« Diplômée universitaire en 1969, je suis retournée en fac en 2003 et 2004 par plaisir… les étudiants avaient un mal fou à prendre des notes, très souvent je devais les aider… je ne veux pas généraliser, certains élèves devaient être excellents… je suis restée perplexe … Prendre des notes c’est savoir faire une synthèse rapide… beaucoup en étaient incapables…auront-ils eu des diplômes ? Auront-ils eu un emploi ?
Ma question est: que faisaient ils en fac ? Quel est le niveau du bac ? A quel niveau faire la sélection ? »
(Source ici, commentaire sur un billet du blog de l’équipe "éducation" du Monde "Peut mieux faire")


21 commentaires
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18 avril 2011 à 11:46
FredMo68
A la fin des années 80 (1980), j’ai passé quelques années en fac (Paris1), afin de dégotter la licence qui me permettrait de passer les concours de la fonction publique ; même si j’avais un bac B (économie), nombreux sont ceux qui m’avaient déconseillé de suivre un cursus éco à la fac car même si les bacheliers B avaient un meilleur niveau que les C/E en stats/probas, lesdits C, habitués à travailler comme des chiens rattraperaient vite leurs manques et écraseraient la concurrence tout de même.
Et de fait, nous étions peu nombreux à être bacheliers B et suivre cette formation. J’ai résisté, j’ai tenu, et après un DEUG en 2 ans (une petite fierté, car c’était minoritaire), j’ai, en 2ans également, obtenu ma licence (+ 1 UV de maîtrise en "économie des pays de l’Est" !) puis j’ai passé divers concours et j’en ai réussi un et, après une année de formation, j’ai intégré la fonction publique d’Etat comme gestionnaire généraliste.
Bref, après ce trop long prologue, je réponds à votre question, notamment sur la prise de notes : c’est effectivement crucial en fac mais j’imagine, outre l’aspect technique (choisir des modes d’accélération de la PDN, des abréviations, une gestion efficace de la feuille, etc.), que ces élèves, comme moi-même à l’époque, étaient plus ou moins motivés suivant le contenu et surtout la façon de faire cours des professeurs qui leur faisaient face. J’ai autant le souvenir de cours plaisants à entendre (même si je n’étais pas doué) et d’autre calamiteusement ânonnés (que la matière me plaise ou pas), dans lesquels la période de référence était « de 1966 à 1969 », et qui laissaient penser que ledit prof (la prof, en l’occurrence), n’avait jamais mis à jour son propos, ce qui rendait ses exemples inintéressants au possible.
Autrement dit, et comme d’habitude, il faut faire la part des choses (comme le disait si souvent M. Djurdjevac, prof de « statistique économique » en 1ère ou 2ème année – j’ai oublié) entre le quantitatif (vitesse d’élocution et/ou degré de sadisme de l’enseignant) et le qualitatif (enthousiasme et/ou lien avec l’actualité du cours tel que professé)…
Evidemment, je ne suis pas devenu (même si, à un moment – « Le déclin de l’empire américain » – ça m’a tarabusté) MCF/PU donc mon avis n’a pas de caractère « scientifique » mais il a une valeur d’exemple concernant un élève pas brillant mais ayant quand même réussi à tirer son épingle du « jeu » (et qui, dès le début, et même si le niveau requis avait été le sien, refusait obstinément l’idée d’entrer en « classe prépa », lieu du bizutage par excellence, qui m’a toujours fait horreur, d’autant plus, comme l’écrit HFThiéfaine, que je me sens « coupable d’avoir une gueule à être dénoncé ! »).
18 avril 2011 à 11:52
sheol
La prise de note et sa problématique me semblent complètement anecdotique quand on considère les immenses difficultés de certains étudiants de licence.
Même si c’est très réel que certains ne savent pas prendre des notes, le problème repose plus sur du fond (écrire des choses dont on ne comprend **rien**) que sur la forme (ne pas savoir orienter la feuille comme il faut).
Le problème de fond me semble vraiment être l’inscription dans une filière dans laquelle on ne comprend *rien*.
18 avril 2011 à 17:37
Rachel
Si Super Mamie revenait dans les universités en 2011, elle constaterait combien les étudiants ont fait des progrès dans les abréviations de la prise de notes grâce à leurs smartphones.
18 avril 2011 à 21:32
étudiant frustré
On peut dire que ce billet de "Peut mieux faire" sur la fin des grandes écoles a suscité des réactions : 290 commentaires! Beaucoup sont malheureusement navrantes d’ignorance, voire de méchanceté (j’aime bien ceux qui se plaignent des étudiants de fac faire des fautes d’orthographe hallucinantes). On voit que le principal reproche fait à l’université est de ne pas sélectionner. On y revient toujours…
Voici un témoignage différent d’un "vieux" qui retourne à l’université (bon il était en master) : http://www.lesechos.fr/opinions/points_vue/020644481580-pourquoi-j-ai-aime-l-universite-.htm
18 avril 2011 à 23:02
Rachel
Merci pour ce lien, Etudiant. C’est très rafraichissant ! décidemment, vive les Papy et les Mamies sur les bancs de l’université !
19 avril 2011 à 06:47
Helios
D’après mon expérience la prise de notes est inutile dans 90% des cas (je parle des mathématiques), du moins dans le premier et le second cycle. Les enseignants se contentent en effet souvent de recopier les livres (parfois verbatim, j’ai vu ça).
Les cours sont même pour la plupart inutiles, c’est encore plus vrai à notre époque d’internet où tous les renseignements sont accessibles quasiment instantanément.
19 avril 2011 à 17:06
astronaute en transit
En Histoire, la prise de notes s’imposerait plutôt… J’ai remarqué que les notes finales de certains étudiants ne venant jamais en cours magistral et prétendant passer l’examen en se contentant d’apprendre le manuel étaient moins bonnes: manque d’illustration, de références, de développement des idées….
19 avril 2011 à 21:56
Astronaute en transit
Le point de vue de personnes de la génération, disons "précédente" redécouvrant l’université d’aujourd’hui est intéressant… il pourrait être celui des extraterrestres chers à Rachel. Que ce soit pour louer ou pour plaindre, ce qui est instructif c’est que l’université qu’ils ont trouvée ne paraît pas correspondre à celle qu’ils en avaient avant d’y retourner. Pour certains, cette image est bien plus désolante, (la Mamie), d’autres font preuve d’optimisme (le Papy).
Ce qu’on pourrait en conclure c’est surtout qu’on parle si peu d’enseignement supérieur en France depuis des années pour que le public en ait une perception aussi partielle ou partiale.
La couverture médiatique? Comme diraient mes amis devenus journalistes, l’enseignement supérieur, "c’est pas très sexe comme papier". Les acteurs de l’enseignement supérieur ont-ils pleinement compris l’enjeu de ce qu’ils doivent communiquer? Il y a certes suspicion envers les "communiquants", mais la censure ou l’absence de transparence ne sont guère des réponses adéquates ou alternatives aux slogans et formules vides de sens de la "com’". Il y a évidemment des messages à porter, et ces acteurs n’ont manifestement pas fait leur travail pendant un certain temps.
Les autorités, n’en parlons peut-être même pas, les élections ne se gagnent pas sur l’enseignement supérieur, et dans les récentes années, l’enseignement supérieur a mieux su être source d’emmerdements aux politiques qu’instrument d’une politique.
Le public? Ah, il se laisse bercer dans ses contradictions. Il est tout à fait susceptible de se laisser convaincre par une bêtise démagogique, du genre de celle discutée dans "Peut Mieux Faire". Mais il n’est pas du tout prêt, a posteriori, à en payer le prix. Comme il est à vrai dire peu informé aussi bien des enjeux, des coûts et des problèmes, il se comporte comme la poule qui a découvert un couteau: paralysé par la crainte ou caquêtements et gesticulations furieux.
A votre avis, après 2012, parlera-t-on plus d’enseignement supérieur? parce que je doute qu’on en parlera beaucoup en 2012.
19 avril 2011 à 22:58
étudiant frustré
Oui Astronaute, je crois que la France doit être un des rares pays où il peut se passer plusieurs mois sans que l’on entende parler de l’"Université" dans les média ; comme les banlieues, on en parle quand il y a un problème (blocage et autres). Aux États-Unis, les championnats sportifs universitaires passionnent et tous les anciens étudiants supportent leur université d’origine ; celles-ci jouissent d’une considération immense dans la société. A contrario, l’Université française n’a aucun prestige.
Elle souffre parce que la structure du Supérieur est inaccessible pour le grand public, mais aussi parce qu’elle est effectivement incapable de communiquer. Je ne comprends pas comment des universitaires peuvent supporter de travailler dans une université avec des bâtiments en préfabriqué, portant un numéro et affublée d’un logo absolument immonde, dignes de la plus obscure des administrations publiques.
Exemple : les 13 universités de Paris portent chacune un numéro, ont des bâtiments qui pour la plupart font honte à Paris, des logos très moches (http://upload.wikimedia.org/wikipedia/fr/5/52/Logo-P7.svg), alors qu’ils auraient pu prendre le sceau de l’ancienne université de Paris (http://sfhs.free.fr/images/photo%2014.JPG), porteur d’une symbolique un peu plus prestigieuse. Mais elles en sont incapables, elles préfèrent se perdre dans des regroupements et acronymes encore plus inaudibles.
Le "papy" le dit très bien, l’Université "est faible là où c’est le plus facile, les infrastructures et la logistique".
Malheureusement je ne vois pas comment sortir de ce (long) tunnel tant que les universitaires resteront aussi apathiques, pourquoi ne font-ils rien pour changer cette image? Une chose est sûre, l’initiative ne viendra pas des politiques.
19 avril 2011 à 23:47
PR27
J’ai passé l’ après-midi à l’université. C’était une réunion d’un pôle de compétitivité. Il y avait des groupes d’étudiants sortant de la bibliothèque, d’autres qui révisaient sur les pelouses. On a causé avec des industriels. Il y avait la visioconf multipoints, ça marchait très bien. C’était la fac.
Etudiant, je vois dans votre message un pudding à poncifs de chargé de communication. Désolé de le dire comme ça. Les bâtiments sont désignés par des numéros. Drame. Quand j’étais étudiant, les logements étudiants s’appelaient A, B,C. On les a renommés selon des noms d’îles bretonnes, illusion du prestige, les loyers ont augmenté de 30%. Ah, les logos, la logomachie et l’université qui manque de sceaux-métiers. Cette construction est une des démarches à la fois les plus dérisoires et les plus menaçantes pour l’ESR. On achète bien les âmes avec des bling blings et des sentiments d’appartenance.
(un bling bling, des blings blings, ou des bling blings ? Une des vraies questions du quinquénat…).
20 avril 2011 à 07:04
étudiant frustré
PR27, je ne parlais pas des bâtiments, mais des universités avec des numéros (genre Paris I, II, III, IV…). Nous sommes dans un monde de communication, et celle des universités est quasi-nulle ; un peu de logomachie ne ferait pas de mal, je ne vois pas en quoi est-ce bling-bling que de vouloir donner une belle image à l’Université.
20 avril 2011 à 16:48
astronaute en transit
"Peut Mieux Faire", justement. Lorsqu’on parle d’améliorer l’image et la communication d’une université, cela va bien au delà de ce que l’étudiant, mais ce dont il parle peut déjà être un commencement.
Surtout, il faut que l’on ait l’occasion de parler autrement plus fréquemment de l’université dans le débat public, que lorsqu’on a a subir les conséquences de l’arrogance et de l’autosatisfaction de leurs personnels.
La popularité du primaire dans le public doit un peu tout de même a l’image d’Epinal qu’on en a, avec l’humble inscrit, hussard noir de la Republique, qui apprend les fondamentaux aux tout petits, a tous les tout petits. Le public ne sait pas ce que fait l’université, si ce n’est que lorsqu’elle a été en grève la moitié de l’année, les gens ont quand même leur diplôme et leur salaire… Et d’autres faits aussi comme les bâtiments préfabriqués et les toilettes "dignes du Tiers Monde" disait un président….
On a l’image qu’on veut donner. D’accord, certains trouvent que la com’ est factice, mais on aimerait bien savoir ce qu’ils proposent la place (si ce n’est pas moins factice que leurs slogans)?
20 avril 2011 à 17:23
PR27
Désolé, étudiant, j’avais mal lu, une fois de plus, trop pressé de trouver ce que je cherchais. Néanmoins, je ne change d’avis sur rien. Le marketing est la mauvaise voie pour sortir de ce que vous qualifiez d’ornière gravissime, de ce que crois être une ornière réelle mais pas si grave qu’on se complaît à le répéter, les situations étant d’ailleurs assez variables d’un endroit à l’autre.
L’instituteur de 1890 aurait-il aimé vendre des mugs ? Bon, à cette époque pour faire la promo il y avait la kermesse de l’école des curés contre celle de l’école publique…
D’accord avec l’Astronaute, il faut parler de l’université dans le débat public, mais il faut arrêter de tourner en rond et parler de l’université pour elle-même.
L’université interagit avec les entreprises, les collectivités, s’implique dans l’animation scientifique, culturelle, "citoyenne" – tout ça de manière réelle.
Ce qu’on peut faire ? Par ex. dans les 2 semaines qui viennent, je fais, à toute petite échelle :
- un dossier CPER pour amélioration de l’immobilier universitaire avec réflexion et plans assez précis à 5 ans pour la pédagogie et la recherche
- une présentation pour industriels, en ville, sur les activités de recherche du labo (pas de maths et pas mal de couleurs). J’y vais avec la casquette université (pour les industriels de toute façon ça sert à rien d’avoir des sous-machins plus précis)
et l’université participe beaucoup à l’animation de la cité ! Les collègues de SHS sont autant présents que ceux des sciences dures.
20 avril 2011 à 17:33
Rachel
Je trouve que l’étudiant a raison, l’image n’est pas bonne auprès du grand public. Et ça s’est sérieusement dégradé à cause du mouvement noniste de 2009. Un problème majeur est qu’on parle surtout de l’université lors de « mouvement » de grève et de blocage. C’est alors la frange radicale des personnels (SLU ou pire encore, la soit disant coordination nationale des universités, …) qui a le micro et là c’est assez catastrophe.
Se refaire une image ça prend du temps, beaucoup de temps. Pourtant il y a des actions locales de réalisées, mais l’effet semble assez limité. Peut-être faudrait-il envisager une grande campagne pour expliquer ce qu’est vraiment l’université auprès du public. Faut-il suggérer l’idée à Louis Vogel ?
20 avril 2011 à 22:26
jako
Un article sur le sujet:
Mr. Mason, who teaches economics at the University of North Florida, believes his students are just as intelligent as they’ve always been. But many of them don’t read their textbooks, or do much of anything else that their parents would have called studying. "We used to complain that K-12 schools didn’t hold students to high standards," he says with a sigh. "And here we are doing the same thing ourselves."
http://chronicle.com/article/Business-Educators-Struggle-to/127108/
Cf. ce commentaire désabusé à la suite du texte:
"Where I am, alas, low grades translate to low evaluations (and "c" is widely considered a grand tragedy; the vast majority of grades awarded in my college are a’s and b’s). Low evalutations mean you are a bad teacher. The department head talks to you about making the class more relevant and interesting. It’s not only discouraging, it’s humiliating. I get top evaluations in graduate courses where the students are self-motivated, poor ones in undergraduate classes that I’ve watered down to about half the content I would have put in ten years ago, and I no longer expect the students to read the book on their own at all or they would all fail. The administration at my state school is so dollar-driven that they can’t see beyond whether a student would possibly leave if the work was too hard and not enough fun. They have a terrible retention rate and are trying to fix it with further "reform" of the undergrad curriculum".
Heureusement, eux ils ne font pas greve!!!..
20 avril 2011 à 22:39
PR27
jako, you’re archaic
20 avril 2011 à 22:40
PR27
pareil en nouvelle-zelande et en australie, disent les collègues qui ont séjourné là-bas, malgré l’absence de fonctionnaires-du-systeme-que-le-monde-nous-envie.
21 avril 2011 à 10:19
PR27
Désolé, Rachel, je ne comprends pas ce qu’est ce "12", une erreur de saisie je pense sur ma machine où j’ai 50 fenêtres ouvertes en même temps, si c’est possible d’effacer….
21 avril 2011 à 10:26
Rachel
PR27, ce n’était pas une erreur de saisie. C’est écrit par quelqu’un qui n’est manifestement pas vous … un autre PR27. Merci de m’alerter de nouveau si ça se reproduit.
22 avril 2011 à 16:09
astronaute en transit
En attendant, on peut aussi réfléchir a ce que peut être l’apport de ces seniors qui fréquentent a nouveau l’université. Par nature, ils sont un peu moins prompts sûrement a déclencher des grèves et cadenasser les amphis, en revanche ils peuvent certainement être porteurs d’une demande de qualité du service a l’université, plus surement que des jeunes qui tendent aussi a subir une atmosphère de médiocrité résignée de la part des personnels.
peut-être est-ce donc de la qu’un bol d’air frais pourrait venir a l’enseignement supérieur: avec un public diversifie, et notamment des seniors qui ne seront pas complètement tétanises par l’état du marche du travail ou par le niveau d’endettement avec lequel ils termineraient leurs études aurait on une perspective un peu différente des missions de l’université. ils peuvent contribuer très utilement au débat, sans doute autrement utilement que ne le font les syndicats étudiants par exemple.
25 avril 2011 à 02:09
Fabrice_BM
@tous
Pour info, super papy est allé dans une très bonne université.
Pas Jussieu-2005, où j’ai démissionné de mon cours après un semestre (enseignant). A Cézanne, on ne fait pas de la garderie, et la sélection est d’une férocité extrême.