Je n’ai jamais caché une certaine sympathie pour les Refondeurs et leur démarche de refondation (ou plutôt de reconstruction). J’ai commenté sur ce blog la plupart de leurs bravoures et c’est d’ailleurs leur appel du 15 mai 2009 qui m’a motivé à ouvrir ce blog, mon premier billet leur était consacré. Certes je n’ai pas toujours été tendre avec eux mais à mes yeux ils représentent (ou représentaient) un espoir, celui que quelque chose était encore possible pour sauver une université qui est en grand danger de mort lente (je reprends leurs mots …). Je partage leur sentiment : l’université est à reconstruire. On ne peut continuer à fonctionner comme il y a quarante ans, période antérieure à la grande massification et période de plein emploi, la situation a beaucoup changé et il faut prendre en compte ces changements.

En septembre dernier, nos refondateurs ont publié un livre « Refonder l’université. Pourquoi l’enseignement supérieur reste à reconstruire » La Découverte, 274 p., 19 euros. J’avais commencé à le commenter mais j’ai été distraite par les projets de bidulex qui m’ont occupé une bonne partie de l’automne. C’est bien dommage car leur livre est très riche, même si on peut reprocher un certain désordre quant à l’analyse de la nécessité d’une reconstruction et de l’orientation que pourrait prendre cette reconstruction. Mais ils le savent et ne s’en cachent pas, leur livre est une écriture collective avec toutes les difficultés de consensus que cela peut engendrer. Et puis, il n’y pas certainement pas un schéma unique pour reconstruire …

Si les refondateurs nous proposent un objectif de reconstruction de l’université, on peut regretter qu’ils n’aient pas commenté le plan du grand emprunt national. Car sa réalisation pratique, basée sur l’excellence, pourrait fortement conditionner la future structuration de l’enseignement supérieur et de la recherche. Une crainte est exprimée par beaucoup : il pourrait y avoir des pôles d’excellence (peu nombreux) et les autres (les gros nuls) que l’on pourrait mettre dans des pôles universitaires de proximité (PUP)  avec pour objectif principal de porter à 50 % d’une classe d’âge le nombre de diplômés du supérieur, avec des formations qui seraient fortement axées sur un premier cycle professionnalisé et appuyées par une recherche de partenariat public-privé (recherche applicative). Mais je fais certainement là un procès d’intention …

Malgré ce peu de réaction vis-à-vis du grand emprunt, les Refondateurs ne semblent pas inactifs. Certains d’entre eux font des séminaires, conférences et débats (exemple ici) pour discuter des perspectives de réformes de l’université. Les refondateurs ont aussi une association « refonder l’université » mais quand on va sur son adresse web (ici) on apprend que le nom de domaine est à vendre … période de soldes … j’achète ?

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