Valérie Pécresse a présenté récemment les grandes orientations de la nouvelle licence. Cela a été présenté en quatre grands axes (1) socle horaire minimum de 1500 heures d’enseignement (2) parcours diversifiés (3) insertion professionnelle (4) référentiels de formation (lire ici pour plus de détails). Le but étant de « faire de la licence, une formation exigeante, professionnalisante et garantissant à tous les étudiants un diplôme de référence reconnu par les employeurs, tout en permettant la poursuite d’études ».

Focalisons aujourd’hui sur les référentiels de formation. Pour être lisibles par les étudiants et employeurs, les diplômes ne peuvent pas être trop disparates, comme c’est le cas actuellement.  La licence est certes un diplôme national, il existe en effet de fortes disparités entre universités (contenus, volume horaire, niveau, etc …).  C’est pourquoi V. Pécresse propose des référentiels de formation. Pourquoi des référentiels ? C’est expliqué ici (clarifier les objectifs de la formation, développer une approche par compétences, avoir une vision nationale de l’offre de formation, favoriser la mobilité étudiante, etc …). Ces référentiels seraient mis en place à l’échelle nationale, ils « ont vocation à guider les établissements dans la construction de leur offre de formation, à en permettre l’évaluation sur la base d’objectifs explicites et homogènes et à éclairer la décision d’habilitation. Ils favorisent ainsi la cohérence et la comparabilité entre les licences au plan national. Ils constituent un outil indispensable pour l’évaluation a posteriori des formations et facilitent les évolutions des enseignements en fonction des transformations qui affectent le champ scientifique et la société». Ainsi les universités, pourtant récemment devenues autonomes, devront se plier à des règles nationales supplémentaires si elles veulent voir leurs licences habilitées par le ministère.

Sur ce volet des référentiels pour la licence, le parti socialiste est plutôt en phase. Les différences se font sentir surtout sur les personnes qui seraient chargées de les élaborer. Pour V. Pécresse,  « leur élaboration est le fruit d’une large concertation avec la communauté scientifique pour chacun des grands domaines cités. L’ensemble des champs disciplinaires a vocation à être couvert par un ou plusieurs référentiels ». Pour B. Monthubert, secrétaire national du PS à l’enseignement supérieur et à la recherche, « Ce n’est pas au ministère de dire ce qu’il faut enseigner. Il faut mettre en place des coordinations nationales, issues de la communauté scientifique, qui élaborent les référentiels nationaux. Les sociétés savantes, le Conseil national des universités, pourraient jouer un rôle dans la mise en œuvre de ces coordinations » (lire ici). Dans le projet de programme sur l’ESR (lire ici), le PS avait annoncé qu’il allait épurer ce système licence : « L’illisibilité de l’offre de formation à l’université – des milliers d’intitulés de licences et de masters coexistent aujourd’hui – est pénalisante pour les étudiants, particulièrement ceux issus des familles les plus éloignées de l’enseignement supérieur. L’autonomie pédagogique des universités qui leur permet de faire bénéficier les étudiants des spécialisations particulières de leurs enseignants, doit s’exercer dans le cadre d’une régulation nationale afin que les diplômes aient un caractère national. Pour cela, une coordination sera mise en place afin de développer pour chaque mention de licence des référentiels nationaux de formation et de compétences. »

En résumé, tout le monde semble à peu près d’accord pour des référentiels nationaux de formation et de compétences. J’aurais finalement réussi à faire sur Gaïa un billet consensuel ! Pas de risque ici de polémiques ! J’ai toutefois remarqué une petite fausse note sur le site de SLU sur lequel l’association noniste publie une lettre virulente dans laquelle elle fustige ces référentiels et l’approche par compétences (lire ici). « Ces référentiels orientent la mise en place des futures formations ; ils constituent une grille d’évaluation, et ils pourraient devenir un outil de sanction des formations et des équipes dans le cadre d’une politique du chiffre ». « Ces référentiels qui découplent les compétences des connaissances sont un outil de destruction interne des formations universitaire ». Ils pensent aussi que le primat des compétences sur les connaissances « mène tout droit à une secondarisation des formations avec dissolution du socle disciplinaire ».

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