Si j’ai bien compris, le 5 mars F. Hollande tiendra un grand meeting dont le sujet sera l’enseignement supérieur et la recherche. Enfin nous allons en savoir plus sur le programme ESR du PS qui était jusqu’à présent un peu flou ou restait sur des lieux communs (faire réussir des étudiants, redonner la confiance aux chercheurs, …). De nombreux challenges attendent le prochain gouvernement. Tentons d’en citer les principaux éléments, souvent discutés ici.
Premier cycle : le taux d’échec en licence reste très élevé (50 % en moyenne, 90 % pour les titulaires d’un bac pro). Le public de la licence est beaucoup trop hétérogène, surtout en science « dure ». Il est composé de bons étudiants qui ne veulent pas faire une grande école et d’étudiants de niveau faible qui ont été refusés ailleurs (IUT, BTS) et qui arrivent à l’université par défaut (notion d’université voiture balai). Dans ces conditions, la licence ne peut pas être satisfaisante (ni les étudiants, ni pour les enseignants qui sont passablement démotivés par une mission impossible à réaliser à cause de la différence extrême de niveau des étudiants).
Plutôt que de faire un énième plan licence qui ne servira à rien (y compris si on met des moyens), il faut aborder le problème autrement. A mon sens il faut redonner une cohérence à l’ensemble du premier cycle, c’est-à-dire offrir des formations qui soient adaptées aux niveaux des étudiants. Pour réussir cette opération, il faut une remise à plat d’envergure du premier cycle. (1) intégrer les classes préparatoires dans les universités (2) Redonner aux IUT et BTS leur mission d’origine, c’est-à-dire de s’occuper des formations courtes et professionnalisantes (disons bac+3) et non de servir de plateformes de contournement de l’université pour un accès aux seconds cycles ou aux GE.
Le premier cycle serait alors composés de deux grandes voies d’orientation (1) une préparation aux études longues (bac+5), incluant la voie des GE et celle des masters. On peut envisager une mutualisation d’une bonne partie de ces enseignements, ce qui serait particulièrement pertinent compte tenu du faible financement de notre enseignement supérieur. (2) une voie courte (bac+3), professionnalisante, qui serait largement pris en charge par les IUT et BTS.
Mixité sociale et intellectuelle. Il faut poursuivre l’effort de démocratisation de l’enseignement supérieur. Le rapprochement des CPGE et des GE de l’université permettrait de réaliser une mixité sociale et intellectuelle, ce qui me parait essentiel pour une évolution saine de notre société. C’est à mon sens un défi majeur : concilier élitisme républicain et université pour tous. Comment faire pour que notre enseignement supérieur soit autre chose qu’une grande gare de triage socio-culturelle ?
Formation des enseignants. Comment le PS gérera la formation des enseignants ? Retournera-t-il en arrière pour restaurer ce qui existait avant (IUFM clos et annulation des masters de l’enseignement) ? Ou au contraire proposera-t-il un schéma cohérent ? Comment gérer la superposition « concours » et « diplôme master » ? On peut bien entendu regretter que ce dossier a été mal géré par le gouvernement mais pour ma part je trouve particulièrement lamentable le comportement des universitaires sur ce sujet. Quoi de plus beau que d’accueillir la formation des enseignants ? Enseigner est un métier qui s’apprend … OK. On ne peut pas apprendre à l’université ?
Rénover le cycle master. Globalement le cycle M devrait être constitué de trois piliers : la formation des enseignants du primaire et du secondaire, la formation à la recherche et les formations professionnalisantes en direction des entreprises. Dans l’idéal ces formations ne sont pas être des vases clos et on fera l’effort de maintenir des passerelles entre elles, des points de rencontre (par exemple certains cours seraient communs), là encore pour travailler la mixité intellectuelle des futurs cadres du pays. L’année 2 du master serait largement consacrée à la formation professionnelle sous la forme de stages, au moins la moitié de l’année (stages dans les labos de recherche, stages dans les entreprises, stages dans les établissements du primaire et du secondaire). Mettre la sélection en début d’année de M1 (et non pas en plein milieu du cycle, ce qui est débile.
LRU et RCE : comment faire évoluer la LRU ? Le PS a largement médiatisé qu’il l’a réformerait ou même il la remplacerait par une nouvelle loi. On n’a actuellement aucune information sur le contenu de cette éventuelle réforme, sauf que prochaine loi ou LRU réformée serait plus collégiale ? Que veut dire plus collégiale ? Est-ce tout simplement faire élire le président par l’ensemble des trois conseils ? Est-ce que les trois conseils vont rester à 30 membres ou on augmente leur nombre ? Est-ce que l’on retourne vers un système de dilution à l’extrême du pouvoir, ce qui est une bonne façon de fuir ses responsabilités. Est-ce que le PS va maintenir les RCE ?
Financement de l’ESR, en particulier des Universités : certes les universités sont maintenant libres et responsables, mais pour mettre vraiment en œuvre leur autonomie (toute relative), il faut donner des moyens (qu’elles n’ont pas actuellement). Est-ce que le PS augmentera ces moyens ? ou au contraire retournera-t-on vers une préférence EPST (et donc re-déplacera le curseur vers retour au pilotage des universités par les organismes de recherche ?). Quid des frais d’inscription des étudiants, la gratuité étant jugé paradoxalement socialement injuste (notons aussi que nombre d’organisations ou d’acteurs, de gauche, réclament une réflexion sur ce thème).
Investissement d’avenir. Comment gérer la période post-bidulex et les très nombreuses questions qui en découlent (universités à deux vitesses, inégalités des territoires, etc …). Faut-il annuler tout le programme comme le demande les organisations nonistes ? Faut-il mettre en place un plan de « rattrapage », par exemple l’organisation d’une nouvelle vague de labellisation ? Ou bien reprendre les dotations concédées pour aller les redistribuer à tous, de façon indifférenciée ?
Fusion d’universités et rapprochement GE-universités. Un immense bénéfice des IDEX est un rapprochement universités et écoles, ainsi que de la résorption de la grande fragmentation universitaire issue de 1968. Comment le PS voit ces évolutions ? Va-t-il accompagner ce mouvement en cours ou bien au contraire va-t-il œuvrer pour re-cloisonner le tout, sous la pression des corporatismes de tous poils ?
Evaluation. Faut-il supprimer d’AERES et retourner vers une évaluation pilotée par le CNU et le CoNRS ? (comme le réclame les nonistes).
Mon h-index. Qu’est-ce que fera le PS pour améliorer mon h-index minable?


55 commentaires
Comments feed for this article
4 mars 2012 à 09:07
Marianne
Pour le h index de Rachel et le mien je crois qu’il n ‘y a rien a faire. J’ai regarde sur google scholar, a part moi qui me cite allegrement et un chinois au grand coeur, c’est mal barré…
Sinon moi j’ai plusieurs questions :
-pourquoi fondre les cpge dans les fac et qu’est qu’on fait des profs de cpge? Des PRAG : ca va raler, ils vont y perdre pas mal financierement. De plus en cpge il ya tout un systeme de colles qui coutent tres cher. On fait ca aussi en fac?
-OK pour ne pas revenir en arriere pour la formation des enseignants. Il faut avoir fait soit meme une annee d’IUFM pour savoir a quel point c’est nul. J’ai eu 70H de CM de didactique des maths. C’était nul : le point phare de la théorie? La décomposition de toute action didactique en sept moments : qui vont du moment de la première rencontre (de la notion étudiée) à l’évaluation
Sachez Rachel qu’en fac les gens sont tres vilains. Ils sautent les quatre premiers moments de la recontre puisqu’ils vont directement du moment 5 : formalisation des notion au moment 7 : evaluation en passant par le moment 6 : td.Ceci provoque des traumatismes presque aussi important que le traumatisme ex bidulex…Par contre de mon année d’IUFM j’ai retenu un enseignement extremement utile pour mon job actuel. La formation a la langue de bois. Si si je vous jure avant je connaissais pas : je faisais des etudes scientifiques et quand on faisat un exam ou un CR de TP on n’était prié que ce ne soit pas du foutage de gueule et ne ne pas prendre les gens pour…Avec l’IUFM et le mémoire didactique j’ai découvert l’art de parler pour ne rien dire durant une vingtaine de pages , en se gargarisant de mots qui ne veulent rien dire
Bon j’ai la dent un peu dure mais d’un coté je n’ai jamais trouvé de gens dssatisfaits de leur année d’IUFM (sauf des gens qui sont devenus apres formateurs)
Je pense que la fac pourrait faire mieux : au lieu de faire des CM de didactique je pense qu’on pourrait de manière utile faire des petits TP style ce que font les gens en entreprises lorsqu’ils sont formees a l’entretien d’embauche ou la conduite de reunion.
4 mars 2012 à 09:11
Marianne
Sinon pour l’évaluation je n’ai pas d’opinion. Ce qui serait quand meme bien c’est qu’on n’empile pas les structures. Mon labo qui a plusieurs tutelles est evalue par chacune de ces tutelles+ pour les chercheurs les ANR, les projets internes a la fac , les PEPS , les projets inter institut. Moi en deux ans, j’ai participe au depot de deux anr, un projet inter-institut, un peps,un projet depose au BQR de ma fac…
Ca fait beaucoup. Bon sur tout ca j’ai eu des sous, mais ce serait quand meme plus chouette qu’on ne passe pas l’année a écrire des projets….
OK pour l’évaluation mais pas pour le controle continu….
4 mars 2012 à 09:33
Rachel
@Marianne, pourquoi cloisonner les prépas dans les lycées ? Pour qu’ils puissent travailler tranquille sans mauvaise influence ? Qu’il y ait des cursus spécifiques, je ne suis pas contre, bien évidemment. Mais la société gagnerait à favoriser une mixité sociale et intellectuelle.
Dans le projet du PS de mai dernier, on peut lire :
« Dans le respect du statut des enseignants, il faudra rattacher les classes préparatoires et les sections de techniciens supérieurs à l’enseignement supérieur, de façon à coordonner territorialement l’offre de formation. Les classes préparatoires seront couplées avec une université de leur réseau pour organiser des échanges : conférences, stages dans les laboratoires de recherche. Des mobilités temporaires seront facilitées et encouragées. Des enseignements pourront être dispensés par des universitaires en classe préparatoire, les professeurs de CPGE pourront être provisoirement détachés à l’université où ils assureront une charge de cours et mèneront un projet de recherche. En parallèle, les universités développeront des modules de formation aux concours des Grandes écoles, qui seront incitées à faire évoluer leurs concours afin de mieux prendre en compte l’apport de l’enseignement universitaire. »
C’était, il me semble, une première étape très intéressante. Je veux juste savoir si F. Hollande reprendra dans son programme cette évolution majeure, voir jusqu’où il ira …
4 mars 2012 à 10:16
étudiant inquiet
Sur les masters, je ne crois pas qu’il faille garder une distinction master pro/recherche, ça contribue à marginaliser la recherche et à la réserver pour le recrutement endogame des EC. Chercheur est un métier comme un autre! tous les masters doivent être professionnels.
J’aurais aussi aimé voir de la sélection dès la L1 dans ce projet, c’est la base de toute réforme de l’ESR.
Je crois rêver quand je lis que les universités devront mettre en place des "modules de formation aux concours des Grandes écoles". Il n’y a pas de moyens, mais il faudrait assurer la préparation pour les autres?! Hallucinant.
4 mars 2012 à 10:27
Rachel
Etudiant, je suis d’accord (sur les masters). Formulation maladroite de mon billet. Tous les masters sont professionnels, tous les diplômés de master ont accès à un contrat de travail et salaire.
4 mars 2012 à 11:04
jako
Rachel, vous écriviez sur l’autre post : «comment donner à manger aux bons étudiants (sans qu’ils perdent leur temps) et en même temps comment faire pour rattraper les lacunes des étudiants faibles ? »
L’erreur est de croire que les lacunes en question relèvent de la petite rustine ; mais quand vous avez des dizaines de trous béants dans le pneu, vous pouvez toujours vous accrocher pour jouer les réparateurs… Que signifie l’« Université pour tous » ? Et pourquoi pas Sciences Po pour tous ? Pourquoi pas l’ENS pour tous ?
Un des rares points sur lesquels je rejoins Dan, c’est que viennent à l’Université des gens qui n’ont rien à y faire et auxquels on aurait mieux fait de proposer une formation adéquate dès le secondaire. Après, les rustines « différenciées » et « personnalisées », on a vu ce que ça donnait dans le secondaire… Le gâchis, c’est de laisser des étudiants s’engager dans des voies dont il était clair dès le départ qu’elles les conduiraient à l’échec. Encore une fois, l’hérésie, c’est de laisser des 2 chevaux prendre le départ du grand prix de Monza, et mettre ensuite en accusation le circuit. Et exiger de transformer le circuit de Monza en circuit touristique…
4 mars 2012 à 11:17
Astronaute en transit
Pour ma part je rejoindrai d’abord l’observation de l’Étudiant: sans aucune introduction d’une sélection, je ne crois pas qu’on changera fondamentalement le premier cycle universitaire, et à côté de cela, différentes mesurettes ne donneront au final qu’un système qui continue avec sa philosophie et son fonctionnement aux résultats insuffisants: des diplômes inadaptés ou de peu de valeur en trop grand nombre.
Mais la sélection relève d’un tabou sociétal que jamais le candidat PS actuel n’osera transgresser, pas plus qu’aucun de ses concurrents en France d’ailleurs.
4 mars 2012 à 12:20
Marianne
@Rachel : est-ce que c’est sur que les gens vont se melanger?Dans certaines facs il existent les magisteres qui melangent des normaliens et des faqueux. Est-ce que c’est sur que les autres L3 en "profitent"
C’est paraeil dans les master 2. J’ai l’experience d’un master 2 ou normaliens faqueux et inge se melangeaient en theorie.
Ben en fait personne ne se melangeait. Il y avait des options a "normaliens" ; des options pour faqueux et des options pour inge. Quelqu’un qui se serait egare aurait vite compris au vu de sa note d’exam qu’il s’était legerement gourre. Par ailleurs les profs des normaliens leur donnait des conseils pour qu’ils choisisssent les bons cours…ce dont se plaignaient les profs de fac et d’inge disant qu’ils n’arraivaient pas a récuperer ces bons etudiants la
Donc a mon avis, il y aura toujours moyen et desir de ne pas se melanger avec la plebe de la part de ceux qui sont designes comme bons
Un peu comme dans les facs, on melange pas les excellents des idex et les pup. Les labex et les h index a la ramasse.Non mais!!
Je crois qu’en theorie ca s’appelle le desir mimetique. On desire qque chose car c’est inaccessible (ou difficile a avoir) et si c’est fastoche on n’en veut pas…
4 mars 2012 à 12:22
Marianne
Euh sinon, d’accord avec jako et dan sur le fait qu’il faudrait selectionner . Par contre il faudrait que le gars qui a été au départ oriente dans une filiere rattrage des notions de base puisse si sses notes sont bonnes rejoinfre la filire rapide et inversement. Faut selectionner mais que ce soit etanche entre les filieres qui ont differentes vitesse. Par ex le college de droit de Vogel a Assas sur le principe ca me plait bien
4 mars 2012 à 12:26
Marianne
Sinon, je pense qu’il faut differencier P et R dans les master
J’enseigne cette annee en master pro et les theoremes ca leur donne des boutons. Bonne pate, j’essaie d’alleger un peu le truc (sans faire de demos par ex). En R c’est pas envisageable!Sans compter qu’en P ils doivent avoir un boin background en numerique nettement moins indispensable en R s’ils veulent faire une these theorique (ce que je ne conseille pas vu comme appres on est a la ramasse qd on candidate. D’ailleurs petite pensee emue pour les malheureux qui vont candidater cette année….)
Vaut mieux suivant les cas ouvrir certaines options aux P et aux R
Bien sur tout ca depend de l’effectif qu’on a …
4 mars 2012 à 12:36
Sylvain
Je penche du même côté que Marianne. L’idée d’un seul Master pour tout le monde, qu’on se destine à une thèse, une agrégation, ou un emploi d’ingénieur, ça me paraît utopique. Sur le papier, laisser tout le monde choisir ses cours et différencier par exemple sur le choix du stage (en labo, en classes, ou en entreprise), c’est très joli, mais en réalité les enseignements sont fortement différenciés. Et diminuer les exigences de tous les cours pour que tout le monde puisse suivre c’est du gâchis.
4 mars 2012 à 14:43
Astronaute en transit
Et puis disons les choses sans fard: le programme ESR du PS sera avant tout composé non pas en tant que projet pour l’enseignement supérieur, mais dans l’espoir que les agents de l’enseignement supérieur voteront PS à la présidentielle et à la législative, même si beaucoup de ces agents trouvent que Hollande n’est pas "assez à gauche" à leurs yeux. Politique électorale somme toute habituelle…
4 mars 2012 à 15:39
nathalie
J’ai quelques doutes sur le fait que l’Université favorise réellement la mixité sociale. Certaines formations universitaires comportant des concours (médecine, droit) sont en réalité fortement sélectives au niveau de l’origine socioprofessionnelle des étudiants. Pour d’autres je n’ai pas trouvé les chiffres mais il serait intéressant de savoir par exemple qui parvient à terminer un cursus de psycho…
Si on regarde un peu les chiffres, il semble que la première cause d’échec à l’Université soit le bac pro, qui semble préparer très mal à la poursuite d’études. Ne faudrait il pas d’abord remettre en question ce système ?
4 mars 2012 à 15:43
François
" Comment faire pour que notre enseignement supérieur soit autre chose qu’une grande gare de triage socio-culturelle ? "
Il me semble que le tri est déjà fait en grande partie en amont puisqu’il y a une assez forte corrélation entre type de bac (géné avec mention, sans mention, techno, pro) et filière du supérieur commencée après le bac (et encore plus forte entre type de bac et type de diplôme du supérieur obtenu).
D’autre part je pose la question suivante. Entre :
- une filière A qui admet une forte proportion d’étudiants issus de milieux défavorisés dont un très faible pourcentage obtiendra le diplôme A,
- une filière B plus sélective à son entrée qui amène finalement à l’obtention d’un diplôme B une proportion plus forte d’étudiants issus de ces mêmes milieux défavorisés que la filière A,
laquelle est la plus sociale ? la filière A parce qu’elle donne leur chance à plus d’étudiants, parce qu’elle a amené des étudiants de tous niveaux à se côtoyer et mieux se connaître, ou la filière B qui se révèle plus sociale au niveau du diplôme obtenu ?
4 mars 2012 à 16:36
Rachel
@Sylvain, @Marianne, l’idée n’est pas que tout le monde fasse le même master. L’idée est que le master est une formation professionnelle. Il prépare à aller dans les entreprises, ou bien dans un labo de recherche, ou bien à faire de l’enseignement. Je pense que la différenciation s’opère progressivement et est très marquée en M2, en particulier par la nature du stage (qui sera fait en adéquation avec le souhait professionnel post-master).
@Nathalie, Je suis assez d’accord avec vous, l’université a certainement beaucoup de progrès à faire sur la mixité sociale. Je tente brièvement de préciser mon point sur le sujet même si je sais qu’on va me rétorquer que tout le monde à sa chance dans notre merveilleux système et qu’il n’y a pas de barrière (ce qui est vrai mais il y a quelques bémols tout de même). Je pressens surtout que l’on va vers une société au dialogue difficile entre les différentes catégories socioprofessionnelles, socio-culturelles ou même d’opinion politique. Il y a beaucoup de crispations, de corporatismes en tout genre, de clan voire même des sortes de castes … je pense qu’il faut se méfier de tout ça et construire partout où c’est possible des points de rencontre et une certaine notion d’identité commune (C’est « Rachel fleur bleue » qui parle …). Ensuite bien entendu ça ne veut pas forcement dire que ça marche instantanément.
Pour les bacs pro, je ne sais pas. S’ils sont pros, ça veut certainement dire à l’origine qu’il y avait une visée d’insertion professionnelle et non de poursuite d’étude. Peut-être qu’on devrait interdire toute poursuite d’étude en licence aux bacs pros (ou alors mettre une condition sévère d’admission), faudra un jour décider d’arrêter ce massacre (90 % d’échec, c’est dingue de laisser faire ça, c’est honteux !!). Donc une question en plus à répondre demain pour le PS …
4 mars 2012 à 16:41
Marianne
@Rachel : a mon avis si on veut que les bacs pros aillent a la fac, il faut une annee de remise a niveau+une selection. Car actuellement ils servent juste a faire du "chiffre" et a ne pas faire fermer des filieres faute d’etudiants…
4 mars 2012 à 17:12
Rachel
@François, votre petit problème est intéressant. Je serai tentée de prendre en compte le diplôme qui est la meilleure façon d’avoir accès à un métier (à noter que votre filière B permet aussi une mixité, il me semble).
Pour le reste je suis d’accord avec vous. L’essentiel du tri est fait avant l’entrée dans le supérieur. Mais voilà, la situation ne s’améliore pas à l’université. Disons le franchement elle empire sévèrement. J’en ai déjà discuté ici. Par exemple dans mon billet http://rachelgliese.wordpress.com/2010/01/06/democratisation-de-l%E2%80%99enseignement-superieur-se-pose-t-on-la-bonne-question/
Examinons les pourcentages de boursiers dans les différentes filières. Les IUT sont les champions (40,6%), suivi de l’université (26,6%), des classes préparatoires (21,6%), des écoles d’ingénieurs (15,4%) et des écoles de commerce (10,8%). A noter que les élèves des écoles d’ingénieur disposent souvent de bourses d’organismes autre que le CROUS ainsi le chiffre de 15,6% est certainement plus élevé (le ministère affiche 23 % de boursiers).
De ces chiffres il parait évident que la mixité sociale est loin d’être un état de fait. Mais de cette étude du Point, un autre fait ressort très clairement. Si en moyenne il y a 26,6 % de boursiers à l’université, ils sont 32 % en licence (bac+3) mais seulement 18,5 % en master (bac+5). Cela fait dire à Pierre Tapie, président de la CGE « qu’il y a autant de boursiers dans les grandes écoles que dans les masters de l’université » (comparaison pour le même niveau d’étude). Il n’a pas tort.
Au sujet de l’université c’est assez catastrophique. Voir mon billet http://rachelgliese.wordpress.com/2010/02/13/democratisation-de-l%E2%80%99acces-aux-masters-des-universites/

Tout est résumé sur la courbe suivante :
Sur cette figure on peut voir une hiérarchie claire selon l’origine des étudiants. Les enfants de cadres supérieurs ou de professions libérales ont beaucoup plus de probabilités de poursuivre leurs études que les enfants d’ouvriers. On a déjà discuté ce phénomène sur la Gaïa Universitas, plusieurs facteurs interviennent. Mais parmi eux, le niveau de bourse d’étude peu élevé (345 euros sur 12 mois pour l’échelon maximum) est certainement celui qui est déterminant. En effet on peut penser que les familles à revenus modestes ne peuvent pas accompagner leurs enfants pendant une longue durée d’études. Ces derniers, s’ils veulent vraiment poursuivre leurs études, sont souvent obligés de prendre un emploi qu’ils tentent de mener de front, ce qui ne représente pas une configuration des plus idéales.
Imaginons un système du supérieur vraiment démocratique : si une formation accueille x % d’une catégorie socio-professionnelle, alors on devrait avoir à la sortie x % de diplômés de cette même catégorie. Or ce n’est pas du tout le cas. Voilà un gros dossier sur lequel le PS pourrait travailler s’il est élu.
4 mars 2012 à 18:05
Sébastien
Deux remarques :
1. Si l’argument pour dire que les IUT et BTS doivent accepter davantage de bacs pro et techno est qu’ils ont une finalité d’insertion professionnelle, alors il faut appliquer l’argument aussi aux bacs pro : c’est un bac à vocation d’insertion professionnelle, seule une infime minorité devrait pouvoir continuer des études supérieures !
2. Si les IUT et BTS affichent des taux de boursiers aussi élevés (ce qui, au passage et contrairement à une idée reçue, indique qu’ils n’accueillent pas que des méchants fils/filles de bourgeois qui veulent éviter les classes prépa…), c’est à mon sens en partie parce qu’ils permettent à beaucoup d’enfants de familles à revenus modestes d’avoir un diplôme par alternance. Cette voie se développe énormément en ce moment, elle est très fortement demandée par les étudiants et permet aux IUT d’avoir des revenus supplémentaires non négligeables. A ma connaissance, l’Université propose beaucoup moins de contrats d’alternance…
4 mars 2012 à 18:18
Rachel
@Marianne, je pense que l’idée mérite d’être creusée. Ce serait une sorte d’année propédeutique, de mise à niveau pour accéder en L1, bref une année préparatoire à la L1 ?
A noter aussi que Terra Nova avait fait des propositions sur le sujet (thème de la différenciation des parcours en licence, on en avait discuté ici (avec un Terra Novien qui nous avait fait l’honneur de nous expliquer tout ça en détail !). http://rachelgliese.wordpress.com/2011/09/25/terra-nova-differencier-les-parcours-en-licence/
4 mars 2012 à 19:25
Marianne
@Rachel ,: ben c’est pas juste une idée ca existe deja à Orsay par ex, ou un etudiant de L qui veut se destiner aux sciences suit une année zero et peut ensuite etre reinjecte en L1
http://www.u-psud.fr/fr/les_formations/pcso.html
Ca me parait honnete. La on donne reelmeent une chance a un gamin. Le meme principe pourrait etre fait pour les etudiants de STI ou bac pro se destinant aux etudes superieures. En apparence on leur fait perdre un an mais en pratique on leur donne leur chance
Sinon 100% d’accord avec sebastien. Les IUT/BTS peuvent admettre des gamins de milieux modestes grace a l’alternance qui est peu devellopee en fac
Une fois dans un conseil de labo j’avais assiste a une discussion d’universitaires autour de l’alternance
Le montage d’une formation de ce type avait été assez vite rejete car cela neccessitait un investissement a temps plein de la part des responsables eventuels de la formation. Or le labo en question etait un bon labo et ne voulait pas couler la recherche d’un ou deux de ses membres. Comme d’hab, la recherche c’est ce qui compte, faire de l’enseignement c’est un peu la loose. Sinon je confirme qu’effectivement gerer une formation en alternance c’est un gros boulot et qu’on ne peut pas a la fois gerer ce type de formation et faire de la recherche de maniere active. Donc les universitaires ne s’y interessent pas. Donc ca coupe une possibilite pour les gamins issus de milieux modestes. Cqfd
4 mars 2012 à 19:29
Marianne
La liste des facs qui proposent une annee de remise a niveau pour les sciences
http://orientation.u-bourgogne.fr/formations/a-luniversite/8-mise-a-niveau-postbac.html
Bordeaux, clermont, paris 6, paris 7, creteil, lyon1….L’idee est bonne non?
Faut voir apres en pratique.
4 mars 2012 à 19:31
Marianne
Et en plus ca permet de recuperer des gens motives pour les etudes scientifiques
4 mars 2012 à 19:33
Marianne
Voir par ex creteil
http://www.u-pec.fr/pratiques/universite/presentation/certificat-d-universite-de-preparation-aux-etudes-litteraires-cupe–5536.kjsp?RH=FORM_DIPL
La formation est proposee aux bacs pro. J’imagine que 90% de recales ca les a fait reflechir…
4 mars 2012 à 19:35
Marianne
Pedagogie adaptee pour les bacs technos a Paris 6
http://www.upmc.fr/fr/formations/diplomes/sciences_et_technologies2/licences/licence_st_cycle_d_integration/1re_annee_de_licence_pour_bacs_technos.html
4 mars 2012 à 20:02
Septime
@Sébastien
Sur la proportion de boursiers dans las BTS et les IUT, il faut aussi considérer que ces filières sont des filières de proximité qui permettent à beaucoup d’étudiants modestes de rester chez leurs parents. Le niveau des bourses d’enseignement supérieur n’est pas suffisant pour payer des études dans une grande ville distante du lieu de résidence.
On trouve, pour la même raison beaucoup de boursiers dans les petites antennes universitaires.
4 mars 2012 à 20:17
PR27
Je confirme Marianne 19:25. On a pas mal réfléchi à la question chez nous, mais non seulement c’est un sacré boulot de gérer la scolarité, mais en plus il est difficile de mutualiser les cours avec ceux des formations ordinaires, à la fois côté logistique et côté "manière d’enseigner".(cours concentrés sur des périodes particulières, peu de TP puisque la pratique est sensée se faire en entreprise, en pratique maquette allégée). Quand on est majoritaires dans un département entre 250h et 350h/an, ça calme pour lancer une nouvelle formation. Paraît que la solution, c’est que l’argent de l’alternance sert à payer des vacataires pour faire les enseignements nécessaires. Passionnant travail que la recherche, le briefing et la gestion de ces personnes (l’Astronaute va réagir au moins en penser, donc je m’explique : c’est l’instabilité qui est le problème, pas les compétences des personnes).
4 mars 2012 à 20:19
Septime
@Sébastien
Je n’ai pas trouvé de chiffres plus récents, mais pour les effectifs d’étudiants en apprentissage en 2008, on avait : STS 54%, IUT 14%, Licence et Master 21% et Filières d’ingénieur 11% (total 81.000).
4 mars 2012 à 20:37
marianne
Bah faut les trouver les vacataires
Dans des domaines un peu pointus allez trouver un gars qui va accepter de travailler paye au lancé pierre
4 mars 2012 à 20:41
marianne
Pis faut pas oublier les visités en entreprises les soutenance de stages etc et plein de trucs qu on ne peut faire faire qu à des permanents
4 mars 2012 à 21:05
Petit cerveau
Marianne 19:25, la pratique est tres courante au Royaume-Uni, ou ca s’appelle les "fondation courses", qui peuvent concerner aussi bien des etudiants en formation initiale qui n’auraient pas ete accepte en licence directement, ou la formation continue.
4 mars 2012 à 21:10
Sébastien
@Septime
Je suis peut-être déformé par ce que je connais, le DUT TC dans lequel l’alternance est assez présente.
Mais je pense que vos chiffres, anciens, ne correspondent plus à une réalité très changeante.
Par ailleurs, les chiffres que vous présentez (dont la somme fait 100%) correspondent à la répartition par filière des 81000 étudiants en apprentissage. Rapportez ces chiffres au nombre d’étudiants de chaque filière serait à la fois plus intéressant et plus honnête pour constater que vos chiffres confirment ce que je dis : beaucoup d’alternance en BTS et DUT, peu en Univerrsité (pour les raisons évoquées par le commentateurs).
4 mars 2012 à 21:55
François
@Rachel 17h12. Je remarque qu’une fois de plus les statistiques disponibles concernent les étudiants et pas les diplômés, ce qui amha serait plus significatif, surtout pour les comparaisons entre filières.
Pour les étudiants issus de milieux défavorisés, il serait également intéressant de prendre en compte la nature du diplôme : donne-t-il à son détenteur de bonnes chances de promotion sociale (et pour commencer un CDI, un statut de cadre, …) ?
Remarque générale : le problème des bacs pro en licence souvent mis en avant ne concerne que 8 000 entrants par an (contre plus de 150 000 bacs géné et 25 000 bacs techno).
Rappelons que globalement 35% des bacheliers (géné + techno + pro) commencent une licence; le total CPGE + IUT + STS est exactement le même (le total est inférieur à 70% à cause des doubles inscriptions).
4 mars 2012 à 22:27
Rachel
François, un truc vraiment intéressant serait d’avoir les deux, c’est-à-dire l’origine socio des entrants et des sortants (les diplômés), ceci pour une même cohorte, et pour différents types de formations.
5 mars 2012 à 10:03
jako
A propos du "comportement lamentable des enseignants" dans le dossier de la formation des profs:
"Nous avons passé deux ans à créer, suivant les demandes officielles, et au prix de multiples difficultés, un master de formation des maîtres. Il a fallu pour cela interpréter des textes flous et incohérents, qui étaient régulièrement changés de façon erratique (qu’on ne me parle plus d’autonomie ! ce que nous vivons relève plus de la bureaucratie tsariste que d’une quelconque autonomie ; notre seule planche de salut est l’incompétence des responsables ministériels). Le co-responsable m’a dit sa satisfaction à la sortie de la séance de rentrée : l’effectif du M1 avait doublé par rapport aux inscriptions, étant passé de 1 à 2 étudiants (contre 50 en prépa CAPES il y a 3 ans), conséquence inévitable des conditions de cette formation. Les exigences inopinées du ministère sur la formation en anglais nous obligent à des contorsions sur les validations d’UE, compliquées par les règles d’APOGEE et la nécessité de passer par le CEVU pour le moindre changement de coefficient ; ce détail anecdotique représente à lui seul des dizaines de mails. De toute façon, il est clair que ce système ne peut pas durer, tout le monde, de la cour des comptes à l’assemblée nationale en passant par le président et le ministre, est d’accord là-dessus. Nous allons donc devoir recommencer à zéro l’an prochain; je ne sais pas s’il y aura des volontaires pour s’y coller."
http://jfmela.free.fr/jfmblog/?p=246
5 mars 2012 à 10:40
François
Juste une question de béotien concernant les professeurs des écoles (maternelle et primaire).
Dans cette nouvelle formation, le master demandé est-il un master disciplinaire ?
Si c’est le cas, qui est à l’origine de cette exigence qui paraît absurde s’il s’agit de former des personnels qui seront essentiellement chargés d’apprendre à lire à compter (ce qui, compte tenu des honteux taux d’échec actuels – 10 à 20 % d’enfants incapables de lire ou compter correctement au bout de 5 ans d’école primaire -, paraît extrêmement difficile et demanderait donc sans doute une formation spécifique n’ayant strictement rien à voir avec un approfondissement de niveau master dans une discipline unique) ?
5 mars 2012 à 10:49
Septime
@François
Une université, peut-être pas la seule, fournit l’origine sociale de ses étudiants, année d’études par année d’études et pour les grandes filières (domaines).
On a toujours des inscrits mais indirectement on a une idée des diplômés même si tous ne s’inscrivent pas dans le cycle supérieur.
@Sébastien
J’ai trouvé des chiffres plus récents (2010) pour les étudiants en apprentissage(dans RERS 2011 p.161)
Inscrits par diplôme en milliers :
BTS BTSA 48
DUT 5,4
Licences pro 10,6
Master pro 8,1
Ingénieur 11,5
Une bonne par des licences pro sont dans des IUT mais pas toutes et la répartition n’est pas donnée
5 mars 2012 à 11:23
François
@Rachel. Un point surprenant de toutes ces études basées sur les catégories socio-professionnelles est qu’elles négligent l’influence de l’âge des parents des étudiants.
Or si à 45-55 ans (âge typique de parents d’étudiants) tous les ouvriers n’ont pas la chance d’avoir une Rolex, il n’empêche que les plus débrouillards de ceux qui étaient ouvriers à 20 ans ne le sont plus (par concours internes de la fonction publique, changements de catégorie professionnelle dans le privé, ..) donc dans ce cas leurs enfants sont peut-être catalogués enfants de cadres moyens, le phénomène en concernant de plus en plus à mesure que leurs enfants passent de L en M puis en D puisque l’âge des parents est de plus en plus élevé.
J’ai regardé dans le RERS 2011 les pourcentages des différentes CSP des parents d’étudiants : celle qui a la plus forte progression de L à D en passant par M (beaucoup plus forte que celle des cadres sup) est celle … des retraités, pour la raison élémentaire qu’un doctorant a plus de chances d’avoir des parents retraités qu’un étudiant en licence.
Quant à l’évolution dans le temps … aujourd’hui les parents d’étudiants font partie d’une génération où seulement 20% étaient diplômés du supérieur, dans 20 ans la génération des parents d’étudiants sera diplômée du supérieur à plus de 40% … je pense qu’alors le pourcentage d’enfants d’ouvriers (de 50 ans) sera vraiment dérisoire.
5 mars 2012 à 20:26
PR27
Pas l’impression qu’on ait appris grand chose de dans le discours de #FH2012 ce soir, sinon qu’il a sorti de son chapeau des profs agrégés du supérieur. S’agit-il de régler une question entre les profs de CPGE et les PRAG d’univeristé, ou veut-il recruter des enseignants agrégés (plutôt que des EC) en quantité pour obtenir l’encadrement qu’il annonce en 1er cycle ? L’alloc d’autonomie du PS était assez ambitieuse (suppression de la demi-part fiscale), je n’ai pas compris en quoi l’option FH se distingue d’une bourse actuelle. On n’a ni les conditions d’accès, ni les montants, et les gens applaudissent. Ca me dépasse. Les crédits de base des labos devraiement augmenter, au détriment de l’ANR. Faut dire que si le CNRS continuait à baisser comme il le fait, bientôt on trouvait du pétrole…
5 mars 2012 à 21:00
Rachel
@PR27, il y a quelque chose que je ne comprends pas. J’ai commencé à écouter son discours de 18 h au parc des expo à Vandoeuvre, mais manisfestement le sujet n’était pas l’ESR (j’ai abandonné au bout d’une demi-heure environ, peut-être que c’est venue après). En même temps, en surfant, j’ai vu qu’il avait aussi fait un discours un peu plus tôt au Biopôle de Nancy, entièrement consacré à l’ESR (on peut le lire ici : http://francoishollande.fr/actualites/discours-de-francois-hollande-au-biopole-de-nancy ). Alors faut-il que je réécoute la fin du discours du parc des expo ?
6 mars 2012 à 00:31
marianne
J ai trouve le discours de hollande pétri de bonnes intentions mais assez vague
Si on créé un statut des agrégés du supérieur pourquoi pas mais tout dépend de ce qu on y met
À mon avis les nouveaux prag vont servir à renforcer l encadrement en premier cycle et à se taper le boulot administratif
Ceci dit pourquoi pas mais il faut voir quel type de carrière on propose derrière
FH parle de résorber la précarité
Bonne idée mais floue on fait quoi on donne un cdi aux précaires?
Ok mais il faut éviter que les facs ne les vide avant qu ils ne deviennent titularisable
6 mars 2012 à 00:40
marianne
J ai aussi l impression qu il parle de trucs qui existent déjà
La caution solidaire étudiante super securisee ca existe ca s appelle le locapass et c est bcp mieux pour un proprio que la caution classique sauf que les bailleurs connaissent pas et se mefient
La reconnaissance du doctorat et le fait que le gars trouve un job derrière ok mais on fait comment
Sinon le tutorat par les doctorants je rigole
Un doctorant n à aucun intérêt à se casser la tête pour l enseignement encore moins qu un titulaire car il reste pas
En plus d apres ce que j ai compris le contrat doctoral à encore plus complique les choses pour que le doctorant enseigne
Un doctorant cifre style inria ne peut quasiment plus enseigner ce qui n était pas le cas avant
6 mars 2012 à 00:44
marianne
Et sinon tous mes vœux à FH s il veut aligner les profs de cpge sur les prags
Ca va gueuler
Comme en plus ils sont en grande majorité normaliens ben à mon avis ca va pas être de la tarte
D ailleurs s il touche aux prépas il va y avoir du sport
6 mars 2012 à 16:35
Septime
@Marianne
Il ne s’agit pas de créer un sttut d’agrégé du supérieur mais de le détruire : C’est celui des profs de droit et d’économie ui ne sont pas recrutés de la même façon que les autres professeurs des université.
Il y a actuellement de grandes manoeuvres pour sauver ce statut particulier avant les élections.
6 mars 2012 à 17:03
marianne
Ah oui j avais pas pensé à ca
D un côté c est pas le concours tout pourri avec un oral en 24H ou on à le droit de sortir et d aller voir ses potes
Je prefere un bon vieux recrutement à l ancienne même si candidater je deteste ca
6 mars 2012 à 17:28
PR27
C’est sûrement moi qui ai lancé la conversation de travers sur ce point, Septime, désolé. Je croyais avoir vu ce point en lien avec l’amélioration de l’encadrement en L, si bien que je n’avais pas du tout pensé à cette interprétation des "profs agrégés". C’est aussi un peu la faute des textes tellement compressés, parce qu’ils ne veulent fâcher personne.
7 mars 2012 à 22:50
Dan- visseur bouché
merci Marianne à propos des IUFM : il me semblait, quand ils existaient, que tout le monde ou presque trouvait que c’était du bla bla pédago, et maintenant on les regretterait ? je m’échine à dire que si les facs ont la possibilité de former les profs, elles n’ont qu’à utiliser cette possibilité pour faire une bonne formation. Certes il y le présalaire, mais n’est-ce pas une survivance napoléonienne comme le salaire à normale Sup ou à l’X ? Serait-ce iconoclaste d’imaginer rentrer dans le droit commun : je fais une formation payée par la collectivité, et, à la sortie, je ne dois rien à personne. Objection , votre honneur : la formation de prof ne conduit qu’à être prof. Pas sûr, d’abord. Et la formation de boucher ne forme qu’à être boucher.Et pourtant il n’y a pas de présalaire.
8 mars 2012 à 19:33
Marianne
Pour le presalaire je sais pas. En fait je vois pas l’interet de recruter des instit a bac +5…Le niveau bac+3 me parait aussi suffisant en college et lycée. Donc allonger la durée des études n’a aucun interet a mon avis. Pour le presalaire je compare a vec d’autres concours administratifs de mla fonction publique et la formation est toujours finacee (tresor public, DDE, impots, douanes etc…). Donc ca me semble assez logique pour l’education nationale.
Apres je prefere pas de formation du tout a ce que j’ai connu en IUFM qui était une monstruosite. Du moins je pense qu’on peut largement faire mieux
Pour le cout si je suis assez critique sur les reformes pecresse, il ya deux choses avec lesquelles j’étais assez d’accord : la suppression des IUFM+la modulation des services pour les non publiants…
8 mars 2012 à 23:00
Petit cerveau
Le "presalaire" pour les profs peut etre vu comme un retour a l’ecole normale d’instituteurs, du temps ou il fallait inciter les jeunes paysans ou ouvriers qui voulaient se lancer dans cette carriere, par exemple en les dedommageant du manque a gagner du au fait qu’ils ne travaillaient pas: en quelque sorte une vraie politique de redistribution, pas la version potemkine des frais d’inscription.
Mon impression est que ca peut faire sens encore a l’heure actuelle, dans la mesure ou les classes superieures prefereront sans doute orienter leurs rejetons vers des etudes plus lucratives. Ceci dit, ce point est tres clairement un peu condescendant, et il manque tres clairement un etage a la fusee: pendant longtemps, les ecoles d’instituteurs ont recrutees au niveau troisieme (je crois) les eleves d’origine modestes, qui avaient la possibilite de continuer d’autres etudes (avec pour finalite les carrieres de l’enseignement). Si ce type de debouches est un peu trop limite pour l’heure actuelle, il y a sans doute des possibilites d’extension. Apres tout ca peut se aussi se concevoir en partant de l’apprentissage (avec les problemes decrit par Dan dans un poste precedent, qui ne sont clairement pas facile a resoudre).
10 mars 2012 à 15:25
François
Du nouveau dans l’équipe de François Hollande !
Richard Descoings, incontournable expert
LEMONDE | 10.03.12 | 10h44
En 2009, c’est au directeur de l’Institut d’études politiques de Paris (IEP), Richard Descoings, que Nicolas Sarkozy avait fait appel pour sauver la réforme du lycée, passablement mal engagée par le ministre de l’éducation nationale de l’époque, Xavier Darcos.
Aujourd’hui, c’est auprès de François Hollande que M. Descoings reprend, en tant qu’expert, du service.
C’est à ce titre qu’il participe aux travaux d’une commission créée par l’entourage du candidat socialiste pour travailler sur les discriminations.
Fait-il partie de l’équipe de campagne de M.Hollande ? "L’organigramme de l’équipe a été publié ; il n’a pas bougé depuis. Mais nous écoutons tous ceux qui ont de l’expérience. M. Descoings vient en tant qu’expert", explique Faouzi Lamdaoui, chef de cabinet du candidat, qui anime le groupe de travail.
Mais le directeur de l’IEP a aussi fait parler de lui pour des motifs plus polémiques. La révélation, fin 2011, de sa rémunération continue de faire des vagues. "Sa présence m’inquiète s’agissant des experts qui gravitent autour du candidat, confie un universitaire socialiste qui souhaite rester anonyme. L’entourage de M. Hollande n’a donc pas compris que M. Descoings était contesté au sein de la communauté universitaire ?"
10 mars 2012 à 19:21
Marianne
Oui c’est un peu bizarre : on a un peu l’impression que FH cherche a inclure dans son equipe tout le monde quelque soit son orientation et son projet pour l’ESR
Vu de l’exterieur on dirait qu’il n’a pas envie de faire de choix..
10 mars 2012 à 19:25
Marianne
@Petit cerveau : l’apprentissage ca peut etre complique. Dans l’idee on pourrait dire qu’un jeune qui se forme a l’enseignement va etre finance par un truc style ipes et en contrepartie va faire du tutorat pour les eleves, de surveillances etc…
Je me demande d’ailleurs si c’est pas en partie dans le projet hollande
Le truc c’est que le recrutement est toujours fait sur concours et que quelque soit le travail qu’on fait a cote quand on prepare un concours on est handicape.
10 mars 2012 à 20:41
PR27
FH a beaucoup, beaucoup de choses à faire (par ex. lundi boire un café avec 5 personnes tirées au hasard parmi des candidats), il est probable qu’il a délégué à qqn d’autre ce choix. Ce que m’étonne, c’est que
des gens comme Peillon, Dubet ou This Saint-Jean laissent passer ça. Probablement un bug, ou un conseil venu de qqn d’autre, ou décision qui n’est pas passée par le groupe "ESR", mais le groupe "égalité des chances", qui connait R.Descoings par ses actions sur ces questions de discrimination positive, mais n’a pas nécessairement eu vent d’autres questions. A propos, c’est marrant qu’être vacataire à science po donne le titre de "maître de conférences" (au moins pour affichage dans les média, )
10 mars 2012 à 20:54
Marianne
Si j’avais su au lieu de galerer dans mes candidatures j’aurais fait vacataire a sciences po..En plus j’aurqis gagne plus de sous
10 mars 2012 à 21:15
Marianne
D’un cote mon anglais est si pourri qu’ils m’auraient pas pris. Pas bete a sciences po
10 mars 2012 à 22:20
François
Le nombre de personnes qui donnent des cours à Sciences Po Paris (près de 3 000) permet à cette institution d’avoir une présence dans les médias sans commune mesure avec son rôle réel.
C’est également un moyen d’obtenir une attitude très favorable des médias : un journaliste qui donne des cours à Sciences Po hésite à exprimer des critiques, car il tient à son titre d’enseignant à Sciences Po, non pas tellement pour ce que les quelques heures de cours qu’il y donne lui rapportent, mais parce qu’il est très flatté de pouvoir en faire état quand il signe un article ou présente sa carte de visite.
Je ne sais pas ce qui s’est passé avec Le Monde qui, après avoir été pendant des années très complaisant à l’égard de R. Descoings a brutalement sorti après sa dernière réélection un dossier sur le thème "le mandat de trop", allant jusqu’à évoquer explicitement des détails de sa vie personnelle dignes de la pire presse de caniveau.
Quelques détails sur le corps enseignant provenant du site de Sciences-Po :
" Sciences Po est fier de pouvoir compter sur la présence de très nombreux enseignants issus des entreprises, des banques, de cabinets d’avocats, des fonctions publiques française et européenne, d’organisations internationales et non-gouvernementales ainsi que d’autres institutions.
Les différents programmes sont assurés chaque année par :
56 enseignants titulaires d’un poste de maître de conférences des universités ou de professeur des universités,
140 chercheurs associés à l’un des onze centres de recherche de Sciences Po,
22 professeurs associés :
18 professeurs associés à mi-temps,
1 professeur associé à temps plein,
3 maîtres de conférences associés à mi-temps,
85 professeurs étrangers invités chaque année,
2 700 maîtres de conférences. "