A bas la finance, place aux peuples ! C’est le slogan que l’on a entendu avant-hier à Nice lors d’un rassemblement d’altermondialistes. Mais l’objet de ce blog n’est pas de parler de cette crise financière qui va conduire à un éclatement de l’Europe et à un retour à la barbarie. Recentrons donc notre attention sur notre enseignement supérieur. Je vous propose aujourd’hui quelques extraits de l’intervention de René Ricol (commissaire général à l’investissement) à propos des projets IDEFI (initiatives d’excellence en formation innovante), le 25 octobre dernier.

Monsieur Ricol commence son intervention en parlant de la crise financière: « Ce qu’il y aurait de formidable dans ce que nous allons faire, c’est que nous ouvrions à nos enfants des perspectives qui leur montrent des intérêts multiples, interactifs, qui leur permettent de bouger et qui les amènent vers la vraie vie. La vrai vie c’est la vie solidaire, c’est celle où on rend service à son pays et aux autres, c’est pas celle où uniquement on est en train de traiter des algorithmes pour faire le plus d’argent possible. C’est tout le contraire. C’est dans cet état d’esprit que j’aborde ces formations innovantes. En réalité, ce qui me frappe, c’est que nous sommes entré dans une mécanique très enfermée sur nous, la mécanique de l’élitisme, et l’élitisme nous a échappé à un moment donné. Je suis frappé de voir que dans le monde entier, mesdames et messieurs, dans les élites qui sont en train de mettre la planète en danger, nous avons bon nombre de gens qui ont été formés en France, dans les meilleures écoles. Et là il y a quelque chose qui nous a échappé. On pensait que ça ferait des résultats formidables, aussi bien en sciences dures qu’en sciences humaines, parce que quand vous regardez les responsables des bureaux de trading, à new York, à Hong Kong, à Singapour, vous serez sidéré du nombre de français qu’il y a, qui ont été formés dans les plus grandes écoles de ce pays, soit en mathématiques, soit en lettres, mais se sont tous retrouvés sur les algorithmes. Et on oublie ce phénomène. Mais regardez un peu la presse internationale et vous verrez. […] recréons des fenêtres ouvertes, pour que les gens regardent le monde tel qu’il est et non pas d’une manière enfermée. Donnons leur envie d’avoir une vrai vie, et une vrai vie c’est une vie qui est au service de la collectivité. »

Puis il enchaîne: « Je vais vous faire part de mes rêves: je découvre avec beaucoup de passion le monde universitaire, le monde de la recherche, le monde des écoles. Je découvre des fausses disputes, ces disputes qui disparaissent progressivement, et c’est l’un des succès des investissements d’avenir, entre les grandes écoles et universités. Ce que j’observe, c’est qu’à l’étranger, les grandes écoles sont appelées universités, donc on doit avoir un petit sujet chez nous quand on a encore besoin de faire des distinctions comme ça, mais peut-être que je me trompe ?« 

Il donne ensuite quelques exemples sur ce que pourraient être des projets IDEFI. Il insiste également aussi beaucoup sur la formation continue. Il veut que ces projets IDEFI soient des ouvertures duplicables. L’état d’esprit est de payer pour des expérimentations, bref des démonstrateurs.

Notre altermondialiste termine son discours par une nouvelle charge sur les écoles de commerce. « Je souhaite qu’il y ait une réflexion sur chacun des territoires, pour savoir si, dans tout l’argent qui est dépensée de manière quasi-privée, c’est-à-dire qui ne vient pas à l’université, je pense notamment à beaucoup d’école des commerces, je me demande s’il n’y a pas un peu de réflexion à mener pour savoir si finalement, cet argent ne serait pas mieux dépensée en étant mis à disposition de l’université. Est-ce que ça ne serait pas une mise en ouvre de l’autonomie? Vous voyez ce que je veux dire … » (Cette dernière remarque fait beaucoup rire L. Wauquiez).

Et il conclut: « J’ai une chose qui m’a frappé, je le dis comme ça, histoire de jeter un pavé dans la marre complètement. A l’étranger, les grandes écoles de management sont au milieu des grandes universités. C’est comme ça. Celles qui ont voulu survire à coté, en général ne survivent pas très longtemps » […]. Je pense qu’on a besoin de réfléchir, pour être efficace. Je ne suis pas contre les écoles, mais je me dis qui si on arrive à trouver le moyen de mixer tout ça et que ça devienne des collégiums de management au sein des universités, peut-être qu’on apportera plus de choses et plus d’avenir à nos enfants« 

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