement possible, mais en perdant un an). Parlez-en aux collègues de la fac, ils ont sûrement envie de voir leurs L3 postuler en école d’ingé….
17 avril 2012 à 19:49
François
@ étudiant inquiet " Il est impossible de former un ingénieur sur 3 ans " ?
Aux USA la majorité des ingénieurs n’a qu’un "bachelor".
MAIS :
- ce bachelor dure 4 ans,
- les 4 ans ne comprennent pas de stages.
17 avril 2012 à 21:51
étudiant inquiet
PR27, une formation en 3+2 a l’avantage d’offrir un diplôme intermédiaire (la licence) plutôt qu’un bloc de 5 ans ; il serait donc possible de s’arrêter au 1er diplôme, avec deux ans de moins à financer.
J’avoue que je ne comprends vraiment pas pourquoi l’université a été la seule filière à adopter la structure LMD (sauf en Médecine). Toutes les autres ont gardé un 1er cycle en bac+2. Je trouve qu’elle a été un peu le dindon de la farce de cette réforme (bâclée comme beaucoup d’autres).
19 avril 2012 à 23:18
François
@étudiant inquiet.
Par rapport à celui des prépas, le bac+2 des IUT et des STS a l’avantage de déboucher sur un diplôme.
Je suis persuadé qu’il y aurait une bien meilleure mixité sociale dans les prépas (et donc dans les meilleures écoles qui recrutent encore essentiellement dans ce vivier) si elles décernaient un diplôme, même très franco-français, 2 ans après le bac.
Se lancer dans un cursus de 5 ou 6 ans sans diplôme intermédiaire paraît sans doute très risqué à un bachelier issu d’un milieu modeste, dont la famille n’est pas à l’abri de certains aléas. De plus, ce bachelier aura du mal à convaincre ses parents qu’il et judicieux de se lancer dans des études aussi longues ("ce n’est pas pour des gens comme nous") alors que l’entrée en IUT ne soulèvera pas les mêmes objections. Une fois le DUT obtenu, il lui sera facile de justifier la rentabilité de 3 années supplémentaires (accès rapide au statut de cadre !).
20 avril 2012 à 00:27
PR27
pour compléter ce que dit François, l’absence de diplôme à bac+2 ou bac+3 est aussi un problème quand on envisage d’exclure un étudiant en cycle ingénieur. Il peut par ex. arriver qu’un étudiant fasse prépa (5/2 éventuellement), puis 3e année d’école d’ingé, 4eme année, re-4eme année, puis on le vire parce que son redoublement a été peu convaincant. L’étudiant se retrouve bachelier à barbe blanche.On lui fait un joli papier avec plein d’ECTS et debrouille toi. On passe un coup de fil à un collègue la fac : "mais si prend le il est bon, enfin pas assez pour nous mais assez pour toi.". Bref, des solutions qui n’en sont pas. On n’en vire pas beaucoup, mais sur le principe, c’est un problème….
20 avril 2012 à 08:44
Sébastien
pour compléter ce que dit François, il existe une prépa qui permet d’avoir un diplôme à la fin des 2 années : les prépas à l’ENS de Cachan se font en partenariat avec une Université (3 jours en prépa, 2 jours à la fac en général), ce qui permet d’avoir une L2 et de continuer à la fac si on rate les concours. C’est un moteur certain pour choisir ces prépas plutôt que d’autres pour lesquelles une équivalence universitaire en cas d’échec aux concours est très aléatoire. Et l’ENS Cachan a un public socialement très diversifié.
20 avril 2012 à 17:54
Rachel
En somme, l’IUT c’est un peu comme une prépa pour les pauvres ?
20 avril 2012 à 19:16
François
@ Rachel. "En somme, l’IUT c’est un peu comme une prépa pour les pauvres ?"
Les pauvres, mais aussi les initiés qui savent profiter au maximum de voies d’accès aux établissements les plus sélectifs mises en place par remords social et qui sont quand même plus faciles que les concours post prépa. Cas typique et que (comme Sébastien le rappelait) je cite souvent : le PDG de Total, ancien d’un IUT de province, dont le père et plusieurs membres de la famille figurent au Who’s who … et qui s’il avait fait une prépa n’aurait sans doute pas intégré l’ESCP.
PS. J’ai un fils qui est rentré en 3ème année à l’ENS Cachan après une maîtrise … mais c’était un vrai concours (écrit + oral) et ce n’était pas prémédité, puisque l’année où il a été reçu il préparait le CAPES. Il a appris l’existence de ce concours en cours d’année. S’il avait voulu faire une prépa :
- je ne suis pas sûr qu’il aurait été pris (car reçu de justesse au bac, à l’écrit quand même),
- il aurait tout au plus été reçu à une école de rang modeste.
27 décembre 2012 à 13:51
roro
bonjour je suis moi meme etudiant polytech donc je peux vous informer que la prepa intégré est génial si on ne sais pas ce que l on veut faire et qu on veut une prépa cool plus de type fac.
Pour le bac+2 on a iut qui sont souvent plus alaise
prepa et prepa intégré c est kif kif
Bts dur nivaux scientifique le reste une promenade
et fac a la ramasse partout ou alors si ils etait tres bon meme niveaux que les prepa
voila