On sait tous que notre enseignement supérieur marche sur la tête. Ceci est parfaitement illustré par la transformation progressive des filières courtes, sélectives et professionnalisantes (IUT et BTS) en antichambre des écoles de tout type ou plus généralement un tremplin vers des études longues. Ces formations devraient au contraire être ajustées à un public désirant s’insérer rapidement dans la vie professionnelle. Victimes de leurs succès, ces filières ne remplissent plus leur mission initiale (c’est particulièrement vrai pour les IUT). Les étudiants qui sont recrutés sont d’un bon niveau et prennent la place des étudiants plus modestes qui se retrouvent alors à l’université dans des formations généralistes pas du tout adaptées à leur niveau scolaire. L’échec est alors quasi-assuré. C’est un gâchis honteux, pour un système à l’agonie. Et pourtant, malgré ses incohérences criantes, personne n’a eu le courage de le réformer afin de donner à nos jeunes un panel de formations tel que chacun puisse trouver sa voie.
Mais rien n’est gravé dans le marbre et il faut toujours espérer que la raison finira par vaincre illogisme ou les dérives structurelles. Hier on a pu avoir quelques brides du projet du parti socialiste. Au sujet des IUT et des BTS, voici ce qu’il est écrit (1): « Les BTS et les IUT accueilleront prioritairement – c’est leur vocation – les bacheliers des filières professionnelles (BTS) et technologiques (IUT) ». Ce qui est proposé ici est une véritable révolution. Si on prend la phrase mot pour mot, alors on donnerait la priorité aux bacheliers des filières professionnelles (BTS) et technologiques (IUT). Ainsi les bacheliers des filières générales ne pourraient s’y inscrire que s’il reste des places.
Maintenant il reste à savoir si cette phrase est dite « comme ça », juste pour meubler un pré-projet sur l’ESR manifestement très peu avancé ou bien si cela se confirmera en un engagement ferme. Ce qui est certain c’est qu’il va falloir du courage pour faire passer cette réforme majeure … Gaïa et ses commentateurs vont surveiller tout ça de très très près …
(1) cette phrase est issue d’un texte qui manifestement n’est pas la version définitive car non relue par les pontes du parti. Explication de texte et fichier à lire ici, sur le site de Marianne2.


51 commentaires
Comments feed for this article
6 avril 2011 à 09:31
T.Atso
Bonjour Rachel,
Quelques commentaires en particulier sur les IUT que je connais un peu pour y avoir travaillé.
Ecrire que les BTS et les IUT seront réservés prioritairement aux bacheliers pro et technos n’est pas une révolution, c’est déjà le cas dans les textes, circulaires, recommandations…. (il y a même des incitations financières pour ça !) mais dans les faits ce n’est pas le cas et le diable étant dans les détails cela ressemble à une déclaration creuse. De deux choses l’une ou on impose un quota voire une interdiction stricte pour les bacs généralistes ou les commissions pédagogiques de recrutement continueront à recruter prioritairement des bacs généraux tout simplement parce que leur niveau général est meilleur et qu’ils ont plus de chances de réussir leur cursus. Les IUT ne peuvent rattraper le fait que dans le système français d’enseignement secondaire les filières technologiques (et que dire des pros) sont considérés comme étant réservées à ceux qui ne peuvent suivre la filière générale.
Vous dites que les IUT et les BTS ne remplissent plus leur mission initiale d’insertion professionnelle rapide. C’est vrai mais ce n’est pas un échec des IUT c’est seulement que ces derniers ont compris que les besoins et les désirs des étudiants ont évolués. Le problème c’est qu’aujourd’hui les bacheliers qui arrivent n’ont souvent pas choisis ce qu’ils veulent faire et surtout n’ont pas envie de choisir tout de suite. Hors le système DUT c’est la sécurité d’avoir le temps de choisir et de murir sont projet : si l’étudiant souhaite continuer vers des études plus ou moins longues après son DUT il le peut (Licence pro / écoles / Master) si au contraire il souhaite entrer tout de suite dans la vie professionnelle il le peut (et Dieu sait que la pression des milieux professionnels pour que les titulaires de DUT rejoignent tout de suite l’entreprise est forte !). Bref aucune porte ne lui est fermé contrairement à une licence classique avec laquelle il est quasiment obligé de s’engager dès le départ dans un cursus long ! Dès lors il est logique que les jeunes et surtout leurs parents plébiscitent ces formations qui n’enferme pas le gamin dès le départ.
Le système à l’agonie c’est celui qui ne répond plus aux besoins de son public, c’est-à-dire non pas celui des IUT mais celui de la licence générale ! Le gâchis honteux c’est qu’on oriente dans le supérieur des personnes qui n’ont pas le niveau pour suivre. Mais je ne pense pas que l’étudiant qui échoue de manière flagrante en licence de physique s’en sorte mieux en DUT de mesures physiques (certes cela fera plaisir à l’enseignant chercheur de la licence généraliste de ne plus l’avoir sur le dos mais bon…). Si le seul but de la manœuvre c’est de transférer un public inadapté d’une filière à une autre alors c’est stérile.
En ce qui concerne le BTS sans doute la situation est-elle un peu différente et sans doute ce dernier devrait être réservé à titre prioritaire à ceux qui dès le départ ont choisis une voie courte.
Le problème n’est pas tant que les IUT sélectionnent mais que le reste de l’université ne le fasse pas et que l’on est si peu de systèmes permettant une remise à niveau et une réorientation en début de cursus.
Mais ce n’est certainement pas en cassant le système DUT (qui fonctionne aujourd’hui à un coup quasi équivalent à celui d’une licence généraliste correspondante (secondaire/tertiaire)) qu’on va sauver un système qui lui ne marche pas ! Le mal français c’est de vouloir dire dès le départ : toi tu feras des études courtes et toi des longues alors que le but du premier cycle universitaire tel que rappelé d’ailleurs par le code de l’éducation c’est de permettre la formation du projet professionnel de l’étudiant. Le DUT répond à cela voilà pourquoi sans doutes il fonctionne.
6 avril 2011 à 09:33
Gelth
Bonjour,
ce n’est pas une révolution mais juste une tentative pour refaire des iut un lieu de formation professionnalisant comme il l’était à l’origine (40 ans d’existance, cela donne des évolutions, c’est normal). Personnellement, si un jeune souhaite venir dans un milieu où le suivi des étudiants est plus fort (volume horaire en face à face plus important, contrôle continu, …), je ne vois pas pourquoi son niveau devrait l’en empêcher.
Au delà de ce problème de but des iuts qui sont pour beaucoup (pas tous) effectivement devenu une passerelle plus "sécurisante" vers la poursuite d’études, se profil en réalité un problème plus fondamental : celui du recrutement et de la "réussite". En effet, les iut recrutent sur dossier (je me garderais de parler des bts qui sont encore un autre cas).
Ce qui est reproché aux iuts pourrait (et devrait) être aussi reproché aux écoles d’ingénieurs qui base leur réussite également (mais pas seulement, tout comme les iut) sur un recrutement sur dossier.
Non, il faut arrêter de stigmatiser les iut (qui d’ailleurs en ce moment font quelques tentatives pour tester une indépendance plus forte vis à vis car leur fonctionnement est souvent incompris par leur université de tutelle).
Mettre sur la table le problème des recrutements me semble être le fondement d’une révolution, bien plus que ces phrases qui ne signifient pas grand choses.
6 avril 2011 à 09:37
Gelth
Deux commentaires postés à 2 minutes d’intervalle avec en partie la même idée, c’est un signe de sujet sensible actuellement :)
6 avril 2011 à 09:40
PR27
Non, la phrase n’est pas dite "comme ça", c’est un point écrit dans les documents qui circulent depuis au moins 2 ans – un des points stables et à peu près concrets, qui ne sont pas si nombreux.
Méfiance quand même sur le niveau des BTS et DUT. Je crois que la plupart des étudiants actuels de BTS sont bien en BTS et qu’à la fac telle qu’est actuellement, ils se casseraient la figure. La première moitié de promo de DUT : ok pour la fac.
6 avril 2011 à 09:56
T.Atso
@ Gelth : effectivement :-))
D’une manière plus générale quel est le but d’une licence générale et pourquoi veux-t-on y attirer les meilleurs élèves ?
Est-ce parce que la voie générale doit être la voie à privilégier pour la recherche par exemple ?
Mais dans ce cas qu’on dise quel est le pourcentage d’enseignants chercheurs dans les disciplines scientifiques qui ont suivi un cursus entièrement à l’Université (Licence/master) et ceux qui ne sont arrivés qu’en deuxième année de Master pour poursuivre un doctorat…
6 avril 2011 à 09:56
Basile
Bonjour,
Étant titulaire d’un DUT (et d’un bac général ES) mais aujourd’hui en formation longue, je souhaite réagir à votre article.
Je suis d’accord sur le fait que les lycéens en filière techno ou pro doivent avoir la possibilité d’accéder à ses formations, probablement les plus adaptées à leur parcours en secondaire.
Cependant si les IUT et BTS accueillent tant de personnes venant de formations générales, je n’y vois pas là un échec de leur part mais plutôt de l’ensemble du système universitaire.
Je ne peux ici que parler de mon expérience personnelle, mais si mon choix s’est orienté vers cette formation, tout en ayant conscience dès le début de peut être vouloir faire des études longues, c’est qu’il m’a semblé être la seule alternative entre passé trois ans les fesses vissées sur un amphi en licence ou faire un emprunt et entrer dans une école privée.
Mes deux années de DUT m’ont apporté, en plus des compétences propres à la formation, une sensibilité au monde extérieur allant bien au delà de la simple connaissance théorique de mon domaine. A raison de 35 à 40 h de cours hebdomadaires, la formation y est riche et permet de développer un savoir être qui m’était indispensable étant dans le domaine de la communication.
Pour moi c’est donc la vision de la licence qu’il convient de réformer. A la sortie de mon DUT, avec donc 1 an de moins de formation que des étudiants en licence, j’ai régulièrement eu l’impression de devoir leur faire comprendre que le monde n’est pas que dans des livres et de belles théories. J’ai du coup dans la foulé obtenu une licence avec mention sans avoir à fournir le moindre effort tellement le niveau est inférieur à celui d’un DUT.
Mais je pense qu’une telle réforme entrainerait bien entendu de grandes difficultés matérielles et financières mais qu’elle serait la seule véritable grande avancée à nous proposer pour que la formation supérieure publique reste attractive. Fermer les DUT et BTS aux filières générales serait également un échec car risquerait de baisser le niveau de ses formations et donc de les dévaloriser sur le marché du travail. Il est également important de préciser que si beaucoup d’étudiants poursuivent leurs études après bac+2, c’est pour essayer de rebondir après une recherche d’emploi infructueuse (du moins dans mon domaine, la communication) qui ne propose que trop peu de débouchés à ces formations. La fermeture des formations bac +2 ferait alors 2 grands heureux, les écoles privées et les banques accueillant de nouveaux emprunteurs.
Cordialement,
6 avril 2011 à 09:59
Dan- visseur de base
@T.Atso = merci pour ce commentaire plein de raison. Les deux questions clefs qui sont soigneusement évitées :
1 n’importe quel bachelier peut-il faire n’importe quoi ? d’où la catastrophe de la sélection par l’échec en L2
2 A quoi sert aujourd’hui l’université ? A former de vrais étudiants pour des emplois réels ou à gérer des postes de chercheurs et des statuts de personnels ?
Au passage, diner hier soir avec une étudiante algérienne qui débarquait à …pour faire un master.
1 Elle est très sympa, mais n’a evidemment pas le niveau du master – ou alors celui ci est vraiment faible.
2- Il n’y a eu personne pour l’accueillir dans cette université que le monde nous envie, située dans une ville au soleil, et politiquement très engagée. Pas d’information, d’aide pour comprendre le système, les rssources, l’organisation, se faire des amis. Dans les entreprises, on prévoit un module d’intégration. Dans les écoles d’ingénieurs aussi, et le BDE est en charge de l’accueil, ce qu’il fait plus ou moins bien. Dans les Univ, on réforme le monde, mais que fait on pour accueillir les étudiants étrangers ? Et les autres ? On (re)cherche ? evidemment, c’est sans doute la faute à pas de chance, elle est mal tombée, mais le chef de cette université est en pointe dans la contestation nationale…donc exemplaire en interne ?
6 avril 2011 à 10:16
Rachel
T. Atso, Gelth, Basile, merci pour vos réactions que je trouve pleines de bon sens. Je voudrais préciser que je ne cherche pas à stigmatiser les IUT. J’ai au contraire beaucoup de respect pour le travail qui y est accompli. Sur ce blog j’ai déjà consacré de nombreux billets sur le sujet et j’ai dit à de nombreuses reprises que l’IUT était victime de son succès … et de l’échec des licences générales.
Rappelons que 80 % des étudiants titulaires d’un DUT poursuivent leurs études. C’est pourquoi je pense que l’IUT ne remplit plus sa mission et qu’il faut se pencher sérieusement sur la question. Il faut convenir que depuis 40 ans les choses ont singulièrement évolué. S’il est effectivement inscrit dans les textes circulaires et recommandations que les IUT devaient être réservés aux bacheliers pro et technos, la réalité est tout autre. Se pencher sur le problème ne constitue pas, à mon sens, une démarche creuse mais plutôt une démarche courageuse sur un problème majeur de notre enseignement supérieur.
T. Atso, vous dites que les besoins et les désirs des étudiants ont évolué (et donc les IUT se sont adaptés). Mais peut-être pourrions-nous poser la question aux étudiants des bac pro et techno qui se retrouvent par défaut à l’université, faute d’avoir trouvé une place en IUT, place prise par des étudiants issus de bac généraux dont l’intention est de contourner l’université et des écoles prépas avant une poursuite d’étude. C’est là que se situe le grand gâchis. Après on entend à longueur de journée qu’il faut développer les filières professionnalisantes (y compris dans le projet du PS). Mais ces filières existent déjà !
6 avril 2011 à 10:43
T.Atso
@ Rachel. Je vous rejoins entièrement sur le gâchis que constitue l’échec massif des titulaires de bac pro et techno à la FAC.
Par contre, quant vous dites que les filières professionalisantes existent déjà je n’en suis pas si sur.
Le DUT fonctionne aujourd’hui comme devrait fonctionner, à mon avis le premier cycle universitaire c’est à dire une formation permettant soit d’obtenir une qualification professionnelle pour accéder au marché du travail soit de continuer vers une poursuite d’études. Que ce système soit sélectif est logique.
Par contre il n’y a pas de réelle voie et filière professionnelle en France, celles qui existent sont toujours uniquement des voies de garage pour ceux qui ne peuvent suivre la voie générale.
Combien de fois dans le secondaire vois-ton des conseils de classe expliques aux parents dont un enfant ayant un bon niveau souhaite s’orienter en bac techno " vous n’allez quant même le mettre en filière techno avec son niveau se serait du gâchis" !!!
Personnellement je pense que voie professionnelle ou voie générale (scientifique recherche) doivent toutes les deux viser un bon niveau.
Tronc commun licence permettant une vrai sortie vers le marché de l’emploi (ce que le DUT sait faire et la licence classique absolument pas !) ou une poursuite d’études soit vers une formation professionnelle de haut niveau (titre d’ingénieur) ou une formation académique visant à la recherche. Ca va finir par ressembler aux IES chers au Professeur Dubois tout ce mécanisme ;-)
Pour ceux qui arrivent dans le supérieur avec un niveau insuffisant un système de remise à niveau.
Mais ceci ne peut de toutes façon pas fonctionner sans une réflexion globale sur la filière professionnelle dans le secondaire avec, peut-être, le BTS comme finalité.
6 avril 2011 à 12:42
Marianne
Léger petit détail…Moi la ou j’étais on n’avait PAS de candidats issus de bacs technos qui candidataient chez nous car dans leur lycée soit on les orientait vers le BTS du lycée soit on leur disait qu’ils n’avaient aucune chance en DUT et on les orientait vers des BTS. Nos étuddiants étaient donc majoritairement des bacs S faute de postulants. Donc si on inscrit dans la loi le fait qu’il ne doit y avoir que des bacs technos dans les IUTs et bien le departement d’IUT de ma fac de banlieue risque de fermer ainsi que beaucoup d’autres…
Parce qu’ON N’EN TROUVERA PAS!
Les gamins qui n’iront pas en IUT étant à la recherche d’une filière sélective iront peut etre plutot dans une prépa intégrée qu’a la fac. Non seulement les IUT se sont adaptés à un puiblic mais en plus ce ne sont pas eux qui ont choisi leur public mais leur public qui les a choisi!
Par ailleurs on "récoltait" aussi des gamins s’étant planté dans le supérieur trouvant chez nous une seconde chance.
Ce qui veut dire que la fac ne fournit peut etre pas cette seconde chance a ceux qui se sont plantés chez eux…A réfléchir, non?
6 avril 2011 à 13:11
Septime
Marianne
Avant de dire que les IUT ne choisissent pas leur public, je crois qu’il serait utile que les IUT publient les résultats de leur processus de sélection de manière claire et utilisable : Un taux de sélectivité par type de bac et section (ratio admis – ou inscrits – sur dossiers reçus) doit certainement être claculé par les IUT mais, à ma connaissance, n’est pas rendu public. On y verrait sans doute que les IUT admettent la grande majorité des bacheliers généraux qui sont candidats et des proportions variables de bacheliers technologiques ou professionnels selon les spécialités.
6 avril 2011 à 14:21
Rachel
Mes chers commentateurs, je comprends parfaitement que les IUT ne se sentent pas pleinement enthousiaste avec cette mesure du PS. Cela peut être ressentit comme une sorte de déclassement, un ressentit d’injustice vis-à-vis d’une formation qui est connue pour fonctionner plutôt bien (à l’inverse des licences généralistes) et qui est plébiscitée par les étudiants des bac généraux.
Mais il faut aussi admettre qu’une formation à des missions donc des obligations à remplir. Prenons l’exemple des écoles d’ingénieurs. Pour ces écoles, c’est la CTI qui examine si elles font correctement leur travail, c’est-à-dire si la formation est de qualité, si elle respecte bien le cahier des charges qui lui est imposé et surtout si la formation est bien en adéquation avec la cible professionnelle. Par exemple si une formation place une forte proportion d’élèves dans une branche adjacente à celle ciblée, alors cela est considéré comme un échec. La CTI demande alors la fermeture de la formation ou bien un réajustement drastique de la formation.
On imagine l’équivalent de la CTI qui visite un IUT :
- Alors monsieur le directeur d’IUT, il fonctionne bien votre institut ?
- Oh oui Monsieur l’examinateur. Il y a beaucoup de candidats, le niveau est bon étant donné que nous sommes sélectifs et le taux de succès à l’obtention du diplôme est lui aussi très bon. Bref RAS tout va bien.
- Oh parfait, Monsieur le directeur d’IUT. Peut-on en savoir un peu plus sur le placement des étudiants ?
- Euh … oui, et ben c’est aussi un grand succès. Figurez-vous que 80 % de nos étudiants poursuivent leurs études et les 20 % restant trouvent facilement du travail. Bref succès à 100 %.
- Mais n’avez-vous pas une mission d’une formation professionnalisante ? Si je comprends bien vos chiffres et la mission qui vous est donnée, seuls 20 % des étudiants sont en adéquation avec votre mission. Bref c’est 80 % d’échec ! (bref fermeture directe de la formation!)
Pour ma part je pense qu’il est important de réfléchir à l’échelle globale de l’enseignement supérieur et je trouve que la mesure proposée par le PS (à confirmer) va dans le bon sens.
6 avril 2011 à 14:56
Marianne
Je ne dis pas que cette mesure va dans le mauvais sens. Je m’interroge juste sur la faisabilité du truc. Par ailleurs ce que vous décrivez, évaluation d’un IUT ca existe! Et le ministere don,ne plus ou moins de sous suivant que les objectifs des IUT sont atteints. Et les chefs de département ont aussi des consignes pour "inciter" les étudiants a rentrer sur le marché du travail plutot que de poursuivre en école d’ingé. Ca marche pas fort d’ailleurs…
Voila, sinon suis pas contre cogiter sur l’ESR
J’adore cogiter avec vous moi…
6 avril 2011 à 14:57
PR27
Je me permets de propagander encore un peu, mais comme il va être temps de connaître les projets des uns et des autres pour 2012, je recopie un morceau déjà ancien du projet de F.Hollande, évoquant une orientation un peu plus musclée qu’actuellement.
"L’enseignement supérieur a connu une réelle démocratisation. C’est un incontestable pro- grès. Cet élargissement de l’accès a été parfois le chemin de nombreuses désillusions dans un contexte de paupérisation de bon nombre d’universités françaises. Soyons lucides ; quelle est la chance d’un bachelier professionnel de pouvoir connaître un cycle universitaire même court, débouchant sur un diplôme ? 10%. Quelle est la probabilité pour un bachelier technologique ? 30%. Ce sont les bacheliers généraux qui ont finalement capté les diplômes de l’enseignement supérieur et occupé les places qui étaient théori- quement réservées aux bacheliers technologiques ou professionnels ; je pense aux IUT et aux BTS. Il faut donc que ces structures puissent accueillir celles et ceux pour lesquels elles étaient prévues. De la même manière, il est nécessaire d’avoir un système d’orientation plus ferme. Après le premier cycle, les étudiants doivent suivre des parcours qui correspondent à des débouchés.
Enfin, un système d’incitations pour aller vers les filières universitaires scientifiques (aujourd’hui désertées par trop d’étudiants) paraît indispensable.
Pour atteindre ces objectifs, il sera nécessaire de mettre en place un système d’alloca- tions et de prêts publics au financement des études pour que les étudiants puissent, avec des contreparties notamment en termes d’orientations et de choix de certaines filières, poursuivre des cycles universitaires professionnalisés."
6 avril 2011 à 15:04
Marianne
Ca veut dire quoi, on va donner plus de sous à un gamin qui fait des études scientifiques?
6 avril 2011 à 15:46
T.Atso
@ Rachel
pour moi la réflexion du PS va dans le mauvais sens parce qu’elle ne se pose pas les bonnes questions.
Si on schématise au niveau scientifique on pourrait dire la chose suivante.
Le système français a été conçu pour fonctionner de la manière suivante :
- Ceux voulant des études longues vont en licence (puis master…)
- Ceux voulant un déboucher rapide sur le marché du travail vont en BTS ou DUT
- Ceux voulant un diplôme technologique de haut niveau qui vont en classe prépa puis dans un cursus d’ingénieur
or quels sont les résultats :
- Vont en licence ceux qui n’ont été pris nulle part ailleurs (je sais je caricature mais pas complètement)
- Vont en DUT et en BTS (dans un degré moindre) ceux qui n’ont pas encore choisis entre cusus long ou cours.
- Les meilleurs choisissent toujours les classes prépas. Et les écoles d’ingénieurs recrutent de plus en plus de gens venus des DUT, toujours autant des CPGE et de moins en moins des licence.
A partir de là que peut-on en déduire :
Les système marche mal parce que les différents acteurs ne jouent pas le jeu et donc on va les contraindre par la loi a fonctionner comme on le souhaite c’est en substance la proposition du PS
Ou bien, peut-être que c’est le schéma tel qu’il a été conçu à la base qui ne fonctionne pas parce qu’il ne correspond plus aux attentes des élèves.
Je me répète mais un mauvais étudiant de licence ne réussira pas forcément mieux en DUT, si le seul but du jeu c’est de déplacer le problème et de jouer à "cachons cet échec que je ne saurais voir dans mon université" pas de soucis. De plus, comme cela a été dit plus haut croire que fermez les IUT suffira à renvoyer de bons éléments dans les licences c’est se voiler la face. Comme toujours en matière d’éducation, les jeunes trouveront des méthodes de contournement.
Repartons à la base, qu’est ce l’ensemble des acteurs attendent aujourd’hui d’un premier cycle dans l’enseignement supérieur.
6 avril 2011 à 17:23
astronaute en transit
Il semblerait judicieux de mener une reforme parallèle de plusieurs filières si l’on veut que les effets soient cohérents. Comme il est remarque précédemment, en guise de reforme – mot qui embarrasse le PS – on envisage surtout d’agir par contrainte juridique. Mais si l’on impose des contraintes sur les IUT/BTS qui confirme le principe que ces filières sont sélectives et réservées a des étudiants qui remplissent des critères d’admissibilité, il faudrait être conscient que de tels critères devraient aussi être valables pour l’entrée en licence. Osera-t-on imposer ici aussi un régime juridique contraignant, ou aura-t-on encore peur des étudiants jetés dans la rue et reprenant le discours anti-sélection qu’on leur a serine du temps ou ce n’était pas la gauche qui était au gouvernement?
Si l’on procède a un compartimentage clair des différentes formations d’enseignement supérieur, par ricochet on n’échappera pas non plus a une sérieuse refonte de tout le secondaire. Un gouvernement PS aura-t-il l’autorité politique suffisante pour m’imposer aux corps enseignants concernes?
Sur un autre fil, il a été affirme qu’en 1997-2002, le gouvernement Jospin n’avait pas été en mesure de mener plusieurs reformes touchant l’ESR de front, parce qu’une priorité avait été fixée sur la mise en place du LMD – reforme d’ailleurs déjà refusée a l’époque par les personnels que ça n’arrangeait pas, et on sait quel a été le sort du ministre, remplace par le gentil Djaack. La question de la capacité du futur gouvernement a mener des reformes parallèlement, et non en diffère, se posera a nouveau. bien sur, c’est sur un programme – pour ce qu’il en existe actuellement – que le PS compte se faire élire, et non pas sur ses capacités de gouvernance effective, mais ceci n’est pas un avertissement gratuit. Il me semble que nous avons a présent suffisamment de recul historique pour constater les insuffisances passées de mesures antérieurs, et qu’un gouvernement de l’avenir a le devoir de ne pas repeter les mêmes erreurs de méthode qui font que les effets escomptes d’une reforme dans un pan de l’enseignement supérieur ne sont pas adéquatement répercutes sur les autres.
C’est donc dans ce domaine aussi que le projet du PS nécessite des précisions et du travail supplémentaires.
6 avril 2011 à 18:31
étudiant frustré
Oui, sur l’autre fil PR27 nous expliquait que les IUT n’avaient pas été reformés car le gouvernement Jospin s’occupait du LMD. C’est une faute et maintenant on se retrouve avec un système LMD et un autre qui reste encore sur le système du DEUG.
J’ai aussi lu que le PS avait aussi proposé de fusionner grandes écoles et universités au sein "Réseaux d’enseignement et de recherche territoriaux" ; j’aimerais bien savoir comment ils comptent faire sans sélection. Cette question de la sélection est absolument fondamentale pour une réforme sérieuse de l’ESR, et on entend pas le PS…
@T. Atso, je me répète aussi, mais je crois qu’un bachelier faiblard a quand même beaucoup plus de chances de réussir en IUT/BTS qu’en licence de psychologie.
6 avril 2011 à 19:14
PR27
@T. Atso 15:46 : le PS propose d’augmenter le nombre de places en DUT, et pas de le réduire (voir interview sur educpro en ce moment). Par ailleurs, qu’un étudiant assez médiocre qui ne réussit pas bien en licence ne réussirait pas bien en DUT… ben oui, quand on est mauvais on n’est pas bon. Néanmoins, il pourrait, avec des profs qui le fliquent de près, pas mal de notes de TP, un emploi du temps bien chargé, acquérir une formation de technicien supérieur correcte. Il finirait dans la 2eme moitié de sa promo, mais bon… il en faut aussi, des deuxième moitié de promo, pour que la première moitié existe !
6 avril 2011 à 19:40
Sébastien
@Septime
Je me permets d’intervenir car j’ai les chiffres que vous demandez, pour mon département d’IUT qui ne représente certes pas un échantillon représentatif…
Sur 713 dossiers en 2009, taux d’admis de :
- 9,1 % pour les bac S ;
- 14,6 % pour les bac ES ;
- 11,1 % pour les bac L ;
- 13,6 % pour les bac STG ;
- 27,3 % pour les bac pro.
Comme vous le voyez, dire "On y verrait sans doute que les IUT admettent la grande majorité des bacheliers généraux qui sont candidats et des proportions variables de bacheliers technologiques ou professionnels selon les spécialités" semble à tout le moins abusif…
Certes, le taux d’admis des STG est égal, et non supérieur, à celui des bacs généraux, mais il n’est pas inférieur. Et vous noterez que celui des bacs pro est deux fois supérieur, ce qui s’explique facilement :
1. Comme le dit Marianne pour les scientifiques (et c’est pareil pour moi en filière commerciale), les candidats de bac pro sont très peu nombreux (10-15 chaque année) – et, par parenthèse, ils se plantent quasiment tous, année après année ;
2. Le système de recrutement repose fortement sur les notes obtenues avant le bac, et les bac pro qui candidatent ont des très bonnes notes (entre 13 et 16 de moyenne en général), ce qui leur donne plus de chance d’être recrutés (en l’absence de pondération par bac, mais chuuut, ça n’existe pas bien sûr…)
Enfin, comme l’a rappelé un intervenant, il faut savoir que le Ministère fait plus qu’encourager l’orientation des Bac pro vers les BTS et des Bacs techno vers les DUT, par un moyen tout simple : l’argent… La proposition PS n’innove donc en rien et est même comique car l’application pure et simple de ce que préconise le MESR d’un gouvernement de droite !
6 avril 2011 à 20:06
Rachel
Astronaute, les hommes et les gouvernements changent et il n’y a nulle obligation de répéter les manquements. Les insuffisances du passé elles sont aussi bien à droite qu’à gauche, pas un pour rattraper l’autre, mis à part V. Pécresse qui a eu au moins le mérite d’avoir tenté quelque chose.
Mais je suis d’accord avec vous pour faire le constat que si on réforme d’un coté, cela aura un impact sur l’autre coté. Une vision globale semble indispensable car on joue sur les équilibres des différents fragments.
6 avril 2011 à 20:14
Rachel
Etudiant, je ne sais pas si le terme « fusionner » est correct. Pour ma part j’ai lu ces derniers jours le terme « rapprocher ». Dans tous les cas, cela ne veut pas dire que les formations correspondantes seront mélangées pour suivre les mêmes cours, cela serait très stupide. Imaginons que tout soit fusionner (juste pour l’exercice), cela pourrait vouloir dire que la structure aura des formations sélective et d’autres qui ne le seront pas. Ce n’est pas si compliqué que ça à mettre en place (ça l’est déjà …).
6 avril 2011 à 20:17
Septime
Sébastien
GEA ou GACO ?
Il doit y avoir une différence puisque je connais des GEA qui se présentent comme des "classes préparatoires des universités" et qui admettent plus de bacheliers généraux que vous.
6 avril 2011 à 20:23
Rachel
PR27, je trouve qu’il n’est pas logique d’annoncer en même temps qu’il faut augmenter le nombre de place en BTS et IUT. A mon sens, si la mesure discutée aujourd’hui se met en place, il faut d’abord en mesurer les effets. Cela devrait augmenter significativement le flux d’étudiants sortant à Bac +2. Si on constate qu’il faut augmenter encore par la suite, alors seulement il faudra le faire. Mais mettre ces deux mesures en place en même temps me parait un non sens. C’est aussi signer la mort de des licences généralistes scientifiques, dans lesquelles il n’y a presque plus personne, il faut en être conscient.
Il faut savoir aussi que les formations techniques et technologiques ont un coût important, beaucoup plus que les formations généralistes. Il faudra trouver l’argent. Si j’apprécie la petite phrase du jour, c’est aussi qu’on arrêtera ce gâchis énorme, surtout humain mais aussi financier car on dépense beaucoup d’argent pour faire semblant de professionnaliser des étudiants qui n’ont en réalité aucune intention de rentrer rapidement dans la vie professionnelle.
Enfin je trouve que l’on cède ici un peu trop facilement au « mythe de la professionnalisation » que l’on a déjà un peu discuté sur d’autres fils. Le chômage des jeunes est massif et il faudrait d’abord démontrer que c’est la bonne voie à suivre et si c’est ce que veulent les entreprises pour se développer et se donner une chance de résorber le chômage. Si ce n’est pas le cas, alors une formation généraliste est préférable, elle permet un meilleur rebond en cas de créneau bouché.
6 avril 2011 à 20:50
PR27
Rachel, si on n’accepte pas de mettre en place deux réformes en parallèle, l’Astronaute nous le reprochera. Si nous rappelons (sans en débattre) que le PS prévoit d’augmenter le nombre de diplômés de l’enseignement supérieur, il s’agirait de faire absorber cette augmentation par les DUT/BTS et non de les piquer aux L1 (ça serait logique, les "nouveaux venus" n’étant pas a priori des stars de la science et des lettres)
6 avril 2011 à 20:59
Sébastien
Septime
ni l’un, ni l’autre : TC.
les DUT qui se présentent comme des prépas bis ne doivent pas être légions, même si, je le reconnais volontiers, 1 groupe de TD sur 4 en deuxième année est davantage "préparé" aux concours d’école de commerce.
6 avril 2011 à 21:11
T. Atso
Sur le coût d’un étudiant, on a longtemps expliqué que le coût d’un étudiant en IUT était largement supérieur à celui d’un étudiant en fac générale. Selon les chiffres provenant des indicateurs du ministère (l’état de l’école) en 2004 les couts étaient les suivants :
IUT : 9320 €
Université : 6820 €
CPGE : 13710 €
En 2007 (dernière année ou la mesure a été faite avant la fin du fléchage des dotations des IUT) les chiffres étaient les suivants :
IUT : 9020 €
Université : 8970 €
CPGE : 13880 €
Bien sur ces chiffres doivent être relativisés; l’augmentation importante des effectifs des IUT dans les filières tertiaires a forcément fait baissé le coût, mais il en va de même pour les effectifs des universités ou les étudiants de SHS/Droit sont beaucoup plus nombreux que ceux qui coutent chers comme les Sciences.
De même ces chiffres n’intègrent pas le coût du aux redoublements (hors il est inutile je pense de comparer le pourcentage d’étudiants d’IUT qui obtiennent un DUT puis une Licence Pro en trois ans et celui des étudiants d’une licence classique…
6 avril 2011 à 21:19
jako
"Enfin je trouve que l’on cède ici un peu trop facilement au « mythe de la professionnalisation » que l’on a déjà un peu discuté sur d’autres fils. Le chômage des jeunes est massif et il faudrait d’abord démontrer que c’est la bonne voie à suivre et si c’est ce que veulent les entreprises….": merci Rachel: je vous retrouve enfin!… Le problème avec la professionnalisation est que c’est le genre de truc qui tombe du ciel et qu’on vous demande du jour au lendemain de faire des miracles et de la fermer: c’est comme avec les machinex… Voici un article intéressant qui donne la mesure du problème: Tunisie-Textile : Peu d’ouvriers mais des diplômés "à la pelle" (et il ne s’agit pas de diplomés en archéologie ou en lettres classiques!). Ca concerne la Tunisie mais le problème se pose également chez nous. Extrait:
«Essayez donc de chercher des personnes qualifiées pour travailler dans les usines de textile, vous n’en trouverez pas. Je suis porte-parole d’un consortium qui emploie 8.000 personnes. Nous refusons aujourd’hui des commandes, et cela dure depuis un bon moment, parce que nous n’avons pas de personnel."
http://www.webmanagercenter.com/management/article-96978-tunisie-textile-peu-d-ouvriers-mais-des-diplomes-a-la-pelle
C’était bien beau d’exiger que 50% d’une classe d’age soit diplomée du supérieur; mais si on ne s’interroge ni sur les conditions, ni sur les modalités, ni sur les conséquences d’un tel "choix de société", on court au casse-pipe: et ensuite c’est qui les boucs émissaires tout trouvés?
6 avril 2011 à 21:27
Rachel
PR27, cela me parait un peu surprenant l’on parie sur les IUT et les BTS pour assumer cet enjeu d’augmenter le nombre de diplômés du supérieur. Etant mauvais esprit, j’interprète cela comme un déni de l’université qui ne serait pas capable d’assumer cette mission. Cela m’attriste un peu. En d’autre temps certains avaient pour ambition de remettre l’université au centre de l’enseignement supérieur, je trouve dommage que le slogan ne soit pas repris.
S’il s’agit d’accompagner des étudiants de niveau faible vers une voie professionnelle, une autre idée serait de construire des licences pro adaptée, avec une première année fortement axée « propédeutique » et deux ans de formation professionnelle. Ca serait un beau projet pour l’université.
6 avril 2011 à 21:38
PR27
@Rachel : remettre l’université au centre de l’ESR ou remettre la L1 de la fac de sciences au centre de l’ESR ? Les IUT *sont* dans l’université, il sera bon de le rappeler à "certains" (drôle de pseudo).
6 avril 2011 à 21:38
Rachel
T. Atso, je partage votre analyse et tempère donc mon commentaire précédent pour ne garder que l’aspect humain du problème. Il est assez évident qu’en moyenne un étudiant diplômé à l’université coûte beaucoup plus cher qu’un étudiant diplômé qui est passé en IUT ou BTS … mais cela n’est pas un état définitif, on peut travailler pour réformer afin d’améliorer les choses, comme par exemple proposer des formations adaptées au jeunes, contrairement à ce qui est fait actuellement. Alors le système sera beaucoup plus efficace.
6 avril 2011 à 21:39
Rachel
Jako, pour moi ce projet d’augmenter le nombre de diplômé du supérieur n’a de sens que si cela permet d’augmenter le niveau moyen d’instruction et d’éducation. La société dans sa globalité y trouvera bénéfice.
6 avril 2011 à 21:45
Rachel
PR27, c’est vrai que les IUT sont à l’université, mais avant la LRU il s’agissait d’instituts très fortement indépendants (un monde à part). Savez-vous qu’il y a un mouvement en ce moment de certains directeurs d’IUT qui souhaitent sortir de l’université ? L’identité « université » n’est pas très forte, tout comme dans les écoles universitaires d’ingénieurs.
6 avril 2011 à 23:06
Astronaute en transit
À vrai dire, PR27, quand j’exhorte le PS à mener plusieurs réformes de front, je ne pense pas à la réforme IUT d’un côté et BTS de l’autre, mais bien aux réformes touchant les cycles courts et/ou professionnels et les cycles universitaires, ainsi que le secondaire. Parce que nos discussions ici montrent bien que les problèmes s’étendent à tout l’enseignement supérieur plus qu’à certaines filières.
Sans doute, ce billet se concentre d’abord sur les éléments de votre programme pour les IUT/BTS, mais je crois opportun de demander dans quelle mesure ces propositions sur les IUT/BTS s’articulent avec celles dédiées aux autres types d’études, et de savoir si tout cela forme quelque chose de cohérent (et aussi de crédible mais c’est un autre angle de la question). Vous nous avez dit que vous n’êtes pas content du projet dont M. Julliard vous a parlé l’autre soir, est-ce justement parce que vous trouvez qu’il lui manque une perspective plus large touchant tous les types d’enseignement supérieur et recherche, ou est-ce parce qu’il manque des détails particuliers sur des domaines précis?
Le point le plus général touche à l’intention affirmer "d’augmenter le nombre de diplômés de l’enseignement supérieur". Cette stratégie consiste-t-elle à simplement donner plus de diplômes à plus de gens, ou y a t il un projet d’ensemble qui concerne plus que les IUT/BTS, mais implique aussi en parallèle des efforts et des changements aux universités, et au secondaire en amont?
Vous me direz que je parais drôlement impatient, mais comme je l’ai déjà souligné, le problème ne date pas d’hier et ça ne me parait pas déraisonnable d’attendre qu’en dix ans d’opposition, vos camarades aient fait le travail intellectuel nécessaire pour dresser un plan d’ensemble, d’autant plus que tant d’universitaires et chercheurs se disent proches de vos idées, il serait étonnant que cela ne donne pas de résultats à présenter. Je ne suis pas engagé dans un parti et la façon dont les programmes sont composés à l’intérieur d’un parti m’échappe, donc peut-être pourrez vous m’éclairer sur le parti que vous connaissez.
7 avril 2011 à 08:25
PR27
Astronaute, juste pour préciser : je n’ai aucun pouvoir, et notamment pas celui de porte-parole, dans le parti que vous mentionnez. Avoir sa carte dans un parti quand on n’y a pas d’ambition n’est en rien une adhésion religieuse, c’est plutôt pour rigoler, trouver des occasions de discussion et on est là parce qu’on préfère ce côté là que l’autre. Les projets sont conçus par des commissions relativement éloignées de la base. Il existe des moyens assez démocratiques d’expression pour les amender et faire remonter des textes, notamment dans le cadre départemental, et au-delà, c’est un peu compliqué et les délais sont un peu courts. Si on réussit à faire voter son texte par beaucoup de petites entités locales, ça peut remonter. C’est frustrant, mais c’est normal : il y a des milliers d’individus comme nous qui ont des choses indispensables à dire. Pour l’essentiel, je n’ai accès qu’aux mêmes textes que vous.
Mon mécontentement de l’autre jour concernait non le fond du projet, mais certains aspects dans la manière de présenter. Je n’aime pas qu’en interne, on nous parle comme en "communicant", en passant vite sur les points délicats. Dans une réunion de travail, on sait bien qu’il faut rapidement lister les points à problème et discuter de ceux là, pas des choses consensuelles qu’on sait par avance. Julliard n’est pas responsable de l’ESR, c’est normal qu’il en parle peu.
Je me demandais si on aurait un meilleur texte sur l’ESR que celui trouvé lundi dans le projet en 100 pages. La réponse est oui, donc ok, wait and see.
7 avril 2011 à 09:33
Rachel
PR27, puis-je vous demander de m’alerter quand une version "officielle" de ce texte sera disponible ? Ca me dérange un peu de discuter sur un texte qui est encore un document de travail, bien que ça génère des discussions intéressantes sur un sujet tellement important sur notre enseignement supérieur.
7 avril 2011 à 10:31
PR27
Rachel, je conclus là, en précisant malgré tout que l’intérêt des discussion autour des documents de travail est qu’il est encore temps de faire remonter des problèmes "par la voie hiérarchique" pour demander des modifs ou des précisions sur tel ou tel point. On l’a fait pour la convention "égalité réelle" concernant le pré-bac, ça marche un peu. Si on attend, comme pour les idex, de découvrir les textes dans leur version finale finale, ensuite c’est tard…
7 avril 2011 à 16:28
astronaute en transit
En somme il faut conclure que le texte n’est pas satisfaisant, rassurons nous c’est un texte de travail et bientôt on aura un texte parfait.
les politiques sont-ils capables de promettre autre chose que "la prochaine fois on fera mieux"?
Il faut bien admettre que l’enseignement supérieur n’est pas sorti de l’ornière avec ces façons de procéder et cette culture de l’excuse.
7 avril 2011 à 18:23
PR27
C’est vrai, Astronaute. Nous vénérons votre intransigeancex en nous inclinant bien bas vers l’océan atlantique.
8 avril 2011 à 14:05
Krokodilo
Je crois avoir la solution à tous ces problèmes : changer le nom des BTS et des IUT, et les appeler Université ! Ou éventuellement collèges universitaires, ce qui éviterait les maux de tête à prévoir pour la création de ces derniers venus – à coût constant et sans aucune construction de bâtiment, ni poste nouveau : juste quelques couacs à prévoir pour des questions statutaires entre professeurs…
11 avril 2011 à 14:30
François
Pour être un peu cynique, si on cherche des équivalences réelles France-USA, on a :
- IUT/BTS = premières années de college dans les facs normales
- prépas = première année de college dans les facs d’élite
- licence = community college (voiture balai, très fort taux de redoublement)
11 avril 2011 à 14:35
François
Bien sûr lire :
- prépas = premières années de college (et non première année)
11 avril 2011 à 17:58
PR27
c’est effectivement assez cynique. Comme le rappelle justement le texte des refondateurs tronqués, la fac sélectionne au cours des années plutôt qu’à l’entrée. C’est un peu simplificateur, notamment dans les petites promos où il faut bien faire passer les étudiants sinon on risque de supprimer les formations en aval faute d’effectifs suffisants, mais ça reste assez vrai. Donc en sortie de L2, il y a, pour autant que je puisse en juger, une bonne proportion d’étudiants "valables". De dix ans de recrutement de ces populations en école d’ingénieur, je pense que la population "le premier tiers du classement de L2" est meilleure que "le premier tiers du classement de BTS". Le risque d’échec des BTS en poursuite d’études ingénieur classiques est élevé – l’alternance a assoupli les critères académiques. Mais des étudiants relativement capables, à la fac, j’en vois pas mal ! Le haut du classement de fac et le haut du classement de DUT se vaut à peu près… mais en DUT, il y a un peu plus de cadrage, de fouet, de remontage de bretelle tôt dans la saison, d’équipe pédagogique qui se parle, il y a moins d’étudiants fantômes, moins d’étudiants "financièrement fragiles"…
11 avril 2011 à 21:48
Marianne
@PR27 : le premier tiers de vos L2 ce serait pas des fois des premieres annees de CPGE qui se seraient fait virer et qui iraient ensuite en L2?
Bah c’est de la provoc, mais j’aimerais bien savoir…
11 avril 2011 à 21:49
Marianne
…parce que nous notre premier tiers de DUT c’était des gamins qui avaient deja fait une annee d’etudes superieure et qu’on avait recupere. Jamais des gamins qui viennent du bac.
11 avril 2011 à 23:34
étudiant frustré
Marianne, mes souvenirs d’IUT concordent avec ce que vous dîtes, il y a en IUT des anciens de prépas scientifiques qui ne sont pas passés en 2e année, et ce sont largement les meilleurs (~20 de moyenne!). En SHS, c’est vrai que les anciens khâgneux sont dans le haut de la promo, même si quelques étudiants en fac depuis la L1 arrivent devant ;-). En fait j’ai constaté que les khâgneux étaient quasiment invincibles en dissertation (~18/20), mais qu’ils avaient plus de mal en commentaire et vice-versa pour les "fhâkeux". Mais je pense que si les khâgneux étaient venus en fac dès la L1, ils auraient tout aussi bien réussi.
17 juin 2011 à 17:55
nono
Cette réforme est un non sens.
Recruter en priorité des bacheliers professionnels en bts est incohérent.
J’ai eu un bac pro tertiaire et ayant fait un bts par la suite je ne dois mon admission dans l’enseignement supérieur que grace à ma volonté et un excellent dossier.
Nous sommes très minoritaires en bts et iut et c’était encore plus vrai en 1997 1998.(seulement 2 sur 30 dans ma promo)
Car en principe un bachelier professionel n’a pas un niveau suffisant pour suivre dans de bonnes conditions en bts et encore moins en iut, c’est la vérité! et le taux de réussite et d’abandon en cours de formation le prouve car ce n’est pas un bac qui prépare à la poursuite d’études.
Si cette réforme passe il faudra alors baisser le niveau du programme en bts pour permettre aux élèves de suivre en grand nombre et ce n’est pas souhaitable pour la valeur du diplome.
17 juin 2011 à 18:26
PR27
nono, c’est un sujet fort discuté ici il y a quelques mois. En effet, je crois qu’il s’agit de baisser les pré-requis en BTS/DUT, pour augmenter le niveau observé en L1.
4 janvier 2012 à 16:26
nieto
Je reste assez sceptique sur cette évolution, je parle pour les bacheliers pro
Affirmer aujourd’hui que le bac pro sera prioritaire pour une admission en bts et en iut par rapport à un bachelier général, c’est oublier que le bac pro est avant tout un diplome d’insertion et que le niveau en enseignement général n’est pas suffisant pour suivre dans de bonnes conditions en bts et c’est encore plus vrai en iut.
J’ai été admis en 1997 en Bts tertiaire après un bac pro (nous n’étions que deux sur 30 dans la promo) avec un bon dossier scolaire, 16 de moyenne en enseignement général, 14 en enseignement pro et une mention au bac et malgré cela il ma fallu beaucoup travailler pour rivaliser avec les bacheliers techno et généraux.
J’ai rencontré récemment un de mes anciens profs qui m’a expliqué que le niveau des programmes était revu un peu à la baisse en bts afin de permettre une meilleure réussite des bacheliers pro, c’est abbérant et quelque part cela rabaisse la qualité du diplôme.
26 janvier 2012 à 21:34
kingofspeech
bonsoir svp j’ai vraiment besoin de votre aides j suis algerien j’ai eu mon bac en 2011 é j voudrait postulé pour un DUT es que dabord ca seras sur bostbac ou sur campus france ?
si c’est sur campus france donc que choisir ici "Dans quel grand domaine s’inscrit votre projet d’études ?* " sachant j voudrait faire un DUT en genie civil.
et puis dans la rubrique cursus esque je dois scanner et telecharger sur le site tout mes bulletins de terminal "traduits" et non traduit ?
j’attend votre reponse.
je vous remercie d’avance !
20 février 2013 à 16:55
Nicolas Jarmuzynski
J’ai fait un bac S et ensuite un IUT de Biologie puis une écolé d’ingénieur. Et je trouve ça juste SCANDALEUX de forcer les titulaires d’un bac général à aller soit en fac soit en prépa. La fac avec son niveau ARCHI faible et zéro moyen et la prépa dont la logique est de ne mettre pas plus de 5/20 aux meilleurs, de donner des notes négatives aux autres, d’avoir AUCUNE AUCUNE NOTION de la pratique, sans parler des heures et des heures et des heures ET DES HEURES à bûcher, perdre son temps et sa vie sociale. Le choix est super pour des gens qui ont passé des heures à réviser des maths que 95% de savent pas faire, à apprendre 2 langues, faire de la philo, de l’histoire et j’en passe. C’est une super récompense !
Les IUT ont des niveaux excellents, des moyens, des super profs (chercheurs pour la plupart), une EXCELLENTE vision de l’entreprise qui est appliquée et TRES recherchée par les sociétés. Les cours sont variés, riches, avec des horaires conséquentes mais HUMAINES (contrairement aux prépas). Voilà pourquoi j’ai choisi un IUT et j’ai mérité d’y rentrer vu le bac que j’ai obtenu avec mention. Pourquoi j’irai me priver d’un tel enseignement et aller en fac ou prépa ???
Ce qu’il va se passer, c’est que le niveau des IUT baissera si seuls les bac pro sont admis. Et nos bons élèves de bacs généraux vont se faire casser, dégouter et s’ennuyer dans les facs/prépa. Sans parler de la cassure : les bons seront obligé de faire une prépa et bac+5 et les nuls seront obligés de faire un IUT et bac +2 ???
Résultat des courses :
- QUE des bac pro auront des bac +2 (sympa pour les titulaires des bac S qui voulaient faire un bac+2, on leur demandera de faire un truc qu’ils aiment pas en prépa)
- Les sociétés qui recruteront des bac+2 n’auront pas le choix : ça sera des bac pro ou rien ! Puis celles qui recrutent des bac+5, ça sera que des gens de prépa qui n’ont jamais vu de société, jamais travaillé, jamais vu de bactéries dans mon cas mais qui par contre savent calculer le carré de 365487 de tête ou l’énergie déployée par un parallélépipède rectangle lorsque qu’il est projeté à 323km/h dans un environnement riche en hélium à 33%.
- Et enfin tanpi pour les bac techniques s’ils voulaient faire un bac+3 ou +5, ça sera bac+2 ou rien, fallait réflechir avant !!
LA SOLUTION : DES QUOTAS COMME J’AI EU EN IUT ET COMME J’AI EU EN ECOLE D’INGENIEUR !!! Ceci afin de laisser sa chance à TOUT LE MONDE !
Reveillez-vous les costards cravattes, les vieux, les aigris !!! Les années 60 sont finies, de même que les bac A, B, C ou D ! Nous sommes en 2013 et les choses ont changé ! Reflechissez aux conséquences, déjà que notre système scolaire est moisi comparé à nos voisins européens (allemagne, pays scandinaves) !!!!