La Gaïa Universitas est un blog entretenu par des extraterrestres. Ils ont pour mission d’étudier l'étrange comportement des universitaires Terriens en cette période trouble pour l'Université. Mais leur mission ne se déroule pas vraiment comme prévu...
Marianne, je ne partage pas complètement votre vision pessimiste mais je ne vais rien dire de plus sinon on va encore m’accuser d’être une taupe du gouvernement.
Lors de cette visite à Saclay, François Fillon déclarait à propos du projet de l’Université Paris-Saclay : « Si vous ne réussissez pas, ce serait un retour à une forme de glaciation ».
Marianne, le test de la taupe consiste à écrire un billet sur les parties croustillantes des documents d’idex. On y apprend alors que l’idex a proprement parler n’est qu’un 1/3 de l’union des établissements (les bons), mais pourtant que le but était de créer des établissements géants en fusionnant, mais en fait on comprend qu’on fusionne et qu’après on trie pour ensuite pouvoir dire “small is beautiful” et “qualité et pas quantité”.
La démarche est astucieuse mais malhonnête et non assumée.
PR27, vous noircissez vous aussi le panorama. La réalité est tout autre : le point de départ est effectivement de construire les bidulex sur une basse pas trop large, on est d’accord. Les conditions pour avoir un IDEX, c’est de promettre de fusionner rapidement, on est d’accord aussi.
Ensuite les choses se passent comme cela : on concentre les moyens sur cette base. Il s’agit des moyens du grand emprunt, mais aussi les autres promesses qui sont écrites dans les annexes du dossier et dont on n’a pas connaissance (lettres d’engagement des tutelles et des diverses partenaires), sauf les taupes, bien entendu. Il ne s’agit pas seulement d’argent frais mais aussi de moyens humains. Ainsi les futurs postes statutaires, les financements de thèse et de post-doc seront fléchés sur ces IDEX ou Labex. Cela aura pour conséquence d’assécher ceux qui sont à coté de l’IDEX ou Labex. En plus de cela on aura compris que les bidulex sont surtout un label. Avoir un label donne confiance auprès des investisseurs (ANR, Europe, région, industriels, CNRS, BQR, etc …), c’est un gage de qualité. Ainsi les équipes de recherche des bidulex auront un avantage évident pour les réponses aux appels à projets ou autres contrats discutés et signés dans les couloirs. Cela aura pour conséquence d’assécher aussi financièrement ceux qui ne sont pas dans les bidulex.
Bref il ne fera pas bon vivre à l’hombre d’un bidulex.
Bien entendu la situation deviendra vite intenable. Toutefois, étant donné que la communauté sera clivée, et que les nouveaux seigneurs de la science refuseront tout naturellement d’abandonner leur nouveau statut, il se passera alors la chose suivante. Les bons chercheurs hors-bidulex rejoindront alors les bidulex (pull effect). On les comprend, eux aussi ils veulent de l’argent pour bosser, ils veulent des thésards, des post doc, etc … il ne restera alors plus grand-chose dans ces labos (qu’on appellera Ex – Lab). Les derniers restants, ceux qui ne parviendront pas à intégrer un bidulex, n’auront d’autre choix que de se reconvertir dans l’enseignement (enseignement = punition des gros nuls).
Voilà ce qui va se passer, tout cela était très planifié dans notre petite cellule au gouvernement, je peux bien vous le dire à présent étant donné que l’opération bidulex est maintenant terminée et que le très perspicace blogueur Pierre Dubois a démasqué mon statut de taupe.
Tentative de mise en perspective historique.
Je pense qu’on comparera dans quelques décennies cette histoire de bidulex à celle des gares à la fin du XIXème siècle. Accepter de courir après les bidulex qui introduisent actuellement la panique que l’on sait dans le monde de l’ESR, ça ressemble à se démener pour que la future grande ligne de chemin de fer passe par le centre ville, qui devient alors un innommable chantier pendant quelques années, qui est défiguré définitivement par des viaducs et des tranchées, etc.
Dans 20 ou 30 ans, le mécanisme décrit par Rachel fera que les universités qui ont refusé de concourir (ou perdu) se trouveront dans la situation des villes qui ont laissé la grande ligne (ou plus tard l’autoroute) passer à distance.
Évidemment, on peut se dire que ça ne servait à rien de concourir, puisque tout allait être remis en cause au prochain changement politique. Mais visiblement, que ce soit pour les retraites ou l’université, l’opposition de gouvernement actuelle est ravie que ses prédécesseurs lui évitent, si elle arrive au pouvoir, d’avoir à prendre des mesures impopulaires; elle ne les annulera pas, mais en dénoncera quelques injustices bien visibles, qu’elle pansera (retraite à 60 ans rétablie pour des minorités très minoritaires, Idex peut-être rebaptisés accordés à deux ou trois candidats supplémentaires – nord de la France, région lyonnaise, le parisien dont l’antenne strasbourgeoise a un nom en 3 lettres commence par un E et finissant par un A) et le tour sera joué.
Mais ce blog existera-t-il encore dans 20 ou 30 ans pour vérifier ces prévisions ?
Dans quelques décennies, on comparera surtout l’ESR à la société féodale des gueux, des mendiants et des nobles seigneurs… Ah j’oubliais aussi la figure du “courtisan”, essentielle dans le tableau général…
François, peut-être une nuance : l’Etat français n’a pas dit alors que seule une dizaine de villes pourrait être desservie par le train ; il y avait d’ailleurs alors de multiples compagnies. C’était au choix de chaque ville, je suppose. Orléans et Tours ont probablement fait de mauvais choix. Pour revenir à l’ESR, je n’ai rien contre une ré-organisation. Simplement, je ne suis pas convaincu par les propositions que je lis, par les réunions auxquelles je participe ou dont j’ai les compte-rendus. Je vois des casquettes qui se mélangent, plein de choses pas vraiment mieux argumentées que si les syndicats géraient les affaires, et je me demande si le boulot avance mieux, concrètement. J’ai un doute.
@François Très bonne, cette idée de comparer avec l’histoire des gares. D’accord avec vous que la gauche au pouvoir ne fera que du relifting du système mis en place par la droite. Si les Régions socialistes et une idée absurde de 50% de gens en licence s’y mettent, le clivage va augmenter, les IDEX devenant des sortes d’arches de Noë pour ceux qui veulent faire surtout de la recherche.
@Rachel Vous oubliez les IDEFI… C’est la cerise sur le gateau qui coulera définitivement les gros nuls en enseignement aussi…
La comparaison avec l’histoire des gares est plus que douteuse : elle est erronée.
Il s’agissait de constituer un maillage très serré et plutôt égalitaire du territoire national avec comme le souligne PR 27 la coopération des compagnies privées.
Ce maillage était l’objectif de l’empereur Napoléon III qui en a fait un des objectifs “modernisateurs” de son règne. Voir par exemple dans le roman de Zola, Eugène Rougon, la reprise de discours de Napoléon III, de ses ministres et des banquiers comme Pereire.
Rien à voir avec la recherche, les universités, les Idex…
L’idéologie a encore frappé avec comme auxiliaire une lecture déformée de l’histoire, donc révisionniste.
Quant à ce que fera une éventuelle présidence Hollande, soyons donc prudents et modestes. D’abord l’élection n’est pas terminée et le Parlement loin d’être élu. Dans ce domaine, et comme le montre l’histoire récente on n’a toujours eu des surprises.
Par ex. un truc concret qui m’intéresse, c’est si avec les RCE, on saurait par ex. remplacer des “mois de profs invités” par des “X semaines de prof invité”, où X est flexible (par ex=2, 3 ou 6). Je suppose que les “mois invités”, sorte de tampons suite à des départs de fonctionnaires pas encore remplacés et pas utilisés par des mois d’ATER, sont maintenant bien plus flexibles. Rien vu en pratique, sauf les finances qui ont fait chuter le nb de mois invités possible, et pas possible de partager des mois invités entre 2×15 jours pour 2 personnes différentes. Côté Labex, on peut seulement inviter de l’ultra-haut prestige pour très longtemps….
Peut-être que François ne voulait pas remonter jusqu’à Napoléon III mais simplement aux gares récentes de type TGV ?
A ce sujet, on pourra remarquer tout de même que les IDEX provinciaux sont Toulouse, Bordeaux, Marseille et Strasbourg. Bref que des grosses villes les plus éloignées de Paris. La couronne de désert autour de Paris est maintenant très étendue …
@PR27, je ne pense pas que les profs invités soient gérés par le ministère, donc avant ou après la RCE, je ne vois bien la différence. Je pense qu’il s’agit surtout de pratiques locales qui décident de favoriser des séjours long (ex: 6 mois) ou bien de découper en petits morceaux (6×1 mois) ?
Rachel, désole pour mon problème d’intendance. Par cet exemple, je voulais montrer que les emmerdes bureaucratiques ne se sont nullement allégées, au moins de ce que je peux percevoir. Toujours des logiciels comptables, des procédures de marchés publics, etc… les trucs qui pourrissent les journées et font perdre un temps incroyable. Or, on nous a vendu quand même les réformes comme apportant des solutions aux problèmes de mammouth. Le mammouth a changé la couleur de sa laine….
Rachel, il parle de la “fin du XIX ème siècle” – ce qui est déjà une erreur : la plupart des gares et surtout des réseaux se sont mis en place entre 1840 et 1870.
Je pense toujours que la rigueur des raisonnements ne doit pas se limiter aux sciences “dures” mais aussi concerner les autres sciences.
L’histoire est aussi une science qui, lorsqu’un argument qui en est issu est utilisé dans un argumentaire, doit être rigoureusement exact.
Vous n’admettriez pas un a-peu près en physique. Il est également inadmissible en histoire.
Par ailleurs, sur les gares TGV, les villes se sont battues pour en avoir. Dans ma région, la commune de Sablé dispose d’un arrêt TGV. Devineriez-vous pourquoi?
PR23, moi je suis du coin, alors je sais pourquoi Sablé a le TGV : parce que la question a été soumise à un jury international indépendant, qui a jugé que l’endroit était stratégique et excellent.
@PR27, je suis assez d’accord avec vous. Je trouve que moi aussi tout cela se complexifie. A mon avis le métier d’un EC ce n’est pas celui d’un réparateur de photocopieuse ou de mettre le nez dans des logiciels comptables …peut-être aussi que l’intendance n’est pas à la hauteur ?
@PR23, peut-être que François parlait des travaux d’envergure engendrés par la construction de gares en plein centre ville ? (travaux d’Hercule comparables à ceux de la transformation de notre ESR ?). Pour votre question sur la gare de Sablé, je ne sais pas … parce qu’il y avait à Sablé un élu qui avait des copains bien placés dans la sphère de décision ?
oui, c’est un élu très célèbre, François de son prénom, député à l’époque de la Sarthe…et il n’avait pas besoin de copains, lui-même étant en position de décider comme ministre dans les années 1980.
Par contre, il n’ a pas a-priori beaucoup aidé sa région pour les bidulex, vexé comme il a été d’avoir été viré de la présidence de la région en 2004.
Tiens et une question qui n’a rien a voir. J’ai vu qu’en maths les postes de MCF/PR ont diminue d’environ 30% cette année par rapport a l’an dernier
C’est vrai qu’en maths ou c’est la meme chose dans vos disciplines respectives?
Ca touche essentiellement les petites facs : les grosses ont l’air épargnées (quoique pas tant que ca …). Ca rejoint donc ce que dit Rachel : pas excellent t’es mort
Marianne, si le nombre de postes baisse, c’est un choix stratégique des université et aucunement une politique du ministère, qui ne joue plus que le rôle de panneau d’affichage (et en affichage, il s’y connaît). On peut comprendre qu’il y ait de la désaffection et que d’autres postes paient mieux : http://www.edubourse.com/remuneration/jerome-pecresse.php
D’acc les petites facs economisent en ne renouvellant pas des postes. Mais 30% c’est énorme! Si c’est pareil partout, ca veut dire qu’il y a de vrais problemes financiers sous jacents ou alors qu’on choisit massivement de recruter des précaires (plus malléables et moins chers)
Tiens si je regarde en info : il y a eu -30% en 2010 en MCF (de env 150 à 117), a peu pres stable en profs (avec petite baisse). J’ai l’impression que les LRU a tout localise et a change les rapports entre les disciplines. Par exemple dans une fac de sciences eco, les postes seront essentiellement reconvertis en gestion ou en eco car ces disciplines sont majoritaires
Je sais pas ce que ca va avoir comme implication. Sans doute les UFR vont devenir monodisciplinaires : un gars qui fait de l’eco n’aura que des economistes comme profs, le gars qui fera de la physique que des physiciens etc… Ca correspond a ce qui se passe chez vous ou je suis a cote de la plaque?
L’enseignement supérieur étai-il vraiment de meilleure qualité lorsqu’il y avait 30% de postes (on dit bien de postes, pas de de “personnes compétentes”) en plus?
Il est piquant qu’on accuse le “chiffre” d’être la seule motivation derrière les réductions d’effectifs, mais ne va-t-il pas du même raisonnement quand on plaide pour des augmentations?
Pour ma part, j’ai trouvé intéressante, au fil de la discussion, la petite comparaison faite entre la construction des infrastructures ferroviaires et l’idéal de “maillage territorial” qu’on assigne actuellement aux établissements d’enseignement supérieur. Tout aussi intéressant est la tentative de disqualification de cette comparaison faite sous le prétexte d’ peu près historique (ne confondons surtout pas le Second Empire et la Troisième République). Cela nous rappelle à point qu’on n’est pas jugé compétent dans une discipline sans avoir passé un concours de fonction publique!
@Astronaute : ca je ne sais pas. La question que je me posais c’est comment la LRU a change les rapports entre les disciplines, les pratiques de recrutement et tout et tout…Sinon, j’ai vraiment l’impression que dans l’ESR la logique financiere est prépondérante….C’est pour ca que je parle de chiffres…
@ Astronaute.
A propos d’Empire j’ai reçu par Internet une galerie de 3 portraits qui donne peut-être une explication à la situation actuelle :
- Napoléon Ier : 1er Empire
- Napoléon III : 2ème Empire
- Nicolas S. : 3ème en pire
@ Marianne: la LRU a-t-elle réellement bouleversé les effectifs et les relations de travail au sein de l’enseignement supérieur et de la recherche, ou n’est-ce simplement que le credo de deux qui ont toujours refusé son principe et continuent de défendre une gestion étatique et centralisée de tout ce secteur?
Je n’ai pas vu de meilleures opportunités d’emploi se créer, le fossé entre personnels titulaires et supplétifs est resté exactement le même… Quand à la logique financière (est-ce une façon de désigner que des instituions qui se veulent publiques sont enfin comptables de l’utilisation des fonds qui leur sont alloués par les contribuables, aux services desquels elle sont?) je ne vois pas non plus que la LRU l’ait rendue plus prépondérante dans les considérations et décisions.
Tout cela pour dire qu’au fond, la LRU aura alimenté bien des fantasmes: fantasmes de rejet par ses contempteurs parce qu’elle est très en deça de tous les slogans mobilisateurs pondus par les différents grévistes et bloqueurs qui prédisaient l’apocalypse résultant de ces quelques mesurettes; et fantasmes de portée, du côté de ses promoteurs gouvernementaux, qui ne veulent pas voir que la culture de travail de l’enseignement et de la recherche a peu évolué en cinq ans, étant plutôt l’affaire d’une génération.
Pour en revenir à l’affirmation originelle qui a généré ce fil de discussion, cela illustre surtout le peu de conséquence que devrait avoir un slogan électoral lancé sur Twitter.
Je parle bien sûr pour moi: si je ne suis pas du nombre de ces “chercheurs heureux”, ni la LRU, ni le gouvernement de droite n’y sont pour quelque chose. Ce qui a pourri ma carrière et m’ôte tant le plaisir d’y exercer que je veux désormais changer de métier, c’est bien le fait que les structures et les conservatismes de l’enseignement supérieur tel qu’il existe en France restent suffisamment intacts en dépit des “réformes”. Je ne vois nulle possibilité pour moi de m’investir dans ce travail, nulle possibilité de reconnaissance de ce que je contribue. Par contre on me demande de payer toujours plus pour entretenir les autres dans leur rente de situation. Les “chercheurs heureux” (salaire mensuel et job assurés) le sont peut-être parce qu’ils n’ont pas à s’en faire?
@ François: on jugera de la qualité du “pire”, à ce que je sache le 3ème ne se termine ni par Waterloo, ni par Sedan, mais par l’élection d’un énarque obnubilé par l’an de grâce 1981!
Bouleverse je ne sais pas
À mon avis ca à quand même change bcp de choses
Les bidulex officialisent le fait qu il y à les bons et les autres
En théorie la lru pourrait ouvrir la voie au recrutement massif de non fonctionnaires
c est d ailleurs à mon avis un des buts du gvt
ca se fait dans d autres ministères (finances par ex) il y à un poste pour 200 personnes qui sont soumises à une pression de folie
ce n est pas le recrutement de fonctionnaires qu il faut suppprimer mais ouvrir ces possibilités de recrutement à d autres cursus que le cursus classique (thèse agrégé par ex)
Concrètement qu’est-ce qui a changé avec la LRU ? Bien entendu la LRU a un gros potentiel, c’est un outil puissant mais il peut aussi être utilisé de façon constructive. Pas obligé d’imaginer qu’une université va décider de supprimer le recrutement de fonctionnaires pour ne recruter que des vacataires payés à l’heure. Un certain nombre d’entre elles réfléchissent à une université socialement responsable, la LRU fournit aussi des possibilités intéressantes. Moi la rhétorique de la peur, je n’adhère pas.
Ce qui poussé à recruter des vacataires sous payés c deux choses
1)le manque de moyens financiers plus de pognon donc ds certaines université on est oblige de geler des postes
2)la fongibilite asymétrique une fois que c est fait plus de retour en arrière possible
34 commentaires
Flux des commentaires pour cet article
21 février 2012 à 23:07
PR27
Elle s’est pris de belles réponses. J’avoue parfois céder à la facilité, mais elle le cherche bien.
22 février 2012 à 15:15
Marianne
Ce que j’aime bien avec Valerie c’est qu’elle fait toujours autant rigoler. Quelle comique!!!
22 février 2012 à 18:47
Marianne
D’un cote moi j’en vois aussi beaucoup de chercheurs heureux…que ce quinquennat finisse!Je crois que c’est un des plus pourris pour l’ESR
22 février 2012 à 19:40
Rachel
Marianne, je ne partage pas complètement votre vision pessimiste mais je ne vais rien dire de plus sinon on va encore m’accuser d’être une taupe du gouvernement.
Lors de cette visite à Saclay, François Fillon déclarait à propos du projet de l’Université Paris-Saclay : « Si vous ne réussissez pas, ce serait un retour à une forme de glaciation ».
22 février 2012 à 20:40
marianne
Mais si soeurette lâchez vous
Vous êtes une des plus sympathiques taupe que je connaisse
22 février 2012 à 21:17
PR27
Marianne, le test de la taupe consiste à écrire un billet sur les parties croustillantes des documents d’idex. On y apprend alors que l’idex a proprement parler n’est qu’un 1/3 de l’union des établissements (les bons), mais pourtant que le but était de créer des établissements géants en fusionnant, mais en fait on comprend qu’on fusionne et qu’après on trie pour ensuite pouvoir dire “small is beautiful” et “qualité et pas quantité”.
La démarche est astucieuse mais malhonnête et non assumée.
22 février 2012 à 22:43
Rachel
PR27, vous noircissez vous aussi le panorama. La réalité est tout autre : le point de départ est effectivement de construire les bidulex sur une basse pas trop large, on est d’accord. Les conditions pour avoir un IDEX, c’est de promettre de fusionner rapidement, on est d’accord aussi.
Ensuite les choses se passent comme cela : on concentre les moyens sur cette base. Il s’agit des moyens du grand emprunt, mais aussi les autres promesses qui sont écrites dans les annexes du dossier et dont on n’a pas connaissance (lettres d’engagement des tutelles et des diverses partenaires), sauf les taupes, bien entendu. Il ne s’agit pas seulement d’argent frais mais aussi de moyens humains. Ainsi les futurs postes statutaires, les financements de thèse et de post-doc seront fléchés sur ces IDEX ou Labex. Cela aura pour conséquence d’assécher ceux qui sont à coté de l’IDEX ou Labex. En plus de cela on aura compris que les bidulex sont surtout un label. Avoir un label donne confiance auprès des investisseurs (ANR, Europe, région, industriels, CNRS, BQR, etc …), c’est un gage de qualité. Ainsi les équipes de recherche des bidulex auront un avantage évident pour les réponses aux appels à projets ou autres contrats discutés et signés dans les couloirs. Cela aura pour conséquence d’assécher aussi financièrement ceux qui ne sont pas dans les bidulex.
Bref il ne fera pas bon vivre à l’hombre d’un bidulex.
Bien entendu la situation deviendra vite intenable. Toutefois, étant donné que la communauté sera clivée, et que les nouveaux seigneurs de la science refuseront tout naturellement d’abandonner leur nouveau statut, il se passera alors la chose suivante. Les bons chercheurs hors-bidulex rejoindront alors les bidulex (pull effect). On les comprend, eux aussi ils veulent de l’argent pour bosser, ils veulent des thésards, des post doc, etc … il ne restera alors plus grand-chose dans ces labos (qu’on appellera Ex – Lab). Les derniers restants, ceux qui ne parviendront pas à intégrer un bidulex, n’auront d’autre choix que de se reconvertir dans l’enseignement (enseignement = punition des gros nuls).
Voilà ce qui va se passer, tout cela était très planifié dans notre petite cellule au gouvernement, je peux bien vous le dire à présent étant donné que l’opération bidulex est maintenant terminée et que le très perspicace blogueur Pierre Dubois a démasqué mon statut de taupe.
22 février 2012 à 23:34
François
Tentative de mise en perspective historique.
Je pense qu’on comparera dans quelques décennies cette histoire de bidulex à celle des gares à la fin du XIXème siècle. Accepter de courir après les bidulex qui introduisent actuellement la panique que l’on sait dans le monde de l’ESR, ça ressemble à se démener pour que la future grande ligne de chemin de fer passe par le centre ville, qui devient alors un innommable chantier pendant quelques années, qui est défiguré définitivement par des viaducs et des tranchées, etc.
Dans 20 ou 30 ans, le mécanisme décrit par Rachel fera que les universités qui ont refusé de concourir (ou perdu) se trouveront dans la situation des villes qui ont laissé la grande ligne (ou plus tard l’autoroute) passer à distance.
Évidemment, on peut se dire que ça ne servait à rien de concourir, puisque tout allait être remis en cause au prochain changement politique. Mais visiblement, que ce soit pour les retraites ou l’université, l’opposition de gouvernement actuelle est ravie que ses prédécesseurs lui évitent, si elle arrive au pouvoir, d’avoir à prendre des mesures impopulaires; elle ne les annulera pas, mais en dénoncera quelques injustices bien visibles, qu’elle pansera (retraite à 60 ans rétablie pour des minorités très minoritaires, Idex peut-être rebaptisés accordés à deux ou trois candidats supplémentaires – nord de la France, région lyonnaise, le parisien dont l’antenne strasbourgeoise a un nom en 3 lettres commence par un E et finissant par un A) et le tour sera joué.
Mais ce blog existera-t-il encore dans 20 ou 30 ans pour vérifier ces prévisions ?
23 février 2012 à 09:53
jako
Dans quelques décennies, on comparera surtout l’ESR à la société féodale des gueux, des mendiants et des nobles seigneurs… Ah j’oubliais aussi la figure du “courtisan”, essentielle dans le tableau général…
23 février 2012 à 10:14
PR27
François, peut-être une nuance : l’Etat français n’a pas dit alors que seule une dizaine de villes pourrait être desservie par le train ; il y avait d’ailleurs alors de multiples compagnies. C’était au choix de chaque ville, je suppose. Orléans et Tours ont probablement fait de mauvais choix. Pour revenir à l’ESR, je n’ai rien contre une ré-organisation. Simplement, je ne suis pas convaincu par les propositions que je lis, par les réunions auxquelles je participe ou dont j’ai les compte-rendus. Je vois des casquettes qui se mélangent, plein de choses pas vraiment mieux argumentées que si les syndicats géraient les affaires, et je me demande si le boulot avance mieux, concrètement. J’ai un doute.
23 février 2012 à 14:26
amigues
@François Très bonne, cette idée de comparer avec l’histoire des gares. D’accord avec vous que la gauche au pouvoir ne fera que du relifting du système mis en place par la droite. Si les Régions socialistes et une idée absurde de 50% de gens en licence s’y mettent, le clivage va augmenter, les IDEX devenant des sortes d’arches de Noë pour ceux qui veulent faire surtout de la recherche.
@Rachel Vous oubliez les IDEFI… C’est la cerise sur le gateau qui coulera définitivement les gros nuls en enseignement aussi…
23 février 2012 à 15:51
PR23
La comparaison avec l’histoire des gares est plus que douteuse : elle est erronée.
Il s’agissait de constituer un maillage très serré et plutôt égalitaire du territoire national avec comme le souligne PR 27 la coopération des compagnies privées.
Ce maillage était l’objectif de l’empereur Napoléon III qui en a fait un des objectifs “modernisateurs” de son règne. Voir par exemple dans le roman de Zola, Eugène Rougon, la reprise de discours de Napoléon III, de ses ministres et des banquiers comme Pereire.
Rien à voir avec la recherche, les universités, les Idex…
L’idéologie a encore frappé avec comme auxiliaire une lecture déformée de l’histoire, donc révisionniste.
Quant à ce que fera une éventuelle présidence Hollande, soyons donc prudents et modestes. D’abord l’élection n’est pas terminée et le Parlement loin d’être élu. Dans ce domaine, et comme le montre l’histoire récente on n’a toujours eu des surprises.
23 février 2012 à 15:53
PR23
correctif : on a
23 février 2012 à 16:42
PR27
Par ex. un truc concret qui m’intéresse, c’est si avec les RCE, on saurait par ex. remplacer des “mois de profs invités” par des “X semaines de prof invité”, où X est flexible (par ex=2, 3 ou 6). Je suppose que les “mois invités”, sorte de tampons suite à des départs de fonctionnaires pas encore remplacés et pas utilisés par des mois d’ATER, sont maintenant bien plus flexibles. Rien vu en pratique, sauf les finances qui ont fait chuter le nb de mois invités possible, et pas possible de partager des mois invités entre 2×15 jours pour 2 personnes différentes. Côté Labex, on peut seulement inviter de l’ultra-haut prestige pour très longtemps….
23 février 2012 à 18:54
Rachel
Peut-être que François ne voulait pas remonter jusqu’à Napoléon III mais simplement aux gares récentes de type TGV ?
A ce sujet, on pourra remarquer tout de même que les IDEX provinciaux sont Toulouse, Bordeaux, Marseille et Strasbourg. Bref que des grosses villes les plus éloignées de Paris. La couronne de désert autour de Paris est maintenant très étendue …
@PR27, je ne pense pas que les profs invités soient gérés par le ministère, donc avant ou après la RCE, je ne vois bien la différence. Je pense qu’il s’agit surtout de pratiques locales qui décident de favoriser des séjours long (ex: 6 mois) ou bien de découper en petits morceaux (6×1 mois) ?
23 février 2012 à 19:25
PR27
Rachel, désole pour mon problème d’intendance. Par cet exemple, je voulais montrer que les emmerdes bureaucratiques ne se sont nullement allégées, au moins de ce que je peux percevoir. Toujours des logiciels comptables, des procédures de marchés publics, etc… les trucs qui pourrissent les journées et font perdre un temps incroyable. Or, on nous a vendu quand même les réformes comme apportant des solutions aux problèmes de mammouth. Le mammouth a changé la couleur de sa laine….
23 février 2012 à 20:15
PR23
Rachel, il parle de la “fin du XIX ème siècle” – ce qui est déjà une erreur : la plupart des gares et surtout des réseaux se sont mis en place entre 1840 et 1870.
Je pense toujours que la rigueur des raisonnements ne doit pas se limiter aux sciences “dures” mais aussi concerner les autres sciences.
L’histoire est aussi une science qui, lorsqu’un argument qui en est issu est utilisé dans un argumentaire, doit être rigoureusement exact.
Vous n’admettriez pas un a-peu près en physique. Il est également inadmissible en histoire.
Par ailleurs, sur les gares TGV, les villes se sont battues pour en avoir. Dans ma région, la commune de Sablé dispose d’un arrêt TGV. Devineriez-vous pourquoi?
23 février 2012 à 20:58
PR27
PR23, moi je suis du coin, alors je sais pourquoi Sablé a le TGV : parce que la question a été soumise à un jury international indépendant, qui a jugé que l’endroit était stratégique et excellent.
23 février 2012 à 21:57
Rachel
Oui, oui Amigues, j’ai oublié de parler des IDEFI, bien entendu ça fait partie du processus. J’ai déjà tout expliqué dans un billet précédent.
http://rachelgliese.wordpress.com/2011/10/22/trouver-son-karma/
@PR27, je suis assez d’accord avec vous. Je trouve que moi aussi tout cela se complexifie. A mon avis le métier d’un EC ce n’est pas celui d’un réparateur de photocopieuse ou de mettre le nez dans des logiciels comptables …peut-être aussi que l’intendance n’est pas à la hauteur ?
@PR23, peut-être que François parlait des travaux d’envergure engendrés par la construction de gares en plein centre ville ? (travaux d’Hercule comparables à ceux de la transformation de notre ESR ?). Pour votre question sur la gare de Sablé, je ne sais pas … parce qu’il y avait à Sablé un élu qui avait des copains bien placés dans la sphère de décision ?
23 février 2012 à 22:24
PR23
oui, c’est un élu très célèbre, François de son prénom, député à l’époque de la Sarthe…et il n’avait pas besoin de copains, lui-même étant en position de décider comme ministre dans les années 1980.
Par contre, il n’ a pas a-priori beaucoup aidé sa région pour les bidulex, vexé comme il a été d’avoir été viré de la présidence de la région en 2004.
24 février 2012 à 11:49
Marianne
Tiens et une question qui n’a rien a voir. J’ai vu qu’en maths les postes de MCF/PR ont diminue d’environ 30% cette année par rapport a l’an dernier
C’est vrai qu’en maths ou c’est la meme chose dans vos disciplines respectives?
24 février 2012 à 11:51
Marianne
Ca touche essentiellement les petites facs : les grosses ont l’air épargnées (quoique pas tant que ca …). Ca rejoint donc ce que dit Rachel : pas excellent t’es mort
24 février 2012 à 12:18
PR27
Marianne, si le nombre de postes baisse, c’est un choix stratégique des université et aucunement une politique du ministère, qui ne joue plus que le rôle de panneau d’affichage (et en affichage, il s’y connaît). On peut comprendre qu’il y ait de la désaffection et que d’autres postes paient mieux : http://www.edubourse.com/remuneration/jerome-pecresse.php
24 février 2012 à 13:40
Marianne
D’acc les petites facs economisent en ne renouvellant pas des postes. Mais 30% c’est énorme! Si c’est pareil partout, ca veut dire qu’il y a de vrais problemes financiers sous jacents ou alors qu’on choisit massivement de recruter des précaires (plus malléables et moins chers)
24 février 2012 à 13:50
Marianne
Tiens si je regarde en info : il y a eu -30% en 2010 en MCF (de env 150 à 117), a peu pres stable en profs (avec petite baisse). J’ai l’impression que les LRU a tout localise et a change les rapports entre les disciplines. Par exemple dans une fac de sciences eco, les postes seront essentiellement reconvertis en gestion ou en eco car ces disciplines sont majoritaires
Je sais pas ce que ca va avoir comme implication. Sans doute les UFR vont devenir monodisciplinaires : un gars qui fait de l’eco n’aura que des economistes comme profs, le gars qui fera de la physique que des physiciens etc… Ca correspond a ce qui se passe chez vous ou je suis a cote de la plaque?
25 février 2012 à 09:31
Astronaute en transit
L’enseignement supérieur étai-il vraiment de meilleure qualité lorsqu’il y avait 30% de postes (on dit bien de postes, pas de de “personnes compétentes”) en plus?
Il est piquant qu’on accuse le “chiffre” d’être la seule motivation derrière les réductions d’effectifs, mais ne va-t-il pas du même raisonnement quand on plaide pour des augmentations?
25 février 2012 à 09:35
Astronaute en transit
Pour ma part, j’ai trouvé intéressante, au fil de la discussion, la petite comparaison faite entre la construction des infrastructures ferroviaires et l’idéal de “maillage territorial” qu’on assigne actuellement aux établissements d’enseignement supérieur. Tout aussi intéressant est la tentative de disqualification de cette comparaison faite sous le prétexte d’ peu près historique (ne confondons surtout pas le Second Empire et la Troisième République). Cela nous rappelle à point qu’on n’est pas jugé compétent dans une discipline sans avoir passé un concours de fonction publique!
25 février 2012 à 11:41
Marianne
@Astronaute : ca je ne sais pas. La question que je me posais c’est comment la LRU a change les rapports entre les disciplines, les pratiques de recrutement et tout et tout…Sinon, j’ai vraiment l’impression que dans l’ESR la logique financiere est prépondérante….C’est pour ca que je parle de chiffres…
25 février 2012 à 13:38
François
@ Astronaute.
A propos d’Empire j’ai reçu par Internet une galerie de 3 portraits qui donne peut-être une explication à la situation actuelle :
- Napoléon Ier : 1er Empire
- Napoléon III : 2ème Empire
- Nicolas S. : 3ème en pire
25 février 2012 à 17:33
Astronaute en transit
@ Marianne: la LRU a-t-elle réellement bouleversé les effectifs et les relations de travail au sein de l’enseignement supérieur et de la recherche, ou n’est-ce simplement que le credo de deux qui ont toujours refusé son principe et continuent de défendre une gestion étatique et centralisée de tout ce secteur?
Je n’ai pas vu de meilleures opportunités d’emploi se créer, le fossé entre personnels titulaires et supplétifs est resté exactement le même… Quand à la logique financière (est-ce une façon de désigner que des instituions qui se veulent publiques sont enfin comptables de l’utilisation des fonds qui leur sont alloués par les contribuables, aux services desquels elle sont?) je ne vois pas non plus que la LRU l’ait rendue plus prépondérante dans les considérations et décisions.
Tout cela pour dire qu’au fond, la LRU aura alimenté bien des fantasmes: fantasmes de rejet par ses contempteurs parce qu’elle est très en deça de tous les slogans mobilisateurs pondus par les différents grévistes et bloqueurs qui prédisaient l’apocalypse résultant de ces quelques mesurettes; et fantasmes de portée, du côté de ses promoteurs gouvernementaux, qui ne veulent pas voir que la culture de travail de l’enseignement et de la recherche a peu évolué en cinq ans, étant plutôt l’affaire d’une génération.
Pour en revenir à l’affirmation originelle qui a généré ce fil de discussion, cela illustre surtout le peu de conséquence que devrait avoir un slogan électoral lancé sur Twitter.
Je parle bien sûr pour moi: si je ne suis pas du nombre de ces “chercheurs heureux”, ni la LRU, ni le gouvernement de droite n’y sont pour quelque chose. Ce qui a pourri ma carrière et m’ôte tant le plaisir d’y exercer que je veux désormais changer de métier, c’est bien le fait que les structures et les conservatismes de l’enseignement supérieur tel qu’il existe en France restent suffisamment intacts en dépit des “réformes”. Je ne vois nulle possibilité pour moi de m’investir dans ce travail, nulle possibilité de reconnaissance de ce que je contribue. Par contre on me demande de payer toujours plus pour entretenir les autres dans leur rente de situation. Les “chercheurs heureux” (salaire mensuel et job assurés) le sont peut-être parce qu’ils n’ont pas à s’en faire?
25 février 2012 à 17:35
Astronaute en transit
@ François: on jugera de la qualité du “pire”, à ce que je sache le 3ème ne se termine ni par Waterloo, ni par Sedan, mais par l’élection d’un énarque obnubilé par l’an de grâce 1981!
25 février 2012 à 17:48
marianne
Bouleverse je ne sais pas
À mon avis ca à quand même change bcp de choses
Les bidulex officialisent le fait qu il y à les bons et les autres
En théorie la lru pourrait ouvrir la voie au recrutement massif de non fonctionnaires
c est d ailleurs à mon avis un des buts du gvt
ca se fait dans d autres ministères (finances par ex) il y à un poste pour 200 personnes qui sont soumises à une pression de folie
ce n est pas le recrutement de fonctionnaires qu il faut suppprimer mais ouvrir ces possibilités de recrutement à d autres cursus que le cursus classique (thèse agrégé par ex)
25 février 2012 à 18:25
Rachel
Concrètement qu’est-ce qui a changé avec la LRU ? Bien entendu la LRU a un gros potentiel, c’est un outil puissant mais il peut aussi être utilisé de façon constructive. Pas obligé d’imaginer qu’une université va décider de supprimer le recrutement de fonctionnaires pour ne recruter que des vacataires payés à l’heure. Un certain nombre d’entre elles réfléchissent à une université socialement responsable, la LRU fournit aussi des possibilités intéressantes. Moi la rhétorique de la peur, je n’adhère pas.
25 février 2012 à 18:47
marianne
Ce qui poussé à recruter des vacataires sous payés c deux choses
1)le manque de moyens financiers plus de pognon donc ds certaines université on est oblige de geler des postes
2)la fongibilite asymétrique une fois que c est fait plus de retour en arrière possible