A mon avis, le plan d’investissement d’avenir (le PIA et ses bidulex) marque une transition très marquante du paysage de notre ESR. Il a été décidé d’investir de façon très sélective sans préoccupation territoriale, ce qui tranche radicalement avec les pratiques antérieures largement basées sur le saupoudrage. Le choix a été fait par un jury international et ce choix a été respecté dans les grandes lignes. C’est là encore une rupture forte. Bien entendu certaines pratiques bananières ne sont pas à terre, comme le montre le repêchage de Labex lors de la première vague et surtout la négociation récente entre L. Wauqiuez et les deux des perdants (Lyon et Hésam) … (les autres aussi devraient prendre rendez-vous !). C’est maintenant la fin de la distribution (reste les IDEFI, il me semble) et c’est un peu la gueule de bois. Beaucoup se posent des questions, abondamment discutées ici et ailleurs : désertification, universités à deux vitesses, inégalités territoriales en sont les thèmes majeurs. Je mets ci-dessous quelques impressions extraites d’un dossier publié par Libération, avant-hier.

« On s’aperçoit que la répartition des Idex en France épouse la carte des points forts du CNRS à la fin des années 60. D’où la question : fallait-il un jury international pour découvrir ce que chacun sait ? Et ne faut-il pas une nouvelle initiative pour les sites qui se sont développés plus récemment ? » Patrick Fridenson, ici.

« Loin de clore le débat, la désignation des Idex en ouvre un autre. Que va-t-il advenir des territoires sans Idex ? Quid des petites universités ? Ne vaut-il pas mieux un paysage plus égalitaire et moins concurrentiel quitte à ne pas briller avec ces grands pôles ? Les candidats à la présidentielle, dont certains semblent encore hésiter, vont devoir se décider pour une vision ou une autre. » Véronique Soulé, journaliste à Libération, ici.

«Mais tout est réversible. Les sommes perçues ici ou là ne sont pas si importantes, les pelleteuses ne sont pas au travail. Nous demandons que soit réaffecté l’ensemble des sommes extrabudgétaires – celles des Idex, du plan Campus, etc – au budget de l’enseignement supérieur et de la recherche. Car il est urgent de réduire les inégalités entre les sites. Nous attendons que les candidats à la présidentielle mettent des engagements sur la table et abandonnent ces processus dits d’excellence. Car si quelques-uns se pavanent aujourd’hui, il y a beaucoup plus de déçus dans la communauté universitaire. Il y a eu un mouvement très fort en 2009. Certains l’oublient, pas moi.» Stéphane Tassel, secrétaire général du Snesup-FSU, ici.

A tous les traumatisés des bidulex : c’est ici.

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