Le grand salon IDEX vient de fermer ses portes à Abou Dhabi. Il s’agissait d’un forum, qui ne connaît pas la crise, où on achète et on vend toutes sortes d’armes. AK47, lances rockets, missiles en tout genre, drones, avions de chasse … on peut tout trouver ! (lire ici).

Cette semaine, la France tient aussi son grand salon IDEX. A partir d’aujourd’hui commencent les grands oraux des projets IDEX (initiatives d’excellence), produits phares des investissements d’avenir (grand emprunt national). On rappelle qu’il y a à la clé une pluie de milliards (7,7) d’euros. L’enjeu est donc important car il n’y aura que cinq à dix lauréats pour dix-sept candidats (liste des compétiteurs ici, site du ministère). Eh oui, l’excellence ce n’est pas pour tout le monde. Qui seront les maillons faibles ? Et en cas de succès à ces oraux, les candidats ne seront même pas certains de gagner les milliards, ils auront seulement le droit de rester en liste dans la compétition et de préparer le dossier final (scénario à la Koh-Lanta). Les porteurs de projet sont bien entrainés, depuis le dépôt des avant-projets on ne compte plus les communiqués dans la presse régionale ou nationale. Il faut jouer les gros bras, mettre en avant ses atouts, bref faire du lobbying …

Pour ma part je suis convaincue que c’est une bonne idée d’investir dans la recherche et l’enseignement supérieur, en particulier quand il s’agit d’investir pour l’avenir. Toutefois la forme prise pour orienter les investissements me laisse un peu dubitative. Le texte de l’appel d’offre me parait fort directif et impose toute une série de conditions sur « l’excellence », la gouvernance ou de partenariats public-privé (entre autres). Mais les universitaires sont entrés dans le jeu, ont fait le tri entre les excellents et les gros nuls, ont coupé des UMR en deux et affiché des pans entiers de recherche au service des entreprises locales ou des collectivités territoriales (souvent sans concertation avec les chercheurs concernés…). Il aurait été certainement plus intelligent de profiter de l’aubaine pour refonder cette université qui en a tant besoin …

Mais je m’égare, laissons là ces détails et revenons à notre grand oral du salon de l’Idex. Les porteurs de projet vont donc plancher devant un jury international. Ils devront évoquer les grands défis et risques asso­ciés de leur pro­jet, sa plus-value, ainsi qu’un thème de leur choix. Les ppt vont mitrailler des diagrammes de Gantt, des work packages, des deliverables, de dissemination, de pull effect, etc … J’espère qu’on en apprendra un peu plus durant la semaine car on ne peut pas dire que cet évènement soit très médiatisé. N’hésitez pas à nous signaler toute information (sur le salon, sur votre Idex, …) dans les commentaires ci-dessous … le grand salon de l’IDEX en direct !

Universitaire, il n’est peut-être pas encore trop tard ?

Billet inspiré des pages suivantes : ici (vousnousils.fr) et ici (toiledeleductation.fr). Le lecteur pourra également lire (ou relire) mes billets sur cette opération grand emprunt: Equipex (hélas pas retenu !), Labex (allez oust les gros nuls!), Idex (le plan social de la science ? témoin de petits meurtres entre collèges), Emulex, Pilotex … bref la collection presque complète !

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