C’est une curiosité de la campagne électorale : aucun candidat ne semble favorable à une augmentation des frais d’inscription à l’université. On peut comprendre pourquoi : la simple idée d’une augmentation serait très impopulaire et source de violentes polémiques. On pourrait croire alors que c’est un non-débat. Pourtant, ces derniers temps, un grand nombre de tribunes, de points de vue ou de rapports ont été publiés à ce sujet, et la plupart d’entre eux préconisent une augmentation des frais d’inscription. Tous sont conscients qu’une université sous-financée ne pourra pas tenir des objectifs ambitieux. Beaucoup notent aussi que le système de quasi-gratuité est au final socialement injuste (lire les argumentaires dans les liens donnés dans le  paragraphe suivant). Mais dans cette période de crise financière et de dette, aucun candidat ne se prononce pour une augmentation du budget dans l’enseignement supérieur. Certains signes sont même alarmants pour les universités. Par exemple le PS prévoit de renforcer les organismes de recherche. Mais sans augmentation globale, certains pensent que ça sera fait au détriment d’un investissement dans les universités.

Pour illustrer les appels au débat récents (de sensibilités de gauche comme de droite), on peut citer le fameux rapport du think tank Terra Nova (lire ici), Laurent Bigorgne, directeur de l’institut Montaigne (ici), de Louis Vogel, actuel président de la CPU (ici et ici), de la CGE (ici), l’institut de l’entreprise (ici), de Jean-François Méla (ici) … et j’en oublie certainement.

Aujourd’hui, Alain Cadix, directeur de l’Ecole National Supérieure de la Création Industrielle, publie un petit texte, dans Les Echos, qui va dans le même sens que ses prédécesseurs (lire ici). Il préconise la mise en œuvre du principe que Talleyrand défendit en 1791 devant l’Assemblée constituante: « Il est une instruction absolument nécessaire à tous. La Société la doit à tous […]. Il est une instruction qui, sans être nécessaire à tous, est pourtant nécessaire dans la Société en même temps qu’elle est utile à ceux qui la possèdent. La Société doit en assurer les moyens ; mais c’est aussi aux individus qui en profitent, à prendre sur eux une partie des frais de l’application ».

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