Il est bien connu que dans la carrière d’un enseignants-chercheurs, l’enseignement ne pèse pas pour grand-chose. C’est surtout la recherche qui est valorisée au travers les promotions et les concours PR. Sur Gaïa, on discute souvent de ce thème de « l’enseignement punition », tellement médiatisé en 2009 lors du mouvement noniste. L’équipe ESR de F. Hollande, animée par V. Peillon, l’a également bien compris (certainement une preuve qu’ils lisent ce blog !). En effet cette question devrait être un objectif important des propositions de F. Hollande (on en saura plus le 5 mars prochain) : « les tâches pédagogiques devront être mieux reconnues, encouragées et valorisées dans les déroulements de carrière » (source)
OK, c’est très clairement un chantier à mener. Mais concrètement, comment on fait ?
————————————————-
Sur la question, on pourra lire ou relire le billet "Les raisons du mépris: l’enseignement punition". Lire aussi les commentaires, discussion très intéressante.


42 commentaires
Comments feed for this article
2 mars 2012 à 09:23
Olivier Bouba-Olga
oui, vrai chantier. Pour pouvoir en tenir compte dans le déroulement de carrière, je ne vois pas comment faire sans dispositif d’évaluation. Lister les cours que l’on dispense ne me semble pas suffire…
Et là, c’est comme pour la recherche : soit on trouve un indicateur simple mais forcément ultra-réducteur et source d’effets pervers et c’est jouable à moindre coût, soit on met en place des dispositifs ambitieux d’évaluation (par les étudiants et par des pairs par exemple) mais on fait exploser les coûts.
2 mars 2012 à 09:59
François
Apparemment ce mal n’est pas spécifiquement français.
"The road to success for staff at Britain’s universities is via research. Teaching suffers as a result"
Financial Times du 19/8/2010
Question subsidiaire : comment sont jugés les enseignants des 97% d’établissements d’enseignement supérieur américains où il n’y a aucune recherche ?
2 mars 2012 à 10:02
François
J’aurais dû dire "évalués" au lieu de "jugés" … mais c’est peut-être un lapsus révélateur !
2 mars 2012 à 10:18
mixlamalice
Aux US beaucoup de choses se passent grâce à l’évaluation des étudiants. Ceux-ci (et je pense que c’est culturel) jouent vraiment le jeu et ne corrèlent pas forcément leurs appréciations à la note qu’ils ont eu.
Cela dit, aussi "objectives" que soient les appréciations, l’effet pervers dont on m’a parlé quand je vivais là-bas était que cela poussait quand même les Profs à "faire des cours qui plaisent": sujets sexys, présentations funs, exams pas trop durs quand même, etc.
Après, un "award" du "Best Teacher" c’est toujours bien dans le CV, mais ça vaudra de toute façon pas le prix machin de la "new rising star in the field"…
Il y a aussi aux US (même dans les universités qui font de la recherche) des Profs ne font plus de recherche et s’occupent de tâches d’enseignement et/ou d’administration (Dean, etc). Ils sont un peu catalogués, mais beaucoup moins qu’en France, et dans une certaine mesure c’est un choix personnel – plus qu’imposé- et réversible (l’ex Head de mon département a remonté un -petit- groupe de recherche à la fin de son mandat par exemple).
Pour toutes les questions relatives au fonctionnement de la science aux US, le blog de FSP est pas mal, s’il y en a encore qui ne connaissent pas…
http://science-professor.blogspot.com/
2 mars 2012 à 10:40
Rachel
@mixlamalice, vous voulez certainement parler de l’évaluation des enseignants par les étudiants (et non de l’évaluation des étudiants). Il est vrai qu’ailleurs cette évaluation semble beaucoup plus développée. C’est aussi le cas dans les écoles d’ingénieurs, même si les résultats de ces évaluations restent confidentiels et ne sont pas utilisables pour les dossiers de promotions.
J’ai oublié un autre billet du blog qui abordait la question. http://rachelgliese.wordpress.com/2011/06/17/habilitation-a-diriger-des-formations/ (lire également la discussion).
Ce billet était basé sur un rapport sur le décrochage des étudiants. Quelques propositions polémiques de ce rapport en lien avec le thème du jour :
- Créer les conditions d’évaluations objectives et transparentes des activités de formation dans les décisions du Conseil National des Universités et des présidences.
- Créer une Habilitation à Diriger des Formations (HDF) pour permettre les promotions des maîtres de conférences les plus investis sur les questions de formation.
- Développer des contrats d’enseignants non chercheurs dans les UFR (unités de formation et de recherche) ne disposant pas de ressources de PRAG (professeurs agrégés du secondaire).
Le rapport complet : http://www.educpros.fr/uploads/media/Rapport_Senateur_Christian_Demuynck.pdf
2 mars 2012 à 11:54
jako
"Mais concrètement, comment on fait ?" C’est simple: ya ratemyprofessor.com!
Un collègue éminent s’est vu diffamer et accuser de racisme grâce à ce machin, sans qu’il puisse savoir qui le diffamait et sans qu’il puisse "répondre" de ces accusations infâmes. A moins bien sur de contraindre l’hébergeur en vue d’ un procès… On n’a sans doute que ça à faire….
2 mars 2012 à 13:15
mixlamalice
Oui, c’est en ça que je disais que les étudiants américains jouent "plus" le jeu que ce que ne feraient probablement des étudiants français.
Cela dit, on est tous susceptible de rencontrer un ou une étudiante un peu frappé(e) un jour dont le but ultime dans l’existence semble de vous pourrir votre année (j’en ai un comme ça, déjà en procès avec un autre prof qu’il a accusé de racisme, qui passe à peu près 1h par semaine dans mon bureau, en m’expliquant que je ne lui accorde pas assez de temps et que mes cours – qu’il suit pour la 2ème année consécutive- sont nuls)
2 mars 2012 à 18:19
Rachel
Quelques liens sur le sujet de l’évaluation des enseignants et des enseignements:
Petite histoire de l’évaluation de l’enseignement dans les universités
http://sup.ups-tlse.fr/evaluation/art_ic.htm
L’évaluation des enseignements par les étudiants est « encore trop timide » dans les universités
http://www.aeres-evaluation.fr/Actualites/Actualites-de-l-agence/L-evaluation-des-enseignements-par-les-etudiants-est-encore-trop-timide-dans-les-universites-Alain-Menand
Evaluation des enseignements et pilotage de l’Université (en Suisse)
http://www.faitesladifference.org/akkari/documents/6-RegeColet.pdf
Evaluation de l’enseignement à l’Université de Genève : d’une démarche individuelle vers une démarche institutionnelle de la qualité
http://www.oecd.org/dataoecd/60/54/44133747.pdf
2 mars 2012 à 19:55
Dan-visseur nippon
1 – ma petite pratique de l’évaluation par les élèves – il y a vingt ans je me suis fait éjecter du cours par les élèves ( des littéraires en DESS) et j’ai trouve qu’ils avaient bien raison. Je n’arrivais pas a entrer dans leur bulle. Mais depuis dix ans je fais une evaluation anonyme en bac+4 d’une GE scientifique et cela m’est très utile. Personne ne m’à demande de le faire mais c’est à moi que cela rend service. J’envoie les résultats tels quels a l’administration et aux élèves. Pour bien faire il faudrait procéder aussi en cours de formation pour pouvoir corriger le tir.
2-on en revient aux finalités et au dogme théologique de l’Université =recherche. Quelles sont les raisons historiques, qu’elles sont les bonnes et les mauvaises raisons ? Comment faire autrement?
Exemple = je supprime la recherche en Japonais à l’Universite. Que se passe-t-il du point de vue des étudiants? Des employeurs? De l’administration? Des affaires étrangères ? De la collectivité ? ( mais le CNRS ou Thalès ou Mitsubishi peuvent continuer à faire ces recherches, bien sur.)
2 mars 2012 à 21:25
nathalie
Attention quand même à bien réfléchir. A t on vraiment besoin d’une couche d’évaluation supplémentaire alors que beaucoup de temps est déjà consacré dans le monde universitaire, d’une part à produire des rapports, d’autre part à les lire et les évaluer ?
Or une évaluation sérieuse ne s’improvise pas; comme le montrent les articles cités par rachel: il faut développer une méthodologie, respecter la confidentialité,.. Qui va s’en charger ? L’Université dispose t elle de personnel compétent et disponible en matière de RH ?
Que fait on ensuite des résultats ? Il me semble que cette culture de l’évaluation est inspirée en partie du "privé" où on a les moyens de changer les personnels de poste, revoir leur formation, leur accorder (ou refuser) une prime, une augmentation, etc. Rien de tout cela n’existe dans le monde universitaire.Notamment en cas d’évaluation négative on n’a pas vraiment de remédiation envisageable : il n’y a pas de formation pour les enseignants du supérieur. Il n’est guère envisageable non plus de leur proposer de faire évoluer leur activité. Pour un jeune MdC pas très charismatique, le résultat ne fera que le désespérer.
On n’a donc pas grand chose côté bâton, ou aide. Côté carotte, on ne dispose que de la possibilité de passer prof. (L’évaluation n’a donc également aucune utilité pour le prof âgé qui en a un peu marre de ses cours) Va t on vraiment départager les candidats en se basant sur l’avis des étudiants ? Je suis un peu sceptique vu les discours actuels sur le h-facteur et l’Excellence…
2 mars 2012 à 23:34
Petit cerveau
Le point 1 de Dan est tres interessant, parce qu’il met en evidence le fait que le dialogue entre etudiants et enseignants est essentiel: l’evaluation peut y intervenir comme un moyen, mais ce n’est pas une fin en soi. Mon impression est que, si il y a quelque chose a prendre en compte dans une evolution de carriere en matiere d’enseignement, c’est la capacite de developper ce dialogue et de le rendre plus fructueux. Ca ne se passe donc pas uniquement dans la salle de cours, et ca concernerait plutot l’animation pedagogique d’un departement. Ceci dit, il y a des risques de derives "pedagogistes" tres claires.
Sur les finalites de l’enseignement et (donc de l’universite), il y a une conference de Ken Robinson a la Royal Society of Arts qui pose des questions interessantes, meme si ca tourne parfois a un eloge assez peu critique de la creativite
http://www.thersa.org/__data/assets/pdf_file/0004/558940/RSA-Lecture-Ken-Robinson-transcript.pdf
http://www.youtube.com/watch?v=zDZFcDGpL4U&feature=player_embedded#! (version courte)
http://www.thersa.org/events/video/archive/sir-ken-robinson (version longue)
3 mars 2012 à 09:59
Rachel
@Nathalie, merci pour ce commentaire que je trouve plein de bon sens. Je pense moi aussi que l’évaluation des enseignants va être difficile, mais aussi on ne saura pas quoi faire de cette évaluation étant donné l’absence de GRH, les statuts très rigides et une quasi-impossibilité de faire évoluer sa carrière à l’université.
Mais l’évaluation n’est qu’un élément du dossier. A mon avis il y a d’autres pistes à explorer (1) par exemple, juste une idée pour tester les réactions, on pourrait réserver une partie des promotions et des postes de PR pour des actions de formations. Ainsi il y aura une carotte pour les gens qui s’investissent dans la formation et qui n’auraient pas un dossier de recherche béton (2) la vraie raison du désamour des EC pour la formation est que ça devient très difficile d’enseigner en licence. Souvent il n’y a guère de satisfaction à en tirer. Le public est beaucoup trop hétérogène, allant du très bon étudiant qui ne veut pas faire ingénieur (je parle là des filières scientifique) et au mauvais étudiant, pro ou techno, qui a été refusé partout et qui échoue à l’université par défaut, sans motivation. Comment faire un cours ou TD dans ces conditions extrêmes de niveau ? Le premier cycle du supérieur devenu un grand n’importe quoi, c’est à cela qu’il faut s’atteler d’urgence, c’est-à-dire redonner de la cohérence à ce système qui marche sur la tête, et que les enseignants retrouve un certain sens d’enseigner sans ces formations (et de la satisfaction personnelle).
3 mars 2012 à 11:10
étudiant inquiet
Peut-être aussi qu’il y a trop d’heures de cours, et qu’on cherche à s’en débarrasser pour faire (un peu) de recherche, d’où un manque d’implication de certains.
Je ne comprends pas pourquoi la baisse de temps d’enseignement n’est pas revendiquée par les EC et qu’ils n’aient pas protesté lors du passage aux 192h (parce que c’est la gauche qui l’a fait?).
3 mars 2012 à 12:25
Olivier Bouba-Olga
@Rachel : réaction positive à la proposition 1 (postes PR pour investissement dans formation et administration pourrait-on ajouter). Pas d’accord avec le point 2, persponnelement j’enseigne/j’ai enseigné dans toutes les années (de L1 à M2), j’aime beaucoup enseigné en L. Dans toutes les années en fait, je trouve qu’on peut en tirer satisfaction! Ce qui ne veut pas dire que je pense qu’il n’y a rien à changer dans le système d’ESR bien sûr!
3 mars 2012 à 14:03
Rachel
@Olivier, pour le point 2, je pense que la situation est très différente selon les disciplines. Peut-être que la votre ne souffre pas trop de la concurrence avec les prépas ou les IUT ?
3 mars 2012 à 14:38
Olivier Bouba-Olga
@ Rachel : mon dieu si! les facs d’éco sont concurrencées par les prépas école de commerce, les IUT, les BTS. Situation assez similaire aux facs de science : baisse tendancielle des effectifs malgré de bons débouchés, études réputées difficiles. D’où des promotions hétérogènes ou coexistent effectivement de bons étudiants et de moins bons. Mais bon, c’est le principe aussi de l’université, pas de sélection à l’entrée, sélection chemin faisant.
3 mars 2012 à 14:49
Rachel
@Olivier, ce que je ne comprends pas bien c’est comment donner à manger aux bons étudiants (sans qu’ils perdent leur temps) et en même temps comment faire pour rattraper les lacunes des étudiants faibles ? nombre d’enseignants semblent assez démotivé (ou démunis) faire à cette problématique … il me semble qu’une formation a du sens si les étudiants sont motivés et s’ils trouvent une formation qui soit adaptée à leur niveau et objectifs professionnels. Certes la première année sert de filtre (interdiction de sélectionner à l’entrée dont organisation d’un système de sélection par l’échec). On peut se demander si ce système ne serait pas grand gâchis humain et financier ?
3 mars 2012 à 15:42
Olivier Bouba-Olga
@ Rachel : oui, pas simple! après la sélection de première année, le pb est moins important me semble-t-il, même s’il existe. Sans doute un biais de mon côté : j’interviens dans une petite filière (120 étudiants en première année, autour de 80 en 2ème, 70 en 3ème), si bien que l’on connaît bien les étudiants, on repère vite ceux à gros potentiels à qui on peut proposer des choses intéressantes. A contrario, on repère vite ceux ayant des difficultés mais de la motivation, on leur propose aussi des choses (tutorat, soutien).
Plus généralement, oui, il y aurait à réformer le système! Mon avis (je ne développe pas plus que ça) : une université sans sélection ET sans frais d’inscription dignes de ce nom, c’est intenable. Il faudrait l’un ou l’autre. Personnellement, j’opterais pour frais de sélection importants (coût réel) + introduction d’un vraie système de bourse. Les moyens de l’Université seraient dès lors très fortement renforcées, je vous jure qu’on pourrait faire de la pédagogie différenciée!!!
3 mars 2012 à 16:21
PR27
what is "un vrai système de bourse" ? Si les moyens de l’université "s’en trouvent significativement renforcés", c’est que soit les bourses soient peu nombreuses, soit faibles, soit viennent de sources extérieures, qui auraient peut-être pu directement financer l’université plutôt que l’utiliser l’étudiant comme tampon financier ?
3 mars 2012 à 16:25
PR27
Désolé de mon intervention un peu abrupte, mais je crois qu’on présente trop souvent le couple "frais d’inscription avec de véritables bourses", pour donner une impression de donnant-donnant. Or, je crois que le bilan sera à la hausse à partir de revenus pas si élevés. On constate qu’il fait scandale d’augmenter les impôts des millionnaires, mais on proposerait d’augmenter les frais d’inscription pour les ménages gagnant 40 KE/an ?
3 mars 2012 à 16:55
Olivier Bouba-Olga
@ PR27 : dans le système actuel, ce sont les "pauvres" qui payent pour les "riches", je ne trouve pas ça très équitable. Pourquoi? Car les enfants de pauvres vont peu ou pas dans l’enseignement supérieur, les enfants de riche y vous tous y quasiment tous et que le tout est financé par l’impôt. Un système de droits d’inscription progressif avec les revenus et équitable, ne vous inquiétiez pas, c’est tout à fait possible.
3 mars 2012 à 17:12
PR27
Merci pour la réponse, j’entends bien l’argument, mais je suis convaincu qu’un tel système dérivera, que ce soit dans les montants d’inscription, la fonction liant frais et revenu, et dans les bourses. Rien de plus facile à moduler à la baisse que des bourses.
3 mars 2012 à 17:19
Rachel
L’essentiel du revenu de l’Etat, ce sont les taxes (TVA et TIPP ; plus de 50%). L’impôt sur le revenu ne représente qu’environ 15 % des recettes de l’Etat.
Pourquoi ne pas alors mettre en place des frais d’inscription modulés selon le revenu des parents ? Ceux qui peuvent payer le font et ceux qui ne peuvent pas ne payent pas. On verra alors si cela génère suffisamment d’argent pour mettre en place un système de bourses revalorisées pu autre action comme par exemple de la pédagogie différenciée. Ceci dit, beaucoup pointent du doigt un système socialement injuste. Que la droite soit contre les frais d’inscription, c’est très logique. Que le PS fasse l’autruche sur cette question, je comprends moins.
3 mars 2012 à 17:54
PR27
Je vous laisse donc continuer à promouvoir implicitement la flat tax et nous en reparlerons quand les salaires des présidents d’université auront triplé et qu’on complètera les promos avec des étudiants de niveau moyen mais qui peuvent payer plein pot.
Que la droite soit contre les frais d’inscription, évidemment non, il suffit d’étudier le projet UMP. Qu’elle craigne de mettre la jeunesse dans la rue, comme elle a su le faire à de multiples reprises, contribuant à perdre les élections en 1988 et 1997, par contre, certainement.
3 mars 2012 à 18:25
Rachel
@PR27, si je peux vous rassurer sur cette question, je n’ai pas d’avis très tranché. Je pressens bien qu’il y a des avantages et des inconvénients. Mais je ne pense pas non plus qu’il faille forcement envisager des dérives comme par exemple le salaire des présidents (qui peut facilement être contrôlé par un CA ou même qu’il y ait une limite haute fixée nationalement). Je pense que c’est un débat qu’il ne faut pas occulter, en relation directe avec le financement de notre enseignement supérieur. La question est : comment faire avec le sous financement de nos universités ?
Quand à la droite, j’admet ne pas connaitre sa position officielle (je n’ai pas lu le projet UP odnt vous parlez). Je me souviens de la réaction de L Wauquiez, à la publication du rapport de Terra Nova.
« Le ministre de l’Enseignement supérieur Laurent Wauquiez a jugé vendredi "particulièrement scandaleux" le projet de la Fondation Terra Nova, proche du PS, d’augmenter progressivement les droits d’inscription à l’université, afin d’accroître les moyens des établissements. "Ce n’est pas notre projet"
« A la lecture de la proposition de Terra Nova de tripler ou quadrupler sous cinq ans les droits d’inscription à l’université, Laurent Wauquiez, le ministre de l’enseignement supérieur a "failli tomber de [s]a chaise". "J’étais complètement abasourdi", assure-t-il au Monde. "Je trouve que dans cette période de crise, où toute l’attention est portée sur la question du pouvoir d’achat, ce type de mesure n’est pas acceptable. Il ne faudrait pas que les étudiants paient la facture de la crise."
De plus, juge le ministre, "penser que Terra Nova qui est un think tank proche du parti socialiste (PS), produise ces idées avec le plus parfait cynisme, a un côté surréaliste. On a toujours pas entendu un responsable du PS se distancer de cette proposition. Cela induit que ce type d’idée peut être potentiellement reprise dans le projet du PS".
3 mars 2012 à 18:34
Jojo
C’est le même Wauquiez qui dénonce le cancer de l’assistanat ? Donc c’est un sketch, juste pour dire le contraire des autres.
3 mars 2012 à 18:35
jako
"Pourquoi ne pas alors mettre en place des frais d’inscription modulés selon le revenu des parents ?" Une collègue me racontait ce que ce système avait donné en Italie: les fils d’instit se faisaient arnaquer "alla grande", puisque enfants de "fonctionnaires privilégiés" aux revenus (déclarés!) moyens: donc droit à rien. Par contre les gosses des experts en évasion fiscale (des artistes; ces italiens!) se voyaient octroyer des bourses et autres facilités refusées aux premiers. Naturellement en France tout le monde déclare ses revenus, personne ne fraude et donc ce genre de truc ne risque pas de se produire….
3 mars 2012 à 18:46
étudiant inquiet
Rachel, si on fait payer les parents, quid des reprises d’études et des doctorats?
Ensuite, il faut s’entendre sur ce que "faire payer" veut dire. S’agit-il d’un montant défini nationalement ou par université, fait-on des différences par diplôme, par discipline, par nationalité?… Quel est le montant de ces frais, ~3.000€ (ce qui serait déjà 10 fois le montant actuel) ou le coût réel de la formation (plutôt autour de 10K€)?
3 mars 2012 à 18:48
Astronaute en transit
Sur cette question de l’enseignement-punition, l’Astronaute revient d’un petit séjour outre-Rhin. La mission consistait en donner un "block-seminar", une semaine de cours intensif couvrant le programme d’un semestre. C’est la seconde fois que je me livre à l’exercice.
Sur un plan personnel, cette semaine hors du système d’enseignement français a simplement été une excellente bouffée d’air frais, essentiellement un baume au moral. Ce qui est paradoxal, c’est que ce travail est très mal payé, tout aussi mal payé que celui que je fais en France et bien entendu tout aussi limité dans le temps. On parle d’enseignement-punition aussi quand la rémunération est si chiche et que la considération qu’on reçoit en contrepartie est pour le moins congrue (après ça, point de mystère à ce que des gens considèrent leur statut comme le véritable trésor qu’ils ont à défendre).
Quelque part, la satisfaction que j’ai tirée de faire ce boulot pour, en termes de rémunération, ne recevoir que des cacahuètes, mais, en terme d’accomplissement moral, me sentir gonflé à bloc, est assez bizarre à analyser. Aussi peu payé que j’aie été, j’ai trouvé le fait d’être réinvité, et d’être accueilli avec beaucoup de gentillesse par des collègues allemands comme une sorte de compensation. Les cyniques diront que c’est normal d’être accueilli gentiment par des gens qui ont trouvé un pigeon acceptant de travailler autant pour des prunes. Bon…
Mais puisqu’on se demandait comment valoriser l’enseignement, je crois que cette récente expérience montre qu’on ne peut pas entièrement négliger la dimension morale qu’il faudrait pouvoir retirer de son travail. Être invité à le renouveler, ça peut aussi être une forme d’évaluation, de jugement porté sur la qualité du travail d’enseignant. proposition ténue, j’avoue, mais que je voulais partager. Venant d’un vacataire habitué à subir de la part de titulaires discriminations, faible rémunération, absence de sécurité et certaines accusations sous-entendues d’incompétence…
3 mars 2012 à 19:10
Septime
@ PR27
"on complètera les promos avec des étudiants de niveau moyen mais qui peuvent payer plein pot"
La crainte que vous évoquez vaut pour les écoles et les filières sélectives et pas pour les licences générales des universités. Comme on n’y sélectionne pas, on ne peut pas dire qu’on "complète" une promo.
Cette situation existe actuellement en Russie où les étudiants qui sont sélectionnés assez strictement sont pris en charge par l’état et où, pour compléter leurs revenus, les université inscrivent des étudiants payants qui n’ont pas le même niveau.
Je ne suis pas persuadé que cela n’existe pas en France dans les filières sélectives en particulier avec les étudiants étrangers, souvent admis hors sélection et qui sont invités à payer le "coût complet".
3 mars 2012 à 19:21
Rachel
@Etudiant, ce n’est pas spécialement un projet que je défends, mon point est qu’il ne faut pas occulter ce débat. On peut aussi choisir d’augmenter les impôts ou la TVA ou autre. L’université est sous financée et ne pourra pas jouer le rôle qu’on veut lui confier dans ces conditions, alors il faut trouver des solutions. La solution de facilité serait de retourner à l’étape d’avant (avant la LRU et tout le reste, bref l’âge de pierre), c’est-à-dire un pilotage de l’université par les EPST pour la recherche et un rôle de voiture balai pour l’enseignement supérieur, et ça je n’aimerais pas.
Pour les doctorants, c’est gratuit, bien entendu. Maintenant les doctorant ont un contrat de travail, salariés de l’université …. Il serait très stupide de leur faire payer des droits d’inscription. La position de la CPU (ou le L. Vogel) sur ce point est hallucinante !
@Astronaute, ça fait plaisir de vous revoir avec un soupçon de meilleur moral ! …
3 mars 2012 à 20:11
PR27
@Septime : oui, ça vaut pour les formations sélectives et les masters.
En sus, ça pourrait valoir pour ce qui semble être l’avenir dans nombre d’établissements : la licence sélective parallèle à la licence standard. Reste à monter le mécanisme pour empêcher les étudiants de postuler aux licences standard. Cela se fait assez bien, par un dialogue entre les ministères de l’intérieur et des Aff. Etr….
A cette heure, les formations (toutes sélectives, ingénieurs ou masters) que je connais/gère compartimentent les étudiants français et étrangers dans des cursus distincts. Il n’y a pas de promo mixte cher/pas cher. Sont payants, par exemple, des masters de type Erasmus Mundus ou DNM (Diplôme National de Master) des écoles ingénieurs, mais ces cursus sont clairement à destination des étrangers. Tout cela est appelé à bouger, car ça amène les établissement à doublonner des cursus. L’agence de notation Fitch-toi-de-moi vient d’ailleurs de faire paraître une savante analyse expliquant que les frais d’inscription sont appelés à augmenter fortement en France…
3 mars 2012 à 23:28
Astronaute en transit
@ Rachel, mon moral décroit dès que je repasse la frontière et reviens dans ce pays… Vivement un peu plus de carburant dans ma navette pour repartir ailleurs!
4 mars 2012 à 09:48
dan- visseur de cale
1 – ce qui m’épate, c’est que nous continuons à raisonner implicitement à effectifs constants ou en croissance, alors qu’en diminuant d’un tiers le nombre des étudiants, et d’un peu moins le budget,cela donnerait quelques marges de manoeuvre financières et beaucoup de marges pédagogiques. A lire certains, l’U est devenue le collège unique : hétérogénéité et complexité pédagogique. Est-ce donc une fatalité ? ( qui mène droit au mur, comme constaté) . En gros, si la sélection a lieu en fin de L1 ou L2, faisons la avant L1. Tout bénéfice pour tout le monde.
2 – ce qui me désole, c’est cette histoire de carotte et de baton, comme si, pour bien faire son boulot, on avait tellement besoin de stimulis. En management ( mille pardons, m’sieur dames), nous constatons que les plus grandes réussites sont fondées sur le moteur interne, l’amour du métier, la recherche de signes de reconnaissance hors rémunération. pour ceux qui sont dans les tranches moyennes, Mac Gregor est plus vrai que Maslow, Vroom est vérifiable.Ce qui me motive, c’est l’attention et l’intérêt des étudiants, l’utilité de mon boulot, le sens qu’il a par rapport à mes valeurs, et cela pourrait être aussi la considération de l’encadrement s’il y en avait un ( mais je suis vacataire). Le mauvais côté de la culture des entreprises semble passé à la fac : l’obsession de la promotion, du titre, de la carrière,de la carotte. ce sont les ânes qui marchent à la carotte, et encore ( revoir La folie des grandeurs ).
Dans ma boite, on a des chargés d’affaire de 55 ans et plus, qui ne seront jamais chefs, mais qui font un super boulot de terrain, qui sont appréciés de leurs clients, des ouvriers, des collègues, et d’eux-mêmes. Les organisations ont besoin de soutiers heureux, beaucoup moins de carriéristes et de chefs qui coûtent cher et s’y croient.
4 mars 2012 à 10:30
Sébastien
Dan, pour rebondir sur votre dernière phrase, pour quelqu’un qui a fait de brillantes études, toujours été un très bon élève, qui finit avec un doctorat et devient MCF, il me semble difficile de ne pas "s’y croire". Tous les PU que je connais (et ils sont nombreux) et la plupart des MCF (en tout cas des plus jeunes d’entre eux, qui y croient, et s’y croient, encore) ont des ego bien dimensionnés… Ce n’est pas forcément qu’un défaut d’ailleurs…
4 mars 2012 à 10:39
Rachel
Dan, je suis assez d’accord avec vous, et c’est aussi pour ça que j’insiste (dans un commentaire ci-dessus) de l’importance de redonner à un sens à la licence.
4 mars 2012 à 10:45
Astronaute en transit
Je pense que l’enseignement restera encore longtemps une punition tant que les différentes solutions évoquées dans ces discussions passées se heurtent, l’une après l’autre, à des tabous culturels ou des tabous de principe.
Améliorer la rémunération? Mais cela supposerait de nouvelles ressources de financement, y compris le paiement par les usagers, mais il parait que ce n’est pas acceptable et que cela mènera à des dérives.
Améliorer l’évaluation, et ensuite les promotions et parcours de carrière? Mais cela supposerait donner un pouvoir de jugement sur des supérieurs hiérarchiques, académiques et administratifs, ainsi qu’à des étudiants, et cela non plus ce n’est pas acceptable parce qu’il y aura des abus.
Sébastien relève, assez justement me semble-t-il, que le parcours de "premier de la classe" des universitaires les dote d’ego solides. Pourtant, c’est bien en raison de cette nature qu’ils s’accrochent ensuite à ces différents tabous culturels qui éliminent d’office la discussion d’éventuelles solutions les unes après les autres. Je crois qu’aussi bien l’ego résulte de ce mode de formation que ce vécu de l’enseignement comme punition, et les universitaires sont ainsi les premiers auteurs de leur état d’esprit actuel.
4 mars 2012 à 11:02
Astronaute en transit
@ Dan: cette notion de soutier heureux me parle assez naturellement. Il est évident dans mes récentes contributions que non seulement je me sens être l’un de ces soutiers (beaucoup plus que je ne me sens être un de ces "anciens-très-bons-élèves-qui-ont-naturellement-droit-à-la-considération-et-au-statut-envié-d’universitaire"). Je n’ai pas l’ambition d’être un jour patron d’un département de ma discipline, ou président d’université, ni même d’accumuler des prix et d’autres médailles pour couronner l’importance de ma contribution scientifique. Mon expérience allemande récente montre d’ailleurs que je peux encore être motivé par la qualité d’une expérience au travail même lorsque cela rémunère peu… mais il faudrait bien aussi reconnaître que je pourrais difficilement vivre de là dessus.
Je veux donc bien exercer à une position et à un grade modeste. Ce que je ne trouve plus acceptable, c’est de voir justifier non seulement cette position, mais la faible rémunération, voire même la diminution du travail et du revenu pour des questions de différences de statut et de priorité naturelle accordés aux uns qui sont conformes aux normes de l’universitaire fonctionnaire. D’aucuns s’indignent ensuite que j’exprime un ressentiment certain contre ceux qui voient leurs compétences et leur position comme justifiées par leur statut avant même la façon plus ou moins correcte dont ils exercent leur métier… le même que le mien, mais avec le statut en plus.
Exercer ce métier ne devrait pas être une punition, il relève d’un choix. J’ai pu faire les études que je souhaitais et choisir une activité correspondant à mes goûts et mes capacités, je suis conscient qu’il s’agit d’une chance, plutôt que de subir une activité abrutissante, répétitive, et sans stimulant pour ma vie et ma personnalité. Seulement voila, rester soutier dans les conditions actuelles, c’est impossible d’en être heureux, et ce métier devient dans ces conditions abrutissant, répétitif, et sans stimulant pour ma vie et ma personnalité. Et ensuite, quand on envisage de faire les choses autrement, on se voit objecter tous les tabous culturels et systémiques que j’évoquais plus haut.
Donc, je partage votre souhait de soutiers heureux, mais pas parce qu’on les cantonnerait dans des positions subalternes: mais parce qu’on saurait tout de même, matériellement aussi bien que psychologiquement leur donner des raisons de trouver leur bonheur dans cette position. Et cela, il y a une coalition d’intérêts établis qui refuse carrément de se donner les moyens de le faire, car cela remettrait en cause leur propre confort.
4 mars 2012 à 12:35
Marianne
Pour parler de l’ego des MCF c’est a mon avis tres variable. Qd on a galere vachement longtemps et qu’on se dit que c’est passe a ca, ben je crois qu’on la ramene pas meme si le taf est drolement chouette…Sinon, ceux qui la ramenent c’est ceux qui ont eu une cuillere d’argent dans la bouche, qui ont fait leur these avec … qui est super connu et qui sont passe en un clin d’oeil
Je pense par contre que pour "tenir" dans ce milieu il faut quand meme un minimum de confiance en soi. La recherche c’est douter car si on se lance sur des choses vraiment nouvelles (et c’est ca qui est tripant, pas de refaire avec un chouya ce qu’a fait ….) ben on n’est pas sur que ca va aboutir, que c’est bien pose…Donc il faut quand meme croire en soi car on a en face de soi un univers tres concurentiel ou un certains nombre de gens sont convaincus d’etre la derniere reincarnation de gauss(vous pouvez adapter si vous etes physicien) . Par ailleurs le systeme ou on peut se faire retoquer ses papiers, ses projets etc…fait qu’on est souvent sur la selette et qu’on se met souvent "en danger" surtout si on evolue (ben si on fait toujours le meme truc, c’est plus facile et puis on connait tout le monde, les referees eventuels notament)
Mais c’est ca qui vaut le coup. Moi un jour j’avais discute avec un gars qui était une pointure dans son domaine et il me disait que tous les x ans il changeait de thematique et repartait a zero. Il se reprenait des gamelles comme un jeunot et puis peu a peu arrivait a faire passer ses idées
Un gars comme ca moi ca me donne envie de continuer…
4 mars 2012 à 21:13
Petit cerveau
Dan, 9:48, votre point 2 est a nouveau excellent, et vous commencez presque a ecrire comme un universitaire syndicaliste… Ce que vous dites de la carotte et du baton est effectivement ce que beaucoup de collegues du temps ou j’etais en France comprenaient comme etant les "methodes venu du prive" (la terminologie change un peu maintenant, ils parlent du "new public management" ou de "management a la France Telecom" si j’en crois les sites de SLU ou SLR). Ca vous decrit aussi le niveau que peuvent atteindre les relations sociales a l’universite francaise, et ca ne semble malheureusement pas proche de s’ameliorer.
4 mars 2012 à 23:13
dan- visseur Sisyphe
@Petit cerveau : je ne suis pas sûr que pour moi "syndicaliste " soit un compliment ( je l’ai été, mais la position du refus et du dénigrement, le procès d’intention systématique "ils font ça pour nous b…Cela me fatiguait, rendait malheureux et négatif, donc inutile)
Dans l’entreprise aujourd’hui, il me semble qu’il y a deux approches en contradiction :
X- les "financiers " ( ceux qui se sont accordé 34 % d’augmentation en pleine crise) qui méprisent les autres et sont parfois schizo : leur discours ignore ce que fait leur portefeuille.
Y = les braves gars ( comme moi ) qui aiment leur boulot, essayent de manager les gens sans illusions , mais avec respect, servent d’écran et filtre par rapport aux injonctions des "X" , et ont compris qu’il n’y avait pas beaucoup de carottes, mais qu’on pouvait aimer son job et le faire bien pour une rémunération "décente" ( c’est quoi, le niveau de "décence" ? vaste question – cf. Astronaute)
J’ai pris les X et Y de mac gregor, qui ne connaissait sans doute pas polytechnique, MM Proglio et Zaccharias.
Bref, dans l’entreprise, nous sommes nombreux à tâcher de devenir des Sisyphes heureux, sans grande illusion sur les grands chefs ( qui parfois viennent de nos rangs et ont reçu des grâces d’état et des bonus).
Je me suis toujours opposé aux bonus pour leur aspect dégradant et méprisant de la nature humaine. Je n’ai pas toujours gagné. mais en même temps il faut trouver comment sanctionner les tire aux flancs qui pourrissent le métier- et que les syndicats ont la fâcheuse manie de défendre, se montrant ainsi aussi méprisants envers la nature humaine que les patrons;
Nota : cela nous éloigne de l’angoissante question de Rachel : faut-il vraiment associer recherche et enseignement ? Quels apports pour qui ? Quid si on faisait autrement ?
6 mars 2012 à 18:44
jako
« Ce sont les ânes qui marchent à la carotte, et encore ». Soit. L’université compte alors d’innombrables ânes : d’abord les étudiants, auxquels on propose des carottes de toutes les couleurs et de tous les goûts : sous forme d’examens, sous forme de diplômes lesquels sont supposés à leur tour leur fournir un hypothétique emploi. Et puis évidemment les enseignants, avec les PES, avec les « IDEX » et les promesses de milliards, avec les titres de gloire ou avec les « bonnes notes » qu’ils attendent de leurs tutelles. C’est bien avec des carottes que les universités ont accepté de professionnaliser tous leurs cursus, alors que dans le même temps on déligitimait et on continuait de tuer à petit feu les BEP puis les filières de Bacs pro… La perspective d’un (hypothétique) emploi ou l’assurance / la promesse (supposée…) de conserver celui qu’on a, ce n’est pas de la carotte ? Que n’ont accepté un certain nombre d’individus et d’institutions grâce au chantage à l’emploi !? La carotte, ya que ça…
http://www.marianne2.fr/SlovarMarianne/Sarkozy-et-Medef-Vers-une-legalisation-du-chantage-a-l-emploi_a408.html