Le « Grand emprunt » de la commission Juppé-Rocard propose de consacrer la moitié des moyens à la recherche et à l’enseignement supérieur. L’autre moitié est dirigée des sujets connexes à la recherche. Comme nous l’avons mentionné hier dans notre chronique « emprunter utile », il y a quelques interrogations à avoir quant à l’attitude que vont adopter les nonistes de l’université (ceux qui parlent haut et fort, qui luttent contre les réformes et qui se disent représenter la communauté). Bref cette annonce est-elle considérée comme une bonne nouvelle par la communauté universitaire ?
En cherchant bien, on ne peut guère trouver de réactions de cette communauté universitaire. C’est d’autant plus curieux que de nombreuses organisations (syndicats ou collectifs) réclament, à juste raison, plus de moyens pour la recherche et l’enseignement supérieur.
Faisons le tour des syndicats et collectifs universitaires : mis à part le Snesup, aucun autre syndicat (à ma connaissance) n’a publié le moindre communiqué pour réagir suite à cette annonce très favorable aux universités. Les associations SLU et SLR sont muettes, pourtant elles sont usuellement très prompte à réagir. La CPU est, elle aussi, muette. Le sujet a pourtant été LE grand sujet d’actualité de la fin de la semaine dernière. C’est vrai aussi que la période est fort accaparante avec l’organisation de la journée de grève d’aujourd’hui.
Mais revenons sur le communiqué du Snesup (ici), qui s’intitule « Affichage impressionnant, mais accélération de la déstructuration de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche ». Le Snesup considère que « les réponses apportées sont totalement biaisées » et qu’ « elles s’inscrivent dans une logique capitaliste ». « Elles sont conditionnées [..] à un partenariat privé-public qui conduit à sacrifier la recherche de l’intérêt général. Elles vont à l’encontre d’un développement équilibré sur l’ensemble du territoire de toutes les universités en renforçant la restructuration en cours, et accroissent le rôle déjà exorbitant de l’ANR ». Finalement le Snesup demande à ce que ce grand emprunt soit modifié afin d’intégrer un plan pluriannuel d’emplois pour l’accompagnement des investissements envisagés. Il exprime aussi son refus à ce que les investissements soient concentrés sur quelques campus d’excellence.
La réaction la plus virulente est probablement à mettre à l’actif de Bertrand Monthubert, secrétaire national du PS à la recherche et à l’enseignement supérieur, dans un communiqué publié sur son blog (ici) et intitulé « Grand emprunt ou grand bluff ? ». Au lieu de se féliciter de l’orientation avantageuse pour l’université de ce grand emprunt, Monsieur Monthubert conduit une charge très violente contre la politique de N. Sarkozy. Anathème, amalgames et procès d’intention … Je n’ai pas trop le courage de commenter ce texte, le lecteur curieux pourrait cliquer sur le lien ci-dessus.
Par ces réactions (ou plutôt ces manques de réactions), on mesure à quel point la méfiance/défiance est grande entre que le gouvernement et le monde universitaire. Espérons toutefois que ce mutisme ne mute pas en nonisme …


19 commentaires
Flux des commentaires pour cet article
24 novembre 2009 à 11:11
Astronaute en transit
En effet on aurait pu s’attendre à plus de discussion de cette annonce, c’est ce qui m’a conduit à écrire (fort modestement) sur le sujet. Il est intéressant que ces deux principales réactions (SNESup et B. Monthubert) sont plus intéressées à dénoncer une politique d’ensemble qu’à aborder la question de l’utilité qu’on peut donner au grand emprunt. On a en fait un retour à la traditionnelle politique de défense clientéliste: créer des postes (et sans préciser où et pourquoi, l’important c’est de “faire du chiffre”) et donner le magot (pas besoin de préciser non plus dans quelle optique). On exprime d’abord la détestation du rôle qu’est appelé à jouer le privé dans le financement de cette grande entreprise qu’est l’enseignement supérieur, lequel, par définition, ne saurait être que public. Comme d’habitude, les contribuables sont invités à passer à la caisse sans rechigner car ces messieurs-dames les savants doivent recevoir leur dû. C’est bien sympathique, au moins n’en est-on plus à l’époque de “La République n’a pas besoin de savants“, on en est simplement à celle des savants de la République qui n’ont pas besoin du secteur privé et des particuliers (en dehors de leur rôle de payeurs, pûr et simple).
Il faut espérer que d’autres voix vont se faire entendre, des propositions créatives sur l’affectation des fonds dégagés par le grand emprunt, s’il a bien lieu, autrement sa seule fonction est d’aggraver le déficit que les jeunes générations, mal formées par un enseignement supérieur déficient en qualité, vont avoir du mal à repayer à la place de leurs parents si dépensiers…
24 novembre 2009 à 12:06
Pablo
Il faut quand même lire Olivier Bouba Olga sur le sujet :
http://obouba.over-blog.com/article-le-rapport-juppe-rocard-39743325.html
24 novembre 2009 à 12:17
Rachel
Oui, merci Pablo. On l’a déjà signalé hier. Les arguments d’Olivier Bouba Olga sont intéressants. Mais ils sont aussi discutables, au moins pour certains. Il focalise beaucoup sur le fait qu’un objectif de l’opération est de grimper dans les classements, je trouve que c’est un peu restrictif et je veux croire que les politiques ont encore suffisamment foi en la science pour investir dedans sans penser uniquement à “l’image”. Ce n’est un secret pour personne: nous avons des problèmes structuraux majeurs et il n’est pas nécessairement nuisible de se pencher sur ces problèmes et d’envisager des solutions. Mais je suis d’accord aussi que ces orientations posent d’autres problèmes graves, comme par exemple l’aménagement du territoire.
Mais à part la réaction d’Olivier Bouba Olga, du Snesup et de Bertand Monthubert, y a-t-il d’autres lectures à faire sur le sujet (venant d’universitaires) ?
24 novembre 2009 à 12:35
Astronaute en transit
On a déjà eu l’occasion de discuter un peu de l’utilité des classements dans des billets de la Gaia Universitas et sans doute allons nous continuer de le faire, tant mieux d’ailleurs! Mais il est vrai que cela me frappe aussi, dans les arguments d’Olivier Bouba Olga, que cette singulière attention au seuls classements, qu’il présente comme étant la raison principale pour laquelle seuls certains établissements bénéficieront des largesses du grand emprunt. On peut lui répondre: est-il vraiment acquis que le seul souci de cet investissement (dont je rappelle, une fois de plus, qu’il faudra tôt ou tard le rembourser) est cosmétique? Car prétendre que les réformes structurelles engagées n’ont pour seule finalité qu’une place au classement et non pas un réel changement de performance (et c’est cela que le classement pourrait sanctionner) c’est assurément prétendre qu’au fond on jette des milliards à l’Université sans réellement vouloir qu’elle change… Or on avait cru comprendre (d’après les arguments critiques) que si le gouvernement veut changer l’Université c’est parce qu’il ne l’aime pas telle qu’elle est.
Si les classements se veulent être des instruments de mesure (et nous avons tous déjà convenu qu’ils peuvent être contestables et méritent donc d’être utilisés de concert avec d’autres outils) ils ne sont pas une fin en soi et encore moins un moyen: le moyen de changer l’Université, ce n’est pas la place dans le classement, c’est précisément ces sommes qu’on y investit, et c’est de leur utilisation que nous souhaiterions voir des débats s’ouvrir…
24 novembre 2009 à 13:21
Rachel
Si les débats ne s’ouvrent pas, alors la Gaïa Universitas s’en occupera. On ne peut pas rester dans cette situation d’apathie alors qu’une nouvelle opportunité énorme s’offre à l’université.
24 novembre 2009 à 15:19
Pablo
Non, je n’ai pas vu passer d’autres commentaires sur ce sujet, ce qui est, effectivement, assez impressionnant en soi (il y en a surement que je n’ai pas vu passer mais les blogs que je suis sont restés muets…)
Concernant le billet d’OBO. Quelqu’un a-t-il lu le rapport de la commission Juppé-Rocard ?
Dans le cas contraire, il est vrai qu’il est peut-être trop tôt pour spéculer sur les justifications données aux concentrations universitaires. Toutefois, l’absence de justification publique conduit à émettre des hypothèses. Or la volonté affichée de Sarkozy de placer “deux établissements français dans les 20 premiers mondiaux, et 10 parmi les 100 premiers” donne du poids a l’hypothèse développée par OBO
24 novembre 2009 à 16:34
Rachel
J’ai commencé à lire le rapport de la commission Juppé-Rocard. Je comptais en faire une chronique, ou plusieurs, car plein de questions me sont venues à l’esprit pendant cette lecture. Le soucis de visibilité et de classement est certes assez présent mais de là à dire que c’est une motivation première …
24 novembre 2009 à 16:49
Astronaute en transit
On pourra ajouter, Pablo, qu’il n’est pas fait, dans la phrase que vous citez, de référence à un classement spécifique, et on pourrait donc en conclure que c’est au sens figuré que cette volonté de position s’est exprimée. Je pense bien que c’est en termes de performance qu’on voudrait voir ces établissements parmi les 20 ou 100 premiers; en relevant là encore que pourvu que les établissements se trouvent dans cette échelle, peu importe la place exacte.
Je n’ai moi aussi lu que des comptes rendus du rapport et pas le texte lui-même. Rocard et Juppé font ils une référence à la citation de Sarkozy rapportée par Pablo, ou se réfèrent-ils à d’autres textes, par exemple le rapport Attali?
24 novembre 2009 à 16:54
Pablo
C’est en tous cas (malheureusement) une motivation assez forte pour être la seule à être donnée dans le texte !
(en tous cas, je n’en ai pas trouvé d’autre…)
http://www.lefigaro.fr/assets/pdf/Emprunt_national.pdf
p. 27 et suivantes
“[...] les classements internationaux tendent à prendre en compte de
nombreux facteurs quantitatifs. Si la taille n’est pas en soi un critère d’excellence et s’il ne faut pas la rechercher au détriment de la qualité ni de la souplesse, force est de constater que la visibilité et la notoriété internationales sont à ce prix. Dans un contexte de compétition mondiale croissante dans l’enseignement supérieur et la recherche, ce facteur ne peut désormais être négligé.”
“Tout d’abord, il s’agit de doter en capital, à hauteur de 10 Md€ (dont 1 Md€ consomptible la première année, afin d’enclencher une dynamique), une Agence nationale des campus d’excellence à créer, dédiée au financement d’opérations véritablement transformantes conduites par cinq à dix groupements d’établissements d’enseignement supérieur et de recherche sélectionnés par un jury international. L’ambition doit être de faire émerger, sur ces quelques sites, des campus pluridisciplinaires capables, grâce à ce financement exceptionnel, de concurrencer les meilleurs mondiaux (action 1).”
24 novembre 2009 à 17:23
Rachel
On pourrait aussi citer l’objectif 1 de la page 56 “Soutenir la transformation d’un nombre limité (cinq à dix) de groupements d’établissements d’enseignement supérieur et de recherche (indépendamment de leur statut : universités, grandes écoles, fondations de coopération scientifique…) en institutions pluridisciplinaires de dimension et de réputation mondiales, avec l’objectif de les faire figurer dans les cinquante premiers des différents classements mondiaux et du futur classement européen, et d’en faire entrer deux dans les vingt premiers.”
Mais de là à dire que c’est la seule motivation du rapport, c’est exagéré.
J’espère que les universitaires vont se réveiller et prendre ce dossier au sérieux. Par exemple il est donné dans un des objectifs de construire des internats dans “le lycée et les filières sélectives du supérieur (classes préparatoires aux grandes écoles, instituts universitaires de technologie et sections de techniciens supérieurs), afin d’y favoriser la mixité sociale et de genres”. Franchement, un travail est à faire ici pour expliquer que la direction n’est pas bonne. Si c’est bien argumenté, l’orientation devrait être revue.
24 novembre 2009 à 18:05
Jojo
Rachel, je vais vous donner mon point de vue de noniste résigné.
C’est la troisième fois en un peu plus d’une semaine qu’on nous fait le même coup : après Besson et Fillon, ce sont maintenant Rocard-Juppé qui indiquent clairement que l’université est le cadet des soucis de nos élites gouvernantes, qui ne jurent que par les filières dites d’excellence, c’est-à-dire sélectives. Certes, ils nous parlent parfois d’universités, mais c’est toujours avec cette même fourchette de cinq à dix pôles d’excellence visibles depuis Shangaï. Probablement, les formations dans ces pôles sont destinées à être elles aussi sélectives (niveau master uniquement peut-être ?).
On a donc décidé la mort de l’université telle que nous la connaissons, c’est-à-dire avec des diplômes nationaux pour les étudiants et des statuts nationaux pour les personnels. L’autonomie est un gadget pour que les laissés pour compte se démerdent avec la pénurie de moyens. Comment expliquer sinon que, dès qu’il s’agit des fameux pôles d’excellence, que ce soit pour les PRES ou le plan Campus, le jacobinisme le plus réactionnaire prévaut ?
L’an dernier, nous nous sommes battus pour des choses justes, mais nous nous sommes heurtés à une autisme absolu. Alors maintenant on laisse tomber. Ils sont plus forts que nous. Ils ont décidé, il ne reste plus qu’à attendre des jours meilleurs. S’ils ne viennent pas, tant pis.
24 novembre 2009 à 21:11
Rachel
Jojo, ce rapport est franchement élitiste, j’en conviens avec vous. Mais il faut convenir aussi que tout le système de l’éducation national (à partir du lycée) et de l’enseignement supérieur est une caricature d’élitisme, et depuis fort longtemps. Tout est bien aménagé au lycée avec les sections de Bac. Ensuite, pour le post-bac, tout est fait pour trier et sélectionner l’élite (classes prépa, grandes écoles, …) et pour cloisonner les différentes catégories (en conséquence aussi en termes de catégories sociales). Juste un exemple, en science « dure », la hiérarchie est la suivante : prépas, si non IUT ou BTS et ensuite par dépit (faute d’ailleurs) l’université. Tout est bien organisé pour contourner l’université. En termes d’élitisme, ça ne peut pas être pire qu’aujourd’hui.
Tous nos dirigeants ou presque sont issus des filières d’excellence et sélectives (de droite ou de gauche). Bien entendu très peu ont envie de défendre l’université, ils n’en sont pas issus, ils ne la connaissent pas et elle a mauvaise réputation auprès de cette sphère d’élite. Mais voilà que récemment arrive un projet : celui de mettre l’université au cœur de l’enseignement supérieur ! c’est troublant, perturbant, peut-être du bluff ? C’est d’autant plus suspect que ça vient d’un gouvernement de droite (mais la gauche avait le même programme et c’est elle qui avait initié le processus). On décide de pousser à la structuration (création de PRES, incitation à faire des fusions), on fait un plan campus (élitiste lui aussi), on fait une loi à la fois ambitieuse et vide pour donner la main aux universitaires (la LRU) … et voilà que maintenant on est prêt à mettre encore plus de milliards sur le tapis (prendront ces milliards les seules structures qui seront capable de répondre à appel à projets, ne nous leurrons pas). Mais entre temps les universitaires interviennent pour dire « vos réformes on n’en veut pas ! »…alors que nous sommes à l’agonie (je suis dans une de ces filières à l’agonie et ce n’est pas euphémisme !). Alors voilà, je suis en lutte contre ces gens qui ne veulent rien faire et qui, selon moi, luttent contre l’université et sont en train de la faire mourir en étouffant d’une petite lueur d’espoir. Les dirigeants politiques, eux ils s’en moquent : s’ils ne peuvent rien faire avec l’université, alors ils le feront sans, ce n’est pas un problème et ça sûrement plus simple pour eux d’ailleurs compte tenu du contexte actuel détestable.
L’université telle que nous l’avons connue était parfaitement viable dans un contexte de plein emploi, tel qu’il était au moment de la rénovation, il y a plus de 40 ans. Mais cette idée n’est pas viable en ce moment, c’est trop tendu, trop incertain pour les jeunes qui ont besoin d’avoir quelques indications ou garanties de profession à la sortie. Tout s’est développé sans l’université (ouvertures de filières, réformes, rénovation, innovation, …) et sans que l’université réagisse.
Je pense que je vais faire un chronique sur les orientations élitistes du rapport, du moins si j’en ai le temps. Mais il ne m’est pas évident que l’université sorte vainqueur de ce nouveau projet. Tout dépendra de la façon dont elle va y réagir et se positionner. C’est pourquoi je suis étonnée par l’absence de réaction et inquiète de voir resurgir du nonisme.
24 novembre 2009 à 21:47
Jojo
Rachel, pour moi, mettre l’université au cœur de l’ESR, ce n’est qu’un slogan pour faire la peau aux organismes. Notez que ce n’est pas forcément un mauvais objectif (pour ce qui me concerne, je ne suis pas un fan du CNRS où les procédures de recrutement et de promotion valent bien celles des EC en terme de localisme, de piston et d’endogamie).
Mais, passé le constat qu’on est en présence d’un slogan EPSTicide, on peut se demander de quelle université on nous parle tout de même. Je vois une université à deux vitesses. Les fameux pôles d’excellence, où concentrer les moyens de recherche, où chercher le rayonnement international, parce qu’une économie développée ne peut s’en passer. Et les autres, dont les récentes décisions nous disent qu’elles sont considérées comme des parkings à chômeurs ou à losers, même pas capables d’entrer dans les filières sélectives. Payer pour de la recherche dans ces lieux de perdition, c’est donner des perles aux cochons. Autant en faire des super-lycées avec des enseignants à plein temps (les futurs agrégés ?). D’ailleurs on leur fait un plan licence avec un L1 plutôt généraliste, comme au lycée.
24 novembre 2009 à 22:21
Jojo
Pour la bonne bouche, j’ajouterai même une prophétie : c’est principalement dans ces sous-universités dont la capacité de recherche aura été réduite à néant que se dérouleront principalement les masters enseignement (sauf certainement pour ce qui concerne l’agrégation où de toute façon la main-mise des ENS est presque absolue et les ENS ont vocation à faire partie des futures universités du haut du panier). Cela contredit les belles phrases sur l’importance du contact des futurs enseignants avec la recherche. Je noterai simplement que cela n’a pas empêché l’habilitation des masters proposés par l’enseignement supérieur catholique dont le dynamisme en matière de recherche n’est pas une caractéristique principale.
24 novembre 2009 à 22:33
Rachel
C’est peut-être un slogan, qui sait ce qui peut se passer dans la tête de Valérie la Tigresse ? J’ai beau passer prendre le thé chaque semaine au ministère et être présidente de son fan club, elle garde encore bien des mystères …
Je me souviens à son arrivée, ça parlait tout de même de rapprochement écoles-universités voire même de discussions sur des fusions. On parlait de mettre des classes prépas dans les universités (en créer mais aussi de délocaliser des lycées vers l’université). On parlait (encore un peu aujourd’hui) de transformer les BTS en licence pro, hébergées par l’université (par exemple projet sur le secteur médical, ce qui n’est pas rien). Bien entendu il y a aussi une volonté de faire la peau aux organismes, ce qui n’était pas pour me déplaire, je l’avoue. Mais bon, maintenant tout ça c’est fini, rangé car ce n’est pas possible à cause du mouvement de l’année dernière. C’est trop compliqué avec l’université : elle ne veut pas, elle ne veut rien. C’était peut-être du bluff, on ne saura jamais.
Allons y pour les prophéties. Pour vous je viens d’aller explorer un des scénarios possible (j’ai le pouvoir de voyager dans le temps). Par exemple les IUT vont faire sécession de l’université et s’unir avec les écoles d’ingénieurs pour faire des gros instituts de technologie (voir mes billets précédents sur les IUT). Des gens travaillent dans ce sens, et le lobby des écoles, accompagné du lobby des entreprises, ce n’est pas rien ! c’est autrement plus puissant et persuasif que le lobby de la pauvre CPU. En même temps, le mouvement actuel va réussir à ce qu’on garde l’IUFM bien séparé de l’université. Ils travaillent très fort dans ce sens. Car c’est bientôt terminé de la réforme de la mastérisation. Les nonistes vont gagner. A l’usure. Que restera-t-il à l’université ? rien … donc ça ferme. On ne fera plus que de la recherche (pas partout !), quelques masters. Le reste sera transformé en super lycées, on les appellera les lycées d’enseignement supérieur (les fameux LES). Ca sera fait par les agrégés et tous les EC recyclés (ceux qui sont mauvais en recherche … heu pardon ceux qui ne sont pas productifs en recherche, avec critères AERES relevés). Et bien entendu, seuls quelques gros centres universitaires survivront (10, 12 ?), pour faire de la recherche et un enseignement doctoral de très haut niveau.
Just do it
24 novembre 2009 à 22:46
Astronaute en transit
Quelle prophétie peut-on faire sur la capacité des 16 milliards empruntés à être investissement productif, lequel permettra ensuite de les rembourser?
24 novembre 2009 à 22:47
Rachel
J’ai oublié de préciser qu’on va aussi débaptiser l’IUFM pour l’appeler IFM.
24 novembre 2009 à 22:54
Rachel
Ah Astronaute, faut que je rebranche mes circuits et que je reparte dans le futur ! Mais pas ce soir, mon voyage précédent m’a un peu fatigué et déprimé. Je dois recharger mes batteries. Mais pour le remboursement, je peux déjà vous répondre : ça sera la génération suivante (j’ai fait plein d’autres voyages de ce type, je me souviens de la réponse).
24 novembre 2009 à 23:03
Astronaute en transit
Si ce n’est que la génération suivante, vous êtes plus optimiste que moi Rachel!