« Je suis enseignant (PRAG) et chercheur (docteur, “membre” d’un Labo UMR) mais en aucun cas considéré comme un enseignant-chercheur. 21 ans de carrière, professeur en CPGE, ENS prépa-Agreg, plus de 20 publications (bien plus que bon nombre de MCF de mon Labo !), chapitres de livres, brevets, conférences invité, projets de Recherche-Coopération étrangère proposés clefs en main à des PU si peu reconnaissants, même pour les voyages qu’ils ne manquent jamais de “consommer”, …. Tout cela pendant le WE, les vacances, à mes frais, au détriment de ma vie familiale, … mais rien que pour le plaisir ! Même pas la peine de demander un petit allègement de service pour terminer ses travaux en vue de préparer une HDR, systématiquement refusé : 6 PRAG candidats dans mon Université dont 5 doctorants et un docteur (moi), allègement de service accordé l’an passé aux 5 doctorants, refusé pour le prag-docteur car administrativement “ça n’est pas prévu pour un docteur mais seulement pour un doctorant”.

“Superbe” l’université française et ses grand maîtres. Ceux-là même qui s’enorgueillissent quand quelques uns de leurs étudiants réussissent l’Agrégation et les oublient bien vite une fois qu’ils sont partis sous les cieux de l’enseignement secondaire. Je ne peux que vivement déconseiller à tout agrégé ou certifié de se diriger vers ce poste abominable (le pire de toute ma carrière) : PRAG/PRCE, où ils trouveront surtout : du mépris de la part des MCF et des PU (qui voient souvent les PRAG/PRCE comme de “simples” enseignants quand ils ne nous prennent pas pour des enseignants simplistes !), des charges horaires lourdes et très souvent incohérentes (du style PEGC pour remplir à tous prix le service : math, techno et physique par exemple), mal réparties (jusqu’à 27 heures certaines semaines). Aucune possibilité ni légale (pas de CRCT, pas de délégation, pas d’allègement quand on est déjà docteur : rien en somme) ni humaine (aucun soutien, aucun conseil avisé, …) de faire valoir ses travaux de recherche et ses diplômes universitaires à l’université, c’est un paradoxe infâme.

En conclusion, un profond ras le bol de cette université française bornée, à oeillères qui n’offre aucune perspective d’évolution aux PRAG/PRCE même s’ils sont actifs dans la Recherche. Quelle nation a le droit de se priver ainsi de chercheurs motivés et courageux juste parce qu’ils ont suivi un parcours différent ? Aucune oreille compatissante et avisée n’entend ce type d’appel qui n’intéresse quasiment aucun universitaire. Pas même les syndicats de l’enseignement supérieur auxquels j’expose régulièrement cette situation et qui n’ont aucune solution locale à proposer, seulement des revendications nationales disparates dont on voit clairement la nullité de l’impact jusqu’à aujourd’hui.

Enseignants du second degré, si la Recherche vous intéresse, fuyez ces postes de PRAG/PRCE sans intérêt bien souvent et qui ne sont considérés qu’en terme de charge horaire et jamais en terme d’épanouissement personnel, de rayonnement. Il n’est pas possible en France (sauf exceptions rarissimes et suspectées comme toujours) de changer de parcours pour aller de l’enseignement vers la Recherche. »

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