La période des concours de recrutement aux fonctions de Maître de Conférences s’achève. Bien que je sois maintenant MCF depuis quelques années, les souvenirs de cette étape particulièrement complexe reviennent … voici le récit de mon recrutement (en sciences de gestion).
La plupart des candidats ayant un conjoint, mobile ou pas, la gestion stratégique de cette période est cruciale. Plusieurs situations existent : les deux conjoints cherchent la même année deux postes dans la même discipline ; les deux conjoints cherchent la même année deux postes dans deux disciplines différentes ; l’un des conjoints cherche un poste, l’autre en ayant déjà un dans la même discipline (ou dans une discipline différente) ; l’un des conjoints cherche un poste, l’autre travaillant dans une organisation autre que l’Université en tant qu’enseignant. Dans tous les cas, le stress lié à la difficulté d’obtenir un poste est doublé d’une inquiétude quant à un possible futur à deux.
Qualification : Première étape, une peccadille pour les uns, un mur infranchissable pour d’autres, la qualification. Celle-ci débute par une formalité : l’inscription sur internet avant une date limite, que certains Pierrot la Lune oublient, gagnant ainsi le droit à une année au purgatoire des têtes en l’air. Les autres se voient attribuer deux rapporteurs, à qui le candidat doit envoyer un dossier fort dodu, comprenant thèse et rapports de thèse, CV détaillé et inévitables pièces administratives. Le tout engraisse les imprimeurs et la Poste. L’auteur a la joie d’être qualifié sans problèmes. Ce n’est pas le cas de l’ensemble de ses confrères et consoeurs. Non que tous devraient être qualifiés mais chacun sait qu’il existe des cas, disons, litigieux. Comme cette pauvre jeune docteur non qualifiée bien qu’ayant réalisé une bonne thèse (avec les bonnes mentions), quelques publications, normalienne de surcroît, non qualifiée en raison semble-t-il de « désaccords » entre sa directrice de thèse et l’un de ses rapporteurs. Le cas n’est malheureusement pas unique. Le jeune docteur est alors la victime expiatoire de règlements de comptes sordides sur lesquels il n’a bien sûr aucune influence… A l’année prochaine, petit chaperon rouge.
Dossiers de candidature : Deuxième étape, déjà stratégique, l’envoi des dossiers de candidatures aux universités ciblées. L’attente de la liste des postes est longue, la mise en ligne souvent tardive… Peu importe, une liste officieuse et quasi identique à la liste finale circulait déjà par mail plus d’un mois avant sa publication ! Avant le 30 mars, il faut donc examiner la liste à la loupe, repérer les profils et les éventuels candidats locaux. Le réseau tourne à plein, les mails fusent, les informations, généralement négatives (tel poste va passer à la mutation, tel autre est promis à tel candidat maison), s’accumulent. Au moins aident-elles à faire des choix, plus ou moins biaisés. Cette année là, dans la perspective du rapprochement de conjoints, ça n’était pas gagné ! En-dehors de Toulouse 1 qui fait rêver la France entière, peu de possibilités communes dans une même ville. Citons tout de même, au titre des rêves qui seront plus tard brisés, Lille, Rennes, Dijon/Besançon, Bordeaux, universités qui proposent toutes plusieurs postes correctement profilés. Mais, au moins, le nombre de postes est élevé (134 par rapport à 91 l’année passée) et laisse augurer de possibles résultats favorables. Ca y est, le choix est fait : dans l’optique d’accroître les chances de réussite et comme la mobilité du candidat/auteur est totale, une cinquantaine de dossiers seront envoyés ! Chacun comprend un nombre de pièces non négligeable, toutes disponibles en format électronique : il serait si aisé de les télécharger via Antarès… Las, il faut les imprimer et les envoyer, de préférence en recommandé simple. Certes, tous les candidats n’envoient pas leurs dossiers en recommandé mais c’est la seule preuve juridique de l’envoi… La ruine est proche, mais les postes espérés s’approchent. Reste à attendre les convocations pour des auditions décisives.
Auditions : Troisième étape, le fameux « Tour de France », roi des désillusions, de l’hypocrisie et du candidat dindon de la farce. En avant pour la grande comédie. Une université parisienne, tendance petite couronne, inaugure le jeu de dupes. Comme souvent, le candidat étant quantité négligeable, l’ensemble des candidats est convoqué à la même heure. Et tant pis si votre nom commence par une lettre de fin d’alphabet et qu’il vous faut attendre trois bonnes heures l’audition tant attendue. Mais, pour une fois, le poste n’est pas joué d’avance. Semaine suivante, autre lieu, mêmes impressions de déjà-vu : une salle de cours pleine de candidats convoqués à 8h30. Université à l’autre bout de la France + convocation à 8h30 = hôtel la veille. L’auteur passe son audition à 12h15 et se dit qu’il aurait pu prendre le TGV le matin… Ici, trois postes à pourvoir, dont un susceptible d’être vacant, et annoncé non vacant le matin même. Restent deux postes à pourvoir. Et, bizarrement, deux candidats locaux (un vrai local et un régional de l’étape) vers qui les actuels MCF viennent spontanément claquer une bise et discuter dans la bonne humeur. Pour les autres, pas d’attention. Tout est joué d’avance donc, pas la peine de stresser… Juste un aller-retour en TGV pour rien. Le premier, mais pas le dernier, loin de là ! Inutile de préciser qu’il y avait dans cette salle de cours plusieurs candidats bien meilleurs que les deux candidats locaux retenus… Quelques jours plus tard, l’auteur apprend cependant qu’il est classé second sur l’un des postes et premier sur le poste susceptible d’être vacant… qui le sera finalement ! Le moral remonte, c’est toujours ça… Le lendemain, il faut repartir à l’aube pour deux autres auditions dans une même université. Même attente, même histoire : candidats locaux. L’un, rencontré la veille, a même reçu l’injonction d’accepter ce poste alors même qu’il aurait aimé partir. Un tout petit monde… de brutes. Les auditions pour ces postes pourvus d’avance se ressemblent toutes : la moitié de la commission dort ou fait autre chose, l’autre moitié lève les yeux aux ciels tous les deux mots. Aucun respect du candidat. L’auteur sera finalement classé premier… derrière tous les candidats locaux ! Allez, il faut repartir, encore 4h de train pour une autre université. Une petite université qui auditionne le même jour que l’une des plus grandes, celle qui dispose d’un nombre de postes qui fait rêver tous les candidats. Or, un candidat rêveur est un candidat irrationnel : il se rue vers cette grande université en espérant avoir ses chances. Grand naïf ! Le bon choix stratégique était bien la petite université : cinq concurrents pour deux postes ! Résultat, l’auteur et son conjoint sont classés premiers. Victoire ! Amour, gloire, richesse, tout cela est à notre portée. Nous serons désormais Maîtres de Conférences. Premier week-end, repos mérité avant une seconde semaine d’auditions. L’université frontalière qui auditionne le mardi suivant proposait officiellement deux postes. Là encore, une journée de TGV pour rien, l’un des deux postes étant finalement non vacant… Deux jours plus tard, début du jour le plus long. Près de quinze universités auditionnent ce jour là. Bravo pour la coordination… Le matin, la petite université qui auditionne a la bonne idée de convoquer tous les candidats à 8h, le premier arrivé étant le premier à passer. Belle innovation… Résultat, lorsque l’auteur arrive à 8h, une demi-douzaine de candidats est déjà inscrit. Peu importe qu’il doive attraper un avion à la mi-journée, ce qui est dit est dit, ce qui est écrit est écrit, l’ordre de passage des auditions est affiché et inchangeable. Au moins cette université reçoit-elle correctement les prétendants aux postes offerts. Salle à part, café, jus d’orange, viennoiseries. L’une des rares, très rares, à le faire. Bon point. Autre motif de satisfaction, le nombre de candidats. Le président de la commission s’étonne ingénument du peu de candidats présents. Il y a plus de dix universités qui auditionnent aujourd’hui lui, explique-t-on. Surprise, incrédulité, effroi. Les « bons » candidats ne sont sans doute pas là ! L’auteur et son conjoint se classent premier, la concurrence étant peu nombreuse. Bonheur ! Non seulement un poste de MCF est acquis mais en plus il y aura du choix ! Mais la journée est loin d’être terminée. D’autres universités, plus grandes, plus riches, aux laboratoires plus attirants, auditionnent aujourd’hui. Alors il faut se dépêcher, attraper un bus, puis un train, puis un taxi vers un aéroport, et enfin un avion qui nous dépose à 600 kilomètres de là, encore un bus et l’université se rapproche, un peu de marche à pied, on y est. L’auteur croise un autre candidat-ami, il semble que ce soit mal engagé, tous les symptômes du poste déjà pourvu sont présents : commission nombreuse inattentive, questions ayant pour but de dézinguer le candidat afin de faire mousser le candidat local. Allez, tout ce chemin ne peut être vain, il faut y aller. Et, effectivement, les records d’irrespect sont battus… Largement. Un quart des membres de la commission travaille sur son ordinateur portable (!!!), une partie discute, quelques-uns sortent pendant que le candidat parle, puis rentrent à nouveau. Et les questions font l’effet d’un jeu de massacre. C’est à qui posera la plus vache et fera son sourire le plus atterré par la réponse du candidat. Encore une audition dont on aurait aisément pu se passer… L’auteur rentre définitivement dégoûté par le système universitaire, jurant que lorsqu’il sera MCF et membre d’une commission de recrutement il n’agira pas comme ces gougnafiers. Le lendemain, il faut terminer le jeu de massacre avec l’université la plus prestigieuse de France (au moins en notoriété spontanée…). L’une des plus pauvres (qu’il est difficile d’y faire une photocopie ou d’y trouver une craie !) et des plus esclavagistes aussi. Ici, deux candidats sont pressentis, dont ma moitié. La commission est divisée. Certains membres téléphonent à des MCF actuels pour leur demander de développer des arguments en faveur de l’un des candidats. Finalement, c’est le local qui est recruté, bien que détesté par le mandarin local… qui ne faisait pas partie de la commission…
Finalement, pour obtenir un travail (un poste de MCF), l’auteur a envoyé une cinquantaine de dossiers, reçu une vingtaine de convocations pour des auditions (dont sept pour une seule journée !!), n’a pu se rendre que dans six université pour des auditions pour neuf postes de MCF, et a déboursé la modique somme de 1000€.
Pour qualifier l’état d’esprit du candidat à la fin de ce « concours », deux mots me viennent à l’esprit : honte et dégoût …
Ce billet nous est proposé par Sébastien.


49 commentaires
Flux des commentaires pour cet article
14 juin 2011 à 19:48
Rachel
Merci Sébastien pour ce billet. La perception du concours et de son déroulement par les candidats sont toujours intéressantes. Précisons que votre expérience date d’avant les comités de sélections (si je ne me trompe pas), ça s’appelait alors des commissions de spécialistes et la composition en membres était différente. Est-ce les nouveaux comités de sélection ont permis de gommer un peu les travers que vous mentionnez ?
Par ailleurs je suis impressionnée par le nombre de dossiers et d’audition. En physique, ce nombre est bien moins élevé, on se contente souvent de quelques dossiers ciblés, donnant lieu à quelques auditions (typiquement un nombre autour de 4-5).
14 juin 2011 à 20:41
Lorne
On en revient toujours aux questions déjà largement abordées dans les billets et leurs commentaires:
- la qualification préalable au CNU a-t-elle vraiment un sens?
- une audition de 10-15 minutes itou?
Bref, on ne peut que s’interroger sur cette gigantesque foire aux bestiaux, où la majeure partie des postes semblent jouée d’avance… et appeler à la mise en oeuvre de procédures de recrutement plus étoffées, qui auraient au moins le mérite de montrer davantage de respect aux candidats.
14 juin 2011 à 20:47
MCF-IUT
On ne peut pas avoir un conjoint non-enseignant ? Non fonctionnaire même ? Démission, chômage dans la nouvelle région. Ou alors relation à distance/divorce ou autre…
14 juin 2011 à 20:53
PR27
La majeure partie des postes semble jouée d’avance…. avant l’audition ou avant même la réception des dossiers ? De ce que j’ai vu cette année sur 3 postes locaux, aucun n’était joué au début du concours mais l’examen attentif des dossiers papier, la lecture des articles des uns et des autres, les visites informelles, les coups de fil divers, ont fait qu’un classement informel était fait avant les auditions. Les auditions devaient être l’occasion de confirmer ou de découvrir tel ou tel gros problème, de poser des questions précises auxquelles l’examen des dossiers n’avait pas répondu.
14 juin 2011 à 20:55
PR27
Concernant les histoires de conjoint, l’important est que ce conjoint soit une star. Je vous l’assure, s’il y a une star (PR/DR, quand même), il y a de belles possibilités de faire un poste à moustache pour le conjoint, LRU ou pas LRU….
14 juin 2011 à 20:57
Jojo
Dans certains cas, c’est joué d’avance à l’écriture du profil…
14 juin 2011 à 21:35
Rachel
Commençons déjà par supprimer la qualification du CNU, qui ne sert à rien. C’est un peu comme dire que les rapporteurs des dossiers dans les universités ne sont pas capables de faire le tri de dossier : ridicule.
14 juin 2011 à 22:10
PR27
Concernant les questions de postes “en couple”, comment pourrait-on faire mieux ? Faut-il s’inspirer les principes des enseignants dépendants de Châtel (s’il en reste à cette heure, paix à leur âme) ? Je conçois la considérable difficulté pour la vie quotidienne de ces situations, d’autant plus que ces recrutements arrivent à l’âge où on envisage d’avoir des enfants…
Peut-être quelqu’un pourrait-il nous refiler un tuyau :
http://www.purepeople.com/media/luc-et-marie-caroline-ferry_m198565
14 juin 2011 à 22:10
Jojo
Rachel, sans qualification, les rapporteurs des dossiers dans les universités auront plus de dossiers à traiter. J’ai eu l’occasion de siéger dans des commissions ATER où aucun filtre n’existe. On récupère des dossiers nuls de nuls. Zéro publication, aucune expérience d’enseignement. Et il faut pourtant les traiter comme les autres pour avoir quelque chose à présenter en cas de recours. Quelle perte de temps ! Avoir un CNU qui décide une fois pour toute qu’un dossier contient le minimum requis n’est pas si mal.
14 juin 2011 à 22:24
dorant
De plus, si vous supprimez le filtre de la qualification par une instance distante – ce dernier terme est important – bonjour les propulsions sans retenue de candidatures locales ! sans aucune retenue, on vous fera passer de la daube pour un carpaccio de saumon !
Dans un pays aussi localiste que le nôtre, il faut de la distance pour trier sereinement.
14 juin 2011 à 22:27
Rachel
Jojo, mais combien de candidats qui se présentent aux qualif et qui finalement ne se présentent pas au concours ? pas persuadée que ça soit si efficace que vous le suggérez … a voir. Et puis les dossiers nuls de nuls, ça va vite à traiter, pas besoin d’une commission nationale qui coûte cher pour faire ça.
Pour les ATER, je suis d’accord avec vous, c’est beaucoup trop léger. On voit fréquemment décerné un poste d’ATER au thésard « pour l’aider à finir sa thèse … ».
14 juin 2011 à 22:34
Rachel
Dorant, OK mais le fait est que si on veut recruter un local, on recrute un local : il suffit pour cela de mettre les copains dans le comité de sélection et de les briefer comme il faut. Par ailleurs le filtre du CNU est plutôt bas, et de plus je ne comprends pas bien l’intérêt qu’il pourrait y avoir de recruter un nul de nul dans son labo.
14 juin 2011 à 22:34
dorant
Le CNU ne coûte pas si cher, en tous les cas moins que Ferry :
http://www.rue89.com/2011/06/13/ferry-un-emploi-pas-fictif-surtout-pour-ses-amis-209178
et il ne se limite pas à la qualif. Il a bien d’autres fonctions et notamment une nouvelle à partir de 2011, évaluer et classer les enseignants-chercheurs, définir les produisants et les non-produisants et en tirer les conséquences…
14 juin 2011 à 22:41
Rachel
Dorant, vous oubliez peut-être de compter le temps passé (salaire) d’une commission, qui pourrait être utilisé à faire autre chose, par exemple de la recherche ou faire mieux son enseignement. Ce que je vois, c’est qu’un dossier est souvent examiné deux fois, alors qu’une seule étape devrait être suffisante.
Quant au nouveau rôle du CNU, pensez-vous vraiment que le CNU en tirera des conséquences ? Est-ce son rôle, en plus de celui de l’évaluation ? Je parie que les non produisants se feront tirer les oreilles mais il ne leur arrivera rien, ils pourront continuer à faire tranquillement leurs heures complémentaires. Ferry est un petit rigolo devant ça.
14 juin 2011 à 23:16
étudiant frustré
Je me répète, mais si on veut éviter le recrutement local, pourquoi ne pas simplement interdire le recrutement local – comme dans le reste des pays civilisés.
On économise ainsi les injustices et le CNU, qui ne sert pas à grand chose, vu les injustices citées.
15 juin 2011 à 07:39
PR27
Cette année, chez nous, on a appliqué la règle anti-candidat local. L’ université U de l’a pas fait. Nous avons classé le candidat C en premier (et plusieurs autres universités aussi), l’université U aussi. Le candidat C a fait sa thèse dans l’université U…. et il va bosser dans une des meilleures équipes du sujet, là où il a fait sa thèse. Eux, ils sont malins, ils ont compris la loi du marché.
15 juin 2011 à 08:34
dorant
Après réflexion : il faudrait peut-être remettre le CNU là où il se trouvait dans les années 80 et début des années 90 : en fin de processus.
Jadis, donc, les universités présentaient une liste de trois à cinq candidats classés par leurs commissions – pas de qualif à l’époque -; le CNU affectait alors les candidats- confirmait ou non les classements locaux et du fait de son rôle central veillait à ce qu’aucun poste ne puisse rester sans recruté, dans la mesure du possible bien sûr. Il arrivait parfois qu’il inverse les classements.
Il y avait donc un système de “checks and balances”. Système pas du tout contradictoire avec l’autonomie ; l’autonomie ce n’est pas faire n’importe quoi dans sa petite fac!
15 juin 2011 à 13:02
Chers futurs ex-collègues, rejoignez Gaïa Universitas… « Le blog à PP
[...] l’honneur ce mois-ci : L’affaire Luc Ferry et l’invraisemblable mode de recrutement des futurs maîtres de conférences Ne rigolez pas trop, braves gens, ce sont vos impôts et c’est chez ces gens là [...]
15 juin 2011 à 17:06
Marianne
@PR27: chez nous la regle du non candidat local est assez stricte.
Pour autant ce n’est pas la panacée…On se rend compte que le gars recruté (ou la nana ) est souvent le thésard du copain ou du co auteur du gars qui recrute
J’ai eu aussi l’expérience des recrutements conjoints..A l’université X ou on m’avait dit bien sur que le poste était ouvert, on a recrute A car on voulait prendre B (=le conjoint) recrute aussi à X et qui avait dit qu’il ne voulait pas venir tout seul
Les choses deviennent plus claires quand on a une vue d’ensemble et on comprend toujours mieux apres coup…
15 juin 2011 à 17:42
amigues
Je trouve votre discussion un peu vintage par rapport à ce que je vis chez moi (rien de négatif dans ma remarque). Cela illustre plutôt le fait que la LRU est en train de créer des sytèmes de recrutement différents selon les disciplines et les universités (petites ou grosses). Le CNU devrait se pencher là dessus et sortir un rapport annuel sur l’évolution des modes de recrutement je pense. En partageant nos propres expériences on pourrait déjà dessiner un avant goût du paysage en train de se mettre en place.
Pour les “grosses” sections (avec beaucoup de postes à pourvoir) le job market centralisé à Paris sur 2-3 jours avec des membres des comités de recrutement faisant des présélections pour audition sur place ferait déjà gagner pas mal de temps et d’argent aux candidats.
Bizarre tout de même qu’à l’heure d’internet, il n’y ait pas de site de rating des universités sur leurs méthodes de recrutement. L’astuce de bourrer les urnes avec des alibis anti-racistes extérieurs pour faire passer un local de toute manière déjà choisi ne résisterait pas à un tel rating, la ficelle est trop grosse. Montre la force de l’auto-censure et la peur de se faire black lister si l’on transgresse l’omerta. Pour les candidats malheureux on peut comprendre mais pour les candidats heureux et donc protégés par le statut c’est moins compréhensible.
15 juin 2011 à 19:00
Marianne
En fait dans ma discipline (et ca existe aussi ailleurs ) il y a un site internet avec sur chaque poste le profil le comite de selection les auditionnés les classés
En regardant les archives (sur une dizaine d’année ) ca permet de se faire une idée sur les pratiques de chaque fac et meme de chaque equipe. Bon par contre ca ne joue pas le role de boule de cristal…Nul n’est parfait
Sinon, les auditions centralisées sur les grosses sections pourquoi pas ?
15 juin 2011 à 20:02
PR27
google “operation postes” pour les curieux
15 juin 2011 à 20:07
Rachel
Nos échanges peuvent donner une impression de dysfonctionnement généralisé, je pense utile de préciser que ce n’est pas le cas. On tente de faire au mieux avec des règles inadaptées, ce n’est pas forcement simple. En grande majorité, on arrive au final avec des recrutements qui me paraissent plutôt satisfaisants. Il y a quelques couacs qu’on ne sait pas gérer et qui font souvent grand bruit, jetant du discrédit sur l’université.
Ce qui est très curieux c’est que la réforme du recrutement des EC s’est retrouvée en phase avec la LRU. Mais il faut constater que la réforme du mode de recrutement a plutôt amoindri l’autonomie des établissements. Cela me semble très paradoxal. Avant c’était des CS (commission de spécialistes, très grande majorité de locaux). Maintenant c’est un CS (comité de sélection) composé en majorité d’extérieurs, bref perte de l’autonomie du pilotage (de libertés et de responsabilités). J’ai l’impression que les anciennes CS seraient mieux adaptées à la LRU.
Et si un établissement souhaite recruter que des gros nuls, pourquoi l’en empêcher ? N’est-on pas en train de construire un système d’universités qui se différencient ? N’est-ce pas empiéter sur sa liberté que de lui imposer de recruter de bons EC ?
Enfin, si je pourrais éventuellement voir un rôle intéressant pour le CNU (pas facile …), ça serait de lui confier la nomination des membres extérieurs des comités de sélection, plutôt que de le faire par l’équipe qui recrute (pardon je voulais dire par le président-dictateur d’université).
15 juin 2011 à 20:32
MCF27
@ PR27: au sujet d’opération postes justement, j’ai reçu aujourd’hui la lettre d’information de la SMAI qui dit ” Certains DRH d’université nous ont demandé de retirer les classements du site d’Opération Postes. L’esprit d’ouverture et de partage qui caractérise le milieu de la recherche en maths, en France, n’est pas acquis définitivement. Certains mathématiciens ont commencé à réagir contre ces attaques et ont mis au point une liste d’arguments disponible ici”. La page en question se trouve là:
http://postes.smai.emath.fr/argumentaire.php
J’ai toujours trouvé étonnant que seuls les matheux et les informaticiens (un peu) aient cette volonté de transparence. Je suis sans doute trop jeune dans le domaine mais je sens quand même que l’autonomie des universités, telle qu’elle est appliquée à certains endroits (nuance qui pourra faire plaisir aux ouistes), va aussi malheureusement de pair avec une opacité accrue…
15 juin 2011 à 20:57
Sébastien
Concernant la question des différences entre commission de spécialiste et comité de sélection, je peux vous décrire rapidement mon vécu de ces dernières années… J’ai organisé, et présidé, un comité de sélection l’an dernier et de nouveau un CS cette année. Et j’ai également participé cette année à deux autres CS dans des Universités proches. C’est notre lot à tous, j’imagine, 3 CS au maximum par an et souvent pas moins.
Cela m’amène à décrire brièvement les pratiques que j’ai observées. Je précise que cela concerne la gestion, discipline très particulière car elle peine à motiver des bons étudiants à faire une thèse (d’où un nombre de bons candidats de plus en plus dramatiquement faible) alors qu’elle croule littéralement sous les diplômes à gérer, les heures de cours complémentaires, etc. (le nombre d’étudiants en gestion est très élevé et beaucoup de diplômes qui ne sont pas en gestion contiennent des modules de gestion pour lesquels il faut bien des EC…).
Première source d’étonnement : dans l’une des trois Université, les dossiers des candidats ont été étudiés uniquement par les membres internes du CS ! Lors de la première réunion, les membres externes sont donc là pour faire joli. Et lors des auditions, ce n’est guère mieux puisque qu’un professeur externe affirme d’emblée que ce sont aux internes de choisir, qu’il n’interviendra pas et votera comme les internes. Drôle de conception des comités de sélection.
Deuxième élément : le coût d’organisation et la difficulté à réunir tout le monde à deux reprises. Dans l’une des Universités, j’ai pu être en visioconférence pour la première réunion, ce qui m’a évité 2h30 de route. Mais ce n’est pas encore généralisé. In fine, tous les présidents de CS soulignent les difficultés liées aux nouveaux CS, même si, de mon point de vue, cela permet de réduire les magouilles locales, dans la mesure où on a le cran d’intervenir…
Troisième élément, concernant la gestion des candidats, certains présidents de CS veillent à convoquer les locaux le matin et ceux qui viennent de plus loin en début d’après-midi pour qu’ils puissent faire le trajet en matinée, ou s’adaptent aux desiderata des uns et des autres. Ailleurs, tout le monde est convoqué à 8h, sans négociation possible.
Enfin, pour illustrer les problèmes d’adéquation entre offre et demande, il y avait 134 qualifiés en section 06 cette année, pour plus de 100 postes. Auxquels il faut ajouter les écoles de commerce qui recrutent également des jeunes docteurs. Le marché du travail est donc très favorable aux candidats. Du point de vue des Universités, surtout quand elles sont petites et dans l’est de la France, on observe la conséquence suivante : mon IUT proposait deux postes, et nous avons eu 5 candidats à auditionner seulement (sur 12 convoqués). Pire, une autre Université dans l’est a eu 5 candidats pour 3 postes. Il est vrai qu’il y avait des locaux…
Le mode de recrutement actuel me semble donc défaillant pour au moins deux raisons :
1. pour la session synchronisée au moins, compte tenu des vacances de printemps, les dates d’audition possibles sont limitées, ce qui fait que de nombreuses Universités auditionnent le même jour sans même le savoir : pourquoi pas une centralisation des informations ?
2. la gestion des candidats est mauvaise, ceux-ci étant souvent considérés comme quantité négligeable ce qui ne leur donne guère une bonne image de l’Université, et ce dès le départ…
15 juin 2011 à 22:08
Rachel
Sébastien, la pression sur les postes EC en science de gestion semble assez faible. Comment dans ces conditions garantir la qualité du recrutement ? est-ce que tous les postes ont été pourvus ou bien a-t-on décidé dans certains endroits d’attendre l’année suivante faute de candidats à la hauteur ?
15 juin 2011 à 22:47
étudiant frustré
Pourquoi les recrutements se font tous au même moment? Si on laissait chaque université fixer ses dates, les procédures s’étaleraient sur toute l’année au lieu de deux semaines de folie. Tout le monde serait gagnant, non?
15 juin 2011 à 22:51
dorant
“Nos échanges peuvent donner une impression de dysfonctionnement généralisé,”
oui, j’ai relu le billet et les coms ce soir. Pour dire franchement les choses, on croirait qu’on travaille dans une ambiance assez particulière, entre le “Parrain” et un film de Chabrol. Un peu crapoteuse comme atmosphère. Et quand on y ajoute les coms précédents sur Ferry, eh bien, ce n’est pas comme ça qu’on va attirer dans ce système-que-le-monde-nous-envie les stars dont rêvent nos élus régionaux… lol.
15 juin 2011 à 23:20
PR27
étudiant, il y a aussi des avantages à avoir une session synchronisée, en particulier l’actuel système informatique de désistement (celui qui tourne à partir de demain). Si on faisait tout au fil de l’eau, les associations candidat-poste proposé se feraient peut-être de manière moins informée, puisque les candidats ne connaîtraient que les postes déjà publiés, et pas ceux qui seront publiés dans quelques jours ou quelques mois plus tard. Idem pour les recruteurs. Par contre, on pourrait imaginer facilement de ne pas pourvoir un poste, et de le republier 4 mois après, en espérant de meilleurs candidats. Je suppose que c’est cela que l’on ira d’ici quelques années. De toute façon, on sera tous éjectables sauf Luc Ferry, donc les erreurs de recrutement seront moins graves.
15 juin 2011 à 23:33
PR27
Rachel, vous avez raison. Lors des commissions de recrutement, ce qui importe c’est en effet une bonne pression. Surtout avec un sandwich saucisson sec, pour délibérer. Ca se perd, depuis qu’il y a tant d’extérieurs de prestige….
16 juin 2011 à 08:53
Sébastien
@Rachel
La qualité du recrutement est malheureusement de plus en plus aléatoire…
Imaginez que dans certaines sous-disciplines (comptabilité/contrôle de gestion pour ne pas la nommer), il n’y a guère que 4 ou 5 docteurs sur le marché chaque année pour plus de 20 postes proposés !
Dans ce cas, les Universités n’arrivent tout simplement pas à pourvoir, ou alors recrutent dans des disciplines connexes (finance) des MCF qui feront des cours de compta en tentant de les refiler le plus vite possible…
J’ajouterais, que, dans ces conditions, notre section CNU qualifie tout et surtout n’importe quoi (sous la pression du MESR je suppose), afin de faire coincider un minimum les besoins en recrutement et les candidats, ce qui complique encore la tâche car certains ont beau jeu ensuite, en CS, pour recruter leur poulain (un boulet) de dire que le CNU l’a qualifié, DONC c’est un bon candidat…
Enfin, de plus en plus de bons profils partent à l’étranger (Canada et Suisse beaucoup) ou choisissent une carrière en école de commerce, qui recrutent des étoiles AERES…
Bref, il y a un grave problème d’attractivité pour le métier d’EC à l’Université et ça me semble être à la base du problème.
16 juin 2011 à 12:39
amigues
Sébastien, la gestion est effectivement un vrai problème : forte demande à cause de l’afflux d’étudiants, peu de docteurs et concurrence des écoles de commerce ou de l’étranger. Je ne vois que deux solutions. Verser des primes aux MCF de gestion en IUT pour aligner leurs salaires sur la concurrence. et ainsi susciter des vocations de docteurs en gestion se destinant à l’enseignement. Le CNRS et l’INRA l’ont fait pour avoir des ingénieurs informaticiens dès les années 80. Ou favoriser la double appartenance à une école de commerce et un IUT (demi service dans chaque mais salaire complet + of course). Au delà, les écoles veulent aussi des docteurs (les étoiles AERS), elles pourraient s’y investir plutôt que d’acheter tout ce qui passe et qui leur coûte cher. La mise en musique de l’ensemble ne sera pas facile j’en conviens aisément.
16 juin 2011 à 16:20
Etoile filante
Je voudrais qu’on m’explique. Quand une université recrute un EC, elle veut des publications. C’est normal et c’est bien. Quand une école de commerce recrute un EC elle veut des “étoiles AERES” et c’est mal, apparemment. Quelqu’un peut-il m’expliquer en termes simples la différence entre le bien et le mal ?
16 juin 2011 à 17:11
Sébastien
Les deux, Universités et EM, veulent des étoiles AERES. Ce n’est pas mal d’en vouloir, personne n’a écrit cela je pense. C’est juste qu’en gestion, cela tend à assécher, pour les Universités, le bassin de très bons candidats qui sont parfois (de plus en plus souvent, je le crains) tentés par les salaires des écoles de commerce qui savent sortir leur carnet de chèque pour les gros publiants (on m’a parlé en CS cette année d’une offre à plus de 100 000 € annuels pour un jeune MCF en finance ayant déjà publié dans une revue A*…)
16 juin 2011 à 17:14
PR27
Etoile filante, je ne suis pas sûr que la différence université / ec de commerce soit si simple. Dans la grille AERES, il y a des critères : production scientifique (essentiellement les publis) et visibilité. Etrangement, on peut avoir une bonne note production scientifique et une mauvaise note en visibilité/rayonnement et donc au total une note AERES moyenne. Les causes sont en principe communes (normalement les personnes qui ont un bon dossier de publis sont très sollicitées pour les interactions de “visibilité), mais ça n’est pas un principe, l’AERES cherchant à décorréler les critères de ses sous-notes.
16 juin 2011 à 17:35
Jojo
PR27, je crois qu’il y a maldonne. Les étoiles en question sont probablement les étoiles CNRS, une tentative de classement des revues en éco/management faite par la section 37 en 2007, abandonnée dès 2008 en raison des effets pervers engendrés (par exemple, ces étranges objets ont rapidement été considérés comme additifs). Mais les effets pervers, n’est-ce pas le matériau pédagogique des écoles de commerce ?
Un texte sur le monstre, pris au hasard avec google, car je suis totalement étranger au sujet : http://leg.u-bourgogne.fr/rev/104016.pdf
Si vous jouez un petit peu avec google, vous trouverez peut-être des listes de publications exhibant fièrement à côté des références des articles “revue classée n étoiles, CNRS 2008″. Vais rajouter les IF sur les miennes.
16 juin 2011 à 17:42
amigues
Etoile filante, ce qui compte c’est le labo, c’est à dire l’xistence en un même lieu d’un groupe de gens capables de faire de la recherche intéressante. Les publis sont le signe tangible de cela et c’est dans cet esprit qu’elles sont des critères d’évaluation. je vous invite à jeter un coup s’oeil sur un dossier récent des Echos sur les écoles de commerce. On y apprend que certaines donnent 2000 euros la publi à des MCF universitaires qui vont cosigner avec des enseignants de l’école pour gonfler leurs “étoiles AERS”. D’autres écoles ont des primes de publication, primes que leurs enseignants vont partager avec un universitaire qui va faire le boulot.
A part les très grandes écoles de commerce type HEC ou INSEAD, la plupart des écoles de commerce en France n’ont pas de labos propres de recherche actifs en éco-gestion. Comme elles sont soumises aussi à la pression des classements nationaux et européens, classements qui tiennent compte des fameuses étoiles, elles cherchent à afficher des CV honorables sans s’investir dans la construction de vrais labos. A dire vrai je ne sais pas si cela serait justifié, leur objectif est de faire de la formation professionnelle et elles le font plutôt bien, alors pourquoi en plus se lancer dans la recherche ?
16 juin 2011 à 17:50
Jojo
Sur le sujet, on peut lire aussi : http://lexpansion.lexpress.fr/carriere/les-coulisses-du-mercato-des-profs-stars_254645.html
Ne négligez pas les commentaires, certains pointent vers des anecdotes amusantes…
16 juin 2011 à 21:22
Rachel
Vous allez certainement penser que je fais « l’âne », mais cette question d’étoiles AERES n’est pas claire du tout pour moi …
16 juin 2011 à 21:33
Sébastien
En eco/gestion, la section 37 du CNRS a sorti un classement des revues scientifiques du champs à plusieurs reprises (2002, 2004, 2007, le dernier en juin 2008). Comme les revues sont classées 1, 2, 3, 4, il a été facile pour les institutions et les chercheurs de dire : si je publie dans une revue de niveau 1, cela équivaut à 4 étoiles (comme il y a 4 niveaux de qualité de revues), une étoile pour les revues classées 4.
Les EM utilisent largement ce type de classement pour recruter et décider du niveau de salaire. Pire (ou mieux, c’est selon), l’EM Strasbourg rémunère les “étoiles” : si je publie un article dans RAM (marketing, rang 2), cela vaut trois étoiles, soit 3000€ (1000€ l’étoile). Pas négligeable…
Je sais que tout cela fait un peu halluciner les chercheurs en sciences dures, mais c’est une réalité. Je viens de sortir un article dans une revue de rang 2, pour des prunes car l’argent ne m’intéresse pas. Mais quand je vois des copains à l’étranger (en Suisse) ou encore dans des EM avec des salaires, et surtout des moyens pour faire de la recherche, mirobolants, je doute, et je ne suis pas le seul, je crois qu’aujourd’hui la plupart des PR et des bons MCF en gestion réfléchissent à quitter le système universitaire, la comparaison fait trop mal…
16 juin 2011 à 22:09
Rachel
Sébastien, merci pour l’explication. Oui j’hallucine beaucoup, en effet !! Ceci dit, notre hiérarchie à nous, c’est plutôt l’IF (impact factor) des revues. L’autre différence c’est qu’on ne chiffre pas tout ça en euros … une déviance des sciences de la gestion et de commerce ?
16 juin 2011 à 22:34
PR27
Voilà qui doit encourager à s’investir dans les activités non visibles….
Moi qui ai fait un peu d’esclandre ce matin en direction, où les taux de PES étaient mentionnés comme des bons indicateurs de la qualité des personnels composant une entité… j’ai cru comprendre que celui qui pouvait prétendre à une PES mais ne la demandait pas était un con. Je ne jette pas la pierre, ayant eu une PEDR pendant 8 ans,
mais je constate que celui qui ne demande pas d’argent est jugé de travers. Le lavage de cerveau sarkozien décomplexant marche à pleins tubes….
16 juin 2011 à 22:49
Rachel
Ouais, PR27, le sarkozisme a fait beaucoup de dégât. Il parait même (à vérifier) que certains MCF tentent de passer PR, puis ensuite PR1 … tout ça pour gagner plus de fric. Triste monde. Mais heureusement, l’université veille …et un peu comme une sorte de fronde (a fortiori bien anticipée !), elle a inventé un contre slogan, le fameux « travailler moins pour gagner plus » (arrêter la recherche et faire des heures complémentaires). Purement génial !
16 juin 2011 à 23:44
PR27
Attention Rachel, vous faites comme Dan, vous ne lisez parfois que les intros.
Je ne jette aucunement la pierre à ceux qui postulent à la PES.
Je jette la pierre aux dirigeants qui estiment que cela n’est pas une démarche individuelle, mais doit faire partie d’une démarche collective obligatoire, car ne pas le faire retentit sur l’évaluation collective. Etrangement, dans les EPST (même à l’INRIA, imaginez !), ce message passe mieux.
17 juin 2011 à 00:08
PR27
Rachel, vous devriez préciser…. des heures complémentaires *défiscalisées.*.. grâce à qui ?
17 juin 2011 à 00:34
PR27
Si vous voulez vraiment vous marrer sur un rapport parlementaire concernant les projets soutenus par la NSF, au pays-que-tout-le-monde-nous-envie :
http://coburn.senate.gov/public//index.cfm?a=Files.Serve&File_id=2dccf06d-65fe-4087-b58d-b43ff68987fa
17 juin 2011 à 07:42
Sébastien
“une déviance des sciences de la gestion et de commerce ?”
mouais… j’ai travaillé dans l’industrie automobile quelques années avant d’être EC, et je n’ai jamais autant entendu parler d’argent que depuis que je suis en IUT, autant les PRAG/PRCE que les MCF, tout le monde défend son bout de gras en réunion de département, c’est assez pitoyable.
et mes connaissances qui sont profs en lycée me disent que ce n’est pas très différent là-bas.
alors, oui, l’argent est aujourd’hui le moteur pour beaucoup de gens, plus qu’on ne l’imagine, et pas seulement chez les gestionnaires je crois.
17 juin 2011 à 12:38
Jojo
Dans un autre blog, en février, il y avait écrit ça sur les PES :
D’autant moins que, dans le cas particulier de la PES, ces gens commencent à la considérer comme un trophée qu’on met en avant pour les évaluations ou pour les demandes de financement. Quel pourcentage de PES dans cette équipe ? Ce demandeur d’ANR perçoit-il la PES ? Si tout le monde demande la PES et qu’on a effectivement une hiérarchie ad hoc qui s’établit par ce moyen, ces questions apparaîtront légitimes et on aura introduit une nouvelle boucle de rétroaction dans la politique d’ »excellence ». Pourquoi pas un classement des universités en fonction du nombre de PES ? Après tout, il y en a un basé sur l’IUF (chez Educpros).
17 juin 2011 à 13:27
Rachel
Ce critère de PES est très clairement utilisé un peu partout. Dans les écoles d’ingénieurs (et leurs classements), c’est un critère pour mesurer l’activité de recherche, à l’université c’est utilisé pour comparer les labos, le CNRS le demande dans les fiches individuelles d’activité, … pour le classement des universités en fonction du nombre de PES, je doute que ça soit possible étant donné qu’alors les universités en distribueront plein avec des montants ridicules.