Sur le nouveau blog de Philippe de Lara, philosophe, on peut lire la phrase suivante : « le président à la mode LRU est ce qu’on appelle en science politique un « dictateur faible » ». Cette phrase est extraite de son dernier billet, intitulé « plein la bouche ». Dans ce billet, Monsieur de Lara revient sur « l’autonomie à la mode LRU ». La charge est très sévère contre la nouvelle géométrie de la gouvernance des Universités, « exaltation du pouvoir du « patron » local […] qui laisse deviner la main de fer managériale qui s’abat sur les composantes universitaires de l’université ».
On se souvient que la LRU a réduit considérablement le nombre de membres du conseil d’administration des Universités ainsi que le mode d’élection du président. En effet le président est maintenant élu par le CA et non plus par l’assemblée des trois conseils (CA, CS et CEVU). Certes on peut regretter ces évolutions, mais il reste néanmoins que les présidents continuent à être élus. Je ne savais pas que les dictateurs étaient élus. Pour ma part je n’aime pas trop les dictateurs. Je connais un peu mon président et je trouve qu’il cache bien son jeu. Peut-être s’ignore-t-il encore ? … va falloir que je me méfie tout de même …


32 commentaires
Comments feed for this article
22 septembre 2009 à 09:19
Frédéric
Effectivement les présidents continuent à être élus. Pour combien de temps? Jetez un oeil au fonctionement des universités technologiques (Compiègne, Troyes, Belfort-Montbéliard). A la tête de ces établissements, se trouve un directeur … nommé, et ses pouvoirs sont encore plus grand que ceux des présidents d’universités actuels.
22 septembre 2009 à 09:47
Rachel
Frédéric, c’est un peu étonnant. Dans le texte de la LRU il est bien précisé que le président d’université est élu par le CA. Les universités technologiques ne seraient pas des universités ? La LRU a-t-elle changé quelque chose sur la gouvernance des universités technologiques de Compiègne, Troyes et Belfort-Montbéliard ?
22 septembre 2009 à 10:32
Frédéric
Oui, c’est étonnant, mais c’est ainsi. Les UTs disposent d’un fonctionnement à part, mais sont bien des universités. La LRU a changé ceci, que les directeurs disposent de bien plus de pouvoir. L’erreur serait de considérer que ce fonctionnement ne peux (ou pourra) s’appliquer aux universités "classiques". Un (bon) texte produit par des collègues, qualifiés peut-être ici de nonistes, est extrêmement instructif sur le fonctionnement de l’UTT : http://universitesenlutte.wordpress.com/2009/02/26/lutt-laboratoire-de-la-lru/
22 septembre 2009 à 10:55
Jojo
Les ENS ont également un directeur, nommé par décret présidentiel.
A Lyon, les deux ENS fusionnent. Des naïfs ont suggéré qu’à cette occasion, qui s’accompagne du passage aux compétences élargies prévues par la LRU, le mode de désignation du directeur et la composition du CA se rapprochent de ce qui est prévu pour les universités version LRU. Dans ce cas d’espèce, cela constituerait plutôt un progrès démocratique et un gain de représentativité.
Que fut donc la réponse des promoteurs de l’autonomie, à votre avis ?
22 septembre 2009 à 11:01
Rachel
Frédéric, il est possible que je ne comprenne pas bien le cas des Universités de technologies. Manifestement ces universités ne sont pas comme les autres car elles n’élisent pas de président. D’ailleurs il n’y a pas de président mais un directeur qui est nommé (si je comprends bien). Le texte cité est intéressant, mais je trouve qu’il manque de support factuel : qu’est-ce qui a changé avec la LRU pour ces universités technologiques en terme de gouvernance ?
22 septembre 2009 à 11:03
Rachel
Jojo, je ne sais pas … vous nous racontez ?
22 septembre 2009 à 11:06
Frédéric
Rachel, ce qui a changé? Un exemple : la possibilité d’augmenter le recrutement de personnel (enseignant, enseignant-chercheur, BIATOSS) sur contrat. La part de contractuel déja importante (~50%), va augmenter considérablement dans le futur. Le tout accompagné d’une augmentation de la pression sur le personnel.
Ceci dit mon propos est plutôt de montrer l’exemple des UTs comme potentiel devenir des universités et donc de réfuter le propos consistant à dire que l’on est tranquille car les présidents sont élus.
22 septembre 2009 à 12:20
Rachel
Frédéric, ce que vous racontez est davantage en relation avec les statuts des personnels. Ma question était : qu’est-ce qui a changé avec la LRU pour ces universités technologiques en termes de gouvernance ?
22 septembre 2009 à 12:23
Frédéric
La gouvernance d’une université n’a donc rien a voir avec la gestion du personnel ?
22 septembre 2009 à 12:59
Rachel
Frédéric, OK pour le pouvoir sur la gestion des personnels, vous avez raison et d’ailleurs je n’ai pas dit ici le contraire. Le cas des Universités de technologie est effectivement un cas intéressant à suivre. Mais de dire que cela préfigure le devenir des universités « classiques » me paraît exagéré. C’est effectivement une possibilité d’orientation, il est bien de le savoir. Mais cela n’est qu’une possibilité et rien ne dit que les Universités classiques prendront cette orientation. Tout est possible avec la LRU, le pire comme le meilleur. Je suis sensible au fait que l’on est capable de faire le pire, mais je veux croire que l’on puisse aussi faire le meilleur. La LRU permet ces deux options « extrêmes ».
Par ailleurs je précise que je n’ai jamais défendu, ici ou ailleurs, la nouvelle géométrie de gouvernance imposée par la LRU. Mais je trouve qu’on fantasme trop sur ce concept d’hyperprésident surpuissant ou aujourd’hui de dictateur. Il faut raison garder même s’il est intéressant d’explorer tous les dérapages possibles.
22 septembre 2009 à 14:49
Astronaute en transit
C’est peut-être moins le mode de désignation que la façon dont le pouvoir est utilisé qui fait le dictateur sur un campus… les gens qui ont cadenassé les amphis et salles de cours d’universités prétendument publiques pendant des mois ont-ils été élus? Et par qui?
22 septembre 2009 à 15:06
Frédéric
Rachel, je n’ai effectivement énoncé qu’une possibilité. Cher Astronaute en transit, je suis d’accord avec vous : c’est l’usage du pouvoir qui désigne le dictateur. Mais comme l’indique Rachel, "tout est possible avec la LRU".
Mais n’est-il pas l’objet des institutions d’établir des protections contre les dérives du pouvoir?
22 septembre 2009 à 15:36
Rachel
Frédéric, que faudrait-il faire selon vous ? Renoncer à l’autonomie et retourner vers un contrôle centralisé du ministère ? Si le risque de dérive est réel avec la LRU, je pense qu’il est faible compte tenu que le président reste élu, qu’il y a environnement avec des conseils (CS et CEVU qui gardent une importance qui certes a diminué), diverses commissions qui travaillent sur les dossiers, que le président s’entoure d’une équipe de direction, et qu’il nomme des chargés de missions … bref imaginer que le président est un monarque absolu ne me semble pas raisonnable. Si la confiance est perdue dans une université, ou si une dérive est identifiée alors il doit s’organiser une fronde afin de faire sauter les disfonctionnements (facile à dire ?). Si on n’a confiance en rien, une autre idée est de mettre en place des « comités de surveillance » dont le rôle serait d’alerter dès qu’il y a suspicion de dérive. Une autre idée serait de rénover assez rapidement le chapitre de gouvernance de la LRU. Mais sombrer dans un radicalisme prudentiel ne me paraît pas la bonne option.
22 septembre 2009 à 15:47
Frédéric
Rachel, concernant ce qu’il faut faire je suis assez perplexe, étant donné que je n’ai jamais défendu cette soit-disante autonomie (entre nous, je l’ai plutôt combattue).
Renoncer à cette "autonomie", oui. Car qu’est-ce que les universités ont réellement gagné dans la LRU?
Attention, cela est loin de signifier que je suis adepte de l’immobilisme. Mais franchement en quoi la LRU, telle qu’elle est, résout-elle les problèmes de l’université?
22 septembre 2009 à 19:09
Astronaute en transit
Cher Frédéric, mon opinion serait plutôt que l’objet des institutions est davantage de régir les rapports entre pouvoirs, plutôt que que "protéger" contre des "dérives" supposées inévitables. Il est bon, comme dit l’ami Montesquieu, que les pouvoirs soient séparés, et qu’ainsi à chaque pouvoir il y ait un contre-pouvoir; mais cela ne suppose nullement que chacun des pouvoirs doive être réduit à l’impuissance, car c’est de cela que provient l’immobilisme.
Dans l’université pré-LRU, on a supposé que l’essentiel était qu’il n’y ait pas de pouvoir et que l’important c’était que chaque féodalité puisse ainsi se targuer de son indépendance, et où était le bien collectif dans cette affaire? Sous ce régime on a eu des institutions de plus en plus sclérosées, perdant toutes leurs qualités d’excellence et ce faisant, violant le contrat moral entre elles et les contribuables qui attendent un service public de valeur. Certes rétablir du pouvoir dans les universités peut paraître restreindre les marges de manoeuvre de ces fameux féodaux, mais cela peut aussi permettre de concevoir de véritables projets collectifs pour l’institution, de mobiliser des moyens tant humains que matériels en vue d’un projet d’excellence. On a peur du président? Mais il n’y a qu’a avoir un véritable parlement et un véritable système judiciaire à ses côtés, afin de contrôler, valider, et si besoin est, avertir et mettre le hola. Je préfère cela à la notion de "comité de surveillance" , pardon Rachel, qui me rappelle fâcheusement les sections armées de Paris menaçant la Convention…
La LRU comme toute loi est perfectible et amendable par les institutions républicaines de ce pays, elle peut l’être notamment par la force de proposition de tous, et, je l’espère, des acteurs de l’université, qui ne devraient pas, à mon avis, manquer les chances que leur donne la LRU en soulevant, justement, les questions que les structures anciennes se gardaient bien d’évoquer. En quoi la LRU résout les problèmes, elle a à mes yeux surtout le mérite d’exister, car depuis quarante ans et la dernière grande conflagration universitaire, "l’imagination au pouvoir" n’a justement fait preuve d’aucune imagination et n’avait pas de pouvoir!
22 septembre 2009 à 19:12
Rachel
Frédéric, je ne pense pas que la LRU ait été conçue dans l’optique de résoudre directement les problèmes de l’université. Je pense qu’elle a été conçue pour donner des outils qui doivent permettre (peut-être) de résoudre les problèmes de l’université. Je trouve que c’est une nuance importante et je regrette beaucoup que l’on n’ait pas vraiment discuté sous cet angle. Ensuite les outils on s’en sert bien, on s’en sert mal ou on ne s’en sert pas du tout.
Je ne vous accuse pas d’immobilisme, je ne vous connais pas. Ce que j’ai ressenti au cours du mouvement de contestation, c’est l’absence de voie alternative à la LRU, je parle là de propositions concrètes et réalistes de changement, car je pense sérieusement que nous avons des gros problèmes. Et quand on a des problèmes c’est bien de tenter quelque chose. J’aurais bien aimé quelque chose de plus ambitieux, car franchement la LRU n’a rien d’enthousiasmante, je l’ai déjà dit ici à plusieurs reprises.
22 septembre 2009 à 19:17
Rachel
Oui, le terme "comité de surveillance" n’était pas des plus heureux ! Je suis d’accord que le mot "parlement" sonne mieux !
22 septembre 2009 à 19:21
Astronaute en transit
Peut-être que quelques uns se sentiront consolés si on choisit le terme "soviet"? Après tout ça veut dire "conseil"!
23 septembre 2009 à 09:39
frederic
@Astronaute en transit : j’aimerai sincèrement une explication qui m’indique en quoi les pouvoirs sont plus équilibrés dans l’université post-LRU que pre-LRU. Vous indiquez vous-même qu’il "suffit" de mettre en place un véritable parlement et un système judiciaire pour ne plus craindre l’omnipotence du président. Il me semble que nous sommes loin d’aller dans ce sens. Vous indiquez également que la LRU est modifiable et améliorable. Certes, mais par qui? L’an dernier aucun des opposants à la LRU n’a été entendu, y compris des intervenants calmes et posés qui mentionnaient ces déséquilibres. Je ne fait donc aucune confiance dans le gouvernement actuel pour être à l’écoute des pointages des dysfonctionnements de la LRU. Pourquoi le faire maintenant quand cela n’a pas été fait hier? Enfin je réfute complètement l’argument qui consiste à dire que la LRU est bonne car elle existe. Nous entendons souvent cet argument qui consiste à prendre comme bonne solution la première solution avancée.
@Rachel, je ne suis pas d’accord. La LRU a bien été proposée pour résoudre les problèmes de l’université (en tout cas par ses initiateurs). Oui la LRU est un outil, et si c’est un outil drôlement mal conçu, pourquoi l’avoir adopté, pourquoi le conserver.
Pour terminer, nous parlons de pouvoir. Un pouvoir est un chose, avoir les moyens d’utiliser ce pouvoir en est une autre. Quid des difficultés budgétaires des universités qui ont déjà augmentées par rapport à l’an passé. La marge de manœuvre théorique est (peut-être) plus grande, mais en pratique elle est bien plus faible.
Ce que j’aimerai est un abandon de cette LRU et une vraie discussion entre les acteurs universitaires et de l’état pour la mise en place d’un vrai programme de rénovation de l’université. Mais je suis un doux rêveur.
23 septembre 2009 à 10:28
Rachel
Frédéric, oui la LRU a été proposée pour résoudre les problèmes. Mais le constat est que telle qu’elle est, elle ne sert à rien. Elle peut être utile si on utilise les nouvelles possibilités qu’elle permet (les outils). Pourquoi dites-vous que les outils sont mal conçus ? Les avez-vous déjà essayés ? Pour moi tout ça est davantage un problème d’imagination et de confiance en sa propre communauté.
23 septembre 2009 à 10:42
frederic
Pourquoi j’avance que les outils sont mal conçus? Juste un exemple parmi un grand nombre : la nouvelle procédure de recrutement qui loin de résoudre les problèmes des anciennes commissions de spécialistes, favorise outrageusement le copinage en réduisant les membres élus au profit des membres nommés.
23 septembre 2009 à 10:52
Rachel
Frédéric, il n’y pas de membres élus dans les comités de sélection, il n’y que des membres nommés. Je ne vois pas bien en quoi ces comités favorisent le copinage. Ceci dit je ne tiens pas spécialement à défendre ici l’idée de ses comités de sélection…
23 septembre 2009 à 11:01
frederic
Rachel, c’est exactement ce que j’ai avancé. Relisez ma phrase : "… en réduisant les membres élus au profit des membres nommés.". Pourquoi le copinage? A votre avis, lorsque vous composez une comité de sélection, vous choisissez qui : des amis ou des ennemis? des personnes quirou vont aller dans votre sens ou des "casse-pieds" qui ne seront pas d’accord avec vous?
Si vous ne voulez pas discuter des comités de sélection, soit mais c’est un des outils mis en place par la LRU.
Si vous le voulez nous pouvons discuter sur d’autres exemples. Trouvez-vous que la mise en place de personnels avec des statuts différents soit une bonne chose?
23 septembre 2009 à 11:49
Rachel
Frédéric, j’ai relu votre phrase, elle n’est pas correcte : le nombre d’élus n’a pas été réduit, il a été supprimé. Pour le copinage, oui, le risque existe. Là ça dépend des pratiques locales de mise en place des compositions de comité de sélection. Je crois savoir que le ministère a demandé une enquête sur cette première année de fonctionnement. SLU a aussi fait une démarche en ce sens. Je ne connais pas du tout les résultats. OK, je veux bien parler des comités de sélection si vous le souhaitez, bien qu’on s’éloigne un peu du thème du billet, peu importe. Voilà, je manque de recul pour avoir une idée claire. Mais un problème majeur que je vois est que sa constitution ne me paraît pas en accord avec le principe d’autonomie d’un établissement.
Pour les statuts des personnels, je pense que c’est une bonne chose.
23 septembre 2009 à 12:30
frederic
Rachel, la phrase est correcte : une suppression passe par une réduction (à néant). Mais passons.
Par contre, je pense que nous revenons sur le thème de votre billet qui était : (libre interprétation) doit-on craindre le risque qu’un président d’université devienne un dictateur? Pour les comités de sélection, nous avons la même problématique : doit-on craindre le risque de copinage?
Dans ces deux cas, je trouve que la LRU augmente ce risque. Vous pensez que cette crainte est injustifiée, malgré quelques exemples qui vous ont été donnés. J’aurais pu accepter une augmentation de ce risque, si l’université avait obtenu quelques chose en échange. Mais je cherche encore.
23 septembre 2009 à 13:32
Rachel
Si on s’en tient à l’établissement de la composition d’un comité de sélection, le risque du copinage n’est pas du tout annulé avec les comités de sélection. Mais ce qui peut se passer n’est pas nécessairement ce qui va se passer. Mais je vous l’ai dit, je ne tiens pas particulièrement à défendre ces comités de sélection …
Je suis d’accord avec vous, la LRU augmente les risques, sur beaucoup de niveaux. Je ne crois pas qu’elle ait été conçue pour réduire les risques. Une question qui pourrait être posée : une réforme de l’université doit-elle être uniquement guidée par la notion de réduction des risques ? Pour ma part je pense que non, tout en ayant conscience que les risques ne doivent pas être négligés. Il y a aussi beaucoup d’autres paramètres à prendre en compte. Travailler sur la notion de « responsabilité » me semble essentiel.
23 septembre 2009 à 15:26
Frédéric
Rachel, si la question est "une réforme de l’université doit-elle être uniquement guidée par la notion de réduction des risques", le "uniquement" oblige la réponse négative. Si l’on supprime le "uniquement", le réponse devient positive.
Je pense que nous avons fait le tour du thème proposé par votre billet et que nous aurons d’autres occasion de confronter nos points de vue. Je vous propose donc de conclure ici cet échange.
23 septembre 2009 à 15:32
Rachel
Merci Frédéric pour votre intervention. A bientôt.
23 septembre 2009 à 16:18
Astronaute en transit
Frédéric,
Comme je rentre un peu tardivement et que vous venez de conclure le débat ç’en est pour ma pomme, mais je vais tout même répondre aux points que vous m’avez adressés, et nous pourrons sans doute continuer cet échange à la faveur d’autres billets si vous en avez le goût. En tout cas il est bon que nos vues soient confrontées et que ce dernier billet de Rachel ait démarré une si vigoureuse discussion.
Tout d’abord, je n’ai nullement suggéré que les pouvoirs post LRU étaient équilibrés, il y a bien sur des risques de déséquilibre et c’est bien pour cela que je me suis prononcé en faveur d’un rôle pour des contre-pouvoirs, en revanche, je suis résolument contre des pouvoirs impuissants car alors nous reviendrons à notre point de départ. Pré LRU, il est pour moi très clair que les pouvoirs étaient déséquilibrés et que les différentes coalitions d’intérêts spéciaux représentés dans des CA pléthoriques ont empêché les présidents ou les CA ou tout autre acteur dans l’université de développer des programmes d’avenir pour améliorer la performance et l’état des universités. Il n’y a aucunement à se féliciter de ces décennies de stagnation.
Vous constatez qu’à l’heure actuelle nous n’allons pas dans le sens d’un équilibre des pouvoirs après l’adoption de la LRU, mais arrivez vous à ce constat à partir d’une observation de la situation dans toutes les universités, ou dans quelques unes? Vous vous appuyez sur des considérations portant sur la politique de recrutement et de statuts, comme si ce devait être le seul critère d’évaluation: je ne nie pas que ce doive être une question à examiner (encore qu’ayant, à d’autres moments ici, déplorer que jusqu’à maintenant, nombre de titulaires se sont peu soucié du sort des non-titulaires et trouvaient la situation très bien comme ça quand ça ne les touchait pas personnellement) mais le progrès des universités, c’est évidemment bien plus que la question des personnels: ce sont la recherche de nouveaux moyens à disponibilité ainsi que leur mise en oeuvre, l’amélioration de la qualité des formations proposées, la poursuite d’une meilleure réussite des étudiants… etc… Il me semble, là encore, que dans les structures pré LRU on n’a pas su ou voulu s’attaquer à ces chantiers, mais ça importait peu tant que les gens étaient statutairement contents.
Comme l’a indiqué Rachel, il me semble bien qu’une mise en oeuvre idéale des conditions offertes par la LRU dépend de la qualité des engagements de chacun, supposant la confiance de chacun dans ses capacités et ses possibilités de contribuer. Pour votre part, vous exprimez une défiance d’emblée et je vois bien donc qu’il vous sera difficile de vous intégrez dans un système que vous refusez au départ. C’est comme l’amendement de la loi: vous ne faites pas confiance à "ce gouvernement" pour apporter des modifications à l’avenir, alors vous proposez au contraire qu’on abroge une loi votée en bonne et due forme par le parlement et le gouvernement issus d’élections libres de ce pays, comme si elle était juridiquement irrecevable parce qu’issue de la mauvaise majorité politique? On a envie de faire observer que l’actuelle opposition quand elle était au pouvoir aurait peut-être du se pencher sur ces questions de gestion et de qualité de l’université publique, et qu’elle aurait pu, en son temps, produire une loi; elle ne l’a pas fait, malgré le soutien qu’elle pouvait escompter chez beaucoup d’universitaires, chercheurs, étudiants et autres. A eux tous d’assumer enfin la responsabilité devant l’Histoire de cette inaction.
On dispose maintenant d’un instrument tel qu’il est, dont on peut, oui, corriger les imperfections qui apparaissent avec sa mise en oeuvre, mais il est plus constructif de le faire en participant pleinement au système plutôt qu’en se contentant de dire que le système ne devrait même pas exister.
23 septembre 2009 à 16:36
Frédéric
Cher Astronaute en transit,
nous aurons plus tard l’opportunité d’autres confrontation. Je me poursuivrai donc pas le débat. Néanmoins, a l’avenir, je vous serai gré de ne pas tirez d’interprétations trop orientées de mes messages :
1. J’ai pris la gestion du personnel comme exemple et non comme seule préoccupation.
2. Lorsque j’écris "ce gouvernement", c’est "ce gouvernement" et non "tout gouvernement de droite". Vous vous embarquez dans une interprétation type droite/gauche qui n’est pas de mon fait.
a bientôt.
23 septembre 2009 à 20:41
Astronaute en transit
Entendu Frédéric, je ne doute pas que de futurs échanges servent à préciser le sens de nos pensées!
26 septembre 2009 à 15:01
Rachel
J’avais laissé un message sur le blog de monsieur de Lara le 22 septembre, jour de la publication de mon billet. My comment is still awaiting modération.
Bonjour Monsieur de Lara, Sur mon blog j’ai fait un billet sur le thème des « présidents dictateurs », directement inspiré de votre billet. J’ai pensé plus courtois de vous en informer. J’ai quand même du mal à comprendre votre démonstration. Dans le deuxième paragraphe vous expliquez que le président a un pouvoir démesuré et dans le troisième paragraphe vous expliquez qu’en fait son pouvoir est très limité par les divers groupes de pression locaux, sans compter l’influence du ministère. Cela me paraît assez contradictoire et la logique de la démonstration n’est pas évidente. Certes vous expliquez que c’est le propre du « dictateur faible », et n’étant pas spécialiste de science politique il est possible que la subtilité m’ait échappée. Cordialement.
Monsieur de Lara m’a répondu sur ma boite mail. J’ai posté ma réponse dans son blog, le 23 septembre (still awaiting modération).
Merci pour votre réponse. Je suis bien consciente que le terme choisi était un peu provocateur, tout comme le billet que j’ai écrit en conséquence. Ce problème de gouvernance (que j’appelle souvent l’hyperprésident plutôt que dictateur) est manifestement très central dans les discussions sur l’université. Je me suis souvent interrogée pour savoir si ça correspondait à une expression de liberté des universitaires, à une tradition de méfiance/défiance vis-à-vis du pouvoir, une façon plus ou moins consciente de marquer une opposition envers notre hyperprésident (NS) ou tout simplement un manque de confiance des universitaires envers leur propre communauté (comme l’ont déjà souligné certains commentateurs ou V. Pécresse) ?.